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Christianophobie

S’exprimer franchement entre chrétiens

par Gérard Leclerc

vendredi 16 décembre 2011

Depuis trois mois au moins, une controverse extrêmement vive s’est développée autour de deux spectacles considérés par certains comme des provocations à l’égard du christianisme et de la foi des chrétiens. Il est vrai qu’au printemps dernier, il y avait déjà eu l’affaire du «  Piss Christ  » à Avignon, qui avait soulevé l’émoi et suscité des premières manifestations. Dès ce moment, l’organisation Civitas, proche de la Fraternité Saint-Pie X, avait été à l’avant-garde de la contestation, lui donnant un caractère de radicalité qui n’était pas approuvé par tous les chrétiens. Le philosophe et dramaturge Fabrice Hadjadj, dont les convictions de catholique converti de l’athéisme sont bien connues, se distingua même par son refus très motivé de participer à une croisade dont il mettait en cause l’absence de discernement. Pourtant, il ne faisait pas de doute que les sentiments de piété des chrétiens de base se trouvaient mis à rude épreuve et qu’une réelle exaspération s’emparait d’une frange de l’opinion.


Lorsqu’on apprit vers la fin de l’été que deux pièces de théâtre également provocatrices allaient être joués à Paris, Rennes et Toulouse, ce fut un nouveau branle-bas de combat du côté de l’association politique Civitas, alors que du côté de la hiérarchie ecclésiastique l’incertitude semblait régner. Beaucoup d’évêques étaient exaspérés tandis que d’autres craignaient la dérive de manifestations bruyantes qui donneraient encore plus de publicité aux pièces litigieuses. Certains — dont moi-même — déplo­rèrent alors un manque de concertation qui conduisait à agir en ordre dispersé et sans qu’une stratégie d’ensemble ait été mûrie. Je fus bien contraint de réagir par la parole et par l’écrit. Ma première intervention sur le sujet date, me semble-t-il, du 19 octobre sur Radio Notre-Dame. En me relisant, je constate que depuis lors, je n’ai pas dérogé à la position de fond que j’avais choisie, à partir des informations que j’avais recueillies. Une première représentation de Sur le concept du visage de Dieu de Romeo Castellucci au festival d’Avignon avait tourné à la bagarre, les spectateurs en étant venus aux mains. Il était à craindre qu’un climat émotionnel ne se développe avec des affrontements qui risquaient de brouiller les données d’une nécessaire réflexion. On pouvait certes s’indigner, dire sa tristesse, mais en prenant garde de ne pas être entraîné dans une sorte de guerre civile, désastreuse pour les enjeux d’un témoignage de foi. C’est pourquoi je me retrouve entièrement dans ma première prise de parole  : «  Il nous faudra revenir sur ces deux provocations de natures hétérogènes. Elles m’incitent plus à la réflexion qu’à la révolte elle-même violente. Nous sommes provoqués au cœur même de notre conviction la plus profonde. C’est elle dont il nous faut témoigner dans la plus grande transparence. À la violence il faut répondre par l’expression de la foi, celle que Benoît XVI veut mettre en honneur l’an prochain.  »

Quelques jours plus tard, nous étions en plein affrontement au théâtre de la Ville, à Paris, autour de la pièce de Castellucci. En désaccord sur le style de ces manifestations, je ne voulais pas toutefois crier avec les loups contre ces jeunes gens qui ne manquaient pas de cran et se trouvaient durement traités par les responsables de l’ordre public (gardes à vue de 48 heures, difficultés de communiquer avec les avocats etc.). Je m’interrogeais sur les conséquences judiciaires qui pouvaient peser sur l’avenir de garçons et de filles, par ailleurs malmenés par les médias. Il est vrai que dans les jours qui suivirent, des accords avec la police permirent que l’on manifeste plus paisiblement. C’en était heureusement terminé de ces cars entiers que l’on conduisait vers les commissariats du quartier. Le 26 octobre, toujours sur Radio Notre-Dame, après avoir déploré le manque de mesure dans la répression des protestataires, je réitérais ma position  : «  Je dis cela d’autant plus librement que, dès le départ, j’ai signifié mon désaccord avec des interventions visant à l’obstruction des pièces en questions. Je suis pour d’autres interventions qui visent le fond plus que la forme, la forme étant par ailleurs dérisoire, accusant le ridicule de ceux qui se reconnaissent dans cette culture de néant.  » C’était dire ma propre exaspération que je voulais pourtant discipliner en m’enquérant d’autres initiatives propres à développer une action réfléchie. C’est ainsi que je me rendais compte que dans diverses aumôneries d’étudiants par exemple, on commençait à mûrir d’autres ripostes qui correspondaient à mes vœux. On alliait le débat sur foi et culture à une veillée d’adoration (ainsi à Toulouse).

