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Tragédie à Toulouse

par Gérard Leclerc

mardi 20 mars 2012


Il est des jours où l’éditorialiste a envie de caler devant la feuille blanche. Qu’est-ce que le commentateur peut-il pouvoir bien dire et même oser dire devant la pure abomination humaine ? Qu’un homme ait froidement tiré sur des enfants – en l’espèce des enfants d’une école juive à Toulouse – ne provoque que la stupeur qui n’a pas de mots pour se dire. Pourtant, notre mission est de parler, de tenter d’exprimer pour nos interlocuteurs ce qu’ils portent en eux-même de souffrance, de compassion, pour les victimes et leurs parents.

Définir la personnalité de l’agresseur est vain, tant que nous ne savons pas de qui il s’agit, à quelle personnalité trouble, disloquée nous avons à faire. Mais tout de même, nous ne pouvons échapper à l’énigme de la méchanceté humaine, de la perversion morale, de la haine sans fond qui prend pour objet le plus faible, le plus démuni, le plus désarmé. Quelques mots d’un penseur – peu importe qui il était en l’occurrence – me reviennent à l’esprit : « Quel mystère que ce fait palpable de l’obscure et radicale méchanceté d’un être comme l’homme, qui ne peut rien que par une forme ou une autre de la bonté ! Cela est presque aussi accablant pour l’esprit que ce problème du mal des choses au sein d’un univers dont les spectacles généraux paraissent attester certains parti-pris bienveillants ou même complaisants pour le pauvre peuple des hommes ».

Bien sûr, la sensibilité biblique, la culture théologique nous mettent sur la voie qui rend compte du mystère d’iniquité, cette séparation de l’homme et de Dieu où se rompt l’équilibre intérieur et qui laisse entrer au centre même de l’esprit l’inspiration satanique de la destruction de soi et de la haine absolue de l’autre. En certaines circonstances qui nous dépassent et nous remplissent d’horreur, l’iniquité s’affirme sans aucune atténuation. Que faire, sinon implorer la grâce d’en haut de nous libérer de ces maléfices qui brûlent sous le soleil de Satan ? Et ne nos inducas in tentationem. Et surtout, donne nous de ne pas succomber à la tentation ! Et délivre nous du mal !

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 20 mars 2012.

2 Messages de forum

  • 20 mars 2012 10:08

    Fusillade du Conseil municipal de Nanterre la nuit du 26 au 27 mars 2002 :

    10 ans après, regrets et espoir

    Nanterre, le 19 mars 2012,

    Pierre Creuzet, Conseiller municipal de Nanterre donne rendez-vous le 27 mars à 1h11 du matin, aux Nanterriens et Nanterriennes pour rendre un hommage spontané aux 8 élus décédés le 27 mars 2002 devant l’entrée de l’Hôtel de Ville (88, rue du 8 mai 1945, 92 000 Nanterre), sous les fenêtres de la salle du Conseil municipal. 8 minutes de silence seront observées en leur honneur.

    Pierre Creuzet, Président à l’époque du groupe Union pour Nanterre, gravement blessé lors de ce drame, rappelle que ce tragique événement qui s’est déroulé dans la nuit du 26 au 27 mars 2002 était dénué de tout enjeu politicien.

    « Ce jour-là, à l’issue d’une réunion du Conseil municipal de Nanterre, vers 1h11 du matin, un homme se lève du public et se met à tirer à bout portant sur les élus. Le tueur vise Madame le Maire de l’époque, Jacqueline Fraysse, qu’il manque. Puis, Pascal Sternberg, 30 ans, Conseiller régional et Chargé de mission, qui meurt sur le coup. Ensuite, il tire à trois reprises sur moi, me blessant au bras, puis sur les élus de mon groupe Olivier Mazzotti, enseignant de 38 ans, Monique Leroy-Sauter, 43 ans, expert-comptable, Marie-José de Jenlis et sur Michel Raoult. Olivier, Monique et Michel décèdent sur le coup. »

    « Aux élections municipales de 2001, j’ai conduit la liste d’opposition et nous sommes entrés à 10 élus au conseil municipal. Vous comprendrez que ce drame, je le vis encore tous les jours avec le sentiment d’une forme de responsabilité particulière vis-à-vis des proches des victimes. », rappelle avec une forte émotion Pierre Creuzet.

    « Le tueur a ensuite poursuivi sa route macabre pendant encore 52 secondes ; tuant 4 autres élus. Il est désarmé par des élus qui ne sont pas dans le champ de tir, lui jettent une chaise, le ceinturent puis le mettent à terre. Il a tué 8 personnes ce soir-là, qui servaient la République et blessé 19 d’entre nous. » continue Pierre Creuzet qui tient à ce que chacun se souvienne de ce terrible événement et à rappeler les séquelles psychologiques et physiques qui résultent de ce drame, pour les rescapés de la tuerie, et pour les familles des disparus. C’était il y a 10 ans. Pourtant, certains souvenirs sont indélébiles.

