Commentaire du Père Michel Gitton

3e dimanche de Pâques C

2006

Le troisième dimanche de Pâques comporte toujours la méditation d’un des grands évangiles relatant une apparition du Ressuscité. Cette année, c’est le récit de l’apparition au bord du Lac (Jean 21). Nous pouvons admirer une fois encore le mélange de mystère et de réalisme presque prosaïque qui règne dans ce récit plus encore que dans d’autres : Jésus ressuscité, de ses mains divines, prépare lui-même le petit-déjeuner de ses apôtres, d’autant mieux venu qu’ils ont travaillé toute la nuit sans rien prendre, il mêle délicatement le poisson qu’il a déjà préparé et celui qu’apportent ses amis ! Mais surtout cette rencontre, faite de silence et de joie contenue, débouche sur le rétablissement d’un lien fort entre Jésus et Pierre : la triple question du Maître ayant pour but de faire descendre en lui-même celui qui doit apprendre à se reconnaître pécheur pour pouvoir remplir la tâche immense qui lui est confiée. Pierre découvre combien est encore pauvre son amour pour Jésus, même s’il est réel. Il doit apprendre à se laisser conduire, pour aller jusqu’au bout de la route, jusqu’à donner effectivement sa vie pour le Christ.

Le passage des Actes des Apôtres qui nous est lu ce dimanche nous montre que Pierre a fait soudain des pas de géant : le voilà qui, avec force et conviction, témoigne de sa foi toute nouvelle devant les autorités religieuses de Jérusalem, celles-là précisément qu’il redoutait au point de trahir son maître. Cette force ne vient pas de lui, elle ne peut avoir d’autre origine que la rencontre avec le Ressuscité, la certitude d’être sous son regard, et de se battre pour lui. D’où la joie paradoxale, au milieu des tribulations : « ils (les Apôtres) étaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus ».

Cette force se nourrit de la prière, c’est pourquoi il nous est bon d’entendre le passage de l’Apocalypse qui nous laisse entrevoir la splendeur de la liturgie céleste. Celui qui prie sort la tête de l’eau et s’approche du monde de Dieu, dont il pressent l’inépuisable richesse, le « poids de gloire » comme dirait saint Paul. Ce n’est pas notre domaine qu’il s’agit de transposer en mieux pour s’imaginer Dieu, c’est Lui qui s’impose dans la souveraine majesté de son être et de son dessein sur nous. Celui qui a entrevu ce bonheur, ne fût-ce que pour quelques instants, en demeure marqué. Et il ne sera jamais plus comme avant. C’est ce qui est arrivé à Pierre.

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