Par ailleurs, les évêques de France réunis à Lourdes pour leur assemblée plénière, début novembre, se saisissaient du dossier. Dans son discours de clôture, le cardinal André Vingt-Trois abordait directement le sujet  : «  Deux spectacles, différents dans leurs intentions et dans leur réalisation, ont suscité un vif émoi parmi les chrétiens. Nous comprenons le trouble de beaucoup devant des œuvres difficiles à interpréter. Nous devons aborder ces événements, qui reviennent périodiquement, sans nous laisser enfermer dans une forme de débat où l’Église se défendrait elle-même comme un groupe minoritaire dans une société pluriculturelle ou même hostile.  » Le président de la Conférence des évêques désignait ainsi le piège où risquaient de se laisser enfermer les protestations qu’on pourrait sommairement appeler identitaires. Il dessinait alors la vraie portée de la controverse à laquelle les chrétiens étaient conduits  : «  Des œuvres évoquent explicitement le Christ, Fils de Dieu. Souvent, il s’agit du Crucifié sur le mont Golgotha. Elles ne manquent pas d’interroger. Pourquoi le visage du Crucifié questionne-t-il tant  ? De quelle force est-il porteur  ? Quelle lumière nos contemporains y cherchent-ils avec tant d’assiduité  ? Quel sens veulent-ils donner à la violence ou à l’outrance des images qu’ils produisent  ? Aucun spectateur ne peut rester indifférent. Il est amené à se prononcer dans sa quête du vrai, du beau, de la transcendance, et pour tout dire de l’amour qui ne contourne pas les souffrances et les misères humaines. Ces œuvres obligent aussi les chrétiens à s’interroger et à chercher quels appels elles expriment, quelle recherche de Dieu s’y manifeste.  »

Il est bien dommage que ceux qui ont amèrement reproché au cardinal Vingt-Trois quelques propos un peu durs pour les manifestants n’aient pas réfléchi plus sérieusement à ce discours de Lourdes. Pourtant, il posait des questions que tout chrétien doit se poser, pour peu qu’il médite la Passion de Jésus. Pour prendre le seul cas de Pascal, il est patent que lorsqu’il aborde le cœur même de la Rédemption c’est à sa propre misère et à ses abîmes qu’il est confronté, avec l’infinie miséricorde qui s’offre à lui  : «  Je vois mon abîme d’orgueil, de curiosité, de concupiscence. Il n’y a nul rapport de moi à Dieu, ni à Jésus-Christ juste. Mais il a été fait péché pour moi. Tous nos fléaux sont tombés sur lui.  » Comme dirait encore Gabriel Marcel, la Passion est un mystère pour moi parce qu’elle ne m’est jamais extérieure, je suis touché au plus intime de moi-même par cet événement qui atteint l’humanité dans sa substance vive.

En d’autres termes encore, lorsqu’il s’agit de la Passion du Seigneur, la désignation de l’ennemi extérieur est vaine, parce que l’ennemi c’est nous-même, ce qu’il y a de rebelle en nous à l’amour et au salut. Il est vain aussi de désigner Pilate et Judas comme les responsables. Pascal le dit encore  : «  Jésus ne regarde pas dans Judas son inimitié, mais l’ordre de Dieu qui l’aime, et la voit si peu qu’il l’appelle ami.  » C’est que la logique rédemptrice défie une logique trop humaine, a fortiori les logiques politiques où la désignation de l’ennemi suffit à baliser le terrain.

Il me semble ainsi correspondre à l’intention du cardinal-archevêque de Paris, dont il faut reprendre l’ensemble du discours  : «  L’indifférence, l’incompréhension, la méconnaissance ou le rejet qui s’expriment à l’égard du Christ et de la foi nous touchent tous dans notre amour du Seigneur et notre amour des hommes. Cette blessure ne doit pas et ne peut pas se transformer en violence verbale et moins encore physique. Elle doit nourrir notre prière. Elle doit motiver notre désir de faire connaître le véritable visage du Christ, tel qu’il s’est révélé dans sa Passion et sa crucifixion.  » Quand j’ai moi-même tenté d’expliquer en quoi consistait la Passion du Christ, on m’a reproché de «  tenter le ballet des incompatibles pour justifier l’indéfendable  ». J’aurais développé «  des ratiocinations intellectuelles  » pour défendre Romeo Castellucci, Rodrigo Garcia et Jean-Michel Ribes. J’aurais conforté «  les esprits pervers  » dans leur culture artistique politiquement correcte  !

Franchement, mes intentions sont à l’opposé de telles accusations. Je n’ai aucune indulgence pour les productions artistiques perverses et j’ai explicitement dénoncé «  les exhibitionnistes  » qui nous imposaient leurs fantasmes. La difficulté pour moi ne consistait pas à désavouer des spectacles pénibles et troubles mais à trouver les réponses adaptées à la nature de la provocation. Et celles-ci ne pouvaient consister en un appel à «  la croisade  ». Qu’on me pardonne ce raccourci, sur lequel il me faut m’expliquer sérieusement. Il s’agit d’un vrai désaccord qu’il convient d’aborder avec toute la franchise possible. J’espère que la fraternité n’y perdra pas ses droits. Je dois en priorité à ceux dont je conteste les positions l’élémentaire courage de dire les choses.

Le mieux pour poser les termes de la discussion est de se référer à un texte en vis-à-vis. Un texte pensé, écrit, proclamé dans le but d’exprimer la cohérence d’une position avec les conséquences qui s’ensuivent. J’ai cru avoir trouvé cette référence indispensable dans l’intervention que l’abbé Régis de Caqueray a faite au terme de la procession des fidèles de Saint-Nicolas du Chardonnet, en la fête de l’Immaculée Conception. Chaque année, la paroisse «  dissidente  » célèbre cette grande fête en processionnant dans son quartier. Eu égard aux circonstances de cette année, il avait été décidé que le cortège se porterait jusqu’aux abords du théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées.

