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	<title>France Catholique</title>
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	<description>Engag&#233; pour l'Amour et la V&#233;rit&#233;</description>
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		<title>LE TEMPS ET LA GERMINATION (*)</title>
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		<description>Depuis vingt-cinq si&#232;cles que l'on sp&#233;cule sur le temps, ce qu'on en a dit de plus profond reste peut-&#234;tre le livre XI des Confessions de saint Augustin. C'est que ce grand esprit &#233;tait assez savant pour avoir l'art d'exprimer avec pr&#233;cision ses id&#233;es les plus difficiles, et assez intuitif pour rester sensible &#224; l'inexprimable : &#171; Quand je n'y pense pas, le temps, je sais bien ce que c'est ; mais d&#232;s que j'y pense, je ne sais plus. &#187; C'est cette intuition que l'esprit moderne (si l'on excepte Bergson) semble (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis vingt-cinq si&#232;cles que l'on sp&#233;cule sur le temps, ce qu'on en a dit de plus profond reste peut-&#234;tre le livre XI des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Confessions&lt;/i&gt; de saint Augustin. C'est que ce grand esprit &#233;tait assez savant pour avoir l'art d'exprimer avec pr&#233;cision ses id&#233;es les plus difficiles, et assez intuitif pour rester sensible &#224; l'inexprimable : &#171; Quand je n'y pense pas, le temps, je sais bien ce que c'est ; mais d&#232;s que j'y pense, je ne sais plus. &#187; C'est cette intuition que l'esprit moderne (si l'on excepte Bergson) semble avoir perdue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Essayons, pour commencer, de nous en tenir au temps de la science. Dans cette sorte de temps, tous les instants sont &#233;quivalents. Les &#233;quations o&#249; il intervient comportent la lettre t, et cette lettre repr&#233;sente une valeur lin&#233;aire, capable de prendre de fa&#231;on continue toutes les valeurs que l'on voudra. Soit, par exemple, l'&#233;quation de la chute des corps : e = 1/2 gt2, qui donne l'espace parcouru pendant un temps t. Rien ne pr&#233;cise, dans cette &#233;quation, &#224; quel instant r&#233;el on en est : la lettre t repr&#233;sente uniquement la dur&#233;e de la chute, que cette dur&#233;e se soit &#233;coul&#233;e il y a un milliard d'ann&#233;es, ou qu'il s'agisse d'une chute qu'un m&#233;canisme d&#233;clenchera quand l'&#233;rosion aura r&#233;duit le Mont Blanc &#224; la hauteur de la butte Montmartre. Aucune &#233;quation ne saurait, en aucune fa&#231;on imaginable, int&#233;grer dans sa formule le fait que le pr&#233;sent est diff&#233;rent du pass&#233; et que le futur n'existe pas encore.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'instant pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De nombreux lecteurs ont senti cela &#224; propos de mon article sur le paradoxe de Langevin : &#171; Soit, m'ont-ils &#233;crit, le temps d'un mobile se dilate par rapport &#224; un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence fixe ; mais quel temps ? Le temps physique ! Comment sait-on s'il en est de m&#234;me du temps v&#233;cu ? &#187; &#192; cette question, le physicien r&#233;pond que le temps v&#233;cu est mesur&#233; par nos battements de c&#339;ur et les mille processus physiques de notre m&#233;tabolisme, comme on peut le montrer exp&#233;rimentalement, par exemple avec des drogues, et que par cons&#233;quent le voyageur de Langevin vieillirait &#224; la vitesse de son horloge, c'est-&#224;-dire plus lentement. Cependant, les lecteurs qui m'ont &#233;crit cela ont intuitivement raison s'ils protestent contre le rejet m&#233;thodologique pr&#233;alable par la science de toute diff&#233;rence de nature entre les instants qui passent. Comme l'avait montr&#233; Bergson, la science raisonne sur un temps pr&#233;alablement transform&#233; en une dimension de l'espace [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-1&quot; name=&quot;nh27-1&quot; id=&quot;nh27-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Sur la spatialisation du temps telle que Bergson l&amp;#39;analyse, voir (...)' &gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La science telle qu'elle est actuellement doit donc admettre son irr&#233;m&#233;diable impuissance &#224; nous dire pourquoi maintenant est maintenant, pourquoi je suis vivant plut&#244;t que mort depuis vingt si&#232;cles [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-2&quot; name=&quot;nh27-2&quot; id=&quot;nh27-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Pascal, fragment 88 : &#171; &#8230; je m&amp;#39;effraie de me voir ici plut&#244;t que l&#224;, car (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]], pourquoi nous en sommes &#224; telle seconde de l'an 1972, et non &#224; telle autre de l'an 4832. La science a m&#234;me l'obligation de dire que cette question n'a pour elle rigoureusement aucune signification, qu'elle n'est, de son point de vue, qu'un bruit de voix, flatus vocis. Et pourtant !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant, quoi de plus dramatiquement vrai, pour tout &#234;tre conscient, que le temps qui passe ? Un jour, je vivrai les derni&#232;res secondes de mon passage dans ce monde. En un ultime effort, ma pens&#233;e obscurcie se tendra vers le myst&#232;re de l'&#234;tre pour y adh&#233;rer par la foi. Puis ce sera fini. Quand j'anticipe sur cet instant et que je me rappelle les beaux raisonnements de la physique, je me h&#226;te d'en rire tant que le flux irr&#233;parable des choses m'en laisse le loisir. Saint Augustin, qui se posa un jour ces m&#234;mes questions, est depuis des si&#232;cles assis &#224; la droite du P&#232;re, et hors d'&#233;tat de voir les choses comme moi, mortel, je les vois pour un peu de temps encore. Quiconque me dit que cette diff&#233;rence n'est qu'illusion me fait rire, quoique, je le confesse, d'un rire un peu moins joyeux &#224; mesure que les ann&#233;es passent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La science dit-elle vraiment cela ? Si oui, eh bien ! cela prouve pour le moins la l&#233;gitimit&#233; de la philosophie. Wittgenstein, le philosophe de Vienne, s'en va r&#233;p&#233;tant depuis un demi-si&#232;cle que ce qui n'a pas de signification scientifique doit &#234;tre une bonne fois rejet&#233;, et qu'il n'y a plus lieu d'en parler. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-3&quot; name=&quot;nh27-3&quot; id=&quot;nh27-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Aim&#233; Michel fait allusion &#224; la c&#233;l&#232;bre formule qui cl&#244;t le Tractatus de (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; quoi Popper r&#233;pond que c'est justement de ce qui d&#233;concerte la science que la philosophie a le devoir de parler. L'impuissance de la physique &#224; int&#233;grer dans son syst&#232;me rationnel autre chose qu'un temps r&#233;duit &#224; une quatri&#232;me dimension lin&#233;aire devrait d&#233;finir tr&#232;s exactement le champ de la r&#233;flexion philosophique en tant qu'activit&#233; originale de la pens&#233;e. Car le myst&#232;re du temps implique tous les autres myst&#232;res : celui de la conscience qui passe, du pass&#233; d'o&#249; elle est n&#233;e, du futur qu'elle ignore, de la libert&#233; qu'elle exerce, de sa solitude, de son amour &#233;ternellement insatisfait, &#171; donec requiescam in te &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-4&quot; name=&quot;nh27-4&quot; id=&quot;nh27-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] &#171; Souffrez donc que je me repose en vous &#187;, saint Augustin, Annotations (...)' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien de tout cela ne rel&#232;ve ni ne rel&#232;vera jamais de la physique [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-5&quot; name=&quot;nh27-5&quot; id=&quot;nh27-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Pourtant A. Michel avan&#231;a par ailleurs l&amp;#39;id&#233;e que l&amp;#39;&#233;tude de la conscience (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]. Et si Wittgenstein r&#233;ussissait &#224; nous convaincre de l'effacer de notre pens&#233;e, mieux vaudrait nous remplacer tout de suite par des ordinateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ni Wittgenstein ni personne n'y r&#233;ussira jamais, m&#234;me si nous le voulions, et cela pour une raison essentielle c'est que la non-physique est inscrite au c&#339;ur de la physique par l'existence m&#234;me de la vie et de la pens&#233;e au sommet de la vie. L'histoire de la vie sur la terre, qui commence au min&#233;ral, aboutit, non &#224; l'ordinateur, mais &#224; l'homme joyeux, souffrant, conqu&#233;rant, angoiss&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela ne signifie certes pas que le temps tel que nous le percevons soit plus vrai que le &#171; bloc ne varietur &#187; de l'espace-temps relativiste &#224; quatre dimensions. La v&#233;rit&#233; doit &#234;tre plus compliqu&#233;e que l'un et que l'autre, peut-&#234;tre m&#234;me est-elle &#224; jamais incompr&#233;hensible. Mais dans le chaos des lois physiques connues de nous, la vie &#233;tablit un ordre o&#249; la germination, terrestre ou v&#233;g&#233;tale, nous oblige &#224; reconna&#238;tre une direction, un sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La vie avant la mati&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un lecteur ing&#233;nieux me demande ce qu'il reste de l'&#233;volution orient&#233;e des &#234;tres si le temps ne s'&#233;coule pas univoquement du pass&#233; vers le futur. Mais on n'a pas besoin de savoir ce qu'est le temps pour constater que, dans une superposition de couches fossilif&#232;res, les fossiles qui sont dessous sont moins complexes que ceux qui sont dessus. Cette constatation suffit &#224; manifester un ordre, qui est pr&#233;cis&#233;ment le m&#234;me que celui des images &#171; successives &#187; d'un m&#234;me &#234;tre dont nous connaissons exp&#233;rimentalement la continuit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici par exemple un &#339;uf de poule. J'en fais une photo radioscopique puis je le mets &#224; couver. Chaque jour, j'en prends une photo aux rayons X, jusqu'&#224; l'&#233;closion du poussin. Si chacune de ces 21 photos est rang&#233;e dans l'ordre o&#249; elle a &#233;t&#233; prise, la deuxi&#232;me sur la premi&#232;re, la troisi&#232;me sur la deuxi&#232;me, et ainsi de suite, je constaterai, en examinant la pile des 21 clich&#233;s, qu'il y a dans leur succession un ordre, et que cet ordre, partant de l'&#339;uf, aboutit au poussin. Faut-il, pour affirmer l'existence de cet ordre, savoir ce qu'est le temps ? Peut-&#234;tre le faudrait-il pour dire en quoi consiste r&#233;ellement cet ordre qui s'&#233;labore, car c'est peut-&#234;tre cela le myst&#232;re du temps. Mais pour constater l'existence de l'ordre, il ne me faut que mes yeux. Et si j'ai &#233;crit plus haut entre guillemets le mot &#171; successif &#187; c'est qu'il n'implique aucune id&#233;e particuli&#232;re de temps mais seulement la classification ordonn&#233;e, l'ordre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dirai enfin que la physique est en perp&#233;tuelle &#233;volution et que, quand on fr&#233;quente un peu les physiciens, on ne peut qu'admirer la candeur de certains biologistes convaincus que &#171; la physique explique tout &#187;. Foutre, comme disait le P. Pouget [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-6&quot; name=&quot;nh27-6&quot; id=&quot;nh27-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] La vie et les id&#233;es du p&#232;re Pouget nous sont connues par le remarquable (...)' &gt;6&lt;/a&gt;], si seulement elle s'expliquait elle-m&#234;me, les physiciens seraient bien contents. Mes lecteurs connaissent le nom du physicien th&#233;oricien Pattee qui propose d'expliquer la physique par la vie [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-7&quot; name=&quot;nh27-7&quot; id=&quot;nh27-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[7] Voir la chronique n&#176; 35, Un b&#233;b&#233; encombrant, in La Clart&#233;, chap. 21 p. (...)' &gt;7&lt;/a&gt;]. Un lecteur, le docteur Gomet, de Ch&#226;tillon-le-Duc, me signale que l'id&#233;e est de Pasteur. Voici l'extraordinaire proph&#233;tie que faisait ce grand homme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vous placez la mati&#232;re avant la vie et vous faites la mati&#232;re existante de toute &#233;ternit&#233;. Qui vous dit que le progr&#232;s incessant de la science n'obligera pas les savants qui vivront dans un si&#232;cle, dans mille ans, dans dix mille ans, &#224; affirmer que la vie a &#233;t&#233; de toute &#233;ternit&#233;, et non pas la mati&#232;re ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'a fallu que cent ans pour qu'un physicien en vienne &#224; retrouver cette intuition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Cet article compl&#232;te&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; In Pulverem Reverteris&lt;/i&gt;, France Catholique, n&#176; 1355 [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb27-8&quot; name=&quot;nh27-8&quot; id=&quot;nh27-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[8] Chronique n&#176; 120 qui avait parue dans F.-C. la semaine auparavant (...)' &gt;8&lt;/a&gt;]. .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les notes de (1) &#224; (8) sont de Jean-Pierre Rospars et Bertrand M&#233;heust&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 121 parue dans F.C. &#8211; N&#176; 1 356 &#8211; 8 d&#233;cembre 1972. Reproduite dans La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe, chap. 2 &#171; Physique du temps &#187;, pp. 83-86.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-1&quot; name=&quot;nb27-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Sur la spatialisation du temps telle que Bergson l'analyse, voir (notamment) son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Essai sur les donn&#233;es imm&#233;diates de la conscience&lt;/i&gt; (PUF, 1976). [B.M.] En physique c'est au contraire de temporalisation de l'espace dont il faut parler avec la d&#233;finition du m&#232;tre, depuis 1983, comme la distance parcourue par la lumi&#232;re dans le vide en 1/299 792 458e seconde. Autrement dit la lumi&#232;re parcourt par d&#233;finition 299 792 458 m&#232;tres par seconde. Cette d&#233;finition pr&#233;sente au moins deux avantages : elle repose sur une constante universelle, la vitesse c de la lumi&#232;re dans le vide ; elle d&#233;pend d'une grandeur, le temps, qui est de toutes les grandeurs celle que l'on sait mesurer avec la plus grande pr&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-2&quot; name=&quot;nb27-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Pascal, fragment 88 : &#171; &#8230; je m'effraie de me voir ici plut&#244;t que l&#224;, car il n'y a point de raison pourquoi ici plut&#244;t que l&#224;, plut&#244;t &#224; pr&#233;sent plut&#244;t que lors &#187;. [B.M.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-3&quot; name=&quot;nb27-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Aim&#233; Michel fait allusion &#224; la c&#233;l&#232;bre formule qui cl&#244;t le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tractatus&lt;/i&gt; de Wittgenstein : &#171; Ce dont on ne peut parler, il faut le taire &#187;. La formule en question est une injonction mystique au silence face &#224; l'ineffable, et il y aurait sur ce point un parall&#232;le int&#233;ressant &#224; faire entre Aim&#233; Michel et Wittgenstein. [B.M.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-4&quot; name=&quot;nb27-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &#171; Souffrez donc que je me repose en vous &#187;, saint Augustin, Annotations sur le livre de Job (10, 20).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-5&quot; name=&quot;nb27-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Pourtant A. Michel avan&#231;a par ailleurs l'id&#233;e que l'&#233;tude de la conscience pourrait devenir dans un futur ind&#233;termin&#233; &#171; le seul objet de la science &#187; (voir La Clart&#233;, note 740, p. 610).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-6&quot; name=&quot;nb27-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] La vie et les id&#233;es du p&#232;re Pouget nous sont connues par le remarquable livre de Jean Guitton, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait de M. Pouget&lt;/i&gt; (Gallimard, Paris, 1941), voir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Clart&#233;&lt;/i&gt;, note 20, p. 33.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-7&quot; name=&quot;nb27-7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Voir la chronique n&#176; 35, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un b&#233;b&#233; encombrant&lt;/i&gt;, in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Clart&#233;&lt;/i&gt;, chap. 21 p. 524.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh27-8&quot; name=&quot;nb27-8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 27-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Chronique n&#176; 120 qui avait parue dans F.-C. la semaine auparavant (reproduite ici le 19 juillet 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Da la probabilit&#233; des miracles, ou l'avocat du diable&amp;hellip;</title>
		<link>http://www.france-catholique.fr/L-AVOCAT-DU-DIABLE.html</link>
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		<description>&#171; Ce physicien am&#233;ricain que vous citez me trouble &#187;, m'&#233;crit un lecteur malicieux. &#171; Quand on m'assure qu'une chose est absurde et impossible, vous a-t-il dit, je m'attends philosophiquement &#224; la voir se produire dans les plus brefs d&#233;lais. &#187; [[Aim&#233; Michel rapporte cette d&#233;claration du Pr Fairbank, de l'universit&#233; de Stanford, &#224; propos des particules &#233;l&#233;mentaires dans la chronique n&#176; 101, Entre Hegel et Groucho Marx, parue un mois auparavant (F.C. N&#176; 1336, 21 juillet 1972), reproduite ici le 14 juin 2010. Cette (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Ce physicien am&#233;ricain que vous citez me trouble &#187;, m'&#233;crit un lecteur malicieux. &#171; Quand on m'assure qu'une chose est absurde et impossible, vous a-t-il dit, je m'attends philosophiquement &#224; la voir se produire dans les plus brefs d&#233;lais. &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Aim&#233; Michel rapporte cette d&#233;claration du Pr Fairbank, de l&amp;#39;universit&#233; de (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] Mais alors, qu'est-ce qu'un miracle ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; cette question, je me suis rappel&#233; un incident survenu au physicien Charles-No&#235;l Martin. Il calculait &#224; cette &#233;poque ses tables atomiques, &#233;norme ouvrage comportant des milliers (peut-&#234;tre des dizaines de milliers) de calculs. Et n'ayant pas de temps &#224; perdre, il calculait sans cesse, y compris dans le m&#233;tro et l'autobus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se trouvait donc un jour sur la plate-forme d'un autobus et calculait (de t&#234;te). Au moment o&#249; le dernier chiffre d'un r&#233;sultat qui en comportait quatre se posait devant les yeux de son esprit, l'autobus s'arr&#234;ta &#224; c&#244;t&#233; d'une voiture en stationnement. Comme il regardait dans la rue sans voir, ses yeux se trouv&#232;rent par hasard pos&#233;s sur le num&#233;ro d'immatriculation de la voiture au moment m&#234;me o&#249; il obtenait son dernier chiffre. Le num&#233;ro de la voiture &#233;tait le nombre qu'il achevait de calculer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Cette co&#239;ncidence me frappa beaucoup, me raconta-t-il. Je voulus &#233;valuer la probabilit&#233; qu'une pareille rencontre se produise, compte tenu du nombre des voitures parisiennes, du nombre de savants qui se livrent &#224; des calculs, du nombre d'heures qu'ils passent dans la rue, et aussi de ce que l'on peut exiger d'une co&#239;ncidence pour qu'elle trouble celui qui la constate. Et je trouvai que ma m&#233;saventure ou une m&#233;saventure semblable, quoique improbable pour moi, devait obligatoirement se produire plusieurs fois par jour &#224; Paris. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Science et l&#233;vitation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lecteur que troublaient les propos du Pr Fairbank me dira probablement qu'une co&#239;ncidence n'est pas un miracle, que ce n'est qu'un gros lot dans une loterie, et que, quoique &#233;tonnante, l'aventure de Charles-No&#235;l Martin n'a rien d'impossible, comme par exemple les l&#233;vitations de saint Joseph de Copertino ou de sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila &#233;lev&#233;s en l'air pendant leur extase.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce que je sais, c'est qu'au regard de la science il n'y a et il ne peut y avoir aucune diff&#233;rence entre le plus invraisemblable prodige et un coup de d&#233;s. Ils sont peut-&#234;tre diff&#233;rents d'un certain point de vue, mais, comme on va voir, la science, quant &#224; elle, n'est pas &#224; m&#234;me de prendre ce point de vue en consid&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour la science, en effet, tous les ph&#233;nom&#232;nes sans exception sont ind&#233;finiment r&#233;ductibles &#224; d'autres ph&#233;nom&#232;nes, si bien que tout ph&#233;nom&#232;ne est statistique et r&#233;sulte d'un coup de d&#233;s. Supposons par exemple que je tire de mon robinet une casserole d'eau ti&#232;de et qu'au moment o&#249; j'&#233;tends la main sur elle en disant &#171; abracadabra &#187;, une moiti&#233; de l'eau se transforme en vapeur en faisant boum et l'autre moiti&#233; en gla&#231;on. Cette performance est-elle &#171; impossible &#187; ? Non, et dans ce cas particulier tout &#233;l&#232;ve de math&#233;matiques &#233;l&#233;mentaires pourra d&#233;crire ce qui s'est pass&#233; : dans la casserole d'eau ti&#232;de, les mol&#233;cules d'eau chaude et les mol&#233;cules d'eau froide (je simplifie un peu) &#233;taient d'abord m&#233;lang&#233;es ; par suite de leur perp&#233;tuelle agitation, il s'est trouv&#233;, par hasard, que les mol&#233;cules chaudes se sont trouv&#233;es rassembl&#233;es dans un coin de la casserole, ce qui n'a rien d'impossible en soi. Cela a fait boum et de la vapeur. Dans l'autre coin, o&#249; il n'y avait plus de mol&#233;cules chaudes, la glace a pris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mais, dira mon lecteur malicieux, pourquoi cela s'est-il produit au moment o&#249; vous disiez abracadabra ? &#187; D'accord. Mais pourquoi le bus de Charles-No&#235;l Martin s'est-il arr&#234;t&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la voiture au &#171; bon &#187; moment ? Par hasard. Peut-&#234;tre est-ce en disant &#171; abracadabra &#187; que j'ai fait boum, de la vapeur, et un gla&#231;on. Simplement, &#233;tant donn&#233; que le hasard a pu aussi produire ce prodige, je suis incapable de prouver qu'il faut en cr&#233;diter mes talents magiques plut&#244;t que le hasard.
