Pourquoi ai-je d’emblée, à peine Alain Juppé avait-il déclaré qu’il visait le Faubourg des Champs-Élysées, refusé de le choisir comme candidat idéal ? Parce que, très arbitrairement j’en conviens, ses façons d’être, de se grandir sur ses savates, d’articuler ses positions, de régler ses attitudes m’ont très vite fait penser à un comportement de type franc-maçon ; j’ai comme perçu qu’il visait le Pouvoir bien plus que la France. Je n’ai évidemment pas la preuve qu’il soit de ce côté occulte, très éloigné de ma tasse de thé, et donc secret mais, et que l’on me pardonne cet aveu, je ne puis compter que sur mes intuitions, mes ressentis : en acceptant mes possibles erreurs tout en décidant intérieurement que je ne puis pas me tromper de A jusqu’à Z.
François Fillon me paraît d’une trempe plus sympathique : d’un esprit plus souriant, même s’il se montre assez avare de ses sourires. Son sérieux laisse imaginer qu’il ne cesse jamais de réfléchir à ce qu’il doit faire, de se décider plutôt pour le meilleur (qui relève de l’amour) alors que son « rival-adversaire-ennemi » me paraît toujours sur la défensive, comme s’il avait du mal à faire confiance. Se fait-il d’ailleurs confiance ? Difficile de s’en rendre vraiment compte… Quand il clamait « on va gagner » j’entendais en sourdine « on a perdu »… J’ai précédemment donné suffisamment d’indices pour étayer cette mise personnelle à l’écart de sa candidature, quoique… j’aurais tout de même voté pour lui si son adversaire avait été l’actuel occupant du Palais.
Le gagnant des deux est-il le meilleur ? Des ces deux-là assurément, même si l’on peut se laisser aller à prétendre qu’en toute la France il existe des personnalités plus savantes, plus généreuses, plus efficaces, plus populaires, plus convaincantes etc., ce qui reste tout de même à étayer comme à démontrer… Par exemple il ne partage pas bien des défauts de Juppé : quand celui-ci l’accuse de n’être pas assez à gauche comme à droite, je suppose qu’il en est resté sidéré comme je le fus. Je signale au Bordelais qu’il s’agissait d’une élection de candidats de la Droite pour la Droite. Dans cinq jours ne serions-nous plus sensés élire un Président de Droite… Il est vrai que ce cri d’alarme, si j’ose dire, nous a révélé qu’Alain Juppé aspirait être à la fois gauchiste, centriste, droitiste et extrémiste-droitiste…
Un certain extraordinaire voisin de celui du candidat en second je le perçois dans la bouche des journalistes sensés faire connaître aux auditeurs ce que révèlent Fillon et Juppé alors qu’il ne font que s’embourber tellement ils ne veulent que « mixer » à la fois ce qu’ils en perçoivent et ce qu’ils en pensent : diluant les bouillis qu’ils ingurgitent sans écouter les arguments dont ils ont à tenir compte comme à faire connaître à leurs auditeurs. De vrais perroquets répétant sans cesse leurs propres crédos gauchisants, multi-culturalisants, sociétalisants, bien pensants, comme si les Français ne désiraient entendre que leurs bavardages et leurs roucoulements alors qu’ils leur faut préciser ou affermir leur propre conviction électorale.
Quel est donc l’enjeu ? Seulement se soucier du chômage ? De l’état de notre économie ? De ne faire rouler les Parisiens qu’à vélo ? De couvrir enfin la Seine de mousse rose ? De ne découvrir qu’un trop petit nombre d’homosexuels en notre bienheureux gouvernement ? De s’inquiéter de la place trop restreinte qu’occupent les LGBT dans les théâtres des collèges et lycées ? De se lasser des ricanements des médias de gauche ? De s’alarmer des soucis de Madame Touraine sur le point de quitter son ministère ? De s’affliger de l’embonpoint de F. Hollande et de son hésitation à se décider à revenir devant ses dix ou qunze millions de futurs électeurs ? L’insuffisance tragique de la présence Trois-Points à l’Élysée ? Etc., etc..
Déconstruire la France a été le grand jeu scout de la Gauche depuis 2012 : la laisser conduire le char funèbre de la Gauche encore cinq ans et l’on pourra définitivement laisser notre pays s’occuper des seules châtaignes de l’Ardèche. Ou pire encore, ramasser des coquillages sur les plages de Calais.
Pour aller plus loin :
- Le défi du développement des peuples et le pacte de Marrakech - la fuite en avant des Nations Unies
- La paternité-maternité spirituelle en vie monastique est-elle menacée en Occident ?
- La spirale du mensonge ne s’arrête pas à Jérôme Cahuzac
- La conscience et les désaccords concernant les enseignements sociaux
- De Monsieur Hollande jusqu’aux Primaires : premier NON !!!