C’est là que l’abbé de Caqueray a prononcé devant une assistance imposante cette «  homélie  » que j’ai lue avec beaucoup d’attention. J’avoue même qu’elle m’a «  bluffé  » par sa belle tenue, la conviction qui la portait et surtout la démonstration rigoureuse qu’elle menait à un degré supérieur de précision. Je ne puis évidemment en analyser tous les termes, toutes les implications théologiques dont certaines nous sont absolument communes. Je ne reprocherais sûrement pas à l’abbé un certain radicalisme évangélique fondé sur la certitude que le Christ est notre seul Sauveur. J’adhère aussi à cette proposition selon laquelle il faut prier pour tous nos frères les hommes, y compris pour ceux avec lesquels nous sommes en plein combat  : «  Ce n’est pourtant pas pour cela que nous refuserons de prier pour le directeur de cette salle de spectacle lui-même et pour les acteurs qui se trouvent sur scène dans le théâtre, ainsi que tous nos contre-manifestants. Le Christ a versé son sang pour chacun d’eux. Il veut qu’ils se convertissent et il veut que nous Lui demandions leur conversion.  » Il aurait peut-être fallu ajouter qu’il convenait de prier également pour la conversion des fidèles que sont tous les chrétiens, car ils n’échappent pas malheureusement à la tentation du pharisien face au publicain, dont nous instruit l’Évangile. Mais je ne doute pas que l’abbé de Caqueray ne manque pas de commenter à bon escient, lorsqu’il le faut, cette parabole de Jésus.

Mon objection concerne l’axe principal autour duquel est construite cette homélie et que l’on pourrait résumer en une proposition  : «  Ne croyons donc pas qu’il existe trois camps. Il n’en existe que deux, celui de Jésus-Christ et de la Sainte Église catholique d’une part  ; celui du diable qui cherche à dévorer les âmes, comme un lion rugissant, pour les faire tomber dans le péché, les y maintenir et les précipiter en enfer, d’autre part.  » En soi, cette proposition n’est pas scandaleuse, si elle se réfère à la thématique johannique du «  monde  », qui appartient à l’ennemi, celui qui hait les disciples du Christ : «  Si le monde vous hait, sachez qu’il ma haï avant vous  » (Jn. 15,14).

On pourrait aussi alléguer la thématique des deux Cités de saint Augustin. Oui, mais attention  ! L’augus­tinisme politique a pu donner lieu à de graves équivoques. S’il y a entre la Cité de Dieu et la Cité des hommes une distance qui ne sera pas abolie avant la consommation des siècles, c’est qu’elle correspond à l’indécision d’un monde qui demeure en proie à des sollicitations multiples. C’est pourquoi il faut se rapporter également à la parabole du bon grain et de l’ivraie (Mt. 13,24-36). Ici-bas les choses sont mêlées. C’est pourquoi il faut faire très attention à la rhétorique des deux camps. Cette transposition belliqueuse des deux Cités peut déraper dans la désignation d’un ennemi univoque, chargé de toutes les fautes. Et certes, l’abbé de Caqueray n’est pas en peine de désigner chez l’adversaire tous ses vices, ses erreurs funestes et plus encore des affinités gnostiques, voire lucifériennes.

De ce point de vue, on devrait prêter attention à certains aspects nullement anodins de Castellucci, lorsqu’il blasphème délibérément  : «  L’ange de l’art c’est Lucifer.  » De même l’analyse esquissée de la pièce de Garcia est pertinente. Il y a tout un jeu perfide pour exalter la transgression, la chute et le péché. Cela suffirait à légitimer la protestation de chrétiens qui ont plus que raison de dénoncer cette opération blasphématoire. Alors, où est le désaccord  ? Il réside dans la tentation de figer le combat spirituel hic et nunc entre deux camps irréconciliables et de concevoir l’ensemble sur un modèle homogène campé sur un front immuable. Il est vrai que dans cette entreprise, l’abbé est singulièrement secouru par les contre-manifestants de la Ligue des Droits de l’Homme qui, après avoir réclamé la liberté d’expression, se laissent aller à des slogans assez inquiétants  : «  Néron reviens, il y a encore des chrétiens  !  » Ou encore  : «  Trois clous, deux planches, voilà la solution.  » Je n’ai pas, pour ma part, entendu de telles vociférations, mais si elles étaient avérées, force serait d’admettre que nos «  humanistes  » sont des totalitaires haineux.

Seulement voilà, l’existence de pareils adversaires est trop commode pour justifier la théorie des deux camps à l’hostilité inexpiable. Il y a abus à figurer la société actuelle sous le mode d’une lutte frontale, d’autant que la tentation d’un blocage politico-religieux peut renforcer la systématisation et produire des catastrophes doctrinales ou pratiques. J’ai réfléchi ces temps-ci à cette dimension du problème à la lecture de Carl Schmitt [1], de sa théorisation très particulière du concept de «  théologie politique  » ainsi que de celle de la théorie ami/ennemi. Le même Carl Schmitt avait des affinités très fortes avec l’espagnol Donoso Cortes, lui-même très caractéristique d’un blocage qui conduit à la guerre. Bien sûr, certaines prémonitions prophétiques de Cortes lui avaient fait entrevoir un Léviathan moderne se lever à l’horizon, avec une pseudo-religion de l’humanité absolue. Le XXe siècle a vécu tragiquement ce défi, mais malheureusement la lucidité n’a pas toujours éclairé certains choix qui ont joué en faveur du pire, du côté de ceux qui se voulaient les meilleurs.