    Pierre Creuzet regrette qu’aucune des commémorations des 10 dernières années n’ait été organisée en concertation totale avec tous les représentants des groupes du Conseil municipal, et particulièrement le sien qui a perdu 3 élus, et donc a été particulièrement meurtri. Il note avec tristesse le manque de concertation, pourtant indispensable sur un tel sujet, entre la municipalité et les rescapés du drame : « Encore cette année, le bureau municipal a décidé seul des manifestations. Bien sûr, elles nous ont été présentées en réunion (le 5 janvier 2012) à ma demande, mais jamais nous n’avons participé à une concertation sur ce sujet. La majorité avait déjà fait son choix et pour nous la réunion n’a été qu’une chambre d’enregistrement. »

    Pierre Creuzet espère comme il l’a toujours demandé que tous les élus disparus seront honorés comme il se doit en donnant leurs noms à des monuments, des rues, bâtiments publics… tels que des collèges, des écoles, des parcs…

    « Lors de sa séance du mardi 14 février, le Conseil municipal de Nanterre a voté à l’unanimité la décision de donner à huit allées des Terrasses, dans le quartier du Parc Nord, les noms des huit élus assassinés dans la nuit du 26 au 27 mars 2002 : Louiza Benakli, Christian Bouthier, Jacotte Duplenne, Monique Leroy-Sauter, Olivier Mazzotti, Valérie Méot, Michel Raoult et Pascal Sternberg. La municipalité de Nanterre organise le dévoilement des plaques lors d’une cérémonie le 27 mars prochain à 18h30 et j’invite tous les Nanterriens à être présents pour leur rendre hommage, mais cet hommage n’est pas, vous l’aurez compris, à mon sens suffisant pour nos élus qui sont morts dans l’exercice de leur mandat d’élus de la République. » « C’est pourquoi j’appelle à cet hommage spontané à l’heure même du drame, un certain nombre d’entre nous ne pourra de toute façon dormir à cette heure… » déclare Pierre Creuzet.

    Si ceux qui ont perdus la vie ce jour-là ont bien évidemment été décorés de la Légion d’Honneur à titre posthume, il regrette comme il l’avait exprimé que tous les blessés n’aient pas reçu cet hommage. Il explique : « Tous les élus présents auraient dû être honorés. Les blessés à terre, les hommes et les femmes présents dans la salle méritaient aussi d’être décorés par la République, pour montrer que la République était aussi à leur côté ».

    Enfin, il rappelle que suite à cette fusillade, aucun procès n’a été organisé malheureusement, le tueur s’étant donné la mort quelques heures après avoir commis ce terrible acte. « Un procès aurait été très dur pour tous, mais aurait permis peut-être d’avoir des réponses aux nombreuses questions qui se posent encore. » ajoute-t-il.

    « Je garde l’espoir que la municipalité de Nanterre saura honorer les victimes, de tous bords, avec le respect qu’ils méritent. C’est indispensable pour faire le deuil, et rappeler que la démocratie et le dialogue ont été plus forts que l’acte du tueur. N’oublions jamais que sans les milliers d’élus locaux, notre pays et notre démocratie ne pourraient fonctionner. Rendre hommage aux élus disparus dans l’exercice de leur mandat, c’est rendre hommage à tous ceux qui s’engagent au quotidien localement pour faire vivre le lien social et la cohésion sociale, notre République, cela mérite bien un monument à Nanterre. » conclut-il.

    Pierre Creuzet

    Président au Conseil municipal de Nanterre du Groupe "MoDem, PRG, et Citoyens"

    Président au Conseil Agllo du Mont Valérien du Groupe "Démocrates et Centristes"

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  • 21 mars 2012 14:09, par Jérôme

    Bonjour,

    Maintenant que nous savons que ce meurtrier était un musulman, il serait temps que nous chrétiens, tâchions d’amener les personnes de confession musulmane à ouvrir les yeux sur la réalité de leur religion...Mais je ne doute pas que les pacifistes et autres irénistes, voire les islamophiles vont continuer à vanter les mérites de cette religion, mérites que nous ne pouvons même pas observer dans les pays où elle est majoritaire et dominante...L’apologie et la défense de l’islam ressemble à bien des égards à celle dont a bénéficié le communisme, malgré ses nombreux crimes...L’aveuglement idéologique est de tous les côtés...

    Fraternellement dans le Christ !

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