Commentaire du Père Michel Gitton

6e dimanche de Pâques C

2006

Ce dimanche se ressent de la proximité de l’Ascension. Nous y entendons, dans la bouche de Jésus : "si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père". Nous faisons déjà un peu le bilan de ces quarante jours et nous disons avec la prière du début de la messe : "que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme". C’est le temps qui va suivre que nous regardons déjà en apprenant à y voir celui des visites cachées du Christ ressuscité.
Le passage des discours après la Cène que nous lisons ce dimanche est un des textes les plus étonnants qui soit pour nous parler de l’habitation de la Trinité en nous. Tout y est dit : le rôle de Jésus dans sa première venue, qui a semé sa Parole en nos cœurs ; et puis tout le mystère de germination qui va suivre, avec ses étapes : aimer Jésus, rester fidèle à sa Parole et la garder, attirer ainsi l’amour du Père, recevoir l’indicible visite du Père et du Fils, les garder à demeure. Comme si cela ne suffisait pas, Jésus redit cela autrement en insistant sur le rôle de l’Esprit qui nous permet de nous approprier les paroles du Seigneur, en éveillant une mémoire aimante de "tout (!) ce qu’il nous a dit". Et ceci a encore un autre nom : paix. Paix avec Dieu, paix cachée au monde, paix que rien ne pourra nous arracher.

La lecture des Actes des Apôtres a de quoi surprendre dans ce contexte. Même si tout se termine bien, nous y devinons les tensions institutionnelles qui traversent la primitive Eglise : points de vue de Paul, de Pierre et de Jacques, luttes d’influence et divergences sur une question d’importance capitale : le mode d’accès à la vie chrétienne pour les païens convertis au Christ. Nous sommes dans une réalité qui ne nous est que trop familière. Mais ce qui est nouveau, c’est justement que le problème ne se règle pas, en définitive, par un rapport de forces. L’Eglise est certes une réalité humaine soumise aux lois de toute société, mais à cause de l’Esprit qui habite en elle, à cause de la conduite permanente du Christ, elle franchit, aux moments-clés, ses propres limites, elle ne se laisse pas réduire au jeu des forces en présence. « Le filet s’est rompu, l’oiseau s’est échappé » (Ps 123, 7).

De cela, nous avons la vision achevée dans la contemplation de la Jérusalem céleste, totalement transparente à la présence de Dieu en elle. Les Apôtres y jouent clairement leur rôle de fondation. Chaque chose y est à sa place. Ce n’est pas un rêve. Ce n’est pas une vision pour demain. C’est la réalité que nous devrions voir déjà à l’œuvre dans le "temps de l’Eglise", qui est pleinement celui de Jésus ressuscité.

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