Telle est donc mon objection à l’abbé de Caqueray. Oui, il y a un combat spirituel à mener. Non, il ne se déroule pas forcément dans des conditions simples et manichéennes, d’autant qu’il nous concerne nous-mêmes avant de définir l’ennemi. C’est pourquoi il ne suffit pas de dénoncer à bon escient. Il faut tenter aussi l’attestation de la foi et l’évangélisation de terres incertaines où se poursuit le combat de l’homme et de l’ange. Il faut protester, mais il faut aussi expliquer, persuader sous le mode pascalien. Cela implique de trouver d’autres moyens d’expression que les postures guerrières. Sans doute faut-il parfois reprendre les exorcismes nécessaires contre les forces infernales. Mais il faut aussi annoncer la beauté du Royaume selon les Béatitudes et la gloire du Ressuscité. Quant au monde, il est à aimer en ce qu’il est aimable et en ce qu’il y a encore de lui à sauver.

Notes

[1] Carl Schmitt, La visibilité de l’Église... textes réunis par le Père Bernard Bourdin, Cerf

26 Messages de forum

  • 17 décembre 2011 01:01, par Villagama

    Absolument superbe.
    Merci Gerard Leclerc.

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  • 17 décembre 2011 01:09, par Villagama

    Absolument superbe.
    Merci Gerard Leclerc.

    Un petit regret : l’absence de citation de la magnifique veillée à Notre-Dame de Paris. Silence, prière, émotion, douleur, adoration, réparation, amour du Christ y étaient si tangibles. Jamais, je crois, je n’ai autant ressenti Sa présence.

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  • 17 décembre 2011 03:18

    A Mr Gérard Leclerc
    je decouvre votre papier : il prend de la hauteur, rappelle toutes les données pertinentes, donne à penser, respecte les droits des parties, porte une intention sincère de réconciliation entre chrétiens.

    Un point m’étonne cependant dans votre contribution (très positive et pacificatrice) : c’est la non-considération totale d’une donnée factuelle, objective et si évidente qu’elle en devient peut-être invisible, au moins au niveau des élites (dont vous êtes).

    Voici cette donnée : ces "choses dart" (pour ne pas écrire "oeuvres d’art"), qu’il s’agisse du PissChrist, ou des 2 pieces de theatre, sont certes minables et destinées à peu d’audience, elles n’en occupent pas moins l’espace public, d’autant qu’elles sont largement subventionnées sur fonds publics. le Pisschrist etait affiché dans les grandes artères d’Avignon, les pieces de theatre sont montées en épingle par les media et impossibles à éviter (à moins de jeûner de media et de conversations entre collegues) ... bref pour le catho lambda que je suis, impossible de ne pas etre affronté à cette publicité publique (n’est pas un pléonasme, c’est la description d’une violence civile imposée ).
    Voila tout simplement comment le probleme se pose pour moi et sans doute pour d’autres, ordinaires mais attachés à leur religion et à la figure du Christ, dont on attend qu’il soit traité avec un peu de respect.

    Car, ce qui est en cause, dans cette affaire, c’est le respect de soi, pour moi, pour un chrétien lambda.
    Je vois cela, et je ne fais rien, je n’ose rien faire, pas même protester ? Non je n’ose rien faire. Pas de pb : personne n’en saura rien. Sauf moi chrétien lambda, doté d’une conscience morale de base.
    Pourtant, avec cette affaire, une honte est entrée en moi et ne me quitte plus. Ma conscience me tourmente.

    Car je n’ai rien fait. J’ai fait (et je ferai) comme s’il n’y avait rien, comme si les blasphémateurs étaient chez eux dans la rue et que je n’ai que le droit de baisser les yeux et de me défiler, de rentrer chez moi ou d’aller à un colloque écouter des intellectuels débattre des vertus du dialogue ou d’autres trucs qui n’ont rien pas grand chose voir avec la vie, la mienne mais qu’on peut appeler la vraie vie dans la mesure où c’est celle de gens ordinaires (90 % des français).
    Pour le dire d’un mot, je ne sais pas quoi faire mais j’ai honte de ma lacheté. Et ça ne part pas.
    Pour le dire en termes savants (pour moi) : c’est un probleme anthropologique, pas seulement psychologique ou moral. Car ce n’est pas seulement une question de sérénité intérieure, ou de discernement du bien, c’est une question d’honneur. Un ressort a été cassé.
    On injurie en public le Christ, on subventionne des accusations ordurières contre les chrétiens, et je ne fais rien... De plus ces gens de civitas qui eux manifestent retournent le couteau dans la plaie : s’ils font cela, c’est bien qu’il y a quelque chose d’inacceptable, je le ressens aussi, ce droit à un minimum de respect (surtout quand on pense que l’Etat subventionne = encourage)

    D’ailleurs, depuis quelque semaine, le dimanche à la messe, je me sens un faux-cul : la liturgie est la même, on prie avec ferveur à l’intérieur de l’eglise, mais dès qu’on sort, on redevient anonyme, pas de vague, on accepte implicitement ce que je viens d’ecrire.
    Et qui ne fait peut-etre que commencer. Car si on accepte cela, on acceptera la suite. C’est dejà arrivé à d’autres propos : le mechant teste pour voir si on réagit ... si rien alors il saura que leur courage zero, leur ressort cassé, et il ira plus loin. On le voit en d’autres situations sociales.

    Je ne vous aurai toutefois jamais ecrit si un collègue musulman (très modéré) ne m’en avait pas fait prendre conscience et ajouté à ma honte.
    Il m’a dit combien il trouvait cela détestable (le droit au blasphème sur fonds publics avec protection du gouvernement). Mais il hésitait à me dire le reste qu’il a fini par dire : "en tant que croyants, comment pouvez vous laissez faire cela ? tolérer un tel affront (il a entendu a la télé qu’on traite dans une piece "les chrétiens baiseurs de gosses") avec droit à la publicité ? Où sont les hommes chez vous ?" Il n’y avait là absolument aucun relent de jihad mais un sincere etonnement devant le manque non pas de courage mais de simple estime de soi et sa religion qu’il imaginait chez les chrétiens...
    Il m’a fait prendre conscience de la possibilité de contre-témoignage que cache cette situation : comment des hommes de sa culture peuvent-ils estimer des gens incapables de défendre ce qu’ils disent avoir de plus cher... N’y a t il pas là en effet une contradiction dans les termes ?

