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Une prière pour les cardinaux électeurs

Par Robert Royal

mardi 12 mars 2013


Lundi, dernier jour avant que le Conclave ne commence, fut une journée de réflexion. Les cardinaux se sont à nouveau réunis et ont examiné diverses questions, mais ils ont voté pour arrêter les discussions en Congrégation générale, après leur séance de la matinée. Ce fait peut signifier qu’ils sentent, au moins pour l’instant, qu’est venu le temps de la prière et du recueillement plutôt que celui d’analyser les « questions ». Quelques cardinaux pourraient être vus dans les restaurants de Rome ce soir avant leur entrée en clôture sainte. A 7 heures du matin, heure de Rome, alors que ce billet va paraître, ils se présentent à leur logement de la Casa Santa Marta, où le processus régulier d’un conclave va commencer.

Il y a eu beaucoup de nouvelles de dernière minute, pas nécessairement exactes, sur des coalitions attendues. Des experts latino-américains disent que le Brésilien Odilo Scherer, souvent caractérisé comme une sorte le cheval de course de la curie, a peu de soutien parmi les cardinaux latino-américains eux-mêmes. Étonnamment, beaucoup d’entre eux semblent se tourner vers le cardinal O’Malley Sean de Boston, un homme avec une longue histoire en Amérique du Sud — et qui parle espagnol et portugais entre autres langues.

La surprise réside dans deux faits. Tout d’abord, l’Amérique latine a longtemps eu un certain ressentiment envers l’Amérique du Nord, justifié à plusieurs égards, en raison de la façon dont les États-Unis en particulier, ont essayé de contrôler la politique au sud du Rio Grande. Deuxièmement, l’attaché de presse du cardinal O’Malley, Terry Donilon, est le frère d’un conseiller du président Obama à la Sécurité nationale, Tom Donilon. Dans un passé pas si lointain, les Latino-Américains, et pas seulement eux, auraient pensé que de voter pour un pape états-uniens signifiait que le Vatican et la CIA géraient conjointement le monde.

Heureusement, ce n’est plus le cas — ou du moins pas automatiquement. Et mettre cette peur exagérée sur le compte du passé est une bonne chose pour l’Église et pour le monde.

Juste pour passer en revue les simples chiffres une fois de plus : il y aura 115 cardinaux électeurs qui entrent dans la chapelle Sixtine aujourd’hui. Puisque vous avez besoin d’une majorité des deux tiers pour être nommé pape, quelqu’un devra arriver à 77 voix pour les prochains jours — et, pour ma part, croyez-le, je pense que ce sera en peu de jours.

Parmi les électeurs, 60 sont européens, 14 d’Amérique du Nord, et 19 d’Amérique latine. Le reste (seulement 22) dans les autres continents. Mais ne soyez pas trompés par cette répartition comme si elle représentait des intérêts cohérents comme un parti politique américain. Par exemple, il existe des clivages, même parmi les Italiens, le plus grand groupe national (28), avec un certain penchant vers Scola et, pour ceux qui sont plus proches de la Curie, vers Scherer. Et quelque chose de semblable pourrait être dit de chacun des autres groupes de grande taille.

J’ai essayé de savoir si nous pouvons dire avec certitude quoi que ce soit à propos des prochains jours, et je crois que la réponse est tout simplement non. Je me souviens d’un récit. Dans les siècles passés, l’un des moyens utilisés par les professeurs pour enseigner la logique était un syllogisme commun :

a) Tous les cygnes sont blancs

b) X est un cygne

c) Par conséquent, X est blanc.

Ce fut un très bon exemple - jusqu’à ce que les explorateurs européens eurent atteint l’Australie et découvert des cygnes noirs là-bas. Le raisonnement est seulement aussi bon que l’entrée sur laquelle il est basé. Si vous aviez à en juger par ce qui s’est passé au cours du siècle passé, cela devrait être une transition relativement rapide. Nous sentons tous que l’Eglise est « en crise », mais l’est-elle plus que lorsque Pie XII a été élu juste avant la Seconde Guerre mondiale, ou que sous Paul VI dans les années 1970 lorsque le trouble qui est sorti de Vatican II faisait rage ? Même compte tenu de la crise de la pédophilie, il ne faut pas exagérer les problèmes du moment présent.

Cela dit, cependant, il est toujours possible que l’équivalent moral d’un cygne noir apparaisse dans la journée à venir, ce qui changera nos notions historiques sur la façon dont un pape est élu.

Une des choses les plus encourageantes que j’ai entendues aujourd’hui est venu d’une femme qui vit près de la Casa Santa Marta (où les cardinaux seront logés dans les prochains jours). Le dispositif de brouillages installé par les équipes de sécurité électroniques ont perturbé son Internet.

Un de mes soucis, comme vous le savez si vous avez suivi ces billets, c’est que des personnes sans scrupules ou des sympathisants même de Vatileaks (qui existent encore à l’intérieur du Vatican) peuvent essayer de jouer avec ce processus. Il y a eu des fuites étonnant de la Congrégation Générale. Et une personne prudente doit être prête pour un cas de fuite venant du Conclave lui-même, un événement beaucoup plus important.

Nous savons que les Chinois savent facilement pirater le Pentagone sur une base régulière. Prions pour que les équipes déployées pour protéger le secret du conclave soient à la hauteur.

Et nous prions pour nos cardinaux électeurs catholiques qui, aujourd’hui, vont choisir l’homme qui sera le successeur de Pierre et Vicaire du Christ pour nous dans les années à venir, dans notre temps profondément confus.

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