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Une cause d’avenir

par Gérard Leclerc

lundi 23 janvier 2017


La primaire de la gauche et les événements liés à l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche n’ont guère laissé d’espace à la manifestation pour la vie d’hier à Paris. C’est une raison d’y revenir aujourd’hui, non seulement pour souligner son importance mais surtout pour signifier qu’elle est tout autre chose qu’une action purement symbolique. En effet, la déferlante à laquelle nous avons assistée sous le quinquennat de François Hollande en faveur du fanatisme abortif pourrait faire croire que les défenseurs de la vie militent en pure perte, pour une cause perdue d’avance. Une certaine arrogance progressiste prétend écraser tout débat au nom des progrès irréversibles qui seraient liés à l’émancipation de la femme. C’est à un point tel qu’à la suite de la loi totalitaire sur le délit d’entrave à l’IVG, que l’on s’interroge sur le péril que court désormais le droit à l’objection de conscience, pourtant le plus sacré des droits.

Contre la tentation du défaitisme, il convient de lire l’excellent article qu’Henrik Lindell vient de publier dans l’hebdomadaire La Vie. Notre confrère montre, en effet, que si le nombre d’avortements reste élevé et stable en France, il ne cesse de diminuer aux États-Unis. Les chiffres qu’il cite sont impressionnants. En 1990, le nombre d’avortements pratiqués aux États-Unis était de l’ordre d’un million six cent mille par an. Il a été ramené à neuf cent vingt-six mille pour l’année 2014. Il s’agit bel et bien d’une évolution spectaculaire, qui se confirme d’année en année. Les raisons de cette régression des actes abortifs sont de différents ordres. Il ne faut pas sous-estimer l’action inlassable des militants pro-vie, les décisions de nombre d’États dirigés par les Républicains, mais aussi paradoxalement l’action du président Obama, bien que défenseur du droit à l’avortement. Ses mesures en matière de santé ont joué en faveur d’une meilleure prise en charge des femmes. Enfin, Henrik indique le rôle bénéfique de l’utilisation accrue de l’échographie. L’effet de l’image du bébé à naître a une influence puissante auprès des parents qui sont en présence directe de leur tout petit. La cause de la vie n’est pas du tout désespérée, bien au contraire. La preuve !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 23 janvier 2017.

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