    Bref, son apitoiement m’a poussé à vous ecrire ces lignes. car en lisant les votres (tres bien par ailleurs), j’ai quand même l’impression de ne pas vivre dans votre monde, un monde où il y aurait surtout des intellectuels des gens de media ou d’une certaine classe, ... et pourtant je sais que vous avez le souci d’ecrire aussi pour moi, vous voulez tenir compte des gens ordinaires. Mais je me sens si loin de vos arguments, tout cela me semble un peu dérisoire face au choc anthropologique dont j’ai parlé (le mot est fort mais il cherche a traduire le questionnement : au fond qui suis-je ? et qui est le christ pour moi ? et que sont les chrétiens ?)

    Je souhaitais simplement vous rappeler cela : vous ecrivez aussi pour les gens du commun (qui peuveent vous lire) par seulement pour les inités.
    C’est votre mission, votre vocation. et dans ce bel article que vous nous donnez, je ne me retrouve pourtant rien de ma souffrance, comme si ce que je porte était inexistant, comme si vous ne vous doutiez même pas que cela puisse exister ... En est-il vraiment ainsi ?

    PS : ce qui a scandalisé ce garçon aussi, c’est que l’archeveque de paris a dit des manifestants en priere que ce sont "des idiots". C’est vrai qu’en entendant cela, j’ai pensé "reflexe de caste, indigne".
    Cela crée un autre probleme : un catholique doit respecter son eveque, quoiqu’il fasse, sinon pas de communion possible, mais que faire quand l’eveque en question (lui n’est pas le mien mais c’est une figure) se rend indigne ? c’est un autre sujet oui mais aussi d’actualité.

    excusez ma longueur mais donc je me suis senti poussé...

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    • Oui 17 décembre 2011 10:32, par So

      Merci !
      Je partage votre point de vue car j’admire cette jeunesse qui défend calmement (contrairement à ce qui a été dit !) son Père.
      Je trouve beaucoup de lâcheté... Surtout quand on encourage les critiques contre nos frères chrétiens.
      Prions avec Benoït XVI pour notre unité (avec le Seigneur tout est possible. Il peut tout ! Mais il faut lui demander d’un seul coeur en acceptant de changer aussi de notre côté... Car il y a tant d’imperfections dans notre médiocrité ! Le politiquemet correct socialisant est bien présent encore dans notre Eglise de France hélas...)
      Oui merci !

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    • S’exprimer franchement entre chrétiens 17 décembre 2011 15:06, par Georges

      ça recommence, et on se culpabilise et on recommence à larmoyer ! Dans la Genèse, Lot vivait au milieu de dépravés, et il n’y avait pas de honte en lui ! Il devait souffrir, certes, mais il était en paix avec Dieu et avec lui-même. Il ne larmoyait certainement pas en disant "on ne m’aime plus "
      Personnellement, ce dont j’ai honte, ce n’est pas ce qui se passe en dehors de l’Église, mais ce qui se passe dans l’Église comme avec ce qu’on entend en ce moment au sujet de l’Église de Hollande. Quel manque de discernement de la part des évêques, on a voulu faire du chiffre avec les vocations, on a voulu faire marcher la boutique ; et on a oublié que la relation à Dieu est première, et on a fait entrer n’importe qui dans les séminaires. On a privilégié la quantité au lieu de la qualité. L’abomination de la désolation, c’est là qu’elle se trouve. Et ça fait beaucoup plus de mal à l’Église que des pièces stupides qui font trop parler. Pour ma part, je suis curé de campagne, et toutes ces pièces de pseudo-théatre, je n’en entends jamais parler, la seule personne qui m’en ait parlé, c’était pour me dire que ça faisait causer les citadins ! bienheureuse sagesse populaire !!! En ville, vous avez trop le nez sur le guidon. Bonne fête de la Nativité à tous.
      Et je ne parlerai pas de tout ça aux messes de Noël. Personne n’a accueilli Jésus il y a 2000 ans, pourquoi voulez-vous qu’il le soit aujourd’hui ?

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    • S’exprimer franchement entre chrétiens 19 décembre 2011 19:46, par helen B.

      Je partage entièrement le sentiment de ce Monsieur Lambda.
      Chaque fois que quelqu’un réagit courageusement face à une attaque virulente, qui atteint non seulement la foi, mais le Christ lui-même, fils de Dieu, immédiatement des gens d’Eglise, autant que n’importe quel journaliste athée, le sermonnent, comme s’il était le seul gros-méchant, le taré, le fascho, le nazi, et toutes sortes de débilités de ce genre.

      Cherchez l’erreur !

