Commentaire du Père Michel Gitton

4e dimanche de Pâques C

2006

Dimanche dit "du Bon Pasteur", parce que l’Eglise, sur les trois années, nous y prodigue l’un ou l’autre des évangiles où Jésus revendique ce titre.
En apparence, rien de plus simple : le Christ est notre berger, près de Lui nous sommes sûrs de trouver des vivres et de passer sans danger au ravin de la mort ( Psaume 22, qui, justement, n’est pas le psaume retenu cette année !). A y regarder de plus près, l’image est plus riche plus complexe, il ne s’agit pas tant pour le vrai berger de guider que de rassembler (à la voix) et de défendre ses brebis. Un ennemi est implicitement désigné qui menace de les "arracher" de sa main pour les faire périr. Ce contexte dramatique, qu’on souhaiterait oublié ce temps pascal, est présent aussi dans les deux autres lectures :
affrontement de Paul avec les juifs d’Antioche de Pisidie, mention de "grande épreuve" victorieusement traversée par les chrétiens fidèles.

La plénitude de vie que nous apporte le Ressuscité n’est pas un royaume de conte de fées. Notre pasteur, saint Jean le dit clairement dans l’Apocalypse, n’est tel que parce que, d’abord et toujours, il est l’Agneau qui garde les traces glorieuses de son immolation. L’Agneau est notre Berger ! Sa passion, que lui a fait traverser notre condition, Lui donne le pouvoir de ressaisir de l’intérieur notre vie. Il en a goûté les confins les plus amers, rien désormais ne lui échappe de nous.

La victoire qu’il veut partager avec nous est ce lien qu’il a partagé avec nous au nom de son Père et qui nous attache à Lui (à sa "voix", à sa "main"…). Ne nous dispensant ni de connaître la haine des hommes, ni la violence du monde, il nous établit dans une sûreté
inimaginable qui ne suppose qu’une condition : y croire. Croire à sa victoire à Lui, en nous. Alors s’appliquent les promesses d’invulnérabilité qu’il nous fait et qui nous semblent si irréelles : "ils n’auront plus faim", "ils n’auront plus soif", "la brûlure du soleil ne les accablera plus". Promesse de rebondissement, de joie paradoxale dans les épreuves, de constance et de fidélité.

L’apôtre Paul en fait une bien étrange expérience dans ce coin perdu d’Anatolie où il est venu s’égarer, porté par l’élan de son appel missionnaire. Contredit, calomnié par ses frères de race, il va trouver dans cette opposition même le ressort d’une mission plus vaste encore. L’appel aux païens d’hier pour constituer l’Eglise de demain ouvre d’immenses champs d’apostolat. Il sait qu’il joue sa vie dans ce retournement, mais les fruits sont tout de suite là : joie de la conversion, dons spirituels, humble obéissance de la foi,… avec des persécutions encore mais la certitude d’être entraîné par le Bon Pasteur vers "les eaux de la source de vie".

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