Magazine diffusé par Presstalis Points de vente : 01.44.69.82.82

Accueil du site > Actualités > Chronique de Tugdual Derville > Sexualité : De quel Genre ?

Imprimer cette page

Sexualité : De quel Genre ?

par Tugdual Derville

vendredi 19 février 2010

La transsexualité est devenue le cheval de Troie de ceux qui entendent déconstruire le modèle familial traditionnel, soupçonné d’exclure les personnes qui ne se sentent pas en conformité avec leur anatomie. Par décret, Roselyne Bachelot vient de leur envoyer son soutien.

Le 16 mai 2009, veille de la journée dédiée à la «  lutte contre l’homophobie et la transphobie  », Roselyne Bachelot avait annoncé sa décision de supprimer la transsexualité de la liste des affections psychiatriques. C’est chose faite avec un décret publié le 10 février 2010, quelques jours avant la remise d’un rapport de la Haute autorité de santé sur ce sujet. C’est le genre de texte qu’un ministre fait passer juste avant son départ, pour marquer l’empreinte de ses convictions.

Le décret supprime «  les troubles précoces de l’identité de genre  » des «  affections psychiatriques de longue durée  » listées par le code de la sécurité sociale. Première mondiale aussitôt qualifiée d’ «  historique  », par le porte-parole de l’Interassossiative lesbiennes, gay, bi et trans. Un enthousiasme un moment pondéré par l’association Transgenre, de Strasbourg, qui a suspecté le gouvernement de vouloir «  dérembourser  » le coûteux parcours psycho-médico-chirurgical des personnes transsexuelles. Le ministère de la Santé a pourtant précisé que la transsexualité conserverait une étiquette de maladie pour rester à la charge de la Sécurité sociale.

Selon Robert Stoller, au-teur d’une définition qui fait autorité, la transsexualité se caractérise par «  la croyance fixe d’appartenir à l’autre sexe, entraînant la demande que le corps soit corrigé en conséquence.  » Cette revendication est so-ciale  : elle a un énorme impact sur les parents, frères ou sœurs, conjoints, enfants de la personne concernée.

Lorsque leur ressenti psychique contredit l’anatomie de leurs organes sexuels, les personnes peuvent entamer un parcours nommé «  transition  » jusqu’au cha-nge-ment d’état civil. Aujourd’hui, elles s’adressent d’abord à la psychiatrie qui vérifie l’authenticité de ce qu’elles ressentent, puis une prise d’hormones entame le processus physiologique. L’étape ultime est chirurgicale  : ablation puis reconstitution. Après ce stade, l’apparence intime sera pratiquement aboutie, mais au prix de l’amputation des organes reproductifs, d’une infertilité définitive et d’une fonctionnalité douteuse, sur les plans sexuels et urinaires.

Les personnes resteront toutefois «  trahies  » par leurs chromosomes originels (sauf rarissimes situations de détermination génétique imparfaite à la naissance).

Celles qui entament ces parcours en vue d’obtenir l’autre sexe disent souvent s’être senties différentes dès la petite enfance. D’autres ont construit des familles avant d’opérer leur mutation. Les associations militantes avancent le chiffre – invérifiable mais certainement surévalué – de 50 000 Français concernés. Il n’y aurait en France qu’une centaine d’opérations chaque année. Certains notent que la médiatisation du transsexualisme inciterait les candidatures de personnes à l’identité sexuelle fragile… Marginal, le phénomène n’en est pas moins emblématique d’une évolution sociale – mais aussi politique – préoccupante.

S’il faut lutter contre les stigmatisations offensantes de personnes en grande souffrance, le caractère pathologique d’un trouble identitaire ne saurait être effacé d’un coup de gomme ministérielle. Surtout quand les drames personnels sont récupérés par l’idéologie. Car le transsexualisme est exploité par les théoriciens du Gender.