      Une mère de famille

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    • au chrétien Lambda 19 décembre 2011 22:47, par catho lambda tradie et charismatique

      Tout à fait d’accord,
      moi aussi j’exprime en moi ce cas de conscience. Je suis en effet prise entre deux partis. C’est difficile de choisir. Pour ma part j’ai été alerté par des amis pour manifester contre le théâtre. J’ai réfléchi toute la journée et je suis allée pour voir. Je suis venue seulement pour prier, défendre le Visage du Christ, et non protester avec violence.
      A cause de quelques mouvements brusques,( pratiquement nuls ) de certains, nous avons tous été embarqué par la police, et libérer au bout d’une demi heure.
      Ensuite, je n’ai plus manifesté, et je suis allée participer en revanche à la veillée de prière à Notre Dame de Paris.
      Cette polémique autour de la pièce a provoqué beaucoup d’émotions dans ma famille, nous ne sommes pas toujours d’accord sur la situation, rien faire ou protester avec les "intégristes " ?
      Après coup je suis touchée des réflexions données comme ici par le long article de Gérard Leclerc. Devant un cas de conscience, comme pour vous, devant un point de vue qui nous départage, j’ai cette devise qui je trouve est remarquable et peut vraiment aider dans le concret " LA VÉRITÉ DANS LA CHARITÉ", Quand il s’agit de protester ou préférer rien faire, rien dire de peur de provoquer d’autres émules des incompréhensions, dans ces deux cas ,il faut vraiment réfléchir. Le Christ n’a pas hésité à chasser les vendeurs du Temple, en revanche on n’a jamais dit, que ça a été une précipitation coléreuse faite avec violence, en aucun cas. Lors de sa Passion, au contraire il s’est laissé conduire comme une brebis à l’abattoir, il est des deux partis. Dans l’histoire des saints ( qui sont des exemples et qui sont tous imitables ) il y a beaucoup de différences, il y a un prophète qui crie dans le désert : Jean Baptiste, ou d’autres saints plus doux comme Pie XII qui préfère garder un certain silence afin de ne pas provoquer d’autres catastrophes encore plus graves ( attention je ne suis pas là pour faire polémique sur la question Pie XII, c’est juste un exemple, trouvez en d’autres plus évidents si vous voulez ) Comme deux papes si différents et semblables à la fois : Jean Paul II et Benoit XVI. Ces exemples sont là pour montrer qu’il y a plusieurs possibilités, que les deux partis sont discutables, L’ESSENTIEL C D’ÊTRE SAINT, c tout.
      Il faut tout tenir,
      - si on a tendance comme chrétiens à ne pas se laisser faire, à vouloir défendre sa Foi même jusqu’au martyre, c’est bien, très bien, c bon c’est vrai, mais veillons à être vraiment charitable envers les autres( bon, patient, miséricordieux, sans juger, ceux qui nous font mal....) Le défaut prédominant chez les jeunes de Civitas , même s’ils ont pleins de qualités ( comme chercher la vérité avant tout, être très bien formé par exemple sur la vérité théologique, affermis dans la Foi....défendre sa foi jusqu’au sang s’il le faut, observant la Loi...) , ils peuvent manquer peut-être de charité, d’humilité de patience, de se laisser porter par ses émotions, de manquer de miséricorde, de tolérance....envers le monde car un chrétien s’il n’est pas du monde il vit tout de même DANS le monde.
      - si en revanche, on a tendance à être des chrétiens soucieux de l’évangile de douceur et qu’on préfère laisser agir parfois le monde sans rien dire, c bien aussi d’être charitable, très bien, mais il faut veiller et ne pas s’endormir (on peut avoir beaucoup de qualité : généreux, tolérant, patient, aimable, œcuménique....) notre défaut prédominant peut être justement d’oublier la vérité, de ne pas veiller, de vivre trop dans le monde alors qu’il ne faut pas être DU monde.
      Ce discours ne se veut en aucun cas moralisateur, mais je vous libre ma réflexion quand j’ai besoin de prendre un parti, je fais mon propre examen de conscience, en regardant si je suis toujours dans la Vérité et la Charité, ne séparons jamais les deux. Quand une honte me poursuit comme vous, un mal être, j’essaie de voir si je ne suis pas hasard tombé dans un défaut prédominant nommé ici, et j’essaie ainsi de marcher toujours avec l’aide de Jésus qui est notre guide le plus sûr !
      A Bientôt sur la route de la Vérité et de la Charité, conduite par le Seigneur

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  • 17 décembre 2011 07:51, par Bernard Richard

    Un article interminable est de fait illisible. N’est-il pas préférable d’appliquer l’aphorisme qui ne trahit pas les principes chrétiens de la joue gauche : " les chiens aboient et la caravane passe", un point c’est tout pourrait-on écrire, et que les chrétiens soient en l’occurrence la caravane, pas les chiens aboyant...

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  • 17 décembre 2011 08:02, par Pierre Pioche

    Merci pour cette analyse encourageante qui nous ramène à la vraie question de Jésus : "m’aimes-tu ?", et qui nous encourage à une véritable évangilisation, laquelle exige une réelle conversion de notre part.

    Mais comment convaincre les chrétiens qui se sentent humiliés et indésirables dans la société, devant l’ampleur démesurée donnée à cette tempête dans un pot de chambre subventionné des quartiers chics. Ce battage contraste douloureusement avec l’ostracisme ou la disqualification dont l’Eglise est l’objet en matière morale, politique et sociale, selon le bon principe de Michelet, qui était de n’en parler que lorsqu’on peut l’attaquer ou en dire du mal ?

    Quand la laïcité humilie et divise le peuple, quand elle n’est qu’interdiction et non protection de la dignité des citoyens, quelle attitude adopter ?

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  • 17 décembre 2011 08:39, par Catoneo

    Episcopalement correct. Mais que de mots pour ne rien faire !

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  • 17 décembre 2011 09:27, par romain 46

    Merci à G. Leclerc d’avoir reformulé le sujet de controverse en termes de théologie politique.