&#171; Pardon, dira mon lecteur (de plus en plus malicieux), vous avez un excellent moyen de le prouver : il vous suffit de recommencer. &#187;
Mais, d'abord, que se passe-t-il quand on s'en va dire &#224; un thaumaturge : &#171; Excusez-moi, je n'ai pas bien vu comment vous vous y &#234;tes pris pour faire marcher ce paralytique, vous plairait-il de recommencer ? Le thaumaturge hausse les &#233;paules. Un prodige doit &#234;tre rare. Sinon, ce n'est plus un prodige, c'est un d&#233;terminisme, une loi de la nature [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Probablement une r&#233;miniscence d&amp;#39;un passage de Renan. Dans La vie de J&#233;sus (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ensuite, un hasard qui s'est produit une fois peut se produire deux. Il est plus improbable certes, mais il n'est pas plus impossible la deuxi&#232;me fois que la premi&#232;re. Il ne prouve rien de plus la deuxi&#232;me fois, ni la troisi&#232;me. J'entends qu'il ne prouve rien scientifiquement, car, en fait et en ce qui me concerne, si vous r&#233;p&#233;tez trois fois sous mes yeux la petite exp&#233;rience de la casserole, je conviendrai tr&#232;s volontiers que vous &#234;tes un grand sorcier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mais, me dira-t-on enfin, saint Joseph de Copertino s'envolait tous les jours. C'&#233;tait chez lui une habitude. Et cela se passait pendant les extases. C'&#233;tait donc bien en rapport avec l'exercice, si l'on peut dire, de sa saintet&#233;. N'est-ce pas l&#224; en d&#233;finitive ce que l'on doit appeler un miracle ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne sais pas. Mais je dirai pourquoi, deux si&#232;cles apr&#232;s lui, je suis aussi m&#233;fiant que le cardinal Lambertini, futur Pape Beno&#238;t XIV, &#171; promotor fidei &#187; (c'est-&#224;-dire avocat du diable) dans le proc&#232;s de canonisation de saint Joseph de Copertino et la plus haute autorit&#233; en mati&#232;re d'analyse des miracles (a).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Prodiges saugrenus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les l&#233;vitations et autres prodiges se produisent toujours alors que le corps du thaumaturge est dans un &#233;tat sp&#233;cial, hyperthermie, catalepsie ou autre. Les saints (m&#234;me les plus grands, comme saint Vincent de Paul) chez qui ces &#233;tats physiques particuliers sont absents n'ont jamais produit de prodiges. Inversement, de tels prodiges ont &#233;t&#233; observ&#233;s hors de toute saintet&#233; chez des personnes pr&#233;sentant ces &#233;tats physiques (Mollie Fancher, D. D. Home, la voyante de Provorst, etc.). De plus, ces prodiges sont beaucoup plus fr&#233;quents chez les femmes que chez les hommes. Ils varient non avec les vertus, mais avec les &#233;tats de sant&#233; du thaumaturge [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Sur saint Joseph de Copertino, voir Aim&#233; Michel, M&#233;tanoia : Ph&#233;nom&#232;nes (...)' &gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais alors, qu'est-ce qu'un vrai miracle ? Je ne suis pas th&#233;ologien et crains de dire des sottises. Il me semble cependant qu'un vrai miracle doit &#234;tre &#224; la fois tr&#232;s improbable et tr&#232;s &#233;difiant. Si M. Brejnev se mettait &#224; l&#233;viter chaque fois qu'il passe devant la basilique Saint-Basile, sa l&#233;vitation serait peut-&#234;tre parfaitement naturelle ; mais indiscutablement saint Basile y serait pour quelque chose, et m&#234;me Beno&#238;t XIV en serait &#233;branl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Voir l'analyse qu'en donne Baudeau : Analyse de l'ouvrage du Pape Beno&#238;t XIV (Migne, Theol. cursus compl. Tome 8, p. 851 et suivantes). [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Le livre rare de Nicolas Baudeau (1730-1792), th&#233;ologien, &#233;conomiste et (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les notes de 1 &#224; 4 sont de Jean-Pierre Rospars (sauf la seconde qui est de Bertrand M&#233;heust).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 106 parue dans F.C. &#8211; N&#176; 1341 &#8211; 25 ao&#251;t 1972 sous le titre &quot;L'avocat du diable&quot;. Reproduite dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe&lt;/i&gt;, chap. 23 &#171; Prodiges et miracles &#187;, pp. 582-584.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deux livres &#224; commander :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel, &#171; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe &#187;. 500 Chroniques sur la science et la religion publi&#233;es dans France Catholique 1970-1992. Textes choisis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Jean-Pierre Rospars. Pr&#233;face de Olivier Costa de Beauregard. Postface de Robert Masson. &#201;ditions Aldane, 783 p., 35 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel : &#171; L'apocalypse molle &#187;, Correspondance adress&#233;e &#224; Bertrand M&#233;heust de 1978 &#224; 1990, pr&#233;c&#233;d&#233;e du &#171; Veilleur d'Ar Men &#187; par Bertrand M&#233;heust. Pr&#233;face de Jacques Vall&#233;e. Postfaces de Genevi&#232;ve Beduneau et Marie-Th&#233;r&#232;se de Brosses. Edition Aldane, 376 p., 27 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Aim&#233; Michel rapporte cette d&#233;claration du Pr Fairbank, de l'universit&#233; de Stanford, &#224; propos des particules &#233;l&#233;mentaires dans la chronique n&#176; 101, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Entre Hegel et Groucho Marx&lt;/i&gt;, parue un mois auparavant (F.C. N&#176; 1336, 21 juillet 1972), reproduite ici le 14 juin 2010. Cette chronique se termine ainsi : &#171; L'acceptation de l'absurde par les savants n'est que la reconnaissance du myst&#232;re de la r&#233;alit&#233;, qui exc&#232;de l'intelligence. Et ceux qui sont pass&#233;s par l&#224; se sentent soudain merveilleusement lib&#233;r&#233;s : l'univers n'est plus ce machin poussi&#233;reux, exactement born&#233; aux limites de l'homme, que d&#233;sirait Hegel. Il est le lieu d'une aventure illimit&#233;e, digne non seulement de l'homme mais de Dieu. Tout en lui peut se produire. &#187; Comme je le signalais alors cette formulation ne doit pas &#234;tre mal comprise : il est des choses impossibles. Aim&#233; Michel pr&#233;cise ainsi sa pens&#233;e vingt ans plus tard : &#171; Si l'on me demandait de citer trois faits actuellement inconcevables, je les choisirais en violant de mon mieux la statistique. Par exemple, qu'une casserole d'eau ti&#232;de s&#233;pare soudain son eau en deux moiti&#233;s : un morceau de glace et une explosion de vapeur. Ou bien, en g&#233;ologie, que l'on d&#233;couvre une vache fossile dans une roche secondaire (on ne commence &#224; voir des vaches sur terre que des dizaines de millions d'ann&#233;es plus tard). Ou enfin, que dans la main d'une momie &#233;gyptienne tout juste d&#233;terr&#233;e on trouve la traduction hi&#233;roglyphique de cet article, avec ma signature ! &#187; (Chronique n&#176; 500, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Observation : science et miracle,&lt;/i&gt; reproduite dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Clart&#233;&lt;/i&gt;, chap. 23, p. 599).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2&quot; name=&quot;nb2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Probablement une r&#233;miniscence d'un passage de Renan. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La vie de J&#233;sus&lt;/i&gt; Renan se d&#233;fend de rejeter le miracle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a priori&lt;/i&gt; ; puis il place aussit&#244;t la barre si haut qu'il cl&#244;t d'embl&#233;e toute discussion. &#171; Ce n'est donc pas au nom de telle ou telle philosophie, &#233;crit-il, c'est au nom d'une constante exp&#233;rience que nous bannissons le miracle de l'histoire. Nous ne disons pas : &#8220;le miracle est impossible&#8221; ; nous disons : &#8220;il n'a pas eu jusqu'ici de miracle constat&#233;&#8221;. Que demain un thaumaturge se pr&#233;sente avec des garanties assez s&#233;rieuses pour &#234;tre discut&#233; ; qu'il s'annonce comme pouvant, je suppose, ressusciter un mort, que ferait-on ? Une commission compos&#233;e de physiologistes, de physiciens, de chimistes, de personnes exerc&#233;es &#224; la critique historique, serait nomm&#233;e. Cette Commission choisirait le cadavre, s'assurerait que la mort est bien r&#233;elle, d&#233;signerait la salle o&#249; devrait se faire l'exp&#233;rience, r&#233;glerait tout le syst&#232;me de pr&#233;cautions n&#233;cessaire pour ne laisser prise &#224; aucun doute. Si, dans de telles conditions, la r&#233;surrection s'op&#233;rait, une probabilit&#233; presque &#233;gale &#224; la certitude serait acquise. Cependant, comme une exp&#233;rience doit toujours pouvoir se r&#233;p&#233;ter, que l'on doit &#234;tre capable de refaire ce que l'on a fait une fois, et que, dans l'ordre du miracle, il ne peut &#234;tre question de facile ou de difficile, le thaumaturge serait invit&#233; &#224; reproduire son acte merveilleux dans d'autres circonstances, sur d'autres cadavres, dans un autre milieu&amp;hellip; &#187; (Le livre de poche, p. 80.) Il s'agit l&#224; d'un des passages les plus involontairement comiques de toute la litt&#233;rature rationaliste. [B.M.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh3&quot; name=&quot;nb3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Sur saint Joseph de Copertino, voir Aim&#233; Michel,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; M&#233;tanoia : Ph&#233;nom&#232;nes physiques du mysticisme&lt;/i&gt;, coll. Spiritualit&#233;s vivantes n&#176; 57, Albin Michel, Paris, 1986. Premi&#232;re &#233;dition &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Mysticisme : L'homme int&#233;rieur et l'ineffable,&lt;/i&gt; &#201;d. Plan&#232;te, 1972. Sur Mollie Fancher et D. D. Home, voir Herbert Thurston,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Les ph&#233;nom&#232;nes physiques du mysticisme&lt;/i&gt; (trad. Marcelle Weill, 508 p., Gallimard, Paris, 1961 ; r&#233;&#233;d. Ed. du Rocher, Monaco, 1986, avec une pr&#233;face de R&#233;my Chauvin). Dans cet ouvrage, recueil d'articles parus entre 1919 et 1938, Thurston (1956-1939), m&#233;decin et j&#233;suite anglais, &#171; ne se propose pas de r&#233;soudre des probl&#232;mes, mais de faire l'expos&#233; des faits et de les classer. &#187; Voici quelques extraits de ses cas :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mollie Fancher&lt;/strong&gt; &#233;tait n&#233;e en 1848. Sa vie s'&#233;coula au foyer de sa tante, &#224; Brooklyn, New York, et elle mourut dans la m&#234;me maison, peu avant la fin du si&#232;cle dernier. Elle semble avoir &#233;t&#233; d&#232;s l'enfance, sujette &#224; la tuberculose et, apr&#232;s avoir termin&#233; ses &#233;tudes, elle devint invalide, incurable et, d&#232;s lors, pendant plus de trente ans, ne quitta plus sa chambre, ni m&#234;me, pratiquement, son lit. Ses membres inf&#233;rieurs, pli&#233;s sous elle, se tordirent et s'atrophi&#232;rent ; elle devint ensuite compl&#232;tement aveugle et souffrit de d&#233;sordres nerveux aux manifestations bizarres. Pendant de longues ann&#233;es, elle fut incapable d'avaler et v&#233;cut presque compl&#232;tement sans nourriture, mais au milieu de ces infirmit&#233;s elle acquit des facult&#233;s remarquables de seconde vue. On pr&#233;tendait qu'elle discernait souvent ce qui se passait dans des villes lointaines, qu'elle avait connaissance du contenu de lettres scell&#233;es, qu'elle pouvait lire tr&#232;s rapidement en passant la main sur les pages imprim&#233;es et il semble certain qu'elle ex&#233;cuta les travaux artistiques les plus d&#233;licats, au-dessus de sa t&#234;te, la seule position possible avec son bras paralys&#233;, o&#249; m&#234;me la jouissance compl&#232;te de la vue ne lui aurait &#233;t&#233; d'aucune utilit&#233;. Nombre de t&#233;moins attestent qu'elle pouvait distinguer, par le seul toucher, avec une exactitude infaillible, les couleurs des laines &#224; tapisserie, des feuillets de cire et des autres fournitures qu'elle utilisait pour son travail. Outre cela, quatre personnalit&#233;s distinctes se manifestaient en elle, chacune avec des caract&#233;ristiques particuli&#232;res et une &#233;criture diff&#233;rente de celle de l'&#233;tat normal. Elle ne dormait jamais &#224; proprement parler, mais ces personnalit&#233;s se r&#233;v&#233;laient pendant la nuit, jamais apparemment en plein jour, leur apparition &#233;tant pr&#233;c&#233;d&#233;e de convulsions violentes et d'un &#233;tat de transe, fr&#233;quemment cataleptique. &#187; (pp. 353-354)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;David Dunglas Home&lt;/strong&gt; se rendit c&#233;l&#232;bre par son immunit&#233; aux br&#251;lures (p. 220), sa capacit&#233; &#224; irradier de la lumi&#232;re (p. 232), &#224; allonger ou r&#233;tr&#233;cir son corps d'une vingtaine de centim&#232;tres (pp. 234-238) et m&#234;me &#224; l&#233;viter (pp. 11-12). Thurston estime qu'on ne peut &#233;carter ces prodiges d'un revers de main. Concernant l'immunit&#233; aux br&#251;lures il &#233;crit : &#171; Que de tels faits se soient produits au cours des s&#233;ances de Home, une masse de t&#233;moignages, impossibles &#224; rejeter, nous l'atteste. Plus de vingt fois, son immunit&#233; aux br&#251;lures, alors qu'il touchait des charbons incandescents, fut certifi&#233;e par des t&#233;moins du plus haut rang, et, d&#233;tail encore plus &#233;tonnant, il avait le pouvoir de transmettre cette m&#234;me immunit&#233; &#224; ceux qui avaient foi en lui et d&#233;siraient prendre des objets br&#251;lants de sa main. &#187;. Il ajoute : &#171; Ce que je tiens &#224; souligner, c'est que nous ne pouvons tenir des t&#233;moins comme Lord Adare et le Ma&#238;tre de Lindsay pour de simple ben&#234;ts, m&#234;me s'ils &#233;taient jeunes tous les deux &#224; l'&#233;poque. Il avait &#233;t&#233; correspondant de guerre du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Daily Telegraph&lt;/i&gt; en Abyssinie, en 1867 ; il repr&#233;senta, l'ann&#233;e suivante, le m&#234;me journal &#224; Paris pendant la Commune, et, au cours de sa carri&#232;re politique, fut deux fois sous-secr&#233;taire d'Etat aux Colonies. Lord Lindsay &#233;tait plus jeune, mais il fut &#233;lu membre de la Royal Society &#224; l'&#226;ge de trente et un ans, en 1879, avant de devenir comte de Crawford. Il &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; Royale d'Astronomie, et devint plus tard un des administrateurs du British Museum et membre correspondant de l'Acad&#233;mie des Sciences de Prusse. De telles distinctions n'&#233;choient pas au hasard &#224; des originaux ou &#224; des nigauds excit&#233;s, m&#234;me si ce sont des gens fortun&#233;s, comme Crawford l'&#233;tait. &#187; Toutefois, Thurston note une diff&#233;rence entre les prodiges mystiques et ceux des m&#233;diums : &#171; Les asc&#232;tes ainsi honor&#233;s, au lieu de faire parade de leurs dons myst&#233;rieux, s'effor&#231;aient de tout leur possible de les dissimuler &#224; autrui. Le contraire semble toujours avoir &#233;t&#233; la r&#232;gle avec les m&#233;diums, m&#234;me ceux qui n'en font pas m&#233;tier, comme Stainton Moses et D.D. Home. Ils exploit&#232;rent leur pouvoir pour leur propre r&#233;putation, si ce n'&#233;tait pour des &#233;moluments p&#233;cuniaires, et il est difficile de trouver de la modestie dans tout ce qu'ils ont &#233;crit sur ce sujet. &#187; (pp. 273-274).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4&quot; name=&quot;nb4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Le livre rare de Nicolas Baudeau (1730-1792), th&#233;ologien, &#233;conomiste et journaliste, a &#233;t&#233; r&#233;cemment num&#233;ris&#233; par Google et on le trouvera ais&#233;ment avec ce moteur de recherche. Publi&#233; en 1761, son titre complet est : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Analyse de l'ouvrage du pape Beno&#238;t XIV, sur les b&#233;atifications et canonisations, approuv&#233;e par lui-m&#234;me, et d&#233;di&#233;e au roi.&lt;/i&gt; Son int&#233;r&#234;t vient en partie du fait que l'ouvrage de Prospero Lambertini (1675-1758), &#233;lu pape en 1740 sous le nom de Beno&#238;t XIV, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione&lt;/i&gt; (4 volumes, 1734-1758) n'a apparemment jamais &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais. Baudeau d&#233;finit ainsi les objectifs de son travail (je conserve l'orthographe originelle) : &#171; Nous avons t&#226;ch&#233; de rassembler en cet essai les maximes g&#233;n&#233;rales, qui servent, pour ainsi dire de fondement et de base aux jugemens de B&#233;atification et de Canonisation. C'&#233;tait notre intention de saisir un juste milieu, dans le d&#233;tail des r&#232;gles fondamentales et des proc&#233;dures juridiques, pour en donner &#224; nos Lecteurs une id&#233;e claire et distincte Nous s&#231;avons que notre si&#232;cle est ennemi des longs Ouvrages, d'ailleurs nous n'avons destin&#233; cet Abr&#233;g&#233; ni aux s&#231;avans, ni aux Th&#233;ologiens, ni aux Pr&#233;lats. Ce seroit leur rendre un mauvais office, que de les emp&#234;cher de conno&#238;tre par eux-m&#234;mes ces Trait&#233;s, dont nous avons fait nos d&#233;lices. &#187; (p. 281). Apr&#232;s avoir r&#233;sum&#233; l'histoire du culte des saints depuis les origines du christianisme, il d&#233;taille les &#171; formalit&#233;s judiciaires &#187; d'un proc&#232;s en canonisation, les fondements de la saintet&#233; et enfin ses preuves, c'est-&#224;-dire les miracles. Donnons-en quelques extraits :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Sur le second point (le proc&#232;s), il &#233;crit : &#171; Les causes de la B&#233;atification ou de Canonisation se traitent en toute rigueur comme les affaires criminelles ; c'est le principe g&#233;n&#233;ral de la Congr&#233;gations des Rites. Il faut donc que les faits soient prouv&#233;s avec la m&#234;me exactitude et les proc&#233;dures examin&#233;es avec autant de s&#233;v&#233;rit&#233; que pour la punition des crimes. Les t&#233;moignages suspects ou peu concluants, qui ne suffiroient pas pour condamner &#224; mort un accus&#233;, font, par les m&#234;mes d&#233;fauts, incapables de fonder une d&#233;claration de saintet&#233;. &#187; (p. 142).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Quels sont les &#171; vrais miracles &#187; ? &#171; Cinq qualit&#233;s principales en font le caract&#232;re. Premi&#232;rement l'Efficacit&#233;. L'esprit d'erreur [le d&#233;mon] est born&#233; dans son pouvoir, tandis que l'autorit&#233; de Dieu n'a point de limites. Souvent le merveilleux que le D&#233;mon suppose n'a qu'une vaine apparence, parce qu'il fascine les sens ou s&#233;duit l'attention par des ressemblances, tandis qu'un vrai Miracle op&#232;re dans la r&#233;alit&#233;. Secondement la dur&#233;e. Souvent le prestige n'a qu'un instant, et tout rentre aussi-t&#244;t dans l'ordre. Troisi&#232;mement l'utilit&#233;. Dieu ne prodigue point sa puissance en vain. Des traits pu&#233;rils et des changemens qui n'aboutissent qu'&#224; causer de la frayeur ou de l'&#233;tonnement, sont indignes d'occuper un homme raisonnable, &#224; plus forte raison d'&#234;tre produits par un ordre particulier de la Providence. On peut encore moins supposer que la Sagesse supr&#234;me se pr&#234;te &#224; des sc&#232;nes ind&#233;centes ou ridicules, semblables &#224; celles dont on a quelquefois voulu repa&#238;tre la populace ; de m&#234;me qu'il seroit impie de croire qu'elle favorise des desseins injustes et pernicieux. Quatri&#232;mement le moyen. C'est par la pri&#232;re, l'Invocation de l'adorable Trinit&#233;, de la Sainte Mere de J&#233;sus-Christ, ou des Ames bienheureuses, que s'op&#232;rent les vrais miracles. (&#8230;) Cinqui&#232;mement l'objet principal. Dieu ne peut avoir en v&#251;e que sa gloire et notre bonheur. Le triomphe de la V&#233;rit&#233;, le r&#232;gne de la Justice, sont les seuls motifs dignes de sa bont&#233;, toujours infiniment sage. Tous ces principes, dont l'application est si facile et si concluante, se r&#233;duisent &#224; celui-l&#224; seul, qui contient tout dans sa f&#233;condit&#233;. Le Ma&#238;tre de la Nature est le Dieu de la V&#233;rit&#233;, non le Dieu du Mensonge. (&#8230;) &#187; (pp. 244-247). Plus loin (pp. 252 et sq.) l'auteur distingue trois ordres de prodiges selon qu'ils proviennent de Dieu (comme la r&#233;surrection d'un mort), d'&#171; intelligences pures, dont le s&#231;avoir et l'activit&#233; sont au-dessus des n&#244;tres &#187; ou r&#233;sultent de &#171; Loix qui les mettent &#224; l'abri de toute erreur, et qui ne permettent pas de les confondre avec les effets de l'art, ou le cours ordinaire de la Nature. &#187; Suit la liste des &#171; sept conditions absolument indispensables &#187; pour que les gu&#233;risons soient admises &#171; au rang des vrais Prodiges. &#187; Consid&#233;rations toujours actuelles m&#234;me si l'esprit du temps en est fort &#233;loign&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Sur la personnalit&#233; de Beno&#238;t XIV, consid&#233;r&#233; comme &#171; le plus intelligent des papes du XVIIIe si&#232;cle &#187;, esprit ouvert, &#233;pris de science (il fit publier les &#339;uvres compl&#232;tes de Galil&#233;e en 1741), on pourra consulter par exemple le livre de Peter Godman : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire secr&#232;te de l'Inquisition de Paul III &#224; Jean-Paul II&lt;/i&gt; (trad. par C&#233;cile Deniard, coll. Tempus, Perrin, 2007), en particulier le chapitre 6 &#171; La r&#233;volution manqu&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LA GR&#200;VE DU SAVOIR (*)</title>
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		<description>Aim&#233; Michel a d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici m&#234;me la perspective d'une &#171; apocalypse molle &#187;. C'est une variation sur ce m&#234;me th&#232;me qu'il nous propose ici, en imaginant que l'humanit&#233; puisse abandonner sa culture. &lt;br /&gt;Par les temps qui courent, il est difficile de r&#233;sister &#224; la fascination des civilisations disparues et de ne pas entendre, en y pensant, le cri que les Latins pr&#234;taient au corbeau &#171; Cras ! Cras ! Demain ! &#187; &lt;br /&gt;Demain, ce pourrait &#234;tre notre tour. Inconcevable il y a vingt ans, la fin de notre civilisation est devenue (&amp;hellip;)


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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel a d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici m&#234;me la perspective d'une &#171; apocalypse molle &#187;. C'est une variation sur ce m&#234;me th&#232;me qu'il nous propose ici, en imaginant que l'humanit&#233; puisse abandonner sa culture.&lt;/i&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb1-1&quot; name=&quot;nh1-1&quot; id=&quot;nh1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Voir la chronique n&#176; 2 L`eug&#233;nisme ou l`Apocalypse molle, parue ici le 27 (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par les temps qui courent, il est difficile de r&#233;sister &#224; la fascination des civilisations disparues et de ne pas entendre, en y pensant, le cri que les Latins pr&#234;taient au corbeau &#171; Cras ! Cras ! Demain ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Demain, ce pourrait &#234;tre notre tour. Inconcevable il y a vingt ans, la fin de notre civilisation est devenue une &#233;vidente possibilit&#233; historique depuis que l'on voit la jeunesse se d&#233;tourner d'elle. Car pour subsister, cette civilisation a besoin de la foule de ses savants et de ses techniciens. Que ceux-ci lui fassent un jour d&#233;faut, et ce sera l'effondrement. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb1-2&quot; name=&quot;nh1-2&quot; id=&quot;nh1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Aim&#233; Michel pensait aux gauchistes mais ce d&#233;tournement prend aujourd&amp;#39;hui (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#339;uvres les plus r&#233;centes du philosophe et physicien anglais, sir Karl Popper, en d&#233;montrant avec une remarquable clart&#233; le fonctionnement de la pens&#233;e moderne, nous font prendre conscience de son effrayante fragilit&#233; (a).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Trois mondes encastr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La th&#232;se fondamentale de Popper, c'est que le monde o&#249; nous vivons est fait de trois mondes encastr&#233;s l'un dans l'autre. Il y a d'abord le monde des ph&#233;nom&#232;nes, c'est-&#224;-dire le monde physique, celui des &#233;toiles, de la terre, de notre corps, y compris notre cerveau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a ensuite le monde subjectif, nos perceptions, notre pens&#233;e, nos &#233;motions, nos r&#234;ves, nos plaisirs et nos douleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a enfin le monde des connaissances enregistr&#233;es dans les biblioth&#232;ques, et qui fait l'objet de l'enseignement. C'est ce &#171; patrimoine &#187; que l'on se pla&#238;t encore, par habitude, &#224; qualifier d'&#171; universel &#187;. Tout homme est personnellement pr&#233;sent dans les trois mondes de Popper. Il est dans le premier par son corps, dans le second par son esprit, dans le troisi&#232;me par sa culture [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb1-3&quot; name=&quot;nh1-3&quot; id=&quot;nh1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Pour appr&#233;cier ce texte d&amp;#39;Aim&#233; Michel, voici comment Karl Popper pr&#233;sente (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]. Mais alors que les deux premiers dureront autant que la nature humaine, le troisi&#232;me doit affronter les p&#233;rils de l'histoire. Il peut un jour dispara&#238;tre comme une nu&#233;e emport&#233;e par le vent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette disparition, Popper montre qu'elle peut survenir de diverses fa&#231;ons et &#224; divers niveaux. Par exemple, toutes nos machines peuvent tomber progressivement en panne &#224; mesure que serait abandonn&#233;e l'&#233;tude de la technologie. Cependant, note-t-il, si les biblioth&#232;ques survivaient (et aussi, bien entendu, notre capacit&#233; d'apprendre), une nouvelle civilisation pourrait &#234;tre ult&#233;rieurement enfant&#233;e &#224; partir des vestiges de la n&#244;tre, apr&#232;s beaucoup de souffrances et une &#233;clipse plus ou moins longue. Mais nos biblioth&#232;ques aussi pourraient &#234;tre d&#233;truites. Ce serait alors la perte totale du &#171; patrimoine &#187; qu'il faudrait plus tard reconqu&#233;rir au prix des m&#234;mes mill&#233;naires d'efforts dont nous l'avons pay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La plausibilit&#233; d'un tel &#233;v&#233;nement permet &#224; Popper de montrer l'existence r&#233;elle et ind&#233;pendante du troisi&#232;me monde qui, sans avoir l'&#233;ternit&#233; des Id&#233;es platoniciennes, peut n&#233;anmoins subsister hors de l'homme, hors de toute pens&#233;e, dans une plan&#232;te enti&#232;rement retourn&#233;e &#224; la barbarie ou m&#234;me d&#233;sert&#233;e par l'homme. Un &#234;tre venu de Sirius et p&#233;n&#233;trant dans la Biblioth&#232;que nationale ne tarderait pas &#224; retrouver, gr&#226;ce aux figures, la cl&#233; de toutes les langues humaines et de l&#224; &#224; ressusciter notre culture disparue. Cette histoire a souvent &#233;t&#233; racont&#233;e par les &#233;crivains de science-fiction avec une assez redoutable vraisemblance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le sch&#233;ma de Popper, le travail intellectuel de l'homme moderne consiste &#224; utiliser le deuxi&#232;me monde (celui de la pens&#233;e) pour d&#233;chiffrer le premier (le monde des ph&#233;nom&#232;nes) et en donner une interpr&#233;tation qui cr&#233;e la substance du troisi&#232;me. Et l'homme moderne a ceci de particulier dans le cours de l'histoire que le troisi&#232;me monde exc&#232;de d&#233;sormais formidablement les capacit&#233;s de toute pens&#233;e.
