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Yaha Abdelhafid. Ma guerre d’Algérie. Au cœur des maquis de Kabylie. 1954-1962.

jeudi 21 juin 2012


Né en 1933 dans les Ath Illilten au nord du Djurdjura, l’auteur appartient à une famille de cultivateurs, aisés et nationalistes. Scout de tendance MTLD, il a suivi une courte scolarité coranique. A la suite d’un séjour en métropole, il est en désaccord avec Messali Hadj et rejoint le FLN aux côtés de Cheikh Amar, génial organisateur de l’Organisation politico-administrative en Kabylie. Dans un fastidieux bavardage, il livre ses souvenirs de guerre à un pigiste de Ouest-France.

Les années 1955-56 sont consacrées à la prise en main de la population ; la propagande est confortée par une douzaine d’attentats contre les notables. Commissaire politique de la ville de Michelet, il reçoit Krim Belkacem et Ouamrane. Enthousiasmé en 1957 par la montée en puissance de l’armement, il organise des refuges familiaux pour l’accueil des djounoud. Il condamne la sale besogne de Melouza. Ses fonctions politico-militaires à la 1ère compagnie du Djurdjura le conduisent à monter plusieurs embuscades et à fabriquer des mines artisanales. L’enfer de la bleuïte provoque une mutinerie de cette compagnie, destinée à convaincre Amirouche de mettre fin au massacre de ses subordonnés. Les opérations Jumelles destructurent alors la Wilaya kabyle et déstabilisent la population.

Devenu responsable de la région (nahia) 31, il se montre très combattif et échappe « miraculeusement » à la mort. Il relate ses exploits : des embuscades victorieuses, l’attaque d’un poste militaire, l’enlèvement de la harka d’Aït L’qaid, la pénétration des villages de regroupement, des tirs de provocation en ville de Michelet. Il critique vivement les tortionnaires du 6°BTA, dont il cite les noms. Son père et sept membres de sa famille sont torturés ou tués au combat. Mais d’autres militaires français font preuve d’humanité.

Le 19 mars est pour lui la date emblématique de la victoire. Il minimise le massacre des harkis, dont il organise un centre d’internement à Beni Douala ; quelques harkis participent ensuite à la guerre des sables contre le Maroc, puis à la révolte kabyle contre le gouvernement algérien. Opposé au clan d’Oujda, l’auteur dénonce la prise du pouvoir par des arrivistes qui ont trahi la plateforme de la Soummam. Créateur du Front des Forces Socialistes en 1963, il reprend le maquis avant d’être exilé pendant 24 ans.

Yaha Abdelhafid. Ma guerre d’Algérie. Au cœur des maquis de Kabylie. 1954-1962.

Riveneuve, 2012, 381 pages, 20 euros.

Ces souvenirs de guerre relatent bien l’action du FLN-ALN vue de l’intérieur. Mais ce n’est qu’un témoignage dont certainse affirmations devraient être confrontées aux archives et aux anciens du 6° BCA.

Maurice Faivre, le 21 juin 2012

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