    La raison qui, depuis le départ, me fait penser que Civitas mène un mauvais combat est bien celle-ci en effet : la théologie politique de Civitas est erronée. Cette stratégie qui consiste à opposer partisans de la "cité chrétienne" et adversaires,lesquels ne peuvent être que des ennemis puisqu’ils ne sont pas des amis, a nourri toutes les erreurs d’une certaine catholicité européenne, qu’elle soit allemande (compromission avec le nazisme), espagnole (compromission avec le franquisme) ou française (maurrassisme).

    Il est exact qu’on peut trouver des circonstances atténuantes propres à la situation de la France et favorables à la propagation de cette erreur parmi les catholiques :

    - une culture républicaine profondément marquée par l’antichristianisme véhiculé par l’héritage de 1793, dont l’élément le plus problématique est la dissociation entre christianisme et liberté. Cela, le père Lacordaire l’avait admirablement identifié dès le siècle dernier. Ce qui est nouveau, c’est la volonté des catholiques de ne plus accepter cette situation sans réagir. On ne peut que s’en féliciter ;

    - un épiscopat profondément divisé dans son approche du politique et plus encore dans sa façon de comprendre et de traduire les positions du Magistère sur la crise libertaire de la culture européenne, et craignant d’être débordé par les extrêmes ; ceci affaiblit considérablement l’autorité de la prise de position des évêques. D’où l’étrange situation qui fait du Pape une référence incontournable de la conscience mondiale et des évêques français une référence trop effacée de la conscience nationale ;

    - enfin, le schisme au sein de la communauté catholique qui provoque une double stérilité : enclavement des catholiques lefebvristes sur des positions comme celles de Civitas ; appauvrissement de l’église catholique en France d’une partie des fidèles qui est loin d’être la moins cultivée et la moins consciente de la crise libertaire.

    Scandale de spectacles plus ou moins blasphématoires...scandale du spectacle des divisions parmi les chrétiens. Lequel des deux fait le plus de mal au Corps mystique du Christ ? On ne peut sortir du scandale que par le haut : plus d’unité dans l’Eglise autour des enseignements du Magistère, plus d’unité dans l’épiscopat, plus de charité et d’espérance parmi les fidèles...et moins de pharisianisme aussi. Merci à G. Leclerc d’y avoir fait allusion.

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    • S’exprimer franchement entre chrétiens 17 décembre 2011 10:43, par Odette de Lannoy

      Je suis ma religion normalement comme tout le monde n’étant ni d’un coté ni de l’autre sur le plan des tendances. Cela m’est complètement égal. Je prend ce qui est bien chez l’un et chez l’autre selon les évènements et les situations, puisque "apparemment" nous sommes de la même Eglise.Mais je trouve scandaleux et je le répète, cet acharnement contre Civitas qui a bougé. Ce groupe était le premier à bouger à Avignon et à prier devant cette exposition ignoble.Qui ! était avec eux parmi les évêques de France, un seul, l’évêque d’Avignon. Son amour pour le Christ il l’a manifesté ce jour là. Chez lui c’était instinctif, il n’aurait pu rester les bras croisés.Les tendances étaient mélangées. Pourquoi prêcher l’amour du prochain et agir avec autant de mépris envers les autres qui ont fait eux, quelque chose de très beau.Copiez sur eux et on dira du bien de vous qui défendez tant les "Droits de l’homme" et qui avez oublié "Les Droits de Dieu" à être défendu par ceux qui se disent chrétiens.
      Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé dit le Seigneur et la Maison Eglise sera bien gardée.

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  • 17 décembre 2011 10:44, par Philippe RAPATOUT

    Mon cher Gérard,
    Oui il y a autres choses à faire que de manifester par "des postures guerrières" notre radiale opposition à ces blasphèmes.
    Je suis persuadé que si la hiérarchie catholique avait pris position d’abord pour soutenir les jeunes catholiques qui ont bravé les forces de police pour la défense du Christ-Roi, quitte ensuite à rappeler l’urgence du combat spirituel, cette hiérarchie ne serait pas encore une fois considérée comme une assemblée de C....... molles, proche de la trahison de leur mission de défense de la Foi et de ceux qui la défendent par des moyens certes extrèmes mais causés par leur lâcheté maintes fois démontrée face à la République laïque et franc-maçonne.
    C’est malheureusement ce que je pense, bien que n’étant pas traditionnaliste mais simplement un catholique traditionnel et fier de l’être.
    Amitiés.

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    • S’exprimer franchement entre chrétiens 17 décembre 2011 16:33, par anne.isette

      Pourquoi voulez-vous que ces évêques s’opposent à la République franc-maçonne puisqu’ils sont eux-mêmes maçons ? Voyez "Le livre noir des évêques de France" par Rémi Fontaine.

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      • S’exprimer franchement entre chrétiens 20 décembre 2011 09:15, par Bernard Richard

        Fadaises et puérilités d’autrefois, quand on voyait partout la main des francs-maçons

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        • S’exprimer franchement entre chrétiens 3 janvier 14:07, par pierre

          ...d’autant que tous les franc-maçons ne sont pas antichrétiens , ils en sont parfois même proches puisque une certaine obédience fait référence à Saint Jean... Questionnons nous plutôt sur le sens de ces attaques qui sont loin d’être rares ou isolées . Sans vouloir basculer dans la paranoia j’ai l’impression que tout est mis en oeuvre pour priver , "dépouiller" , l’être humain de ses attaches socio culturelles ( racines de l’Europe , culture religieuse , langue , ... et même genre ) avec l’assentiment de nos responsables politiques , quelles que soient les sympathies religieuses qu’ils ne manquent pas d’afficher par ailleurs ... en période électorale en particulier !!