Comment cro&#238;t-il, ce monde du &#171; patrimoine &#187; ? Par ce que l'on appelait jusqu'ici, plut&#244;t pompeusement, la &#171; transmission du flambeau &#187; : les d&#233;positaires de la culture, c'est-&#224;-dire les ma&#238;tres, savants et professeurs, la transmettaient &#224; leurs successeurs, augment&#233;e de leur apport personnel. La transmission s'op&#233;rait par l'enseignement et les successeurs n'avaient qu'une id&#233;e, faire mieux que leurs ma&#238;tres, les surpasser. Il ne serait venu &#224; l'id&#233;e de personne, il y a seulement un quart ide si&#232;cle, que cette m&#233;canique p&#251;t un jour se d&#233;traquer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourtant peut-&#234;tre ce que nous voyons se produire sous nos yeux : une partie de la jeunesse rejette avec m&#233;pris ce &#171; flambeau &#187; qu'on lui tend. Elle n'en veut plus. Une partie importante du corps &#171; enseignant &#187; l'encourage dans ce refus. Et il s'agit d'un ph&#233;nom&#232;ne mondial, que la diversit&#233; des r&#233;gimes politiques ne fait que montrer ou cacher plus ou moins. &#171; L'Universit&#233; sociale, &#233;crit A. Wolfe, professeur de science politique (sic) &#224; l'Universit&#233; d'Etat de New York, n'a rien &#224; faire avec la poursuite abstraite des &#233;tudes. Son but est d'utiliser la connaissance obtenue par l'&#233;tude en vue d'obtenir la r&#233;volution. Donc, l'Universit&#233; ne doit pas reconna&#238;tre &#224; ses membres le droit de faire ce qu'ils veulent sous pr&#233;texte de libert&#233;, acad&#233;mique : elle leur enjoint au contraire de s'engager totalement dans la r&#233;volution. Par exemple, un cours sur le contr&#244;le des &#233;meutes devrait &#234;tre exclu de l'Universit&#233;, alors qu'un cours sur les m&#233;thodes de combat de rue serait parfaitement appropri&#233; (b). &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les nouveaux docteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est certain qu'une &#171; soci&#233;t&#233; &#187; encadr&#233;e par des docteurs &#232;s combats de rue nous changerait un peu de celle o&#249; nous avons grandi. Qui travaillerait pendant que ces savants d'un nouveau genre se livreraient &#224; leurs &#171; travaux pratiques &#187; ? Question tout &#224; fait subalterne et qu'on se sent honteux de poser. Si ces messieurs doivent un jour devenir nos ma&#238;tres, nous pouvons leur faire confiance : c'est nous qui travaillerons. Et ne nous avisons pas alors de descendre dans la rue : la r&#233;volution ne tol&#233;rera pas ces provocations r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Karl R. Popper :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Epistemology without a knowing subject (Logic, methodology and Philosophy of Sciences&lt;/i&gt;, III, North Holland Publishing Company, Amsterdam 1968).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;On the theory of the objective mind&lt;/i&gt; (Akten des XIV Internationalen Kongresses f&#252;r Philosophie, vol. I, Vienne 1968).
(b) A. Wolfe : The Myth et the free scholar (University Review, State University of New York, 1969, vol. II, p. 3-7).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 30 parue initialement dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France Catholique&lt;/i&gt; &#8211; N&#176; 1271 &#8211; 23 avril 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; (3) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh1-1&quot; name=&quot;nb1-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Voir la chronique n&#176; 2 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L`eug&#233;nisme ou l`Apocalypse molle&lt;/i&gt;, parue ici le 27 juillet 2009 et les trois suivantes o&#249; Aim&#233; Michel s'interroge sur les diverses fins du monde possibles. L'&#171; Apocalypse molle &#187; est aussi le titre du recueil de lettres d'Aim&#233; Michel &#233;crites &#224; Bertrand M&#233;heust et rassembl&#233;es par ce dernier (Editions Aldane, Cointrin, 2008).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh1-2&quot; name=&quot;nb1-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Aim&#233; Michel pensait aux gauchistes mais ce d&#233;tournement prend aujourd'hui un cours diff&#233;rent. Les jeunes Occidentaux se d&#233;tournent de la science que ronge un mal interne. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La marque du sacr&#233;&lt;/i&gt; (Carnets Nord, Paris, 2009, p. 60, sur ce livre voir la note f de la chronique n&#176; 20 Le &#171; jugement dernier &#187; : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nous avons les moyens de notre extermination&lt;/i&gt;, publi&#233;e ici le 4 janvier 2010), Jean-Pierre Dupuy remarque : &#171; [L]a science et la technique (&#8230;) attirent de moins en moins les jeunes dans nos contr&#233;es. A ce rythme, il n'y aura bient&#244;t plus de scientifiques ni d'ing&#233;nieurs en Europe et aux Etats-Unis, ils seront tous en Inde, en Chine et au Br&#233;sil, m&#234;me si, pendant un certain temps encore, ils auront &#233;t&#233; form&#233;s dans les universit&#233;s am&#233;ricaines par des professeurs de leur propre pays. La science et la technique d&#233;termineront plus que jamais nos vies et nos pens&#233;es alors m&#234;me qu'il n'y aura plus chez nous personne pour les produire et encore moins les penser. &#187; Si comme le pense Aim&#233; Michel &#171; La science seule peut donner aux hommes, s'ils sont assez sages pour l'utiliser &#224; cette fin, le moyen de nous sauver &#187; (chroniques n&#176; 129, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'attentat contre la biosph&#232;re&lt;/i&gt;, in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clart&#233;,&lt;/i&gt; chap. 11, p. 311, et n&#176; 136, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les fruits de la science et de la technique&lt;/i&gt;), alors la rupture de ce barrage &#224; la mont&#233;e des p&#233;rils pourrait acc&#233;l&#233;rer l'apocalypse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh1-3&quot; name=&quot;nb1-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Pour appr&#233;cier ce texte d'Aim&#233; Michel, voici comment Karl Popper pr&#233;sente lui-m&#234;me son importante th&#233;orie des trois mondes dans L'Univers irr&#233;solu. Plaidoyer pour l'ind&#233;terminisme (trad. Ren&#233;e Bouveresse, Hermann, Paris, 1984, p. 95 et sq.) :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&#171; C'est je pense, signe d'un grand bon sens que d'accepter la r&#233;alit&#233; ou l'existence du Monde 1 des corps physiques. Ainsi que le montre la fameuse r&#233;ponse du Dr. Johnson &#224; Berkeley, on peut dire qu'un corps physique, tel un rocher, qu'il existe parce qu'on peut lui donner des coups de pied ; si l'on donne des coups de pied &#224; un rocher suffisamment fort, on s'aper&#231;oit qu'il peut vous les rendre (&#8230;) ou, pour g&#233;n&#233;raliser un peu, je propose de dire que quelque chose existe ou est r&#233;el dans la mesure o&#249;, et uniquement dans la mesure o&#249;, il peut y avoir une interaction entre ce quelque chose et les membres du Monde 1, c'est-&#224;-dire avec des corps durs et physiques. (&#8230;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;La proposition dont je souhaite d&#233;fendre la v&#233;racit&#233; et qui me semble aller un peu au-del&#224; du bon sens est que, non seulement le Monde 1, physique, et le Monde 2, psychologique, sont r&#233;els, mais que le Monde 3, abstrait, l'est &#233;galement ; r&#233;el tout comme le Monde 1 physique des rochers et des arbres : les objets du Monde 2 et du Monde 3 peuvent donner des coups de pieds aux objets physiques du Monde 1, et ils peuvent &#233;galement en recevoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Quoique je propose, avec le Dr. Johnson, Alfred Land&#233; et d'autres r&#233;alistes de bon sens, de consid&#233;rer le Monde 1 comme le mod&#232;le m&#234;me de la r&#233;alit&#233;, je ne suis pas moniste mais pluraliste. Un immat&#233;rialisme moniste ou un ph&#233;nom&#233;nalisme niant l'existence du Monde 1 et n'admettant que les exp&#233;riences comme existantes, donc uniquement le Monde 2, fut plut&#244;t &#224; la mode jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment. Aujourd'hui, le point de vue contraire est beaucoup plus &#224; la mode. Je veux dire le point de vue selon lequel seul le Monde 1 existe. Cette fa&#231;on de voir est appel&#233; le mat&#233;rialisme moniste, ou physicalisme, ou behaviourisme philosophique. Plus r&#233;cemment, cette th&#233;orie a &#233;t&#233; appel&#233;e aussi th&#233;orie de l'identit&#233;, parce qu'elle affirme que les exp&#233;riences mentales sont en r&#233;alit&#233; identiques aux processus du cerveau. Les diff&#233;rentes formes du monisme seront remplac&#233;es ici par un pluralisme : la th&#232;se des trois mondes. (&#8230;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Mon argument principal en faveur de l'existence du Monde 2 des exp&#233;riences subjectives est que nous devons normalement appr&#233;hender ou comprendre une th&#233;orie du Monde 3 avant de pouvoir l'utiliser pour agir sur le Monde 1 (&#8230;). L'efficacit&#233; de cet argument d&#233;pend clairement du Monde 3. Si le monde 3 existe et s'il est tenu au moins partiellement autonome et si, de plus, les plans faits dans le Monde 3 affectent le Monde 1, l'existence du Monde 2 me semble alors in&#233;luctable. &#187; Popper distingue alors les processus de pens&#233;e subjectifs qui appartiennent au Monde 2 et le contenu objectif des pens&#233;es qui constituent le Monde 3. Nous avons d&#233;j&#224; rencontr&#233;e cette distinction importante dans deux chroniques pr&#233;c&#233;dentes (n&#176; 14 Mati&#232;re et m&#233;moire 1971, parue ici le 3 septembre 2009, et n&#176; 36 Le sourd-muet, le sage et le savant, le 8 mars 2010). Ainsi un math&#233;maticien qui propose un th&#233;or&#232;me faux pourra se rendre compte de son erreur gr&#226;ce aux &#171; coups de pied re&#231;us de la structure logique du Monde 3 &#187;. Pour Popper les objets du Monde 3 existent et sont autonomes. Il prend l'exemple des nombres entiers dont nous avons d&#233;couvert qu'ils sont constitu&#233;s de nombres pairs et de nombres impairs. Or &#171; quoique nous puissions penser, aucun processus de pens&#233;e ne peut changer ce fait du Monde 3 &#187;. Il &#233;tablit ensuite que cette partie autonome du Monde 3 est &#171; r&#233;elle &#187; car elle peut agir sur le Monde 1, au moins par le truchement du Monde 2. Il en prend pour exemple &#171; la fa&#231;on dont nous faisons des changements dans le Monde 1 lorsque nous construisons, par exemple, des r&#233;acteurs nucl&#233;aires, ou des bombes atomiques, ou des gratte-ciels, ou des terrains d'aviation selon des plans et des th&#233;ories du Monde 3. &#187; Le math&#233;maticien Andr&#233; Lichnerowicz (voir la chronique n&#176; 63, L'esprit de syst&#232;me contre la science, publi&#233;e ici le 19 avril 2010) donne beaucoup d'importance aux &#171; coups de pied re&#231;us de la structure logique du Monde 3 &#187;. Dans un entretien avec Jacques Nimier (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Entretiens avec des math&#233;maticiens &#8722; L'heuristique math&#233;matique,&lt;/i&gt; IREM, 1989, www.pedagopsy.eu), il d&#233;clare :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&#171; Ce que je trouvais extr&#234;mement agr&#233;able en math&#233;matiques, c'&#233;tait que je me cognais durement ; l'art de faire des math&#233;matiques, aussi bien comme &#233;colier que comme math&#233;maticien, consiste souvent &#224; &#8220;s&#233;cher&#750; la moiti&#233; du temps. Quand on se cogne, on se cogne, mais quand on a vu une difficult&#233;, triomph&#233; d'elle, eh bien on est s&#251;r d'y &#234;tre arriv&#233;. Il y a une certaine objectivit&#233;. Avec l'&#226;ge, j'ai appris que ce n'&#233;tait pas seulement cette objectivit&#233; qui &#233;tait importante, il y a &#224; l'int&#233;rieur des math&#233;matiques un jugement de valeur qui vous dit si certaines math&#233;matiques sont belles et f&#233;condes, ont une valeur &amp;hellip; mais, de toutes fa&#231;ons, elles sont ou elles ne sont pas. Ce qui est beaucoup plus difficile pour d'autres activit&#233;s intellectuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; N : Il y avait un certain plaisir, autrement dit, &#224; se cogner contre quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; L : C'&#233;tait un tr&#232;s grand plaisir de se cogner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; N : Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; L : Pourquoi&amp;hellip; parce que vous ne vous battez pas avec des fant&#244;mes&amp;hellip; Vous vous battez avec votre esprit fonctionnant dans les r&#233;alit&#233;s et quand les choses ne vont pas, vous vous en apercevez durement. Ce qui est un motif de s&#233;curit&#233; et non pas d'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; N : Se battre avec son esprit, autrement dit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; L : Se battre avec son esprit, dans la mesure o&#249; votre esprit est l'esprit de tout le monde. Le fait que votre esprit ait vocation universelle est probablement tr&#232;s s&#233;curisant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; N : Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.france-catholique.fr/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; L : Pourquoi ?&amp;hellip; (silence)&amp;hellip; Parce que vous n'&#234;tes pas victime de mythes ou de fantasmes&amp;hellip; que vous savez mal appr&#233;cier. Ce sont les math&#233;matiques qui ont d'ailleurs donn&#233; &#224; l'humanit&#233; la notion m&#234;me de probit&#233; intellectuelle. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LE ROI SANS DENTS (*)</title>
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		<description>Les &#201;gyptiens, qu'inspirait un vrai g&#233;nie de la domestication, avaient r&#233;ussi &#224; mettre &#224; leur service le babouin de l'esp&#232;ce Hamadryas, un singe de grande taille et de m&#339;urs plut&#244;t f&#233;roces qui vit surtout maintenant en &#201;thiopie. Il &#233;tait employ&#233; pour la cueillette des fruits et tenu pour sacr&#233;. Quand il mourait, on le momifiait. &lt;br /&gt;Le secret de sa domestication est perdu, mais les savants s'int&#233;ressent au babouin plus encore que les &#201;gyptiens &#224; cause de son intelligence et l'on pourrait presque dire de sa (&amp;hellip;)


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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#201;gyptiens, qu'inspirait un vrai g&#233;nie de la domestication, avaient r&#233;ussi &#224; mettre &#224; leur service le babouin de l'esp&#232;ce Hamadryas, un singe de grande taille et de m&#339;urs plut&#244;t f&#233;roces qui vit surtout maintenant en &#201;thiopie. Il &#233;tait employ&#233; pour la cueillette des fruits et tenu pour sacr&#233;. Quand il mourait, on le momifiait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le secret de sa domestication est perdu, mais les savants s'int&#233;ressent au babouin plus encore que les &#201;gyptiens &#224; cause de son intelligence et l'on pourrait presque dire de sa culture : non seulement il vit en soci&#233;t&#233;, non seulement son organisation sociale ressemble &#224; celle de l'homme tribal, mais on y pratique l'&#233;ducation des enfants, une &#233;ducation qui est dispens&#233;e par les femelles et les vieux m&#226;les et qui varie avec les circonstances et les n&#233;cessit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un babouin constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La tribu babouine est dirig&#233;e par une sorte de roi constitutionnel : il commande, mais non sans partage. Il est assist&#233; par un v&#233;ritable conseil que l'on voit r&#233;uni conciliabuler &#224; l'&#233;cart de la tribu dans les cas graves ou incertains. Comment s'&#233;changent les &#171; id&#233;es &#187; et &#171; opinions &#187;, on n'en sait rien, ou pas grand-chose. Quand on observe les relations entre animaux de la tribu, on ne voit gu&#232;re que des gestes et des mimiques, on n'entend que des grognements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, la tribu sous le commandement de son roi et de ses s&#233;nateurs est capable de conduire de v&#233;ritables guerres, avec man&#339;uvres, raids &#233;clairs, capture de prisonniers. Elle sait par des tactiques collectives tromper et mettre en d&#233;route le l&#233;opard, et m&#234;me l'homme : par exemple, les babouins ont d&#233;couvert que les richesses de l'homme sont d'une exploitation avantageuse ; install&#233;s pr&#232;s des faubourgs de certaines villes africaines, ils savent p&#233;n&#233;trer furtivement dans les maisons, les piller et s'enfuir sans &#234;tre pris, toutes activit&#233;s pour lesquelles il leur a bien fallu inventer des comportements, et des comportements dont la vie sauvage n'a pu leur offrir aucun mod&#232;le (a).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on mesure ce qu'ils sont capables de faire dans un environnement civilis&#233; (les faubourgs des villes, les a&#233;rodromes, les plantations), on se rend compte qu'ils d&#233;ploient une v&#233;ritable activit&#233; psychique, sans aucun rapport avec la plasticit&#233; du rat, par exemple, qui n'invente pas de tactiques complexes et ne s'adapte &#224; des milieux nouveaux que dans la mesure o&#249; ceux-ci lui offrent un cadre conforme &#224; ses m&#339;urs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les moralistes ne pensent pas assez aux animaux, avec qui nous partageons toute la part instinctive de notre &#234;tre, et, en ce qui concerne les animaux sup&#233;rieurs et surtout les singes, une partie de nos m&#233;canismes mentaux. Dans nos rapports sociaux en particulier &#8211; ceux que nous avons avec nos parents, nos enfants, nos proches, et avec les autres repr&#233;sentants de notre esp&#232;ce &#8211; si les moyens par lesquels s'&#233;tablissent ces rapports sont typiquement humains, en revanche les aspirations que ces moyens r&#233;alisent sont communes aux hommes et aux animaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La s&#233;curit&#233; physique et morale, la tendresse filiale et parentale, l'estime des proches, le rang social, tout cela existe &#224; l'&#233;tat quasi pur chez les animaux sup&#233;rieurs. Aussi, leur observation est-elle du plus haut int&#233;r&#234;t. Dans le livre passionnant (et souvent effrayant), du psychologue austro-am&#233;ricain Friedrich Hacker dont la traduction vient de para&#238;tre (b), Konrad Lorenz rapporte, &#224; propos d'une tribu de babouins, une observation qui incite &#224; la m&#233;ditation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le groupe, dit-il, &#233;tait dirig&#233; par un m&#226;le extr&#234;mement &#226;g&#233;, et m&#234;me pratiquement s&#233;nile. Pendant le temps que De Vore [l'observateur] consacra &#224; cette observation, ce vieillard tomba de faiblesse &#224; plusieurs reprises et dut &#234;tre port&#233; par ses aides de camp. Son &#8220;b&#226;illement de menace&#750; (c), montrait qu'il n'avait pas de dents et qu'il &#233;tait par cons&#233;quent tout &#224; fait inoffensif. C'est pourtant lui qui osa s'avancer pour faire le guet lorsqu'un lion se trouva couper le chemin conduisant aux arbres o&#249; les singes avaient l'habitude de s'installer pour dormir. Apr&#232;s avoir reconnu la position du lion, il ramena par un large d&#233;tour le groupe &#8220;&#224; la maison&#750;. Dans ce cas, commente Lorenz, ce n'est donc pas le plus fort mais le plus sage qui prit sur lui la responsabilit&#233; et fit la preuve de son autorit&#233;. La collaboration des g&#233;n&#233;rations ne repose pas seulement sur la force physique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lecteur se tromperait s'il essayait de se d&#233;barrasser de cet exemple en l'interpr&#233;tant comme un fait rare et peut-&#234;tre mal observ&#233;. Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, les documents sur les singes s'accumulent (d) [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2-1&quot; name=&quot;nh2-1&quot; id=&quot;nh2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Jane van Lawick-Goodall : Tueurs innocents (avec H. van Lawick), J&amp;#39;ai (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. Il est absolument certain et prouv&#233; par d'innombrables rapports concordants et m&#234;me par des films (le mari de Jane Van Lawick Goodall est un cin&#233;aste et photographe professionnel) que, dans les soci&#233;t&#233;s de singes les plus &#233;volu&#233;es, la loi sociale n'est pas une &#171; loi de la jungle &#187;.
