Commentaire du Père Michel Gitton

33e dimanche ordinaire C

2006

Avec cet avant-dernier dimanche de l’année liturgique, on se croirait déjà entré dans l’Avent : les perspectives de la fin des temps sont clairement ouvertes par l’Ancien Testament (Malachie) et par le Seigneur Jésus lui-même (évangile selon saint Luc), tandis que l’apôtre Paul nous parle plutôt du temps présent à ne pas consumer dans l’oisiveté.

Commençons par regarder le texte prophétique qui, à la suite de tant d’autres, nous parle du Jour du Seigneur. L’espérance d’Israël est tout entière là : Dieu n’est pas indifférent au sort de son peuple, un jour - proche, nous l’espérons -, il interviendra avec puissance en sa faveur. De cela le prophète est sûr, mais plus l’attente se prolonge plus la promesse s’amplifie et se radicalise. Ce ne sera pas un jour de revanche provisoire suivi d’autres désillusions, ce sera un jour de salut définitif. Le Jour du Seigneur sera éternel.

Jésus part de l’expérience des Apôtres impressionnés par les constructions du Temple, leur beauté, leur solidité. "Des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre." Ce qu’il rejette, c’est cette fausse assurance dans la stabilité des choses, comme si le monde devait continuer indéfiniment son cours, et que ses éléments devaient rester inchangés. Non, décidément, ce monde n’est pas éternel, même les plus hautes réalisations du génie humain sont provisoires, les constructions les plus solides peuvent s’effondrer en quelques jours. Cette conscience vive de la caducité des choses est, chez le Christ, étroitement liée à la certitude d’un dénouement heureux de l’aventure humaine, une fois accompli le jugement qui s’exercera sur toute chose, ne laissant subsister que la part qui aura été bâtie sur l’amour de Dieu. Mais, comme le dit encore le Seigneur, "ce ne sera pas tout de suite la fin". Notre expérience comporte un entre-deux de durée indéterminée. Entre la première venue du Christ déguisé en mendiant et son retour triomphal il y a le temps de la patience de Dieu, celui du combat et de l’endurance. Jésus nous avertit que nous serons les premiers à payer la note et le signe de la délivrance tant attendue sera le sang des martyrs !

Saint Paul, dont on ne peut contester la place qu’il accorde aux derniers temps, semble se limiter, dans le texte que nous lisons, à "l’entre-deux", nous le voyons recommander le travail, l’application à ses devoirs, la responsabilité. Aurait-il oublié l’urgence du salut, la nécessité de ne pas s’installer ? Point du tout. Mais justement, pour que soit respectée la véritable attente des derniers temps, il importe de ne pas la laisser compromettre par le fatalisme, le laisser-aller ou l’agitation brouillonne. Travaillons alors qu’il en est temps encore. Le Seigneur ne nous demande pas les résultats, mais l’application. C’est cela qu’au dernier jour il reprendra et éternisera.

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