Le Pape François a reçu en ce début de mois de mai le Prix Charlemagne décerné chaque année à une personnalité ayant travaillé à l’unité du continent européen. Cette distinction avait déjà été accordée à Jean-Paul II en 2005. Le Pape a saisi cette occasion pour exprimer son « rêve » d’un « nouvel humanisme européen ». Deux ans après avoir stigmatisé à Strasbourg l’Europe actuelle comme « une grand-mère » vieillie et trop repliée sur elle-même, il s’est exclamé devant les représentants européens officiels Jean-Claude Juncker, Martin Schultz et Donald Tusk venus à Rome avec Angela Merkel pour lui remettre son prix, habituellement remis à Aix-la-Chapelle : « Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère : une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie. Je rêve d’une Europe qui prend soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en recherche d’accueil parce qu’il n’a plus rien et demande un refuge. »
Le Pape a également appelé de ses vœux l’avènement d’une Europe « qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu’elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs », et « où être migrant ne soit pas un délit mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l’être humain tout entier ».
Une Europe où une famille est une responsabilité et une joie mais pas un problème faute de travail
Il a souhaité pour l’avenir des jeunes la possibilité « d’une vie simple, non polluée par les besoins infinis du consumérisme », et « où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et une grande joie, non un problème du fait du manque d’un travail suffisamment stable », en déclarant sur ce point avec chaleur : « Je rêve d’une Europe des familles, avec des politiques vraiment effectives, centrées sur les visages plus que sur les chiffres, sur les naissances d’enfants plus que sur l’augmentation des biens ».
Et le Pape François a conclu ainsi : « Je rêve d’une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie.»
Denis LENSEL