Des exp&#233;riences faites un peu partout, et notamment en Am&#233;rique dans le cadre des recherches de la NASA, montrent que la hi&#233;rarchie sociale des chimpanz&#233;s et d'autres esp&#232;ces vivant dans leur milieu naturel donne l'avantage, en les poussant aux premi&#232;res places, aux individus les plus pacifiques, les plus &#171; sages &#187;, ceux &#224; qui l'esprit d'agression et de violence est le plus &#233;tranger. Ces m&#234;mes exp&#233;riences montrent qu'il existe un moyen infaillible de compromettre puis d'abolir la supr&#233;matie des pacifiques : c'est l'entassement, la promiscuit&#233;, qui d&#233;truit le groupe naturel en le dissolvant dans la cohue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; d'un certain entassement, le marginal d&#233;voy&#233; qui &#233;chappe aux r&#232;gles admises par tous commence d'appara&#238;tre. Entassez, davantage encore, les marginaux se multiplient et une seconde hi&#233;rarchie s'instaure parmi eux, bas&#233;e celle-l&#224;, sur la violence. Entassez toujours : la hi&#233;rarchie marginale prend le dessus et la violence s'installe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Descendre du singe ou y remonter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous ces faits av&#233;r&#233;s chez les b&#234;tes expliquent remarquablement les crises de soci&#233;t&#233; actuellement observables chez les hommes. Ce qu'on appelle le &#171; milieu &#187;, par exemple, la &#171; maffia &#187;, la p&#232;gre, n'existe pas dans la civilisation villageoise en train de mourir [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2-2&quot; name=&quot;nh2-2&quot; id=&quot;nh2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Dix ans auparavant, Aim&#233; Michel a publi&#233; dans la revue Plan&#232;te n&#176; 7, de (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. Il n'appara&#238;t que dans la cohue anonyme de la ville, o&#249; son importance relative et sa puissance croissent avec l'&#233;normit&#233; de la cohue. Il y a peu de doute qu'une des formes possibles de l'apocalypse est le triomphe final de la violence dans un monde r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de foule et o&#249; toutes les structures fond&#233;es sur le respect d'autrui se seraient effondr&#233;es [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2-3&quot; name=&quot;nh2-3&quot; id=&quot;nh2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] La perte du respect d&amp;#39;autrui et la d&#233;linquance qui l&amp;#39;accompagne n&amp;#39;ont fait (...)' &gt;3&lt;/a&gt;] .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce serait bien l'apocalypse, soulignons-le, et non le remplacement d'un ordre par un autre, car l'ordre fond&#233; sur la violence ne peut subsister par lui-m&#234;me, il n'existe que par son opposition &#224; l'ordre &#233;tabli et suscite son propre anti-ordre d&#232;s qu'il remplace cet ordre &#233;tabli. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; o&#249; se trouvent tous les syst&#232;mes totalitaires d'avoir un ennemi, sous peine de s'effondrer : on peut donc pr&#233;voir que, par exemple, la paix au Vietnam portera &#224; son paroxysme le conflit des Russes et des Chinois sevr&#233;s de leur ennemi am&#233;ricain [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2-4&quot; name=&quot;nh2-4&quot; id=&quot;nh2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Un article publi&#233; en mai dans Historical Reference, une revue chinoise (...)' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui seraient enclins &#224; douter que l'un puisse trouver dans l'observation des babouins un enseignement valable aussi en politique internationale ont, certes, raison de douter : il faut toujours douter de tout, l&#224; o&#249; l'on n'a que la raison pour se guider. Mais un doute raisonnable et m&#233;thodique doit inclure aussi les motifs que l'on croit avoir de douter. En l'occurrence, nous devons, devant les &#233;tonnantes observations des &#233;thologistes sur les soci&#233;t&#233;s de primates, douter que l'homme soit, par ses instincts, si semblable au singe. Mais peut-&#234;tre aussi qu'il en soit aussi diff&#233;rent qu'il nous pla&#238;t de le croire. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb2-5&quot; name=&quot;nh2-5&quot; id=&quot;nh2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Aim&#233; Michel a beaucoup &#233;tudi&#233; l&amp;#39;&#233;thologie car elle lui fournissait des (...)' &gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Michael Chance et Clifford Jolly : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Social Groups of Monkeys. Apes and Men&lt;/i&gt; (Cape, Londres, 1970).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) Friedrich Hacker : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Agression et violence dans le monde moderne&lt;/i&gt; (Calmann-Levy, Paris, 1972).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(c) Au sein de la tribu, chaque individu d&#233;fend son droit par diverses attitudes, dont certaines ont un but d'intimidation (quand il s'agit de pr&#233;server son rang social). Parmi ces derni&#232;res, l'une consiste &#224; montrer les dents, qui sont &#233;normes et redoutables : c'est le &#171; b&#226;illement de menace &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(d) Voir surtout les livres de Jane Van Lawick Goodall, dont certains, je crois, ont &#233;t&#233; traduits en fran&#231;ais. [Voir note 1].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; (5) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 118 parue dans F.C. &#8211; N &#176; 1353 &#8211; 17 novembre 1972. Reproduite dans&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe,&lt;/i&gt; chap. 11 &#171; P&#234;cheurs, d&#233;linquants et criminels &#187;, pp. 308-310.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux livres &#224; commander :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel, &#171; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe &#187;. 500 Chroniques sur la science et la religion publi&#233;es dans France Catholique 1970-1992. Textes choisis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Jean-Pierre Rospars. Pr&#233;face de Olivier Costa de Beauregard. Postface de Robert Masson. &#201;ditions Aldane, 783 p., 35 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel : &#171; L'apocalypse molle &#187;, Correspondance adress&#233;e &#224; Bertrand M&#233;heust de 1978 &#224; 1990, pr&#233;c&#233;d&#233;e du &#171; Veilleur d'Ar Men &#187; par Bertrand M&#233;heust. Pr&#233;face de Jacques Vall&#233;e. Postfaces de Genevi&#232;ve Beduneau et Marie-Th&#233;r&#232;se de Brosses. Edition Aldane, 376 p., 27 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2-1&quot; name=&quot;nb2-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Jane van Lawick-Goodall : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tueurs innocents&lt;/i&gt; (avec H. van Lawick), J'ai Lu, Paris, 1973, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les chimpanz&#233;s et moi&lt;/i&gt;, Stock, Paris, 1981 et plusieurs livres pour enfants dont &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ma vie avec les chimpanz&#233;s&lt;/i&gt;, Ecole des Loisirs, 1989 et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les chimpanz&#233;s en famille&lt;/i&gt;, Ouest-France, 1989.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2-2&quot; name=&quot;nb2-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Dix ans auparavant, Aim&#233; Michel a publi&#233; dans la revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Plan&#232;te&lt;/i&gt; n&#176; 7, de novembre-d&#233;cembre 1962, un article de moins de huit pages intitul&#233; &#171; La fin de la civilisation villageoise &#187;. Il fait mieux comprendre cette phase de l'histoire de l'humanit&#233;, commenc&#233;e il y a une centaine de si&#232;cles avec la r&#233;volution n&#233;olithique et qui vient de s'achever sous nos yeux, que tout ce que j'ai pu lire par ailleurs &#224; ce sujet. Il n'y &#233;voque pas directement la violence mais ce qui l'emp&#234;che : &#171; Il y a dans tout village une hi&#233;rarchie morale mesurant le respect plus ou moins consciemment port&#233; &#224; chaque groupe familial : il y a les &#8220;bonnes familles&#750;, les moins bonnes et les autres. On pourrait croire cette hi&#233;rarchie fond&#233;e sur les rapports de force, comme dans tous les groupes biologiques &#233;tudi&#233;s par les &#233;thologistes et, dans ce cas, elle recouvrirait la hi&#233;rarchie de la richesse. Or, il n'en est rien. Les deux hi&#233;rarchies n'ont rigoureusement aucun rapport. La famille la plus riche du village peut fort bien arriver en queue dans l'estime et le respect du voisinage. Elle peut aussi arriver en t&#234;te. En fait, le vrai crit&#232;re est bien connu du villageois, c'est l'&#233;ducation. Non pas forc&#233;ment l'instruction ni les bonnes mani&#232;res, mais la classe, c'est-&#224;-dire ce je ne sais quoi de raffinement qui, pouss&#233; &#224; sa limite, a d&#251; dans le pass&#233; aboutir &#224; la noblesse. (&#8230;) Je ne sais pas comment sont n&#233;es les premi&#232;res familles f&#233;odales, mais je sais bien, en revanche comment s'imposent les nouvelles aristocraties sans particule dans nos villages r&#233;publicains : par un effort d'ascension personnelle, poursuivi pendant des g&#233;n&#233;rations sous le regard du voisin &#224; qui rien n'&#233;chappe. &#187; Et d&#233;j&#224; il s'interroge sur la suite de l'aventure : &#171; Il se peut que j'&#233;tale ici des sentiments p&#233;rim&#233;s et que la mutation humaine que nous appelons de nos v&#339;ux exige d'abord une table rase de nos esprits et de nos c&#339;urs. Mais il se peut aussi que le d&#233;sordre de l'enfantement d&#233;truise le moteur de notre ascension en m&#234;me temps que les cha&#238;nes qui l'entravaient. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2-3&quot; name=&quot;nb2-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] La perte du respect d'autrui et la d&#233;linquance qui l'accompagne n'ont fait que progresser depuis lors. Jean Fourasti&#233; faisait ce constat en 1987 : &#171; Jean Valjean, le h&#233;ros des Mis&#233;rables, oncle d'enfants affam&#233;s, avait pass&#233; quelques dizaines d'ann&#233;es au bagne pour avoir vol&#233; un pain ; bien que le livre de Victor Hugo soit un roman, le fait correspond &#224; des r&#233;alit&#233;s courantes &#224; cette &#233;poque (1830). Aujourd'hui, si vous vous rendez au commissariat de police pour porter plainte contre un robuste gar&#231;on qui vous a frapp&#233; et a vol&#233; votre sac, vous comprendrez vite que votre d&#233;marche est inutile&#8230; Certains vols ou fraudes sont consid&#233;r&#233;s par ceux qui les commettent comme une preuve de leurs capacit&#233;s et un exploit &#8220;sportif&#750; (..) : on ne sait plus ce qui est &#8220;bien&#750; et ce qui est &#8220;mal&#750;, au sens o&#249; le bien et le mal se distinguaient jusqu'ici dans la morale traditionnelle. Autrefois, certains &#233;taient conscients de faire &#8220;le mal&#750; et le faisaient quand m&#234;me ; aujourd'hui, il en est de m&#234;me encore, et avec moins de n&#233;cessit&#233; ; mais, en outre, beaucoup de ceux qui font ce qui apparaissait mal ne pensent pas m&#234;me que ce peut &#234;tre &#8220;mal&#750;. Il est difficile de chiffrer les petits d&#233;lits qui, on l'a vu, donnent de moins en moins lieu &#224; plainte et encore moins &#224; condamnation. Cependant on peut voir que le nombre de condamn&#233;s adultes, qui &#233;tait de 200 000 en 1909 et est rest&#233; aux alentours de ce chiffre jusque vers 1970 (avec cependant une &#8220;pointe&#750; &#224; 300 000 en 1946), atteignait 546 000 en 1973 et 635 000 en 1983. Le nombre de condamn&#233;s pour meurtres reste &#224; peu pr&#232;s stable sur toute cette p&#233;riode : aux alentours de 400 par an. En revanche, le nombre de &#8220;mineurs impliqu&#233;s dans des affaires jug&#233;es&#750;, de l'ordre de 10 000 &#224; 15 000 avant la guerre, a progress&#233; depuis (42 000) en 1964 ; apr&#232;s cette date, la d&#233;finition a chang&#233; : le nombre de &#8220;mineurs ayant fait l'objet d'une d&#233;cision&#750;, de 114 000 en 1973, est pass&#233; &#224; 150 000 en 1983 [Source : Annuaires statistiques de l'INSEE]. Ces chiffres sont probablement peu comparables d'ann&#233;e en ann&#233;e, d'autant que les lois et les pratiques judiciaires changent, mais la mont&#233;e de la d&#233;linquance est incontestable. &#187; (Jean et Jacqueline Fourasti&#233;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;D'une France &#224; une autre. Avant et apr&#232;s les Trentes Glorieuses&lt;/i&gt;. Fayard, 1987, pp. 134-135). La perte de rep&#232;res soulign&#233;e par Fourasti&#233; semble toucher aujourd'hui une part croissante de la population, sans doute la plus fragile, celle qui &#233;tait autrefois prot&#233;g&#233;e par la &#171; morale traditionnelle &#187; caract&#233;ristique de la &#171; civilisation villageoise &#187;. A d&#233;faut de fournir des solutions, ces remarques aident &#224; comprendre une &#233;volution pr&#233;occupante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2-4&quot; name=&quot;nb2-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Un article publi&#233; en mai dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Historical Reference&lt;/i&gt;, une revue chinoise qui d&#233;pend du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quotidien du Peuple&lt;/i&gt;, organe officiel du Parti communiste chinois, et r&#233;sum&#233; par plusieurs quotidiens fran&#231;ais, apporte des informations sur les relations sino-sovi&#233;tiques qui s'accordent avec l'analyse d'Aim&#233; Michel. S'il faut en croire l'auteur de l'article, l'historien Liu Chenshan, qui ne d&#233;voile pas ses sources, l'URSS aurait pr&#233;venu ses alli&#233;s d'Europe de l'Est de ses plans d'attaque nucl&#233;aire de la Chine, suite &#224; des accrochages &#224; la fronti&#232;re sino-sovi&#233;tique &#224; partir du mois de mars 1969. En ao&#251;t, elle aurait demand&#233; aux Etats-Unis de rester neutre dans ce conflit en pr&#233;paration. Nixon et Kissinger auraient alors organis&#233; une fuite d'information vers la presse. Le 28 ao&#251;t le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Washington Post&lt;/i&gt; fit &#233;tat des intentions de tir de missiles nucl&#233;aires sur des villes et bases chinoises. En octobre 1969 la Chine se serait pr&#233;par&#233;e &#224; cette attaque nucl&#233;aire de l'URSS : les dirigeants se seraient dispers&#233;s &#224; travers le pays ; l'&#233;tat-major se serait enterr&#233; dans des bunkers pr&#232;s de P&#233;kin ; les troupes, avions et navires auraient quitt&#233; leurs bases pour se rendre moins vuln&#233;rables ; les civils auraient commenc&#233; &#224; creuser des abris et des armes auraient &#233;t&#233; distribu&#233;es aux ouvriers pour tirer sur les parachutistes russes. Nixon voyait l'URSS comme la menace principale ; il ne voulait donc pas d'une Chine trop affaiblie et craignait les effets collat&#233;raux d'un conflit nucl&#233;aire sur les troupes am&#233;ricaines d'Asie. Le 15 octobre, Kissinger aurait pr&#233;venu l'ambassadeur sovi&#233;tique que les Etats-Unis ne resteraient pas neutres et d&#233;truiraient 130 villes russes en repr&#233;sailles. Le 20, les sovi&#233;tiques auraient renonc&#233; &#224; leurs plans et entam&#233; des n&#233;gociations avec P&#233;kin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh2-5&quot; name=&quot;nb2-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Aim&#233; Michel a beaucoup &#233;tudi&#233; l'&#233;thologie car elle lui fournissait des mat&#233;riaux pr&#233;cieux pour l'&#233;tude qu'il mena sa vie durant sur la pens&#233;e non humaine. En t&#233;moigne les tr&#232;s nombreux articles qu'il a publi&#233;s sur ce sujet non seulement dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France Catholique&lt;/i&gt;, mais surtout dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La vie des animaux&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Atlas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LA CONSCIENCE ET LE GROUPE (*)</title>
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		<description>&#171; Quand ton esclave commence &#224; &#234;tre trop vieux pour travailler, disait le bon Caton, mod&#232;le de vertu romaine, conduis-le au march&#233; et vends-le. &#187; Que devient le vieil esclave s&#233;par&#233; de sa famille, si elle n'a pas &#233;t&#233; elle aussi pr&#233;alablement vendue ? Le bon Caton ne le dit pas. Son but, en donnant ce conseil, n'est que d'&#233;tablir une raisonnable &#233;conomie familiale. Pendant des si&#232;cles, le monde romain lut les pr&#233;ceptes de Caton, en louant son bon sens et sa vertu. Puis d'autres si&#232;cles passent, les sentiments (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Quand ton esclave commence &#224; &#234;tre trop vieux pour travailler, disait le bon Caton, mod&#232;le de vertu romaine, conduis-le au march&#233; et vends-le. &#187; Que devient le vieil esclave s&#233;par&#233; de sa famille, si elle n'a pas &#233;t&#233; elle aussi pr&#233;alablement vendue ? Le bon Caton ne le dit pas. Son but, en donnant ce conseil, n'est que d'&#233;tablir une raisonnable &#233;conomie familiale. Pendant des si&#232;cles, le monde romain lut les pr&#233;ceptes de Caton, en louant son bon sens et sa vertu. Puis d'autres si&#232;cles passent, les sentiments de l'Evangile se r&#233;pandent et m&#234;me les non-chr&#233;tiens trouvent maintenant la &#171; vertu &#187; catonienne abominable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'habitude est une seconde nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'avaient-ils donc pas de c&#339;ur ces hommes en tout semblables &#224; nous qui, pendant si longtemps, ont consid&#233;r&#233; d'un &#339;il indiff&#233;rent ce qui nous fait horreur ? Avant de supposer, peut-&#234;tre devrions-nous nous interroger sur la place r&#233;elle qu'occupent dans notre c&#339;ur &#224; nous les horreurs du Pakistan [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb3-1&quot; name=&quot;nh3-1&quot; id=&quot;nh3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Il s&amp;#39;agit d&amp;#39;une allusion &#224; la r&#233;pression qui s&amp;#39;est abattue quelques mois (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]]]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que l'habitude est une seconde nature. Les pr&#233;ceptes moraux sont une chose, les sentiments en sont une autre &#8211; m&#234;me quand les pr&#233;ceptes de l'Evangile furent devenus familiers &#224; tout le monde, l'indiff&#233;rence &#224; la douleur d'autrui persista tant que le conformisme fut &#224; l'indiff&#233;rence. En fait, le conformisme est le plus puissant de nos moteurs sociaux. Comme le dit dr&#244;lement J&#233;r&#244;me Gauthier, l'homme ne recule jamais &#224; se faire mouton pour hurler avec les loups. Voici une s&#233;rie d'exp&#233;riences faites r&#233;cemment par des psychologues et qui montrent jusqu'o&#249; peut aller notre docilit&#233; &#224; la pression de groupe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Am&#233;ricain S. Asch [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb3-2&quot; name=&quot;nh3-2&quot; id=&quot;nh3-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Solomon E. Asch, n&#233; &#224; Varsovie en 1907, &#233;migr&#233; aux Etats-Unis en 1920, mort (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] prend une dizaine de ses &#233;tudiants et leur demande de jouer discr&#232;tement les comp&#232;res dans le test qu'il se propose de faire passer &#224; ses autres &#233;tudiants. Chacun de ces derniers, test&#233; s&#233;par&#233;ment, arrive dans le laboratoire et y trouve les dix comp&#232;res, qu'il croit dans la m&#234;me situation que lui. Les comp&#232;res, cependant, se d&#233;brouillent pour ne lui laisser que le bout de la table.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le monde s'assied et l'&#233;preuve commence. Asch suspend au mur deux tableaux repr&#233;sentant respectivement, celui de gauche une simple ligne verticale et celui de droite trois lignes verticales. Le probl&#232;me, explique Asch &#224; son auditoire, consiste &#224; deviner laquelle des trois lignes du tableau de droite a m&#234;me longueur que la ligne du tableau de gauche. La solution, quoique ne sautant pas aux yeux (les lignes n'ont pas la m&#234;me &#233;paisseur, ce qui, d'abord, trouble un peu le jugement), ne peut faire l'ombre d'un doute une ligne de droite, et une seule, est de m&#234;me longueur que la ligne de gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;tudiants ont le droit de discuter. Ils discutent donc, puis Asch les invite &#224; se prononcer l'un apr&#232;s l'autre, en commen&#231;ant par le haut de la table oppos&#233; &#224; celui o&#249; est assis l'&#233;tudiant qui fait l'objet du test. Chacun d&#233;signe la ligne de droite qu'il affirme &#234;tre identique &#224; la ligne de gauche. L'ordre &#233;tant ce qu'il est, c'est donc l'&#233;tudiant test&#233; qui se prononce en dernier lieu. Cela fait, on recommence un autre test identique. On recommence 18 fois, avec des figures diff&#233;rentes, la solution &#233;tant toujours facile et relativement &#233;vidente. Apr&#232;s quoi, tout le monde est renvoy&#233; et Asch compte les coups au but.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seulement, gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; de ses comp&#232;res, l'&#233;preuve a &#233;t&#233; truqu&#233;e. Il a &#233;t&#233; en effet entendu que lors des deux premiers tests les comp&#232;res se prononceraient en leur &#226;me et conscience, mais que dans 12 autres tests convenus d'avance (sur 18) ils choisiraient une solution fausse, tous la m&#234;me. D&#232;s lors, mettons-nous &#224; la place de l'&#233;tudiant test&#233;. Il commence par passer deux &#233;preuves montrant sa parfaite conformit&#233; de jugement avec ses dix camarades.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Docilit&#233; au groupe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la troisi&#232;me &#233;preuve, les dix camarades (qui continuent d'&#234;tre d'accord entre eux) se trouvent soudain en d&#233;saccord avec lui, un d&#233;saccord que m&#234;me la discussion ne fait pas dispara&#238;tre. Et cela se reproduira ensuite deux fois sur trois jusqu'&#224; la fin de l'exp&#233;rience. Que fera-t-il ? Comment se prononcera-t-il finalement ? A qui et &#224; quoi fera-t-il confiance ? A sa premi&#232;re impression ou bien au jugement du groupe ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;sultats sont tr&#232;s &#233;difiants. Ils montrent que dans 37% des cas, en moyenne, l'&#233;tudiant test&#233; fait confiance au jugement du groupe plus qu'au sien. Certains sont plus conformistes, d'autres moins, mais exceptionnels sont ceux qui ne tiennent aucun compte de l'opinion ambiante. La docilit&#233; augmente avec la solitude sujet et le nombre de ceux qui s'opposent &#224; lui. Il suffit que deux sujets (contre 10) se trouvent d'accord pour que le nombre de leurs erreurs diminue de moiti&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un sujet isol&#233; arrive &#224; son maximum d'erreurs d&#232;s qu'il se trouve oppos&#233; &#224; quatre ou cinq membres de son groupe. M&#234;me quand il refuse de reconna&#238;tre pour vraie une erreur manifeste, il est tr&#232;s malheureux et inquiet de son dissentiment. J'ai sous les yeux une photo prise lors d'une exp&#233;rience de ce genre (a). L'&#233;tudiant test&#233; est en train de se prononcer. Son visage hagard exprime un profond d&#233;sarroi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Ne pas avoir raison tout seul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis les premi&#232;res exp&#233;riences de S. Asch (a), ces r&#233;sultats ont &#233;t&#233; confirm&#233;s dans les pays les plus divers (Br&#233;sil, Liban, Rhod&#233;sie, Chine nationaliste) (b). Ils permettent de mesurer la mall&#233;abilit&#233; humaine. Ils expliquent, en particulier, ce que l'on appelle la &#171; bonne conscience &#187; : ce que je fais est s&#251;rement bien, ce je pense est s&#251;rement vrai, puisque mon groupe social le fait. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sic Roma facta est&lt;/i&gt;, comme aurait pu dire Caton. [[Cette exp&#233;rience de S. Asch n'est pas sans rappeler celle de S. Milgram, dont on a beaucoup reparl&#233; ces derniers temps &#224; la suite d'une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision qui en reprenait le principe. Ce n'est pas par accident. En effet, Stanley Milgram (n&#233; et mort &#224; New York, 1933-1984), fut l'&#233;tudiant en th&#232;se de Solomon Ach &#224; l'universit&#233; de Harvard de 1954 &#224; 1960. Consid&#233;r&#233; comme l'un des psychologues les plus importants du XXe si&#232;cle, Milgram fit, &#224; l'universit&#233; de Yale de 1960 &#224; 1963, les exp&#233;riences sur la soumission &#224; l'autorit&#233; qui le rendirent c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En voici le principe. Sous couvert d'&#233;tudier l'efficacit&#233; de la punition dans l'apprentissage, le sujet est cens&#233; appliqu&#233; des d&#233;charges &#233;lectriques d'intensit&#233; croissante &#224; l'&#233;l&#232;ve en cas d'erreur de celui-ci. L'&#233;l&#232;ve est en r&#233;alit&#233; un acteur qui simule des r&#233;actions de souffrance : il g&#233;mit &#224; 75 volts, se plaint de la douleur &#224; 120 V, hurle &#224; 135 V, supplie qu'on le lib&#232;re &#224; 150 V, lance un cri violent &#224; 270 V, enfin annonce qu'il ne r&#233;pondra plus &#224; 300 V. Dans la majorit&#233; des cas le sujet h&#233;site d&#232;s 150 V mais l'exp&#233;rimentateur le rassure en lui disant qu'il ne sera pas tenu pour responsable des cons&#233;quences puis, si le sujet menace d'arr&#234;ter l'exp&#233;rience, lui demande de continuer. L'exp&#233;rience s'arr&#234;te &#224; la 4e intervention de l'exp&#233;rimentateur ou lorsque le sujet a inflig&#233; 3 fois la d&#233;charge maximum (450 V).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors des premi&#232;res exp&#233;riences 25 des 40 sujets appliqu&#232;rent &#224; trois reprises les chocs de 450 V. Tous les participants atteignirent les 135 V et la moyenne des chocs maximaux fut de 360 V. Tous s'interrompirent pour questionner l'exp&#233;rimentateur et beaucoup manifest&#232;rent une nervosit&#233; extr&#234;me. Milgram r&#233;p&#233;ta l'exp&#233;rience 19 fois (636 sujets au total) avec des variantes de mani&#232;re &#224; analyser les facteurs en jeu. Il en conclut que les r&#233;sultats ne s'expliquaient pas par l'agressivit&#233; des sujets mais par leur soumission &#224; l'autorit&#233;. Ces exp&#233;riences surprenantes, confirm&#233;es dans de nombreux autres pays par la suite, provoqu&#232;rent un vif d&#233;bat chez les psychologues et dans l'opinion publique. On leur reprocha notamment d'&#234;tre fond&#233;es sur un mensonge, si bien qu'en 1962 l'adh&#233;sion de Milgram &#224; l'Association am&#233;ricaine de psychologie fut suspendue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des d&#233;bats similaires ont suivi le documentaire Le Jeu de la mort, produit par France T&#233;l&#233;visions en 2009 sous la responsabilit&#233; scientifique de l'universitaire Jean-L&#233;on Beauvois, sp&#233;cialiste en psychologie sociale. Il met en sc&#232;ne un faux jeu t&#233;l&#233;vis&#233; (La Zone Xtr&#234;me) qui reproduit l'exp&#233;rience de Milgram en rempla&#231;ant l'exp&#233;rimentateur investi de l'autorit&#233; scientifique par une pr&#233;sentatrice de t&#233;l&#233;vision. Le taux d'ob&#233;issance y atteint 81%. Il est pr&#233;sent&#233; par son producteur Christophe Nick comme une critique de la t&#233;l&#233; r&#233;alit&#233;. Lors du d&#233;bat qui suit la diffusion du documentaire le 17 mars 2010 sur France 2, Christophe Hondelatte accuse Alexandre Lacroix, r&#233;dacteur en chef de Philosophie Magazine et partenaire du documentaire, d'avoir fait une diatribe anti-t&#233;l&#233;vision. Quelques jours plus tard, les d&#233;put&#233;s socialistes et anciens ministres, Paul Quil&#232;s et Marie-No&#235;lle Lienemann, soutenus par Vincent Peillon, portent plainte contre les auteurs du documentaire ainsi que le directeur des programmes de France T&#233;l&#233;vision, pour &#171; &#8220;provocation directe &#224; la commission d'atteintes volontaires &#224; la vie et &#224; l'int&#233;grit&#233; de la personne&#750; r&#233;prim&#233;e par la loi de 1881 sur la libert&#233; de la presse &#187;.. Ils consid&#232;rent que ce documentaire &#171; d&#233;nu&#233; de tout int&#233;r&#234;t scientifique &#187; n'est &#171; qu'une banalisation choquante de la violence &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Scientific American : 1955, nov., vol. 1993, pp. 31-35.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) J. Whittaker et R. Meade : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Social pressure in the modification and distorsion judgement : a cross cultural study&lt;/i&gt; (International Journal of Psychology, 1967, vol. 2, p. 109).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les notes de (1) &#224; (3) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 42 parue initialement dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France Catholique&lt;/i&gt; &#8211; N&#176; 1284 &#8211; 23 juillet 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux livres &#224; commander :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel, &#171; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe &#187;. 500 Chroniques sur la science et la religion publi&#233;es dans France Catholique 1970-1992. Textes choisis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Jean-Pierre Rospars. Pr&#233;face de Olivier Costa de Beauregard. Postface de Robert Masson. &#201;ditions Aldane, 783 p., 35 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel : &#171; L'apocalypse molle &#187;, Correspondance adress&#233;e &#224; Bertrand M&#233;heust de 1978 &#224; 1990, pr&#233;c&#233;d&#233;e du &#171; Veilleur d'Ar Men &#187; par Bertrand M&#233;heust. Pr&#233;face de Jacques Vall&#233;e. Postfaces de Genevi&#232;ve Beduneau et Marie-Th&#233;r&#232;se de Brosses. Edition Aldane, 376 p., 27 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh3-1&quot; name=&quot;nb3-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Il s'agit d'une allusion &#224; la r&#233;pression qui s'est abattue quelques mois auparavant sur le Pakistan oriental. Depuis la partition de l'empire britannique des Indes en 1947, le Pakistan est un &#201;tat divis&#233; en deux entit&#233;s : le Pakistan occidental, qui correspond au Pakistan actuel, et le Pakistan oriental, le Bengladesh actuel, beaucoup plus peupl&#233;. Ces deux entit&#233;s partagent la m&#234;me identit&#233; musulmane mais sont s&#233;par&#233;es par la langue, la culture et 1600 km de territoire indien. Depuis l'origine, les Pakistanais orientaux, qui sont Bengalis, se plaignent de la domination des Penjabis et de la non reconnaissance de leur langue. Ce combat culturel et linguistique se transforme en une lutte politique men&#233;e par la Ligue Awami cr&#233;&#233;e en 1949 par le cheikh Mujibur Rahman dont l'audience cro&#238;t sous l'effet des r&#233;pressions des gouvernements militaires successifs. Aux &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1971, o&#249; la partie orientale se voit reconna&#238;tre son importance d&#233;mographique, la Ligue Awami remporte la majorit&#233;, avec 160 si&#232;ges contre 81 au Parti du Peuple du pr&#233;sident Zulfikar Ali Bhutto, et revendique la formation du gouvernement. Z.A. Bhutto refuse et interdit la Ligue le 25 mars. Le lendemain, Ziaur Rahman, officier rebelle de l'arm&#233;e pakistanaise, d&#233;clare l'ind&#233;pendance du pays au nom de M. Rahman. L'arm&#233;e, majoritairement compos&#233;e de Penjabis, conduit une r&#233;pression de grande ampleur au Pakistan oriental, aggrav&#233;e par des &#233;pid&#233;mies de chol&#233;ra ; il en r&#233;sulte entre 500 000 et 3 000 000 de victimes parmi les civils bengalis (&#224; comparer aux 250 000 &#224; 500 000 victimes du cyclone du 13 novembre 1970, voir la chronique n&#176; 106, Les enfants-loups du Pakistan,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; La clart&#233;&lt;/i&gt;, p. 201, parue ici le 6 avril 2009). La r&#233;sistance ind&#233;pendantiste est vite mat&#233;e mais le Pakistan oriental proclame son ind&#233;pendance le 27 mars. Pr&#232;s de 10 millions de Bengalis fuient la r&#233;pression et se r&#233;fugient en Inde. Le gouvernement indien, appuy&#233;e par l'URSS, soutient le mouvement ind&#233;pendantiste tandis que la diplomatie am&#233;ricaine men&#233;e par Henry Kissinger sous la pr&#233;sidence de Richard Nixon, appuie le Pakistan. Le 3 d&#233;cembre 1971, l'aviation pakistanaise attaque pr&#233;ventivement plusieurs bases a&#233;riennes indiennes. L'arm&#233;e indienne lance alors une offensive sur le Pakistan oriental. Un porte-avions am&#233;ricain, l'USS Enterprise, est envoy&#233; dans le golfe du Bengale pour intimider le gouvernement indien. Le 15 d&#233;cembre l'arm&#233;e pakistanaise, isol&#233;e, capitule. Le Pakistan, vaincu et tr&#232;s affaibli, reconna&#238;t l'ind&#233;pendance du Bengladesh et signe avec l'Inde &#171; l'accord de Simla &#187; l'ann&#233;e suivante. (Sources : Rapport n&#176; 336 du S&#233;nat, 24 juin 2002, &#233;tabli &#224; la suite d'une mission en Inde et au Pakistan du 3 au 10 mars 2002, repris en partie dans le dossier &#171; Inde-Pakistan, 60 ans d'affrontements &#187; sur &lt;a href=&quot;http://www.ladocumentationfran&#231;aise.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.ladocumentationfran&#231;aise.fr&lt;/a&gt; ; Dossier &#171; Troisi&#232;me guerre indo-pakistanaise &#187; sur Wikipedia).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh3-2&quot; name=&quot;nb3-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Solomon E. Asch, n&#233; &#224; Varsovie en 1907, &#233;migr&#233; aux Etats-Unis en 1920, mort en Pennsylvanie en 1996, a fait ses c&#233;l&#232;bres exp&#233;riences sur le conformisme dans les ann&#233;es 50. Elles ont fait l'objet de plusieurs articles notamment &#171; Studies of independence and conformity : I. A. Minority of one against a unanimous majority &#187;, Psychological Monographs, 70 : n&#176; 416, 1956. Asch donne un bref compte rendu de ses travaux dans un article intitul&#233; &#171; An experimental investigation of group influence &#187; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Symposium on preventive and social psychiatry,&lt;/i&gt; 1958 , pp. 17-23 dont le PDF en libre acc&#232;s peut &#234;tre obtenu par Google Livres. Apr&#232;s l'exp&#233;rience et l'explication compl&#232;te de celle-ci, la plupart des sujets incriminent leur &#171; mauvaise vue &#187; : ils se d&#233;douanent ainsi de leur responsabilit&#233; en attribuant leur d&#233;cision &#224; une cause ind&#233;pendante de leur volont&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LE LIT DE PROCUSTE (*)</title>
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		<description>Une phrase trop rapide sur Teilhard de Chardin , dans une de mes pr&#233;c&#233;dentes chroniques (a), semble avoir bless&#233; un certain nombre de lecteurs. Leur r&#233;action r&#233;v&#232;le la place que ce grand penseur tient dans le c&#339;ur de beaucoup. Que l'on me permette d'y revenir. &lt;br /&gt;J'avais parl&#233; de son &#171; &#233;chec &#187;. J'entendais par l&#224; que, s'il a bien r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une &#233;cole de pens&#233;e, s'il a &#233;clair&#233; un grand nombre d'esprits des ann&#233;es 50, s'il a &#233;veill&#233; beaucoup de ses lecteurs scientifiques au souci religieux et s'il leur a dispens&#233; (&amp;hellip;)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une phrase trop rapide sur Teilhard de Chardin [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-1&quot; name=&quot;nh4-1&quot; id=&quot;nh4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Voir la chronique parue ici la semaine pr&#233;c&#233;dente o&#249; Aim&#233; Michel (...)' &gt;1&lt;/a&gt;], dans une de mes pr&#233;c&#233;dentes chroniques (a), semble avoir bless&#233; un certain nombre de lecteurs. Leur r&#233;action r&#233;v&#232;le la place que ce grand penseur tient dans le c&#339;ur de beaucoup. Que l'on me permette d'y revenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'avais parl&#233; de son &#171; &#233;chec &#187;. J'entendais par l&#224; que, s'il a bien r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une &#233;cole de pens&#233;e, s'il a &#233;clair&#233; un grand nombre d'esprits des ann&#233;es 50, s'il a &#233;veill&#233; beaucoup de ses lecteurs scientifiques au souci religieux et s'il leur a dispens&#233; une grande lumi&#232;re &#8211; et certes, tout cela, il l'a fait et le fait encore &#8211; cependant, il faut admettre que sa description du monde a tr&#232;s rapidement vieilli et qu'elle ne suffit plus &#224; nos inqui&#233;tudes de cette fin de si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui a vieilli, c'est, pr&#233;cisons-le bien, sa description, ce qu'il appelait sa ph&#233;nom&#233;nologie. Il n'est plus possible, en 1972, de se satisfaire d'un tableau o&#249; l'on voit que l'auteur s'est fait scrupule de ne progresser que par ce qu'il appelait le dehors des choses, persuad&#233; qu'il &#233;tait que ce dehors des choses &#233;tait, par d&#233;finition, l'objet essentiel et exclusif de la science.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sais, et certains lecteurs ont raison de le rappeler, qu'il &#233;tait, lui, personnellement, guid&#233; et &#233;clair&#233; non par le dehors, mais bien par le dedans. Mais c'est l&#224; justement son paradoxe. Son lyrisme religieux, son sens admirable de l'universelle finalit&#233;, de l'universelle pr&#233;sence d'une pens&#233;e, pourquoi n'a-t-il pas eu, lui, le proph&#232;te, l'intuition de pr&#233;voir que la science la plus objective &#233;tait, d&#232;s les deux derni&#232;res d&#233;cennies de sa vie, en train de leur pr&#233;parer une voie royale ?