Dans la lignée de Foucault et Dérida, ce courant de pensée plaide pour la «  déconstruction des genres  ». Il conteste l’«  hétéronormativité  » du partage binaire de l’humanité entre hommes et femmes et plaide pour la «  variété des genres  ». Au lieu d’annoncer la naissance d’un garçon ou d’une fille il faudrait laisser à chacun le temps de déterminer s’il se sent homme ou femme puis quel sexe l’attire chez autrui, à l’instant T.

Les théoriciens du Gender voudraient enseigner, dès la maternelle, qu’on ne naît pas homme ou femme, mais qu’on le choisit librement. Ou bien – et là réside une ambiguïté notable – qu’on est obligé de se conformer à ce qu’on ressent, quitte à évoluer. La transsexualité est donc pain béni pour les lobbies transgressifs qui combattent les repères familiaux. Car elle brouille ces repères…

Si la personne transsexuelle était précédemment mariée, un changement de sexe validé par l’État civil met notre droit devant le fait accompli d’un mariage entre personnes de même sexe. Et si elle avait des enfants, s’impose l’idée d’une «  parentalité gay  ».

C’est la douleur des per-sonnes transsexuelles qui engendre leurs revendications. Mais leur prétendu «  changement de sexe  », à la fois irréversible – la «  liberté  » est donc à sens unique – et incomplet, souffre la contradiction. 

Répondre à cet article

1 Message

  • Sexualité : De quel Genre ?

    22 février 02:14, par Reginald

    Si l’on s’en réfère à la prodigieuse manifestation de mauvaise foi démagogique et retorse développée par la pétulante Roselyne Bachelot tout au long du déroulement de cette affaire dite de la Grippe A, on ne doit pas être étonné à la découverte du décret du 10 février. En effet, malgré l’inexistence criante d’une pandémie, tout un cirque en trompe-l’oeil (et en trompe-couillon) a été mené durant des mois, mobilisant des moyens importants et des fonds colossaux. Tout cela uniquement pour rester consistant avec une stratégie de survie gouvernementale.

    Ce qui lui importe, à madame Bachelot,ce n’est pas la vérité. Non, la vérité, elle s’en moque éperdument. Et son "patron", tout autant qu’elle ! Ce qui lui importe, c’est d’agir en fonction des intérêt du moment pour les stratégie - souvent minables et à courte vue - de l’équipe gouvernementale.

    Dans cette perspective, les voix du lobby LGBT et du courant d’opinion que celui-ci développe ne sont pas à négliger.

    Les théories du gender sont tellement grotesques, et tellement contradictoire avec ce qu’une observation objective et honnête de la vie permettent de vérifier, que leur simple audition devrait faire plier de rire tout auditeur moyen normalement doté d’intelligence.

    Ce qui est désespérant dans cette affaire, c’est que nos politiques ne reculent pas - toujours pour les mêmes basses considérations électoralistes- devant l’aval des théories les plus fumeuses, pour peu qu’elles soient proférées par des minorités ayant du poids et de l’influence, et leur traduction en des successions de décisions législatives dont l’accumulation obère gravement l’avenir de la structure familiale et, à terme, l’équilibre de toute une société.

    Que la société manifeste une certaine indulgence pour des individus dont l’identité sexuelle est perturbée, soit. En revanche, aligner la législation et les règles morales de toute une société sur des déviances démontre une singulière déformation du jugement.

    La monstrueuse hypocrisie de cette société se révèle lorsque l’on constate que sa lutte contre les "stigmatisations" est prodigieusement sélective. D’un côté rejet des différences liées au handicap (jusqu’à l’éradication en amont au travers des examens pré-nataux), de l’autre valorisation sans condition des différences, dès lors qu’il s’agit de l’exercice de la génitalité sous (à peu près) toutes ses formes !

    En fait, on assiste à l’instauration d’une nouvelle morale (pas si nouvelle que ça, il s’agit seulement d’un retour cyclique à de vieilles idolâtries) revendiquant une liberté totale du plaisir hédoniste érigé en critère absolu.




Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contact | Mode d’emploi | Plan du site | Espace privé | Mentions légales | CGV | Copyright France Catholique 2010