Accueil du site > Actualités > France Catholique, pourquoi ? comment ? Histoire et présent. > Une histoire de France Catholique
par Jean-Baptiste Chaunu (élève de 3ème, en stage d’observation, en avril 2008)
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L’hebdomadaire France Catholique a été fondé en 1924 par le général de Castelnau. Ce héros de la guerre de 14-18 refusait que le gouvernement du « Cartel des Gauches » reprenne la politique de persécution contre les congrégations religieuses qui avait sévi avant la guerre et qui avait obligé les religieux français à s’exiler à l’étranger. Il rallia des centaines de milliers de manifestants, souvent des anciens combattants, dans les rues des principales villes de France et fit reculer le gouvernement. Cet hebdomadaire avait un grand format, peu de pages et son ton était très militant. Il avait de très nombreux abonnés. Le journal était alors la propriété d’un grand mouvement approuvé par les évêques de France et qui s’appelait Fédération nationale catholique (FNC).
Après la guerre de 40-45, le général de Castelnau étant mort le 19 mars 1944 , la FNC ayant pris le nom d’Action Catholique Générale des Hommes, le journal a continué avec une équipe qui en a fait un journal de référence très intellectuel. Beaucoup de ses jeunes collaborateurs d’alors sont devenus par la suite des évêques, voire des cardinaux (comme le cardinal Daniélou ou le cardinal Cottier), ou des écrivains et journalistes de grand renom.
A la fin des années 60, les membres de l’association propriétaire du journal (qui deviendra VEA = Vivre Ensemble l’Evangile Aujourd’hui) et le public du journal étaient sans doute devenus assez différents. Il y avait alors environ 50.000 abonnés et l’influence du journal était très importantes dans les milieux universitaires, politiques de droite et d’Église. Le directeur du journal était Jean de Fabrègues, qui est mort en 1983. C’était un intellectuel catholique de droite de grande envergure. Sa succession a posé différents problèmes de personnes d’autant plus que le public du journal commençait à vieillir, tandis que celui des membres de l’association s’était semble-t-il effondré.
Un des successeur de Jean de Fabrègues a été Robert Masson, qui écrit toujours dans le journal. Après son départ à la retraite, France Catholique a été vendu à sa gérante d’alors qui, quelques années après l’a revendu à son rédacteur en chef, Frédéric Aimard, en 1998. Entre temps, le nombre des abonnés avait beaucoup décliné. Un concurrent très direct était né sous le nom de Famille Chrétienne en 1978, soutenu par de puissants industriels, qui a conquis le public familial catholique grâce à un programme de télévision et à la qualité de ses articles notamment éducatifs. M. Aimard a mobilisé les abonnés de France Catholique qui se sont constitués en une nouvelle Société Anonyme de Presse avec plus de 250 actionnaires. Aujourd’hui le journal tire à environ 16000 exemplaires, a conservé environ 7000 abonnés directs payants (de nombreux abonnés payent un abonnement à des parents, une congrégation, etc), et a une petite diffusion dans les kiosques et aussi dans certaines églises. Sa tonalité est toujours assez intellectuelle et son collaborateur de référence est Gérard Leclerc, une intellectuel reconnu - très au-delà du cercle des lecteurs de France Catholique - pour sa capacité de lecture et de débat, son impartialité et son amour de l’Église.