Sauf erreur, il n'y a rien dans son &#339;uvre qui fasse une place aux pr&#233;occupations d'un Turing (b), d'un Hayek (c ), d'un Eccles (d), d'un Popper (e ), et de tant d'autres qu'il a connus ou pu conna&#238;tre, sur l'impossibilit&#233; de trouver &#224; la conscience d'&#234;tre une source mat&#233;rielle scientifiquement d&#233;celable [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-2&quot; name=&quot;nh4-2&quot; id=&quot;nh4-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Au cours des mois pr&#233;c&#233;dents, Aim&#233; Michel a souvent attir&#233; l&amp;#39;attention de (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]. Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'homme &#171; sait qu'il sait &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Essayons d'&#234;tre plus clair. Tout &#234;tre vivant souffre, aime, per&#231;oit le plaisir et la douleur. Si je me br&#251;le en allumant ma pipe, je le sens. Ce fait extraordinaire, que l'on appelle la conscience, n'a pas de place dans la science. Il n'existe et ne peut exister &#8211; c'est la d&#233;monstration de Turing en particulier &#8211; aucun moyen imaginable de distinguer un processus conscient d'un processus inconscient. Quel que soit le moyen imagin&#233;, si subtil et sophistiqu&#233; soit-il, on peut toujours concevoir une machine capable de passer le test et de d&#233;montrer qu'elle est consciente et qu'elle souffre quand on lui d&#233;visse un &#233;crou ou qu'on lui d&#233;branche un contact.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or l'&#234;tre vivant est une machine. Les biologistes en sont maintenant &#224; d&#233;monter ses derniers m&#233;canismes. Si quelque jour on parvient &#224; fabriquer en laboratoire une telle machine, sentira-t-elle ? Il y a cinquante ans, on pouvait r&#233;pondre : fabriquez votre machine, nous verrons bien. Mais d&#233;j&#224;, quand Teilhard &#233;crivait ses derniers et plus importants ouvrages, on savait que l'on ne verrait rien du tout et que le myst&#232;re de la conscience n'en serait pas le moins du monde &#233;clairci.
Teilhard a beaucoup r&#233;fl&#233;chi &#224; la conscience. C'est &#224; lui que l'on doit quelques-unes de ses formulations les plus profondes et les plus frappantes : &#171; L'animal sait, l'homme sait qu'il sait &#187;, etc. Comment a-t-il donc pu croire que l'&#233;mergence de la pens&#233;e consciente, selon sa propre expression, pouvait &#234;tre, si peu que ce f&#251;t, d&#233;crite par un simple r&#233;cit de l'&#233;volution ? L'&#233;volution n'est que l'immense exp&#233;rience de laboratoire d'o&#249; est sortie la machine humaine. Mais la machine seulement !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La raconter, c'est d&#233;crire tout, sauf pr&#233;cis&#233;ment ce qui fait probl&#232;me, &#224; savoir que ma machine sait qu'elle sait, qu'elle est capable de plaisir, de douleur et d'amour. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-3&quot; name=&quot;nh4-3&quot; id=&quot;nh4-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Ce th&#232;me de la &#171; machine humaine &#187; revient r&#233;guli&#232;rement dans les textes, (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour rendre compte de ce myst&#232;re que Teilhard a imagin&#233; un &#171; dedans des choses &#187;. Mais il y a dans cette id&#233;e une obscurit&#233; essentielle : oui ou non, le &#171; dedans des choses &#187; intervient-il dans l'infinie succession d'&#233;v&#233;nements appel&#233;e &#171; &#233;volution &#187; ? Si oui, sa description est erron&#233;e, puisqu'elle n'en tient aucun compte ; et si non, elle ne nous sert &#224; rien, puisque c'est notre destin&#233;e int&#233;rieure, et elle seule, qui nous tourmente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les savants actuels ont une profonde conscience de ce probl&#232;me, le plus grand sans doute que notre bref passage dans ce monde pose &#224; notre intelligence. Les philosophes qui y r&#233;fl&#233;chissent devraient faire leur livre de chevet des comptes rendus de la conf&#233;rence tenue, il y a huit ans, &#224; l'Acad&#233;mie pontificale des sciences par vingt-deux biologistes, informaticiens, philosophes et psychologues sous la pr&#233;sidence de Lord Adrian sur &#171; le Cerveau et la Conscience (f) &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-4&quot; name=&quot;nh4-4&quot; id=&quot;nh4-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Sur Lord Adrian et ce colloque de l&amp;#39;Acad&#233;mie pontificale des Sciences, (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Ils y verront que tous ces hommes, dont beaucoup avaient connu Teilhard et le citent avec respect et admiration, reconnaissent dans le fait de la conscience une compl&#232;te &#233;nigme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis huit ans d'ailleurs, ce probl&#232;me s'est pr&#233;cis&#233;. Les savants sont de plus en plus nombreux, surtout chez les Anglo-Saxons, &#224; penser que le &#171; dedans des choses &#187; intervient dans l'&#233;volution, sinon m&#234;me peut-&#234;tre dans la physique, comme me le disait r&#233;cemment le physicien anglais P. A. Sturrock, de l'Universit&#233; am&#233;ricaine Stanford [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-5&quot; name=&quot;nh4-5&quot; id=&quot;nh4-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Aim&#233; Michel a rencontr&#233; Peter Sturrock quelques mois auparavant lors de (...)' &gt;5&lt;/a&gt;] .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; dedans des choses &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Sturrock (qui s'est illustr&#233; dans la physique des plasmas), la physique devra tr&#232;s probablement renoncer avant longtemps aux id&#233;es de temps et d'espace telles que nous les comprenons. Et, du coup, s'effondreront toutes les constructions intellectuelles bas&#233;es sur l'id&#233;e d'un &#233;coulement lin&#233;aire du temps, au premier rang desquelles les th&#233;ories de l'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;volution, nous l'avons vu, est un fait certain [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb4-6&quot; name=&quot;nh4-6&quot; id=&quot;nh4-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[6] Voir par exemple les chroniques n&#176; 17 Voici l&amp;#39;homme (11.5.09) et n&#176; 18 A (...)' &gt;6&lt;/a&gt;], mais qui, loin d'expliquer quoi que ce soit, est elle-m&#234;me un profond myst&#232;re. Teilhard a senti ce myst&#232;re en mystique. En cela il restera une source inoubliable de m&#233;ditation. Mais le r&#233;cit qu'il en fait est un lit de Procuste. Et je crains bien que ce f&#251;t la t&#234;te qu'il coupa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France Catholique&lt;/i&gt;, n&#176; 1 333, 30 juin 1972, p. 7 : &#171; Sous le lampadaire et &#224; c&#244;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) A. M. Turing : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Computing machinery and intelligence.&lt;/i&gt; Mind, 59, 1950, p. 443&#8211;460.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(c ) F. A. Hayek : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The Sensory order&lt;/i&gt; (University of Chicago Press 1952).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(d) Eccles :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Facing Reality&lt;/i&gt; (Heidelberg Science Library, vol. 13, 1970). Sir John Eccles, prix Nobel de m&#233;decine, &#233;tait d&#233;j&#224; illustre du temps de Teilhard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(e ) Sir Karl Popper : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Conjectures and Refutations&lt;/i&gt; (Londres 1963. Ce livre rassemble des travaux dont certains datent de 1923. Il est d&#233;dicac&#233; &#224; Hayek, ci-dessus note c).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(f) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Brain and Conscious experience&lt;/i&gt; (Springer Verlag, Heidelberg 1966).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; (6) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 102 &#8211; F.C. &#8211; N&#176; 1337 &#8211; 28 juillet 1972. Reproduite dans La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe, chap. 25 &#171; Teilhard de Chardin &#187;, pp. 645-646.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux livres &#224; commander :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel, &#171; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe &#187;. 500 Chroniques sur la science et la religion publi&#233;es dans France Catholique 1970-1992. Textes choisis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Jean-Pierre Rospars. Pr&#233;face de Olivier Costa de Beauregard. Postface de Robert Masson. &#201;ditions Aldane, 783 p., 35 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel : &#171; L'apocalypse molle &#187;, Correspondance adress&#233;e &#224; Bertrand M&#233;heust de 1978 &#224; 1990, pr&#233;c&#233;d&#233;e du &#171; Veilleur d'Ar Men &#187; par Bertrand M&#233;heust. Pr&#233;face de Jacques Vall&#233;e. Postfaces de Genevi&#232;ve Beduneau et Marie-Th&#233;r&#232;se de Brosses. Edition Aldane, 376 p., 27 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-1&quot; name=&quot;nb4-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Voir la chronique parue ici la semaine pr&#233;c&#233;dente o&#249; Aim&#233; Michel s'interroge sur l'&#171; image du monde &#187; propos&#233; par Teilhard en ces termes : &#171; On ne peut s'emp&#234;cher de penser ici &#224; l'&#233;chec de Teilhard de Chardin. Pourquoi son image du monde s'av&#232;re-t-elle finalement si peu satisfaisante ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-2&quot; name=&quot;nb4-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Au cours des mois pr&#233;c&#233;dents, Aim&#233; Michel a souvent attir&#233; l'attention de ses lecteurs sur les travaux de ces auteurs. Sur le math&#233;maticien Alan Turing, voir les chroniques n&#176; 26 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Prop&#233;deutique de la n&#233;vrose&lt;/i&gt; (parue ici le 7.6.2010) et n&#176; 38 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La petite lampe de Prague&lt;/i&gt; (12.4.10), ainsi que les notes des chroniques n&#176; 3 (22.6.09), 27 (12.7.10), 36 (8.3.10) et 67 (26.4.10). Sur le neurobiologiste John Eccles, outre les n&#176; 26 et 38 ci-dessus, voir les chroniques n&#176; 21 Le temps de la soif (22.2.10), n&#176; 25 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le cerveau et l'&#233;nigme du &#171; Je &#187;&lt;/i&gt; (29.6.09) et n&#176; 33 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un biologiste imprudent en physique&lt;/i&gt; (25.1.10), ainsi que la note a de la chronique n&#176; 14 (3.9.09). Enfin sur le philosophe des sciences Karl Popper, voir les chroniques n&#176; 18 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A propos de l'&#233;volution : les faits et le regard&lt;/i&gt; (19.10.09) et n&#176; 143 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Correspondance : la physique et ses fictions&lt;/i&gt; (3.4.10), ainsi que la note 3 de la chronique n&#176; 24 (3.5.10).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-3&quot; name=&quot;nb4-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Ce th&#232;me de la &#171; machine humaine &#187; revient r&#233;guli&#232;rement dans les textes, &#233;crits presque dix ann&#233;es plus tard et aujourd'hui rassembl&#233;s dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'apocalypse molle&lt;/i&gt; (Aldane, 2008). En voici une description plus compl&#232;te : &#171; La Machine. J'habite une machine inconnue, tyrannique, capricieuse, silencieuse. D'elle je ne connais que ses besoins, qu'elle me force de satisfaire par carotte et b&#226;ton, plaisir et tourment. J'ignore tout de leur finalit&#233;, qu'il me faut lentement d&#233;couvrir, partiellement, et non sans me tromper. J'appelle &#8220;&#226;me&#750;, &#8220;esprit&#750;, la part de notre attelage qu'il me pla&#238;t de croire mienne, et ces deux mots viennent d'une activit&#233; de ma machine, le souffle, dont l'arr&#234;t marque ma mort. Je ne sais pas avant de l'avoir laborieusement appris &#224; quoi rime ce souffle. Je n'en sais gu&#232;re plus apr&#232;s. Pourquoi faut-il que j'active ma machine comme un soufflet, sous peine de mourir ? Ma machine me laisse dans une ignorance m&#233;prisante de tous ses ressorts o&#249; mon concours est inutile. Elle m'engage &#224; manger par faim et gourmandise, puis soustrait &#224; ma conscience la suite des &#233;v&#233;nements. J'ignore tout des buts qu'elle poursuit en me jetant dans les tracas de ce que j'appelle ma vie. Elle m'oblige en sa jeunesse, qu'elle me persuade &#234;tre la mienne, &#224; de monotones simagr&#233;es avec d'autres machines compl&#233;mentaires. Elle m'en r&#233;compense plus ou moins merveilleusement, mais jamais plus que le temps requis, et toujours sans m'&#233;clairer. Puis, son but inconnu peut-&#234;tre atteint, peut-&#234;tre pas, elle change de route, me laissant le soin de m'accommoder comme je peux de sa d&#233;cr&#233;pitude et de ma nostalgie. Du dessein que peut-&#234;tre elle accomplit en passant, et moi avec, elle ne me dit rien. Elle se d&#233;pose enfin &#224; la casse sans me demander mon avis, d&#233;daignant de m'informer si sa fin entra&#238;ne la mienne, et m'abandonnant &#224; mon effroi, ou &#224; un autre sentiment de mon choix. Elle m'a pr&#234;t&#233; sa main pour &#233;crire ces lignes, mais j'arr&#234;te, car il me faut l'aller promener. &#187; (Texte dat&#233; du 11 juin 1981, p. 175). De nombreux autres passages (pp. 151-152, 180-181, 186, 194-199, 208, 218-219) compl&#232;tent ce tableau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-4&quot; name=&quot;nb4-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Sur Lord Adrian et ce colloque de l'Acad&#233;mie pontificale des Sciences, voir la chronique n&#176; 28, La relation cerveau-machine : la petite lampe de Prague, parue ici le 12 avril 2010, en particulier la note 3.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-5&quot; name=&quot;nb4-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Aim&#233; Michel a rencontr&#233; Peter Sturrock quelques mois auparavant lors de son voyage aux Etats-Unis au printemps de 1972 (voir la chronique n&#176; 104, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Software et politique,&lt;/i&gt; publi&#233;e ici le 1er juin 2010). Sturrock est n&#233; en Angleterre en 1924 (voir l'article Sturrock sur www.rr0.org). Il fait des &#233;tudes de math&#233;matiques &#224; l'universit&#233; de Cambridge de 1942 &#224; 1949, interrompues pendant la guerre par des recherches sur les contre-mesures &#233;lectroniques. En 1950 et 1951 il travaille &#224; l'Ecole Normale Sup&#233;rieure de Paris et obtient son doctorat en 1951. De retour en Angleterre il y poursuit des recherches en physique nucl&#233;aire et en physique des plasmas. En 1955 il travaille &#224; l'universit&#233; de Stanford en Californie sur les tubes &#224; micro-ondes. Apr&#232;s un s&#233;jour au CERN en 1958 et 1959, il s'&#233;tablit d&#233;finitivement &#224; Stanford en 1961. Il y travaille principalement sur la physique des plasmas, la physique solaire et l'astrophysique. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques et de plusieurs ouvrages sp&#233;cialis&#233;s. Il est aussi le r&#233;cipiendaire de plusieurs prix scientifiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Toutefois, A. Michel a d'autres raisons de rencontrer P. Sturrock. En effet, &#224; c&#244;t&#233; de cette carri&#232;re &#171; classique &#187;, ce physicien s'est distingu&#233; par son int&#233;r&#234;t actif pour les anomalies en g&#233;n&#233;ral et les ovnis en particulier. Ceci le conduira &#224; cr&#233;er en 1982 la Soci&#233;t&#233; pour l'Exploration Scientifique (SSE) qui publie un journal &#224; r&#233;f&#233;r&#233;s, le Journal of Scientific Exploration (JSE), sp&#233;cialis&#233; dans la publication de travaux sur des ph&#233;nom&#232;nes atypiques qui n'int&#233;ressent pas les autres journaux scientifiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Ses propres travaux dans ces domaines p&#233;riph&#233;riques portent principalement sur la question irritante des ovnis. Il commence par &#233;crire un article critique intitul&#233; &#171; Une analyse du Rapport Condon sur le projet ovni de [l'universit&#233; du] Colorado &#187; qui sera rejet&#233; par les journaux scientifiques auxquels il le soumet ; on peut en lire la traduction fran&#231;aise dans la Note d'information n&#176; 4 du GEPAN (1981) et une version augment&#233;e dans JSE 1 : 75-100 (1987). Dans un second article &#171; Rapports ovni de membres de l'Association Internationale d'A&#233;ronautique et d'Astronautique (AIAA) &#187; publi&#233; en 1975 par Aeronautics and Astronautics, puis dans un rapport de l'Universit&#233; de Stanford intitul&#233; &#171; Rapport sur une enqu&#234;te aupr&#232;s des membres de la Soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d'Astronomie concernant le probl&#232;me ovni &#187; (1977, publi&#233; dix ans plus tard en trois parties dans JSE, 8 : 1-45, 8 : 153-195 et 8 : 309-346, 1987), Sturrock coupe les ailes &#224; la l&#233;gende qui voudrait que les astronomes ne voient jamais d'ovnis et que seuls les observateurs ignorants les choses du ciel en voient (il va sans dire que ceci ne prouve nullement que les ovnis sont des nefs extraterrestres). Plus r&#233;cemment il publie &#224; nouveau deux articles sur le sujet : &#171; Sur des &#233;v&#232;nements peut-&#234;tre apparent&#233;s au &#8220;magn&#233;sium br&#233;silien&#750; &#187; (JSE, 18 : 283-291, 2004) et &#171; Analyse par s&#233;rie temporelle d'un catalogue d'&#233;v&#232;nements ovnis : arguments en faveur d'une modulation li&#233;e au temps sid&#233;ral local &#187; (JSE, 18 : 399-419, 2004). En 1997, avec le soutien de Laurence Rockfeller, il organise le colloque de Pocantico qui sera publi&#233; sous le titre The UFO enigma &#8211; A new review of the physical evidence, Warner Books, 1999 (trad. et pr&#233;face par G. Veraldi, La Science face &#224; l'&#233;nigme des ovnis, Presse du Ch&#226;telet, 2002). Les archives de JSE sont depuis peu en libre acc&#232;s sur &lt;a href=&quot;http://www.scientificexploration.org/journal/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.scientificexploration.org/journal/&lt;/a&gt; et tous les articles cit&#233;s ci-dessus y sont consultables.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh4-6&quot; name=&quot;nb4-6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Voir par exemple les chroniques n&#176; 17&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Voici l'homme&lt;/i&gt; (11.5.09) et n&#176; 18 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A propos de l'&#233;volution : les faits et le regard&lt;/i&gt; (19.10.09), et les chapitres 4 et 5 sur l'&#233;volution biologique dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe&lt;/i&gt; (Aldane, 2008).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>SOUS LE LAMPADAIRE ET &#192; C&#212;T&#201; (*) - (L'homme ne descend pas du singe).</title>
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		<description>Poursuivant sans faiblir leur &#233;norme entreprise, Fran&#231;ois Richaudeau et son &#233;quipe du Centre d'&#201;tude et de Promotion de la Lecture (a) publient, volume apr&#232;s volume, leur bilan de la culture contemporaine . Leur derni&#232;re production est consacr&#233;e &#224; l'Anthropologie (b). Nous retrouvons dans ce volume les m&#234;mes qualit&#233;s d'&#233;l&#233;gance et de clart&#233;. Et la pr&#233;sentation alphab&#233;tique permet d'errer &#224; travers la science de l'homme comme dans un mus&#233;e. &lt;br /&gt;Les pi&#232;ces les plus stimulantes de ce mus&#233;e sont, selon moi, notre (&amp;hellip;)


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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Poursuivant sans faiblir leur &#233;norme entreprise, Fran&#231;ois Richaudeau et son &#233;quipe du Centre d'&#201;tude et de Promotion de la Lecture (a) publient, volume apr&#232;s volume, leur bilan de la culture contemporaine [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb5-1&quot; name=&quot;nh5-1&quot; id=&quot;nh5-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Sur cette encyclop&#233;die, voir &#233;galement &#192; dix minutes de l&amp;#39;an 4000, in La (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]. Leur derni&#232;re production est consacr&#233;e &#224; l'Anthropologie (b). Nous retrouvons dans ce volume les m&#234;mes qualit&#233;s d'&#233;l&#233;gance et de clart&#233;. Et la pr&#233;sentation alphab&#233;tique permet d'errer &#224; travers la science de l'homme comme dans un mus&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pi&#232;ces les plus stimulantes de ce mus&#233;e sont, selon moi, notre Histoire naturelle (pages 228 &#224; 283) et le chapitre consacr&#233; &#224; nos Origines (pages 380 &#224; 400). C'est l&#224; me semble-t-il, qu'appara&#238;t en toute clart&#233; la miraculeuse fatalit&#233; de l'homme dans l'&#233;conomie universelle. Il faut &#234;tre obstin&#233;ment aveugle des yeux et de l'esprit pour ne pas reconna&#238;tre que, l'univers &#233;tant ce qu'il est, l'apparition de l'homme &#233;tait d&#232;s les origines de la vie un &#233;v&#233;nement in&#233;luctable, comme si tout avait &#233;t&#233; con&#231;u&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; ab aeterno&lt;/i&gt; en vue de son &#233;closion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le singe n'est pas notre anc&#234;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voyez par exemple l'infatigable pers&#233;v&#233;rance de la grande famille primate, d&#232;s le d&#233;but de l'&#232;re tertiaire, &#224; jouer sur le th&#232;me fondamental des quatre membres pr&#233;hensiles toutes les variations imaginables et la constante augmentation de la capacit&#233; cr&#226;nienne qui en d&#233;coule. Celui-ci a les bras plus longs, l'autre plus courts. Tel est plus grand, tel autre plus petit. Selon certains savants (page 399), il faudrait chercher la plus ancienne orientation de nos anc&#234;tres animaux vers la marche verticale chez un tout petit &#234;tre haut de 30 &#224; 40 cm au plus, l'oligopith&#232;que, qui vivait il y a une trentaine de millions d'ann&#233;es ! L'unanimit&#233; semble &#234;tre maintenant faite chez les savants pour admettre que notre s&#233;paration d'avec les singes date du tout d&#233;but. En d'autres termes, nous n'avons pas d'anc&#234;tres que l'on puisse d&#233;signer du nom de singe : les singes les plus anciens seraient non point nos anc&#234;tres, mais d&#233;j&#224; une divergence de la lign&#233;e qui, depuis les origines de la terre, pr&#233;parait la naissance de l'homme. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb5-2&quot; name=&quot;nh5-2&quot; id=&quot;nh5-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Cette conclusion et l&amp;#39;intertitre &#171; Le singe n&amp;#39;est pas notre anc&#234;tre &#187; ont (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut s'emp&#234;cher de penser ici &#224; l'&#233;chec de Teilhard de Chardin. Pourquoi son image du monde s'av&#232;re-t-elle finalement si peu satisfaisante ? Si l'on me permet de proposer une interpr&#233;tation suppl&#233;mentaire de son &#339;uvre et de sa destin&#233;e de penseur, je dirai qu'il a trop facilement accept&#233; l'image mat&#233;rialiste de nos origines. Son point om&#233;ga, il le pla&#231;ait &#224; la fin des temps, quand tout indique que l'histoire enti&#232;re de l'univers est sous-tendue par une pens&#233;e, qu'il n'existe pas une seconde dans cet ab&#238;me mesur&#233; par les si&#232;cles et les mill&#233;naires qui n'ait sa signification spirituelle et que, d'un bout du ciel &#224; l'autre, pas une feuille ne tombe sans que cet imperceptible &#233;v&#233;nement accomplisse quelque chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Teilhard, la pens&#233;e &#233;mergeait lentement de la mati&#232;re. Et certes il est vrai que si l'on s'en tient &#224; ce que l'esprit de l'homme peut voir, il y a plus de pens&#233;e dans un poisson que dans un ver, dans une tortue que dans un poisson, dans un oiseau que dans une tortue, dans un dauphin que dans un oiseau, et finalement dans un homme que dans tout le monde animal terrestre. Mais en voulant limiter l'interpr&#233;tation de cette immense mont&#233;e &#224; ce que l'esprit de l'homme en peut percevoir, Teilhard tombait dans la forme la plus insidieuse du cercle vicieux : au nom de quoi, en effet, aller s'imaginer que nous autres hommes puissions l&#233;gitimement tracer une image globale de l'&#233;volution universelle quand rien ne nous prouve que cette &#233;volution est achev&#233;e, qu'au contraire tout nous invite &#224; penser qu'il n'en est rien et que par cons&#233;quent une pens&#233;e dominant d'autant la n&#244;tre que la n&#244;tre domine celle, disons, du dauphin acc&#232;derait par l&#224; m&#234;me &#224; une image du monde aussi sup&#233;rieure &#224; celle du plus grand de nos philosophes que l'image propos&#233;e par Teilhard l'est &#224; celle que peut s'en faire le dauphin. