Commentaire du Père Michel Gitton

5e dimanche de Pâques C

2006

Le temps pascal dure… c’est cela la première surprise. La flamme qui brille le soir de Pâques n’est pas un feu de paille. Un mois, un an, deux millénaires plus tard, c’est toujours la Résurrection qui est actuelle, jeune, nouvelle - alors que le vieux monde n’arrête pas de
s’effondrer.

Pour tenter de comprendre cette permanence sans usure, il nous est bon de prendre connaissance de l’itinéraire de nos pères dans la foi. Saint Paul a fondé des Eglises dans le centre de l’Anatolie, loin de toute présence chrétienne établie ; il a dû les laisser voler de leurs propres ailes et il constate que la foi tient bon, malgré les secousses de la persécution. Il peut revenir à sa base de départ, il sait que le miracle de la conversion ne s’effacera pas.

Dans l’ Apocalypse, nous sommes mystiquement transportés au terme de l’aventure, là où tout sera clair, où Dieu habitera avec les hommes, où le mal et la souffrance seront vaincus. Mais cette vision n’est pas un rêve : là où Jésus règne dans les cœurs, c’est déjà la Cité sainte qui se forme. Déjà, "il essuie toute larme de leurs yeux".
C’est ce qui explique la phrase finale où Dieu déclare : "Voici que je fais toutes choses nouvelles". La nouveauté de la Résurrection, comme un fleuve souterrain, irrigue toutes les réalisations successives où le Christ se donne à son Eglise.

De tout cela, nous avons le point de départ dans les paroles décisives de Jésus au soir du jeudi saint. C’est d’abord sa déclaration, si étonnante dans ces circonstances : "Maintenant, le Fils de l’Homme est glorifié". Du point où il se tient, au cœur de la volonté paternelle, Jésus voit déjà la lumière percer à travers les ténèbres. Même la trahison de Judas inaugure, à sa façon, le basculement décisif qui changera l’ignominie en gloire et l’échec en triomphe de la Vie. Etabli dans sa mission de Fils, il goûte par avance la certitude de se savoir justifié par l’amour. Cela n’enlève rien à l’épreuve amère qui l’attend, mais rien ne pourra déraciner cette certitude. C’est pourquoi il peut se retourner vers ses apôtres avec une immense tendresse ("mes petits enfants"), pour leur partager ce qui lui tient le plus à cœur : son désir de les voir s’enraciner dans ce qui fait le fond de sa vie : "comme je vous ai aimés…" Il leur lègue son commandement, un commandement qu’il dit justement nouveau, participant déjà de la nouveauté de Pâques, commandement inédit, à jamais source de développements imprévus, contestant toute installation, tout faux-semblant et toute grimace, un commandement qui ne cessera de porter du fruit et de germer en vie éternelle à travers la vie des saints.
Oui, Seigneur, tu fais toute chose nouvelle !

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