2e dimanche de Carême : la Transfiguration du Christ - France Catholique
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Le journal de la semaine

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2e dimanche de Carême : la Transfiguration du Christ

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« La Transfiguration » par Raphaël, 1516-1520 [Pinacothèque du Vatican, Rome]

La Transfiguration, Raphaël, 1516-1520 [Pinacothèque du Vatican, Rome]. © Drew Maust / CC by

1re lecture : Gn 12, 1-4a.
Psaume : 32.
2e lecture : 2 Tm 1, 8b-10.
Évangile : Mt 17, 1-9. « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »

Imaginons qu’un homme ordinaire se soit trouvé projeté pendant quelques heures dans un autre univers où il aurait rencontré des personnages qu’il ne connaissait pas. Il les aurait entendus lui adresser des paroles mystérieuses qui l’ont marqué, même si, revenant à lui, il a du mal à les remettre bout à bout.

Avec Jésus transfiguré, ce n’est pas du tout pareil. D’abord, ils sont trois qui peuvent confronter leurs souvenirs et surtout, tout tourne autour de la personne de Jésus, qu’ils ont déjà appris à connaître et qui ne les a pas quittés depuis le début. Bien sûr, ils l’ont vu ce jour-là dans une apparence tout autre : son visage était brillant comme le soleil et ses vêtements étincelants. Mais les trois n’ont pas douté un instant que c’était le même être que celui avec lequel ils ont marché pendant les mois qui ont précédé. Quand le décor disparaîtra et qu’ils se retrouveront seuls avec Jésus, la vie reprendra comme avant, mais ils se souviendront de ce qui leur est arrivé et ils garderont la consigne de silence qu’ils ont reçue.

Du divin logé au cœur de l’ordinaire

Ce qui nous frappe dans ce récit, c’est qu’il y a de l’extraordinaire, du divin, logé au cœur de l’ordinaire, du concret, du banal. Le plus étonnant, c’est le prosaïsme de Pierre qui propose de dresser trois tentes pour des personnages – Élie et Moïse s’entretiennent avec Jésus – qui ont vécu mille ans plus tôt, voire davantage ! Comme si nous nous proposions de préparer une chambre pour Charlemagne ! Devant Jésus qui révèle la profondeur et la souveraineté de sa présence, le temps et l’espace perdent une partie de leur souveraineté. Et pourtant Jésus reste là, ses vêtements glorieux sont les mêmes que ceux qu’il portera à la Passion et qui seront partagés au pied de la Croix.

La gloire et l’abaissement

La gloire n’est pas une autre histoire, plus ou moins imaginée par les hommes pour auréoler un personnage sans cela insignifiant. C’est l’histoire même de Jésus qui, à tout moment, mêle les deux : il tombe de sommeil à l’arrière de la barque et commande en maître à la tempête. Il est fatigué par la chaleur et assis sur la margelle du puits, et c’est lui qui devine les pensées secrètes de la Samaritaine et qui voit les champs qui blanchissent pour la moisson. La Transfiguration est sans doute un moment extrême où se rencontrent la gloire et l’abaissement, mais ce n’est pas le seul.

Il nous faut intégrer les deux si nous voulons comprendre quelque chose à Jésus.