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb5-3&quot; name=&quot;nh5-3&quot; id=&quot;nh5-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Ce passage et celui qui suit &#233;clairent les raisons pour lesquelles Aim&#233; (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;flexion sur un myst&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette id&#233;e est tr&#232;s difficile, non seulement &#224; admettre, mais m&#234;me &#224; concevoir. Nous portons en nous l'irr&#233;sistible conviction que l'ordre du monde ne saurait &#234;tre que celui de notre pens&#233;e et que, s'il existe un ordre, un jour ou l'autre nous le comprendrons. Comme si nous avions un motif quelconque de nous imaginer que l'Esprit cr&#233;ateur qui manifestement organisa les choses dut borner son action aux limites de notre raison plut&#244;t qu'&#224; celles de tout autre esprit possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Mais m'a-t-on souvent object&#233;, ce que vous nous dites l&#224; est absurde : m&#234;me en effet si vous avez raison, il faut bien que nous cherchions &#224; comprendre avec nos moyens, puisque nous n'en avons pas d'autres. &#192; quoi en effet aboutit votre raisonnement ? &#192; d&#233;courager toute tentative de comprendre notre destin&#233;e puisque, selon vous, le fond des choses serait inaccessible &#224; la raison humaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;trange est que cette objection m'ait souvent &#233;t&#233; oppos&#233;e par des croyants pourtant avertis que le myst&#232;re existe et que nous y baignons. De quoi se plaignent-ils, si la simple r&#233;flexion sur les donn&#233;es de la science r&#233;habilite un myst&#232;re que les scientistes de nagu&#232;re croyaient avoir conjur&#233; ? Et si m&#234;me des savants qui se r&#233;clament du mat&#233;rialisme marxiste comme Schklovski, Kaplan, Kardachev font de l'existence du myst&#232;re dans le monde un objet de r&#233;flexion [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb5-4&quot; name=&quot;nh5-4&quot; id=&quot;nh5-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Schklovski et Kardachev sont des radio-astronomes sovi&#233;tiques qui se (...)' &gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux mat&#233;rialistes qui croient devoir admettre, pour avoir le droit de chercher, que tout peut &#234;tre trouv&#233; par le moyen de la raison, ils me rappellent l'histoire du monsieur qui cherchait en vain, sous la clart&#233; d'un lampadaire, son billet de banque perdu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;saveu de la raison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; &#202;tes-vous bien s&#251;r de l'avoir perdu l&#224; ? demande un passant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Pas du tout. Je suis m&#234;me tout &#224; fait s&#251;r de l'avoir perdu ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seulement, ici, on y voit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble, quant &#224; moi, qu'il aurait plus de chances de trouver un jour ce qu'il cherche s'il commen&#231;ait par admettre qu'il ne saurait le trouver l&#224;. La science peut nous faire pressentir que cet univers sans limites a un sens. Elle peut m&#234;me nous conduire jusqu'au seuil d'une autre d&#233;marche car, comme disait Pascal, &#171; rien n'est plus conforme &#224; la raison que ce d&#233;saveu de la raison &#187; [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb5-5&quot; name=&quot;nh5-5&quot; id=&quot;nh5-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[5] Cit&#233; de m&#233;moire comme d&amp;#39;habitude. La citation exacte est : &#171; Il n&amp;#39;y a rien (...)' &gt;5&lt;/a&gt;].. Mais c'est aussi Pascal qui nous dit qu'au-del&#224; de la raison, il y a l'amour et, au-del&#224; de l'amour, la gr&#226;ce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) CEPL, 114, Champs-&#201;lys&#233;es, Paris, VIIIe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'Anthropologie,&lt;/strong&gt; CEPL, 1972, sous la direction d'Andr&#233; Akoun, Ma&#238;tre assistant &#224; la Sorbonne, avec la collaboration d'une vingtaine d'universitaires et chercheurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Extrait de la chronique n&#176; 98 parue dans F.C. &#8211; N&#176; 1333 &#8211; 30 juin 1972 &#8211; Reproduit dans La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe, chap. 25 &#171; Teilhard de Chardin &#187;, pp. 643-645.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; (5) sont de Jean-Pierre Rospars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux livres &#224; commander :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel, &#171; La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe &#187;. 500 Chroniques sur la science et la religion publi&#233;es dans France Catholique 1970-1992. Textes choisis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Jean-Pierre Rospars. Pr&#233;face de Olivier Costa de Beauregard. Postface de Robert Masson. &#201;ditions Aldane, 783 p., 35 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; Michel : &#171; L'apocalypse molle &#187;, Correspondance adress&#233;e &#224; Bertrand M&#233;heust de 1978 &#224; 1990, pr&#233;c&#233;d&#233;e du &#171; Veilleur d'Ar Men &#187; par Bertrand M&#233;heust. Pr&#233;face de Jacques Vall&#233;e. Postfaces de Genevi&#232;ve Beduneau et Marie-Th&#233;r&#232;se de Brosses. Edition Aldane, 376 p., 27 &#8364; (franco de port).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; payer par ch&#232;que &#224; l'ordre des &#201;ditions Aldane,
case postale 100, CH-1216 Cointrin, Suisse.
Fax +41 22 345 41 24, info@aldane.com.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh5-1&quot; name=&quot;nb5-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Sur cette encyclop&#233;die, voir &#233;galement&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &#192; dix minutes de l'an 4000,&lt;/i&gt; in La clart&#233;, chap. 16, p. 421.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh5-2&quot; name=&quot;nb5-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Cette conclusion et l'intertitre &#171; Le singe n'est pas notre anc&#234;tre &#187; ont &#233;t&#233; r&#233;cemment confort&#233;s par une s&#233;rie d'articles publi&#233;e dans la revue am&#233;ricaine Science du 2 octobre 2009. La nouvelle a fait le tour du monde de la presse, le New York Times lui a consacr&#233; un &#233;ditorial le 7 octobre, et la revue Philosophie Magazine (n&#176; 35, d&#233;cembre 2009-janvier 2010) l'a r&#233;sum&#233; sous le titre &#171; Le singe descend de l'homme &#187;. De quoi s'agit-il ? De la description approfondie en onze articles d'un fossile africain et de son environnement par une &#233;quipe internationale de 47 scientifiques, dont 26 Am&#233;ricains et 7 Fran&#231;ais, dirig&#233;e par Tim White et Berhane Asfaw. Le fossile en question a re&#231;u le nom d'Ardipithecus ramidus (form&#233; sur les mots pithecus &#171; singe &#187; en grec, ardi &#171; sol &#187; et ramid &#171; racine &#187; en langue afar). Il a &#233;t&#233; d&#233;couvert dans une plaine aride pr&#232;s du fleuve Awash en Ethiopie, &#224; 230 km au nord-est d'Addis-Abeba et 75 km d'Hadar d'o&#249; provient la c&#233;l&#232;bre Lucy (Autralopithecus afarensis). Les premiers os d'hominid&#233;s furent exhum&#233;s sur le site en d&#233;cembre 1992 et un squelette assez complet (45% du total des os) provenant d'un seul individu, surnomm&#233; Adi, fut d&#233;couvert en novembre 1994. Son extraction fut fort d&#233;licate car les os tombaient en poussi&#232;re au toucher. Il fallut ensuite 15 ans de travail pour nettoyer les ossements, en faire l'&#233;tude et reconstituer leur environnement &#224; l'aide des 150 000 fossiles v&#233;g&#233;taux et animaux trouv&#233;s &#224; proximit&#233;. Il en ressort qu'Ardi vivait il y a 4,4 millions d'ann&#233;es (Ma), bien avant Lucy (3,2 Ma), dans une for&#234;t tropicale claire de palmiers, figuiers et micocouliers parmi les &#233;l&#233;phants, rhinoc&#233;ros, girafes, antilopes, vaches, singes etc. Grand (1,20 m, 50 kg), il avait un petit cerveau (300-350 cm3), comparable &#224; celui des chimpanz&#233;s actuels, beaucoup plus petit que celui de Lucy. La petite taille de ses dents sugg&#232;re qu'Ardi &#233;tait femelle, bien que les individus des deux sexes aient &#233;t&#233; fort peu diff&#233;rents. Il &#233;tait capable de se d&#233;placer dans les arbres mais, &#224; la diff&#233;rence des gorilles et des chimpanz&#233;s, il ne pouvait pratiquer ni la suspension aux branches ni la marche sur les phalanges des mains. Au sol, il &#233;tait bip&#232;de : son pied &#224; pouce opposable pouvait encore saisir mais conservait une capacit&#233; de propulsion que les grands singes ont perdue. Toutefois sa vo&#251;te plantaire plate ne lui permettait pas de marcher ou de courir longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;En quoi ce fossile est-il remarquable demandera-t-on ? D'abord parce que, selon Time White, C. Owen Lovejoy et leurs collaborateurs, principaux auteurs du dossier de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Science&lt;/i&gt;, Ardi appartient &#224; la lign&#233;e qui donnera les australopith&#232;ques puis les humains, non &#224; celle qui conduira aux chimpanz&#233;s. Ensuite, parce qu'il montre que, contrairement &#224; ce qu'on a pu penser &#224; une &#233;poque, la bip&#233;die n'est pas apparue dans la savane mais dans un milieu bois&#233;. Enfin, parce qu'il remet en cause l'hypoth&#232;se, jusqu'ici la plus courante, selon laquelle le dernier anc&#234;tre commun aux humains et aux chimpanz&#233;s (DAC) devait &#234;tre fort semblable aux chimpanz&#233;s actuels, avec ses nombreuses adaptations &#224; la vie arboricole. Les auteurs de l'&#233;tude en concluent que le DAC ne pratiquait ni la marche sur les phalanges ni la suspension : son dos inf&#233;rieur devait &#234;tre long et souple, et sa paume et son poignet flexibles, alors que dos et poignet sont rigides chez les chimpanz&#233;s. Ils en d&#233;duisent que, d'une part, &#171; Les humains n'ont pas &#233;volu&#233; &#224; partir des chimpanz&#233;s mais plut&#244;t &#224; travers une s&#233;rie de prog&#233;niteurs partant d'un anc&#234;tre commun &#233;loign&#233; qui occupa jadis les anciennes for&#234;ts du Mioc&#232;ne africain &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Science&lt;/i&gt;, vol. 326, 2009, p. 85) et que, d'autre part, &#171; Ar. ramidus implique que les grands singes africains sont des culs-de-sac adaptatifs plut&#244;t que des &#233;tapes dans l'&#233;mergence de l'homme &#187; (p. 104). &#171; Le descendant hominid&#233; de notre dernier anc&#234;tre commun avec les chimpanz&#233;s, Ardipithecus, devint bip&#232;de en modifiant son pelvis sup&#233;rieur sans abandonner son gros orteil pr&#233;hensile. Il &#233;tait donc une mosa&#239;que impr&#233;visible et &#233;trange. (&#8230;) Il est si riche en surprises anatomiques que nul n'aurait pu l'imaginer sans preuve fossile directe. &#187; (p. 73). Lovejoy r&#233;sumera m&#234;me sa pens&#233;e par la formule provocatrice &#171; L'homme ne descend pas du singe &#187; qu'il ne faut pas mal interpr&#233;ter ; elle signifie simplement qu'il ne faut pas prendre mod&#232;le sur les singes actuels pour se repr&#233;senter notre lointain anc&#234;tre (DAC). De l&#224; au titre de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Philosophie Magazine&lt;/i&gt; (&#171; Le singe descend de l'homme &#187;) il n'y a qu'un pas, &#224; interpr&#233;ter dans le m&#234;me sens : sur certains points l'homme est rest&#233; plus proche du DAC que le singe : dans le langage des pal&#233;ontologues l'homme est &#171; plus primitif &#187; (non sp&#233;cialis&#233;) et le singe &#171; plus &#233;volu&#233; &#187; (sp&#233;cialis&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Comme le montre la remarque d'Aim&#233; Michel, l'id&#233;e que le singe n'est pas notre anc&#234;tre n'est pas nouvelle, mais Ardi apporte de nouveaux et solides arguments en sa faveur. Notons d'ailleurs que ces arguments eux-m&#234;mes ne sont pas si nouveaux puisque Orrorin (6 Ma), d&#233;couvert au Kenya par Brigitte Senut en 2000 et Touma&#239; (6-7 Ma), d&#233;couvert au Tchad par Michel Brunet en 2002, &#233;taient &#233;galement bip&#232;des de mani&#232;re certaine (Orrorin) ou probable (Touma&#239;). Ils vivaient plus d'un million d'ann&#233;es avant Ardi et &#233;taient donc beaucoup plus proches dans le temps du DAC.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Quant aux raisons pour lesquelles Ardipithecus s'est mis &#224; marcher debout et ses m&#226;les ont perdu leurs grandes canines, traits distinctifs par rapport au DAC que les humains ont conserv&#233;, ils sont l'objet de d&#233;bats renouvel&#233;s. C. Owen Lovejoy pense que l'aptitude &#224; exploiter les ressources offertes par les arbres et le sol (bip&#233;die) et la r&#233;duction des conflits entre m&#226;les (petites canines) sont associ&#233;es &#224; des changements de comportements tels que le transport de nourriture, la monogamie et l'ovulation cach&#233;e (alors que les femelles de chimpanz&#233; pr&#233;sentent des signes visibles d'ovulation). Gageons que ces discussions ne sont pas pr&#234;tes de s'achever&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh5-3&quot; name=&quot;nb5-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Ce passage et celui qui suit &#233;clairent les raisons pour lesquelles Aim&#233; Michel ne se consid&#232;re pas comme un disciple de Teilhard de Chardin, malgr&#233; l'admiration qu'il lui porte. Ainsi, en 1988, il &#233;crit : &#171; d'un certain point de vue je suis tr&#232;s teilhardien, mais tr&#232;s peu d'un autre &#187; (chronique n&#176; 448, Fid&#233;lit&#233; de Teilhard, in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Clart&#233;&lt;/i&gt;, chap. 25, p. 651). Ces passages rappellent aussi que pour Aim&#233; Michel l'&#233;volution est inachev&#233;e, que l'homme n'en est pas le point terminal et que la raison humaine n'est pas le sommet de toute pens&#233;e. Sur ce dernier point, voir les chroniques n&#176; 17 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Voici l'homme&lt;/i&gt; (13 avril 2009), n&#176; 21&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Le temps de la soif&lt;/i&gt; (22 f&#233;vrier 2010), n&#176; 22&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; L'&#233;tang p&#233;trifi&#233;&lt;/i&gt; (11 mai 2009) et n&#176; 80 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Questions aux philosophes&lt;/i&gt; (16 novembre 2009), parues ici aux dates indiqu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh5-4&quot; name=&quot;nb5-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Schklovski et Kardachev sont des radio-astronomes sovi&#233;tiques qui se sont fait conna&#238;tre d'un large public pour s'&#234;tre parmi les premiers int&#233;ress&#233;s &#224; la recherche de civilisations extraterrestres. Kaplan est l'un de leurs coll&#232;gues. Nous reparlerons d'eux &#224; l'occasion d'une autre chronique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh5-5&quot; name=&quot;nb5-5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Cit&#233; de m&#233;moire comme d'habitude. La citation exacte est : &#171; Il n'y a rien de si conforme &#224; la raison que ce d&#233;saveu de la raison &#187;, fragment 182 in &#339;uvres compl&#232;tes, L'Int&#233;grale, Seuil (1963), p. 524&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>IN PULVEREM REVERTERIS (*) - ou : Pourquoi Archim&#232;de est-il mort ?</title>
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		<description>1&#176; Vous &#234;tes assis dans un fauteuil au coin du feu, lisant dans le Marcellus de Plutarque le r&#233;cit de la mort d'Archim&#232;de. Vous entendez les clameurs de mort et les bruits d'incendie dans Syracuse envahie par les Romains. Vous voyez le soldat surgissant l'&#233;p&#233;e &#224; la main dans l'atrium paisible o&#249; le plus grand g&#233;nie scientifique de l'histoire, sourd au drame qui s'abat sur lui, est en train de m&#233;diter paisiblement un probl&#232;me de g&#233;om&#233;trie. Le soldat l&#232;ve sur lui son glaive. &#171; Un moment, dit Archim&#232;de, je (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1&#176; Vous &#234;tes assis dans un fauteuil au coin du feu, lisant dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Marcellus&lt;/i&gt; de Plutarque le r&#233;cit de la mort d'Archim&#232;de. Vous entendez les clameurs de mort et les bruits d'incendie dans Syracuse envahie par les Romains. Vous voyez le soldat surgissant l'&#233;p&#233;e &#224; la main dans l'atrium paisible o&#249; le plus grand g&#233;nie scientifique de l'histoire, sourd au drame qui s'abat sur lui, est en train de m&#233;diter paisiblement un probl&#232;me de g&#233;om&#233;trie. Le soldat l&#232;ve sur lui son glaive. &#171; Un moment, dit Archim&#232;de, je n'ai pas fini&amp;hellip; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#212; Dieu ! Qu'est-ce que le temps ? Cet instant formidable, l'&#233;p&#233;e du soudard tranchant la vie du sage, &#233;teignant &#224; jamais sa pens&#233;e terrestre &#8211; il pense, puis il ne pense plus &#8211; cela se passa une fois dans l'ab&#238;me des si&#232;cles, une fois et jamais plus. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nevermore.&lt;/i&gt; Archim&#232;de, o&#249; es-tu ? Un si&#232;cle et demi plus tard, Cic&#233;ron, questeur de Sicile, retrouve sa tombe ensevelie sous les broussailles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi Archim&#232;de est-il mort ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne parlons pas de son &#226;me, que l'&#233;p&#233;e n'atteignit pas. Mais le cerveau qui fut son instrument, o&#249; est-il ? Ce n'&#233;tait qu'un peu d'oxyg&#232;ne, d'hydrog&#232;ne, de carbone, d'azote, de calcium, de phosphore&amp;hellip; tous les atomes qui formaient le cerveau d'Archim&#232;de au moment de sa derni&#232;re pens&#233;e, tous, sans aucune exception, existent encore en cet instant o&#249; je lis son histoire. On peut m&#234;me dire o&#249; ils sont : le temps et les lois de la statistique les ont uniform&#233;ment r&#233;partis dans l'atmosph&#232;re terrestre et sur la surface du globe. Quelques-uns d'entre eux sont en ce moment dans mon cerveau et dans le v&#244;tre. Mais l'&#234;tre historique d'Archim&#232;de, cette rencontre prodigieusement improbable de milliards d'atomes et leur organisation en un corps humain, rien n'en subsiste.&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Nevermore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2&#176; Pourquoi Archim&#232;de est-il mort, et pourquoi suis-je vivant ? Quelle diff&#233;rence y a-t-il entre lui et moi, pour que l'un de nous deux m&#233;dite sur l'&#233;ternel effacement de l'autre ? C'est le temps, dit-on ? Oui, le temps. Mais qu'est-ce que le temps ? Un jour, moi aussi, je ne serai plus que poussi&#232;re r&#233;pandue. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb6-1&quot; name=&quot;nh6-1&quot; id=&quot;nh6-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Memento quia pulveris es Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres, peut-&#234;tre, se souviendront de moi. Par quelle loi myst&#233;rieuse les uns naissent-ils alors que d'autres ont cess&#233; d'&#234;tre ? Rien, dans ce monde qu'&#233;tudie la science, n'&#233;chappe au temps. Mais la science n'a rien &#224; r&#233;pondre aux questions que le temps lui pose. Pour la physique, tous les instants sont &#233;quivalents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cependant, me crie le plus profond de mon &#234;tre, le pr&#233;sent seul existe, le pass&#233; n'est plus, le futur n'est pas encore. Seul le pr&#233;sent est, le futur et le pass&#233; n'ont d'existence que dans ma m&#233;moire et mon imagination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Non, r&#233;pond la physique. L'espace-temps est un &#171; bloc &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ne varietur&lt;/i&gt; &#187; (a). Dire que le pr&#233;sent seul existe, c'est contraire &#224; toute la physique th&#233;orique. Et la preuve que la physique th&#233;orique a raison, c'est que, se fondant sur l'&#233;quivalence de tous les instants, elle pr&#233;voit des ph&#233;nom&#232;nes impr&#233;visibles par toute autre voie, et que l'observation vient les confirmer. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb6-2&quot; name=&quot;nh6-2&quot; id=&quot;nh6-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Il s&amp;#39;agit l&#224; d&amp;#39;une remarque importante. L&amp;#39;id&#233;e que l&amp;#39;espace-temps forme un (...)' &gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3&#176; Dans une bo&#238;te carr&#233;e, je d&#233;pose &#224; droite, mille billes rouges, et &#224; gauche, mille billes blanches. Puis, je braque une cam&#233;ra sur ces deux tas juxtapos&#233;s, et je secoue longuement la bo&#238;te. &#192; chaque secousse les billes se m&#233;langent, et apr&#232;s quelques minutes, ma bo&#238;te contient un m&#233;lange homog&#232;ne de billes rouges et blanches.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si alors je d&#233;veloppe mon film et que je n'en montre que les dix derni&#232;res secondes, personne au monde ne pourra, par quelque examen que ce soit du mouvement des billes s'entrechoquant entre elles, distinguer si le film passe dans le bon sens ou s'il passe &#224; l'envers, si la fin est montr&#233;e apr&#232;s le commencement, ou si c'est le contraire. Je reconnais au premier coup d'&#339;il si le sens du temps est respect&#233; dans le cas d'un film montrant la course d'un cheval ou un verre tombant &#224; terre et se brisant. Mais dans le cas des billes de diverses couleurs s'entrechoquant entre elles, rien ne me permet de distinguer le sens avant-apr&#232;s du sens r&#233;trograde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, il suffit de descendre assez bas dans l'infiniment petit pour ne plus trouver que des processus de cette sorte, o&#249; rien ne permet de distinguer l'endroit de l'envers temporels : dans l'infiniment petit, le pass&#233; et le futur sont sym&#233;triques. Mais &#233;tant donn&#233; que tout est fait d'infiniment petit, qu'est-ce donc qui fait que, pour moi, le temps est asym&#233;trique ? Qu'est-ce qui fait que c'est moi qui m&#233;dite sur la mort d'Archim&#232;de, et non l'inverse ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je reprends mon film et le passe enti&#232;rement. Si, &#224; partir d'un certain moment, je vois qu'&#224; chaque secousse les billes de m&#234;me couleur ont tendance &#224; se grouper en deux groupes s&#233;par&#233;s, alors un sentiment obscur mais infaillible m'avertit que ce que je vois est impossible et que le film tourne &#224; l'envers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant, r&#233;fl&#233;chissons : n'y a-t-il pas l&#224; quelque chose de contradictoire ? Pourquoi est-il impossible de s&#233;parer les billes rouges des billes blanches en les secouant si, d'une part, leurs chocs et mouvements mutuels &#233;l&#233;mentaires sont sym&#233;triques par rapport au temps et si, d'autre part, nous pouvons, en les secouant, les m&#233;langer quand on pose les deux tas c&#244;te &#224; c&#244;te ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit l&#224;, on l'avouera, d'une question idiote. D'autant plus idiote qu'en d&#233;pit de sa simplicit&#233; et des immenses m&#233;ditations qu'elle a suscit&#233;es, personne n'y a jusqu'ici trouv&#233; de r&#233;ponse (b) : nous sommes confront&#233;s &#224; l'un des plus profonds secrets de la nature, et il a ceci de singulier qu'il peut &#234;tre saisi par l'imagination d'un enfant ignorant.
Lors d'un r&#233;cent congr&#232;s international de physique, l'un des savants pr&#233;sents, l'Anglais Landsberg, commen&#231;a par dire que dans un univers o&#249; le temps s'&#233;coulerait tant&#244;t &#224; l'endroit, tant&#244;t &#224; l'envers, on n'aurait aucune conscience du moment o&#249; l'on passerait de l'endroit &#224; l'envers et r&#233;ciproquement, et qu'en fait, un univers r&#233;trograde serait inobservable comme tel. Le pr&#233;sident de la s&#233;ance lui ayant demand&#233; un peu plus tard de bien vouloir soutenir cette th&#232;se, il d&#233;clara renoncer &#224; le faire. Dans le compte rendu de la discussion, il est visible que Landsberg renon&#231;a &#224; soutenir cette opinion, mais non &#224; la croire juste.
Et l'on touche ici du doigt, si l'on peut dire, le caract&#232;re po&#233;tique de la physique th&#233;orique : Landsberg &#233;prouvait cela comme une intuition allant aux racines m&#234;mes des choses, et il est frappant de voir que, comme le souligna Costa de Beauregard, au cours de cette m&#234;me discussion, Boltzmann qui, au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, fut le premier &#224; m&#233;diter sur les myst&#233;rieux rapports entre le temps et le hasard, avait d&#233;j&#224; &#233;mis l'id&#233;e qu'un temps r&#233;trograde ne serait pas per&#231;u comme tel, mais bien comme notre temps &#224; nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249;, en premier lieu, l'id&#233;e fantastique qu'en fait notre temps a une chance sur deux de s'&#233;couler r&#233;ellement &#224; l'envers vers le pass&#233;, et en second lieu que, s'il en est ainsi, les mots &#171; &#224; l'endroit &#187; et &#171; &#224; l'envers &#187; pourraient bien, appliqu&#233;s au temps, n'avoir aucune signification !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4&#176; Consid&#233;rons nos deux tas de billes compl&#232;tement m&#233;lang&#233;s : cela ne fait plus qu'un tas dans un complet d&#233;sordre. Mais qu'est-ce au juste que l'ordre et le d&#233;sordre ? Ce m&#233;lange tel qu'il est maintenant sous nos yeux (telle bille ici, telle bille l&#224;), si, il y a dix minutes, nous en avions eu une description compl&#232;te et que nous eussions voulu le r&#233;aliser, quelles chances avions-nous de l'obtenir en secouant simplement la bo&#238;te ? Exactement aussi peu de chances que de voir les rouges se s&#233;parer des blanches, car toutes les situations mutuelles possibles des billes entre elles sont &#233;galement improbables : autrement dit, c'e&#251;t &#233;t&#233; un miracle statistique. Et cependant, il s'est r&#233;alis&#233;, car il faut bien que les billes soient dans un &#233;tat de m&#233;lange donn&#233;. Un &#233;v&#233;nement physique peut donc &#234;tre, soit infiniment improbable, soit tout &#224; fait ordinaire, selon que l'on est ou non averti qu'il se r&#233;alisera !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La physique d&#233;concerte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5&#176; Voici enfin une autre bo&#238;te, avec, cette fois, un bouillon de culture. Ce bouillon est un complet chaos, comme les billes m&#233;lang&#233;es. Dans ce bouillon je peux, &#224; volont&#233;, cr&#233;er tel ordre infiniment improbable qu'il me pla&#238;t et l'annoncer &#224; l'avance : il me suffit d'y d&#233;poser la bact&#233;rie ou le virus voulus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pourquoi les ph&#233;nom&#232;nes vivants d&#233;concertent tellement la physique : ils n'existent qu'au d&#233;fi des manifestations les plus profondes et les plus &#233;videntes (en apparence) du temps et du hasard. Voil&#224; peut-&#234;tre aussi, du m&#234;me coup, pourquoi nous retournons en poussi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;
Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) O. Costa de Beauregard : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le Second Principe de la science du temps&lt;/i&gt; (Le Seuil, Paris, 1963).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) O. Costa de Beauregard :&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Nouvelles remarques sur le dilemme objectivit&#233;-subjectivit&#233; de la m&#233;canique statistique&lt;/i&gt; (Revue des Questions scientifiques, 20 janvier 1961, p. 5).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 120 parue dans F.C. &#8211; N&#176; 1 355 &#8211; 1er d&#233;cembre 1972. Reproduite dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe&lt;/i&gt;, chap. 2 &#171; Physique du temps &#187;, pp. 80-83.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes (1) et (2) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh6-1&quot; name=&quot;nb6-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Memento quia pulveris es&lt;/i&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Memento, homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris&lt;/i&gt; (Vulgate, Gen&#232;se 3, 19). Souviens-toi, homme, que tu es poussi&#232;re et que tu retourneras &#224; la poussi&#232;re.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh6-2&quot; name=&quot;nb6-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Il s'agit l&#224; d'une remarque importante. L'id&#233;e que l'espace-temps forme un bloc indivisible dans lequel il n'est pas possible de distinguer rigoureusement l'espace et le temps, et dans le temps, un pass&#233; et un futur, est au c&#339;ur de la r&#233;volution einsteinienne. Cette id&#233;e peut &#234;tre comprise sans recours aux math&#233;matiques comme le montre le texte suivant d'Olivier Costa de Beauregard :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;&#171; La d&#233;couverte de la relativit&#233; de l'espace et du temps par Einstein constitue, dans la connaissance de l'univers, une r&#233;volution conceptuelle d'importance au moins comparable &#224; celle de l'h&#233;liocentrisme (du syst&#232;me solaire) de Copernic. La plus importante cons&#233;quence de cette d&#233;couverte dans l'ordre de la &#8220;philosophie de la nature&#750; est que les entit&#233;s espace et temps cessent n&#233;cessairement d'avoir des existences autonomes ; devenues relatives &#224; l'observateur dont elles constituent le syst&#232;me de r&#233;f&#233;rence, elles sont immerg&#233;es dans un espace-temps quadridimensionnel seul dou&#233; d'objectivit&#233;. Pour une raison technique parfaitement claire et pr&#233;cise, qui est la substitution, &#224; l'ancienne dichotomie pass&#233;-futur, de la trichotomie pass&#233;-futur-ailleurs, il devient impossible de concevoir, comme autrefois (et pour reprendre les mots de Bergson) que &#8220;l'univers mat&#233;riel meurt et rena&#238;t &#224; chacun de ses instants&#750;. En th&#233;orie de la relativit&#233; il n'y a plus, et il ne peut y avoir, d'instant de l'univers. A chaque instant-point x, y, z, t est associ&#233; un c&#244;ne (&#8230;) s&#233;parant objectivement 3 (et non plus 2) r&#233;gions de l'espace-temps : l'int&#233;rieur pass&#233;, l'int&#233;rieur futur, et l'ext&#233;rieur ou ailleurs [sch&#233;ma ci-dessous &#224; gauche]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Voir sur le fichier PDF joint, la reproduction n'ayant pas &#233;t&#233; possible dans le corps de ce texte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Entre deux instants-points situ&#233;es dans l'ailleurs l'un de l'autre aucun &#233;change de signaux porteurs d'information n'est possible. En unit&#233;s &#8220;pratiques&#750; (disons le m&#232;tre et la seconde) (&#8230;) le c&#244;ne isotrope appara&#238;t tr&#232;s aplati. Si l'on fait tendre arbitrairement c vers l'infini, pour retomber sur l'approximation pr&#233;-einsteinienne de la physique, le c&#244;ne (&#8230;) s'aplatit compl&#232;tement : la r&#233;gion ailleurs est expuls&#233;e, et l'on retrouve la traditionnelle dichotomie pass&#233;-futur [sch&#233;ma ci-dessus &#224; droite]. Il est clair que la disparition, en relativit&#233;, de l'instant t du temps universel entra&#238;ne celle de la distinction objective entre pass&#233; et futur. En corollaire, si la mati&#232;re est con&#231;ue comme &#233;tant &#233;tendue dans l'espace, elle doit n&#233;cessairement &#234;tre con&#231;ue comme &#233;tant aussi &#233;tendue dans le temps. &#187; (Pr&#233;face du livre de Pierre Philippe, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Royaume des Cieux,&lt;/i&gt; Fayard, Paris, 1976).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Le diagramme de gauche ci-dessus a &#233;t&#233; imagin&#233; par Minkovski (voir la chronique n&#176; 116, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le paradoxe de Langevin d&#233;montr&#233;,&lt;/i&gt; parue ici le 31 mars 2010). L'axe horizontal (ou mieux le plan horizontal) y repr&#233;sente l'espace et l'axe vertical le temps. Le sommet commun aux c&#244;nes pass&#233; et futur repr&#233;sente l'instant-point ici-pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Sur l'univers-bloc on pourra lire aussi le chap. 11 de D. Deutsch,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; L'&#233;toffe de la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt;, trad. par F. Balibar, Cassini, 2003. Pour une pr&#233;sentation plus technique des id&#233;es discut&#233;es par Aim&#233; Michel dans cette chronique on peut consulter P.C.W. Davies, The Physics of Time Asymmetry, University of California Press, Berkeley et Los Angeles, 1977. (Sur Davies voir la chronique n&#176; 412, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Chronique du beau livre que je n'ai pas lu&lt;/i&gt;, parue ici le 1er juin 2009).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'ORDINATEUR-ROI ? (*)</title>
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		<description>Si l'on &#233;tait moins paresseux, on devrait r&#233;fl&#233;chir davantage &#224; l'&#233;volution des ordinateurs. Qu'est-ce donc que cette machine qui &#171; pense &#187; fantastiquement plus vite que l'homme et qui, cependant, se trompe si souvent de fa&#231;on grossi&#232;re et m&#234;me absurde ? L'amiral Jubelin rappelait r&#233;cemment dans un journal de province (a) quelques-unes de ces b&#233;vues : la plus retentissante est la faillite de Rolls Royce caus&#233;e par une erreur d'appr&#233;ciation sur un nouveau mat&#233;riau destin&#233; aux aubes des turbines. [[L'entreprise (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on &#233;tait moins paresseux, on devrait r&#233;fl&#233;chir davantage &#224; l'&#233;volution des ordinateurs. Qu'est-ce donc que cette machine qui &#171; pense &#187; fantastiquement plus vite que l'homme et qui, cependant, se trompe si souvent de fa&#231;on grossi&#232;re et m&#234;me absurde ? L'amiral Jubelin rappelait r&#233;cemment dans un journal de province (a) quelques-unes de ces b&#233;vues : la plus retentissante est la faillite de Rolls Royce caus&#233;e par une erreur d'appr&#233;ciation sur un nouveau mat&#233;riau destin&#233; aux aubes des turbines. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb7-1&quot; name=&quot;nh7-1&quot; id=&quot;nh7-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] L&amp;#39;entreprise Rolls-Royce fut fond&#233;e en 1906 par H. Royce et C.S. Rolls &#224; (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le dossier de la d&#233;cision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'amiral semble penser que la responsabilit&#233; initiale doit en &#234;tre port&#233;e par les technocrates. Cette imputation pose clairement le probl&#232;me de l'ordinateur en tant que substitut de la pens&#233;e humaine dans les probl&#232;mes de d&#233;cision : ce n'est certes pas l'ordinateur qui a pris la d&#233;cision de construire le fatal moteur dont l'&#233;chec risque, de proche est proche, de jeter des centaines de milliers de ch&#244;meurs sur le pav&#233;. Mais le dossier de la d&#233;cision, sur quelles bases fut-il &#233;tabli ? Qui donc le formula en chiffres, chiffres de co&#251;t, chiffres de dur&#233;e et, surtout, chiffres correspondant aux milliers de probl&#232;mes techniques pos&#233;s par le nouveau mat&#233;riau ? L'ordinateur, et lui seul, ou presque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On objectera que les calculs de l'ordinateur &#233;taient tr&#232;s probablement justes, et que s'il donna des r&#233;ponses erron&#233;es, c'est que les questions lui avaient mal &#233;t&#233; pos&#233;es. C'est vrai ! Mais voici un autre exemple montrant la difficult&#233; de poser les bonnes questions et dont la r&#233;alit&#233; nous menace tous de mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait que la paix par la terreur tient au d&#233;lai des quelques dizaines de minutes exig&#233;es par une attaque massive d'ICBM &#224; t&#234;tes nucl&#233;aires.
Aucun des Grands ne peut exterminer l'autre sans mourir lui-m&#234;me sous la riposte d&#233;clench&#233;e pendant ces quelques dizaines de minutes. Mais la dynamique d'un tel &#233;quilibre porte irr&#233;sistiblement chacun des adversaires &#224; raccourcir en sa faveur le d&#233;lai dont d&#233;pend sa survie. Comme de nombreux savants l'ont d&#233;j&#224; soulign&#233; (par exemple, l'Am&#233;ricain Paul Ehrlich [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb7-2&quot; name=&quot;nh7-2&quot; id=&quot;nh7-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Paul Ehrlich est professeur &#224; l&amp;#39;universit&#233; de Stanford. Ce sp&#233;cialiste de (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] ), ce raccourcissement tend de fa&#231;on irr&#233;m&#233;diable &#224; d&#233;pouiller les hommes de la d&#233;cision ultime, puisque le cerveau humain ne sera bient&#244;t plus assez rapide pour appr&#233;cier la situation strat&#233;gico-politique en p&#233;riode de crise. Cette situation exigera en quelques secondes une d&#233;cision r&#233;sultant de l'appr&#233;ciation de milliers de facteurs. Aucun homme au monde ne sera plus capable de comprendre &#224; temps ce qui se passe. Il faudra donc prendre &#224; l'avance des d&#233;cisions conditionnelles, et, abandonner &#224; l'ordinateur le soin de savoir si les conditions de telle ou telle d&#233;cision existent, si bien que la guerre totale pourra &#234;tre d&#233;clench&#233;e par des machines pendant notre sommeil !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous n'en sommes pas encore l&#224;, mais n'oublions pas que les performances des ordinateurs doublent en moyenne tous les quatre &#224; cinq ans. Comme celles de l'homme n'ont pas chang&#233; depuis l'apparition de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; et n'ont aucune raison de changer tant que l'homme ne sera qu'un homme, nous devrions, semble-t-il, d&#232;s maintenant, r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui se passera quand la machine nous d&#233;passera dans tous les domaines relevant de ce que nous appelons l'intelligence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s 1964, une &#233;quipe proposait des machines capables de r&#233;soudre des probl&#232;mes par des voies non algorithmiques, c'est-&#224;-dire, ne faisant plus seulement appel au raisonnement aveugle de l'ordinateur ordinaire (qui est la voie de l'intelligence discursive) mais bien &#224; des processus du type intuitif. Les recherches de cet ordre se multiplient actuellement. A l'Universit&#233; Stanford, Kenneth Mark Colby, Sylvia Weber et Franklin Dennis Hilf ont pu, l'an dernier, programmer un ordinateur de telle fa&#231;on qu'interrog&#233; ensuite librement par un psychiatre, il a &#233;t&#233; reconnu &#8722; j'entends l'ordinateur &#8722; comme parano&#239;aque. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb7-3&quot; name=&quot;nh7-3&quot; id=&quot;nh7-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] Ces travaux ont donn&#233; lieu &#224; un article par K. M. Colby, S. Weber et F. (...)' &gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici un extrait de l'interrogatoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Quel est votre m&#233;tier ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Postier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Pourquoi &#234;tes-vous ici, dans cet h&#244;pital ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Je n'en sais rien, je ne devrais pas &#234;tre ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; O&#249; habitez-vous ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; A San Jos&#233;, un coin qui n'est pas trop mal ; mais&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Qu'entendez-vous par &#171; pas trop mal &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Je veux dire qu'il y a trop d'&#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Vous n'aimez pas les &#233;trangers ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Ils sont envahissants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Comment font-ils ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Ils sont responsables de la plupart des crimes de la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre essaie de savoir en quoi ces &#233;trangers ont nui &#224; son &#171; client &#187;. R&#233;ponse : &#171; C'est de la racaille, et d'ailleurs, la police est d'accord avec eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Vous semblez bien conna&#238;tre la racaille ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Et la Mafia, vous connaissez ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Non, mal. Parlez-m'en un peu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Vous savez, ils me connaissent !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Comment ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Ils m'&#233;pient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Mais comment ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Ils ont une table d'&#233;coute &#224; mon t&#233;l&#233;phone.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine fut test&#233;e successivement par plusieurs psychiatres, chacun selon ses m&#233;thodes. L'un d'eux, par exemple, s'abstenait de r&#233;pondre &#224; une question de la machine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Pourquoi ne dites- vous rien ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; (Silence.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Vous n'&#234;tes pas capable de me poser une question convenable ? Vous essayez de m'obliger &#224; parler en gardant le silence ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le psychiatre. &#8722; Cela n'a pas l'air de vous plaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La machine. &#8722; Vous avez le droit d'avoir votre opinion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pens&#233;e artificielle&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que l'on puisse avoir de tels dialogues avec une machine para&#238;t incroyable. Le fait est que personne au monde n'a encore s&#233;rieusement r&#233;fl&#233;chi &#224; l'avenir de la &#171; pens&#233;e &#187; artificielle et &#224; notre cohabitation avec elle, hors quelques sp&#233;cialistes que personne ne lit. On va r&#233;p&#233;tant que la machine ne fait que ce qu'on lui fait faire, qu'il n'en sort que ce qu'on y a mis. C'est vrai. Mais la force des choses nous entra&#238;ne pr&#233;cis&#233;ment &#224; accro&#238;tre sans cesse la d&#233;l&#233;gation que nous lui faisons de nous-m&#234;mes. Il semble que personne n'ait envie de savoir jusqu'o&#249; cela ira, sauf les &#233;crivains de science fiction. Pourquoi d'ailleurs se fatiguerait-on &#224; y r&#233;fl&#233;chir ? Il y aura toujours un ordinateur pour le faire &#224; notre place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) Le Proven&#231;al, 23 mars 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 27 parue initialement dans France Catholique - No 1268 - 2 avril 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; (3) sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh7-1&quot; name=&quot;nb7-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] L'entreprise Rolls-Royce fut fond&#233;e en 1906 par H. Royce et C.S. Rolls &#224; Derby. D&#232;s 1908 elle produisit des automobiles dans son usine de Derby et, &#224; partir de 1914, des moteurs d'avions. Pr&#232;s de la moiti&#233; des moteurs d'avion utilis&#233;s par les alli&#233;s durant la Premi&#232;re Guerre mondiale furent fabriqu&#233;s par Rolls-Royce. En 1938, la demande du moteur Merlin, sorti en 1935, &#233;tait telle qu'une nouvelle usine fut construite &#224; Crewe qui employa jusqu'&#224; 10 000 personnes en 1943. Le moteur Merlin &#233;quipa plusieurs avions britanniques (du monomoteur au quadrimoteur) et, produit sous licence aux Etats-Unis, le fameux chasseur P-51 Mustang ; il fut produit &#224; plus de 160 000 exemplaires. Apr&#232;s la guerre, l'usine de Crewe fut reconvertie pour la production de voitures tandis que celle de Derby continuait celle de moteurs d'avions, beaucoup plus strat&#233;gique pour l'entreprise. D'importants investissements furent effectu&#233;s dans les ann&#233;es 60 qui d&#233;bouch&#232;rent sur des probl&#232;mes financiers. La crise p&#233;troli&#232;re des ann&#233;es 70 envenima la situation. Mais ce furent surtout les probl&#232;mes pos&#233;s par la mise au point d'un moteur r&#233;volutionnaire, le RB211, qui pr&#233;cipit&#232;rent la crise : ses co&#251;ts de d&#233;veloppement &#233;taient mont&#233;s en fl&#232;che et Rolls-Royce se montra incapable d'honorer un important contrat conclu en 1968 avec la firme am&#233;ricaine Lockeed pour l'&#233;quipement de son futur TriStar &#224; 300 passagers. Le probl&#232;me signal&#233; par Aim&#233; Michel provenait des aubes de turbine : l'id&#233;e &#233;tait de remplacer l'acier par un nouveau mat&#233;riau en fibre de carbone, beaucoup plus l&#233;ger. Mais, en 1970, lors des essais, la turbine qui avait pass&#233; tous les autres tests, se brisa en morceau sous le choc d'un poulet tir&#233; &#224; grande vitesse (imitant l'entr&#233;e accidentelle d'un gros oiseau dans le r&#233;acteur). En 1971, Rolls-Royce fut d&#233;clar&#233;e en faillite et ne d&#251;t sa survie qu'&#224; la nationalisation du secteur a&#233;ronautique. Le contrat avec Lockeed fut ren&#233;goci&#233;, les p&#233;nalit&#233;s de retard annul&#233;es et le prix du moteur revu &#224; la hausse. Une &#233;quipe de retrait&#233;s accepta de se remettre au travail et acheva de r&#233;soudre les probl&#232;mes techniques en 1972. Finalement le RB 211 fut un succ&#232;s commercial qui fit de Rolls-Royce un acteur mondial dans le domaine. La division a&#233;ronautique (la plus importante) fut s&#233;par&#233;e de la division automobile en 1973 et de nouveau privatis&#233;e en 1987. Aujourd'hui Rolls-Royce produit des moteurs d'avion civil (51% de son activit&#233;) et militaire (23%), ainsi que des moteurs de navire (16%) et des g&#233;n&#233;rateurs d'&#233;nergie (8%) d&#233;riv&#233;s des premiers. C'est le deuxi&#232;me fabricant mondial de moteurs d'avion derri&#232;re l'am&#233;ricain General Electric Aircraft Engines. L'entreprise emploie pr&#232;s de 40 000 personnes. La moiti&#233; des avions civils aujourd'hui en service sont &#233;quip&#233;s de moteurs Trent d&#233;riv&#233;s du RB211.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh7-2&quot; name=&quot;nb7-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Paul Ehrlich est professeur &#224; l'universit&#233; de Stanford. Ce sp&#233;cialiste de la co&#233;volution est connu pour ses travaux sur la structure, la dynamique et la g&#233;n&#233;tique des populations naturelles de papillon. Ehrlich a le premier tir&#233; la sonnette d'alarme sur les impacts environnementaux de la surpopulation dans son livre de 1968, La Bombe humaine. Aujourd'hui il maintient son diagnostic : &#171; Trop de gens &#8211; en particulier parmi les politiques et les hommes d'affaires influents &#8211; s'imaginent &#224; tort qu'on peut &#233;viter qu'une fin (&#8230;) tragique ne ponctue l'aventure humaine moderne en ayant recours &#224; des solutions technologiques qui permettront &#224; la population et &#224; l'&#233;conomie de cro&#238;tre &#224; l'infini. Or, si nous &#233;chouons dans notre contr&#244;le de la population et de la surconsommation &#8211; le nombre d'habitants sur terre devrait passer de 6,5 milliards aujourd'hui &#224; 9 milliards d'ici la seconde moiti&#233; du XXIe si&#232;cle &#8211; nous habiterons une plan&#232;te chaque jour plus invivable, menac&#233;s que nous serons par deux crises : le r&#233;chauffement climatique et la d&#233;gradation des syst&#232;mes naturels dont chacun de nous d&#233;pend. &#187; (www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/fre/Contenu/Points-de-vues/La-bombe-humaine/%28theme%29/1400). Ehrlich vient de cr&#233;er un groupe, le MAHB (&#201;valuation du comportement humain pour le Mill&#233;naire ; prononcer &#171; mob &#187;) dont l'ambition est rien moins que de &#171; changer le comportement humain pour &#233;viter un effondrement de la civilisation mondiale &#187; (Paul R. Erlich, The MAHB, the culture gap, and some really inconvenient truth, PLoS Biology, 8:e1000310, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh7-3&quot; name=&quot;nb7-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Ces travaux ont donn&#233; lieu &#224; un article par K. M. Colby, S. Weber et F. D. Hilf, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Artificial paranoia, Artificial Intelligence&lt;/i&gt;, 2 : 1-25 (1971), qui d&#233;crit le mod&#232;le informatique de parano&#239;a utilis&#233;, et &#224; deux articles par K.M. Colby, F. D. Hilf, S. Weber et H. C. Kraemer &#8722; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Turing-like indistinguishability tests for the validation of a computer simulation of paranoid processes, Artificial Intelligence&lt;/i&gt;, 3 : 199-221 (1972), &#8722;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Experimental validation of a computer simulation of paranoid processes, Mathematical Biosciences&lt;/i&gt;, 15 : 187-191 (1972), qui pr&#233;sentent les exp&#233;riences faites avec le mod&#232;le ; ainsi qu'&#224; un livre par Kenneth Mark Colby, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Artificial paranoia : A computer simulation of paranoid processes,&lt;/i&gt; Pergamon, New York, 1975. Une pr&#233;publication dat&#233;e de novembre 1971 (CS-TR-246.pdf) est &#233;galement disponible sur le site &lt;a href=&quot;ftp://reports.stanford.edu&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ftp://reports.stanford.edu&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Cette recherche se situe dans le prolongement des id&#233;es de Descartes et de Turing sur la possibilit&#233; de distinguer ou non un homme d'une machine lors d'un dialogue (voir la chronique n&#176; 26 &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Prop&#233;deutique &#224; la n&#233;vrose&lt;/i&gt; publi&#233;e ici le 7 juin 2010). Colby et ses collaborateurs reprochent au test propos&#233; par Turing de ne pas &#234;tre suffisamment bien d&#233;fini. Son &#171; jeu &#187; serait trop vague : d'une part, il n'y a pas de crit&#232;res connus permettant d'identifier une femme si tous les &#233;changes passent par un terminal d'ordinateur du genre t&#233;l&#233;type (clavier et imprimante) ; d'autre part, il ne pr&#233;cise pas si le juge est inform&#233; ou non de l'implication d'un ordinateur dans le test (les auteurs pensent qu'il ne faut pas le lui dire). Les auteurs abandonnent donc le test de Turing originel au profit d'une tache o&#249; l'expert (ici un psychiatre) n'a plus &#224; d&#233;cider s'il a affaire &#224; un homme ou &#224; un ordinateur, mais &#224; &#233;valuer le degr&#233; de parano&#239;a de son interlocuteur. Selon eux, la parano&#239;a a l'avantage d'&#234;tre l'un des rares d&#233;sordres psychiatriques dont la pr&#233;sence-absence et le degr&#233; de s&#233;v&#233;rit&#233; sont diagnostiqu&#233;s de mani&#232;re fiable avec un degr&#233; d'accord de 85 &#224; 95% entre psychiatres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Les exemples de dialogues qu'ils pr&#233;sentent (diff&#233;rents de ceux donn&#233;s par Aim&#233; Michel) sont certes fascinants mais il faut bien admettre avec le recul du temps qu'ils sont un peu surfaits. Les probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre (tels que comprendre le langage naturel, traduire une langue dans une autre, se d&#233;placer dans un environnement complexe, faire un diagnostic par ordinateur, etc.) se sont r&#233;v&#233;l&#233;s beaucoup plus difficiles &#224; r&#233;soudre qu'on ne le pensait aux d&#233;buts de l'Intelligence Artificielle dans les ann&#233;es 60 et 70. M&#234;me si de grands progr&#232;s ont &#233;t&#233; faits on est encore loin du compte aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LES CASSEURS DE BABYLONE (*)</title>
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		<description>Ce soir-l&#224;, Zadig soupait chez le sultan son oncle en compagnie du vizir Iznogoud, du capitaine des sbires, du curateur des &#233;coliers, de deux ou trois ministricules et de quelques marchands. &#201;tant jardinier, Zadig ne prisait gu&#232;re ces agapes fournies de ch&#232;res exotiques, mais il y sacrifiait pour s'instruire des affaires du monde. Il aimait surtout y rencontrer un Grec subtil vers&#233; dans l'art des chiffres et de toutes connaissances profanes, que le sultan payait pour sonder l'opinion populaire et (&amp;hellip;)

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&lt;a href="http://www.france-catholique.fr/-Chroniques-d-Aime-Michel-.html" rel="directory"&gt;61. Chroniques d'Aim&#233; Michel&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce soir-l&#224;, Zadig soupait chez le sultan son oncle en compagnie du vizir Iznogoud, du capitaine des sbires, du curateur des &#233;coliers, de deux ou trois ministricules et de quelques marchands. &#201;tant jardinier, Zadig ne prisait gu&#232;re ces agapes fournies de ch&#232;res exotiques, mais il y sacrifiait pour s'instruire des affaires du monde. Il aimait surtout y rencontrer un Grec subtil vers&#233; dans l'art des chiffres et de toutes connaissances profanes, que le sultan payait pour sonder l'opinion populaire et en calculer les changements. [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb8-1&quot; name=&quot;nh8-1&quot; id=&quot;nh8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Cette chronique est la seconde de la s&#233;rie des fables babyloniennes (...)' &gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on eut fini les sorbets, le sultan, toujours d&#233;f&#233;rent aux usages, &#233;ructa, et il se fit un silence respectueux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon bon Iznogoud, dit-il en se tournant vers son vizir, o&#249; en sommes-nous ? Va donc voir aux fen&#234;tres comment marche notre petite affaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Iznogoud ob&#233;it, suivi du capitaine et du curateur. Une clameur de foule montait de la rue, ponctu&#233;e de fracas et de hu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'altruisme de la ross&#233;e&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre petite affaire, dit Iznogoud, va son bonhomme de chemin. Je compte d&#233;j&#224; dix-huit carrosses incendi&#233;s et une douzaine d'&#233;choppes pill&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que vous en semble, M. Disym&#232;de ? dit le sultan en se tournant vers le subtil sondeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Celui-ci consulta ses abaques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Voyons. Nous disons dix-huit carrosses, plus douze &#233;choppes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Combien nos &#233;coliers ont-ils assomm&#233; de bourgeois ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Quatre ou cinq.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Insuffisant. Combien de sbires ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Vingt-trois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Excellent. De gazetiers ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Aucun. Les gazetiers ne viennent plus. Pourquoi viendraient-ils ? Ils savent d'avance ce qu'ils &#233;criront demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Dommage. Un gazetier vaut au moins huit carrosses et quinze &#233;choppes. De plus, il co&#251;te moins cher. Enfin tant pis. Cinq et quatre : neuf, je retiens trois, je multiplie par &#960;, je r&#233;duis aux moindres carr&#233;s, je divise par l'&#226;ge du curateur. Cela donne soixante-trois pour cent, Votre Hautesse a gagn&#233; trois points depuis le d&#233;but de la soir&#233;e. Si nos enfants &#233;ventrent encore cinq ou six boutiques, nous monterons jusqu'&#224; soixante-huit. Au-del&#224;, nous redescendrons, car ceux qui d&#233;ploreront votre faiblesse commenceront d'exc&#233;der en nombre ceux qui veulent qu'on rosse les &#233;coliers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Fort bien, dit le sultan, qui avait de la d&#233;cision. Capitaine, rejoignez vos sbires. J'accorde encore deux carrosses ou deux &#233;choppes, au choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s quoi vous sifflerez la fin de la r&#233;cr&#233;ation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Je proteste, dit le pr&#233;v&#244;t des marchands. Passe encore pour les carrosses, nous leur vendrons les nouveaux mod&#232;les, mais nous ne pouvons tol&#233;rer le pillage des boutiques. La r&#233;cr&#233;ation n'a que trop dur&#233;. Il e&#251;t fallu siffler la fin avant qu'elle ne commence. Je demande que le capitaine fasse sur-le-champ rosser les &#233;coliers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Je proteste, dit &#224; son tour le curateur. La violence ne peut qu'aggraver le malaise de la jeunesse. Je demande que les sbires d&#233;campent et regagnent leurs quartiers. Leur pr&#233;sence pr&#232;s des &#233;coles est une provocation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sultan soupira et se tourna vers Zadig.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Tu vois, dit-il, comme il est difficile de gouverner. Dois-je rosser ? Ne pas rosser ? Et rosser qui, d'abord ? Quand une corporation fait du d&#233;sordre, toutes les autres veulent la voir rosser. Rappelle-toi cette gr&#232;ve des malles-postes &#224; la saison des fraises : rossez, rossez, me disaient les marchands de fruits dont la r&#233;colte pourrissait sur pied. Puis les cochers de la malle reprirent le harnais, mais les fruits se vendirent mal et ce fut au tour des fruitiers de se r&#233;pandre en hourvaris. Rossez, me dit-on encore. Quand on devient Sultan, on fait une &#233;trange d&#233;couverte : c'est que chacun est bien aise de voir rosser les autres. Et puisque tu es mon neveu, ajouta-t-il &#224; voix basse et pour Zadig seul, je vais te confier un secret : il est de bon aloi que je feigne de me plaindre, mais cet ardent altruisme de la ross&#233;e mutuellement distributive est tout le secret du pouvoir. Si ce sentiment n'existait pas, il n'y aurait pas de sultans. Vois comment vont les choses dans le monde. Tous les princes avis&#233;s cultivent un ennemi, f&#251;t-ce en paroles, et dussent-ils s'entendre en sous-main avec lui pour convenir que tout cela n'est que frime. Un de ces jours je t'expliquerai la querelle de mes cousins L&#233;onide et Richard [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb8-2&quot; name=&quot;nh8-2&quot; id=&quot;nh8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Leonid Brejnev (1907-1982) fut &#224; la t&#234;te de la l&amp;#39;Union Sovi&#233;tique de 1964 (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] , et m&#234;me l'autre querelle, la triangulaire qui fait trembler le monde [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb8-3&quot; name=&quot;nh8-3&quot; id=&quot;nh8-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[3] La &#171; querelle triangulaire &#187; fait allusion aux relations entre l&amp;#39;URSS, la (...)' &gt;3&lt;/a&gt;] .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Je pr&#233;f&#233;rerais, dit Zadig, que vous m'&#233;clairassiez sur le malaise de la jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; J'ai pour principe de ne me soucier qu'&#224; bon escient, et n'ai donc rien &#224; te dire l&#224;-dessus. Pourquoi d&#233;plorerais-je un pr&#233;tendu malaise qui me permet, quand il me pla&#238;t, de monter de trois points ? Mais M. Disym&#232;de conna&#238;t bien la question &#8211; je lui ai demand&#233; de l'&#233;tudier pour moi, car on ne sait jamais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Lumi&#232;res sur le malaise de la jeunesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Grec subtil s'&#233;claircit la gorge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Quant &#224; moi, commen&#231;a-t-il, mon principe, en ces temps o&#249; tout se mesure, est de ne commencer &#224; me bercer d'id&#233;es que quand les chiffres commencent, eux, &#224; me faire d&#233;faut [&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nb8-4&quot; name=&quot;nh8-4&quot; id=&quot;nh8-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[4] Le lecteur attentif aura remarqu&#233; qu&amp;#39;il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; question de M. Disym&#232;de (...)' &gt;4&lt;/a&gt;]. Par exemple, qu'appelez-vous au juste le malaise de la jeunesse ? Sa d&#233;linquance suppos&#233;e accrue ? Ou bien son go&#251;t pour le tumulte ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Quoi, dit Zadig, il faut donc faire la diff&#233;rence ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Jugez vous-m&#234;me, et excusez-moi, je vous prie, de ne citer que des pays lointains et barbares. Nous autres, gens civilis&#233;s aimons trop les id&#233;es pour nous attarder &#224; la trivialit&#233; d'une mesure bien faite. En 1961, Dentler et Monroe &#233;tudient la d&#233;linquance chez les &#233;coliers du Kansas. Par un proc&#233;d&#233; ing&#233;nieux permettant aux jeunes gar&#231;ons d'avouer impun&#233;ment leurs m&#233;faits, ces deux savants constatent que de 38 &#224; 46 % se reconnaissent coupables d'au moins un des d&#233;lits graves mentionn&#233;s dans une liste (a). Un peu surpris, d'autres chercheurs se livrent &#224; des enqu&#234;tes semblables dans l'Utah, puis en Europe, &#224; Oslo, Helsinki, Stockholm, en Angleterre, en Allemagne. Ils obtiennent des r&#233;sultats identiques. &#192; Stockholm, 92 % des &#233;coliers avouent un d&#233;lit, dont 53 % un d&#233;lit jug&#233; grave par la loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous &#234;tes horrifi&#233; ? Nos enfants sont devenus des malfaiteurs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attendez. Deux autres Am&#233;ricains envoient &#224; 1800 hommes et femmes pris au hasard dans l'&#201;tat de New York un questionnaire anonyme leur demandant de cocher les d&#233;lits dont ils pourraient avoir &#233;t&#233; coupables ; 84 % des hommes et 81 % des femmes se reconnaissent coupables de malfaisance dans l'intention de nuire ; 77 % des hommes et 74 % des femmes s'avouent coupables d'attentats aux m&#339;urs ; 89 % des hommes et 83 % des femmes, de vol simple ; 21 % des hommes et 37 % des femmes, de vol important ; 46 % des hommes et 34 % des femmes, de falsification et fraude (la fraude fiscale n'&#233;tant pas, j'en demande pardon &#224; Votre Hautesse, comprise dans ces m&#233;faits). Et ainsi de suite (b).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Dieu merci, dit le sultan, c'est &#224; New York.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; C'est partout, dit le Grec. Que Votre Hautesse jette les yeux sur ce livre r&#233;cemment traduit en babylonien (c ). Qu'elle consulte le gigantesque rapport r&#233;dig&#233; pour son cousin Richard (d).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#212; Dieu qui sais les chiffres, oublie-les &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Mais, dit le sultan, tous ces pr&#233;tendus malfaiteurs se vantent ! Ils inventent des d&#233;lits pour se moquer des enqu&#234;teurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; La preuve que non (e), c'est que leurs aveux concordent avec le nombre des d&#233;lits r&#233;els.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Quelle &#233;poque ! De mon temps&amp;hellip;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Du temps de Votre Hautesse, les auteurs pensent que c'&#233;tait exactement pareil. Simplement, cela se savait moins (e).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Du moins ne br&#251;lait-on pas les carrosses !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; C'est vrai, dit le Grec. Mais c'est une autre histoire, et le fait est l&#224; : il n'existe qu'un rapport faible ou nul entre la d&#233;linquance r&#233;elle et le malaise des jeunes. C'est la violence collective qui est nouvelle, non la canaillerie. Les chiffres le prouvent : nos enfants cassent davantage. Ils ne sont pas plus malhonn&#234;tes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sultan b&#226;illa. Zadig aussit&#244;t se leva, salua, t&#226;ta machinalement sa bourse et regagna son jardin. Les &#233;toiles brillaient au ciel. &#171; &#212; Dieu qui sais les chiffres, pensa-t-il, oublie-les quand tu baisses vers nous ton regard. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aim&#233; MICHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Chronique n&#176; 48 parue initialement dans F.C. &#8211; N &#176; 1288 &#8211; 20 ao&#251;t 1971. Reproduite dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La clart&#233; au c&#339;ur du labyrinthe&lt;/i&gt;, chap. 11 &#171; P&#234;cheurs, d&#233;linquants et criminels &#187;, pp. 305-308.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(a) R. A. Dentler et L. J. Monroe : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Social correlates of early adolescence theft&lt;/i&gt;. (American Sociological Review, 1961, vol. 26, p. 733-743).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(b) J. S. Wallerstein et C. L. Wyle : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Our Lawabiding Lawbreakers&lt;/i&gt; (National Probation, mars-avril 1947, p. 107-112).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(c ) R. Hood et R. Sparks : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La D&#233;linquance&lt;/i&gt; (Hachette, 1970).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(d) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Crimes of violence&lt;/i&gt;, &#233;tude collective publi&#233;e par l'US Government Printing Office, et notamment les volumes 11, 12 et 13 (1970).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(e ) Voir les premiers chapitres du livre de Hood et Sparks.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Notes de (1) &#224; 4 sont de Jean-Pierre Rospars&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh8-1&quot; name=&quot;nb8-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Cette chronique est la seconde de la s&#233;rie des fables babyloniennes consacr&#233;e &#224; Zadig, le jeune neveu du vizir Iznogoud. La pr&#233;c&#233;dente, n&#176; 5, Zadig, la rose et les imans de Babylone du 6 novembre 1970, a &#233;t&#233; reproduite ici le 20 juillet 2009. Sur ce Grec subtil &#171; vers&#233; dans l'art des chiffres et de toutes connaissances profanes &#187;, voir la note (4) ci-dessous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh8-2&quot; name=&quot;nb8-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Leonid Brejnev (1907-1982) fut &#224; la t&#234;te de la l'Union Sovi&#233;tique de 1964 &#224; sa mort. Richard Nixon (1913-1994) fut &#233;lu pour deux mandats de quatre ans en 1969 et 1973 mais dut d&#233;missionner en 1974 &#224; la suite du scandale du Watergate qui r&#233;v&#233;la ses abus de pouvoir et ses mensonges. Nixon est sans doute le plus controvers&#233; des pr&#233;sidents am&#233;ricains. Il laisse le souvenir d'un homme peu sympathique, crisp&#233;, secret, manipulateur, adepte des coups tordus. Pourtant il ne se laisse pas si facilement r&#233;duire et plusieurs livres r&#233;cents r&#233;v&#232;lent la complexit&#233; du personnage. Ainsi les historiens Catherine Durandin (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nixon, le pr&#233;sident maudit&lt;/i&gt;, Grancher, 2002) et Romain Huret (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De l'Am&#233;rique ordinaire &#224; l'Etat secret. Le cas Nixon&lt;/i&gt;, Presses de Sciences Po, Paris, 2009) d&#233;crivent un personnage besogneux, incapable d'&#234;tre heureux et, surtout, ambivalent. Le Nixon violent, l'anticommuniste simpliste, sait aussi &#234;tre mod&#233;r&#233; et pragmatique. En politique int&#233;rieure il ne d&#233;mant&#232;le pas l'Etat-providence. Les milieux conservateurs s'&#233;loignent progressivement de lui et ne reconnaissent plus en lui l'un des leurs. En politique &#233;trang&#232;re, il est l'artisan de la d&#233;tente avec l'URSS (voir sur ce point la chronique n&#176; 104,&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Software et politique&lt;/i&gt;, parue ici le 31 mai 2010) et du rapprochement avec la Chine. Il &#233;vite peut-&#234;tre une guerre nucl&#233;aire (nous y reviendrons). Au Vietnam, o&#249; il h&#233;rite d'une guerre de ses pr&#233;d&#233;cesseurs d&#233;mocrates Kennedy et Johnson, Nixon entreprend la vietnamisation du conflit, c'est-&#224;-dire le transfert au Vietnam du Sud de la charge de lutter contre le Nord communiste. En 1973, le retrait des troupes am&#233;ricaines du Vietnam est achev&#233;. Cette politique, qui se solde par la d&#233;faite et le d&#233;shonneur de la prise de Sa&#239;gon par le Viet Minh en 1975, est toujours l'objet de pol&#233;mique. Mais l&#224; aussi certains historiens critiquent l'exc&#232;s de s&#233;v&#233;rit&#233; &#224; son &#233;gard tant la situation &#233;tait difficile. Le &#171; cas Nixon &#187; illustre finalement une r&#232;gle fort g&#233;n&#233;rale que les situations historiques et leurs acteurs se laissent rarement r&#233;duire &#224; des sch&#233;mas simples o&#249; bien et mal se laisseraient ais&#233;ment personnifier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh8-3&quot; name=&quot;nb8-3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] La &#171; querelle triangulaire &#187; fait allusion aux relations entre l'URSS, la Chine et les Etats-Unis durant cette p&#233;riode. La Chine s'est brouill&#233;e avec l'URSS parce qu'elle d&#233;sapprouve la d&#233;tente entre les deux blocs mais surtout parce que les deux pays sont en concurrence dans le tiers-monde o&#249; ils cherchent &#224; &#233;tendre leur influence. Un conflit &#224; la fronti&#232;re sino-sovi&#233;tique en 1969 d&#233;g&#233;n&#232;re presque en guerre ouverte. La Chine cesse de soutenir le Vietnam qui se rapproche de l'URSS. Ne pouvant affronter Moscou et Washington, Mao Zedong se rapproche des Etats-Unis. Nixon y est favorable car cela conduit &#224; un affaiblissement de l'URSS dans le monde. En octobre 1971, la Chine obtient un si&#232;ge au Conseil de S&#233;curit&#233; gr&#226;ce &#224; l'appui am&#233;ricain. En f&#233;vrier 1972, Nixon fait une visite surprise &#224; P&#233;kin &#224; l'invitation de Mao.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.france-catholique.fr/#nh8-4&quot; name=&quot;nb8-4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Le lecteur attentif aura remarqu&#233; qu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; question de M. Disym&#232;de (dont l'&#233;tymologie signifie peut-&#234;tre &#171; peuple divis&#233; &#187;, un hell&#233;niste pourra-t-il me le confirmer ou me corriger ?) dans la chronique n&#176; 41, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eschatologie de la drogue&lt;/i&gt;, parue ici la semaine pass&#233;e. Aim&#233; Michel y &#233;crit en effet &#171; Peut-&#234;tre est-ce ici le lieu de se rappeler l'axiome du subtil M. Disym&#232;de : ne commencer &#224; se bercer d'id&#233;es que quand les chiffres font d&#233;faut &#187;. Curieux &#171; rappel &#187; vu que c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'Aim&#233; Michel nous vantait les m&#233;rites de son subtil sondeur. Sans doute est-ce l'indice que l'ordre de publication des chroniques, n&#176; 41 puis n&#176; 48, n'a pas respect&#233; l'ordre de leur r&#233;daction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, le &#171; principe de Disym&#232;de &#187; m&#233;rite quelque attention. Aim&#233; Michel insiste &#224; toute occasion sur la primaut&#233; de la pens&#233;e scientifique, dont l'attention aux d&#233;tails, les patientes mesures et la r&#233;futabilit&#233; peuvent &#233;viter bien des errements dans l'ordre philosophique. Il entend ainsi marquer sa diff&#233;rence vis-&#224;-vis des autres philosophes de sa g&#233;n&#233;ration dont la majorit&#233; tend &#224; se &#171; bercer d'id&#233;es &#187;. Bien entendu, nulle trace de scientisme ici : la philosophie ne doit pas se contenter des connaissances scientifiques ; bien au contraire, elle commence l&#224; o&#249; la science s'arr&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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