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  • 17 décembre 2011 15:18, par Meurin

    Je viens de lire tous les articles ainsi que les réactions qu’ils ont suscitées.
    Je crains que l’analyse ne puisse être plus manichéenne :
    la réaction du cardinal archevèque de Paris sur Radio Notre Dame ,aux manifestations provoquées par la "1ère" pièce(le visage du Christ) a été, à ma connaissance , très mal ressentie.D’où sa réaction à la 2ème pièce(golgotha picnic) :organiser une veillée (très suivie,grâce à Dieu)) à Notre Dame.
    Un coup à droite , un coup à gauche.
    C’est ça , le témoignage ?
    Où est le courage ?

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  • 17 décembre 2011 16:06, par Greg

    Franchise pour franchise, je dois vous dire que je suis SCANDALISÉ par votre texte.
    Pour exprimer votre désaccord avec l’abbé de Cacqueray, vous écrivez :

    « Alors, où est le désaccord  ? Il réside dans la tentation de figer le combat spirituel hic et nunc entre deux camps irréconciliables et de concevoir l’ensemble sur un modèle homogène campé sur un front immuable. »

    A vous lire, on s’imagine donc que l’abbé de Cacqueray favoriserait cette erreur : FIGER le combat spirituel en le concevant comme CAMPÉ sur un front IMMUABLE.

    Or, au contraire, ledit abbé écrit :

    « Les hommes, tant qu’ils sont sur la terre, demeurent libres, libres jusqu’au dernier instant ou de se convertir à Jésus-Christ ou de le rejeter. Ils peuvent PASSER D’UN CAMP À L’AUTRE, du bon vers le mauvais comme du mauvais vers le bon. Ils peuvent brutalement verser de l’un à l’autre mais, SOUVENT, leur cheminement se fait plutôt PAR PETITES TOUCHES presque insensibles. Rien n’est donc jamais perdu mais rien n’est également gagné tant que nous sommes ici-bas. […] »

    Bref, votre accusation n’a aucun fondement.
    Pourtant, vous concluez :
    « Telle est donc mon objection à l’abbé de Caqueray. Oui, il y a un combat spirituel à mener. Non, il ne se déroule pas forcément dans des conditions simples et manichéennes. »

    Mais, en l’occurrence, qui est manichéen, sinon vous ?
    Vous diabolisez votre adversaire, au lieu d’écouter honnêtement ce qu’il dit.

    À l’heure où l’unité serait si souhaitable, vous contribuez à figer les vieilles oppositions (la preuve, ce correspondant qui vous félicite d’avoir montré en quoi « la théologie politique de Civitas est erronée » et revient parler de « maurassisme », « compromission avec le nazisme », etc. : ne serait-il pas temps d’enterrer ces vieilles lunes ???)

    Pardon de le dire de cette façon un peu brutale, mais, comme vous le dites si bien « je dois à ceux dont je conteste les positions l’élémentaire courage de dire les choses ».

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  • 17 décembre 2011 18:40, par Henri

    Magnifique article,qui prend la peine de creuser la réflexion et notre foi et qui tient les deux bouts de la chaine.
    bravo !

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  • 17 décembre 2011 22:24, par Dominique de Longeaux

    J’ai lu avec grand intérêt l’article excellent de Gérard Leclerc et les réponses à son message. Mais je pense qu’il faut réfléchir à une question qui me paraît fondamentale et pourtant jusqu’ici ignorée. Dans une affaire qui touche à l’intime sensibilité des chrétiens comme celle qui fait l’objet de l’article : QUI PEUT PARLER AU NOM DES CHRETIENS ?

    Nos évêques sont les gardiens et les propagateurs de la Foi, non les représentants des chrétiens dans la société. Même si cela a pu être le cas dans le passé, ou encore dans certains pays, on ne peut plus mélanger les genres (ce que l’on reproche d’ailleurs aux musulmans !). cela ne veut pas dire que l’autorité religieuse n’a pas son mot à dire, dans les situations graves qui touchent en particulier à l’existence même des communautés chrétiennes (moyen Orient par exemple), ou aux conditions d’exercice de la religion. Mais il est sain que le message de l’épiscopat reste cohérent avec le message pacifique du Christ et évite le risque d’être taxé de dérive et de contradiction. Leur traditionelle prudence n’est pas sans fondement. Bien que le cas soit limite et que sa gravité aurait pu le justifier, nos évêques étaient-ils au premier rang lors de la grande manifestaion pour l’école libre ?
    Lorsqu’il s’est agi, il y a quelques années, de choisir un jour férié pour le supprimer, c’est sans mandat et sans légitimité sociale que certains se sont fourvoyés en proposant de supprimer le lundi de Pentecôte

    Qui donc peut parler au nom des chrétiens, lorsqu’il ne s’agit pas de dogme, mais de questions relevant de la vie courante ? A mon sens, ce ne peut être que les associations. Oui, les associations ont le droit d’élever la voix pour défendre leurs convictions et leur dignité. Oui, il y a de saintes colères ! (et les "marchands du temple, alors !) On ne peut donc que louer Civitas (que je ne connais pas !) d’avoir osé porter l’oriflamme, d’ailleurs avec courage et dignité (confert émission télévisée sur la pièce, avec l’auteur de la pièce, un représentant éminent de l’Eglise et un délégué de Civitas, excellent !). Où sont dans cette affaire (et d’autres !) les A.F.C. ? Il est vrai que leur statut d’association "d’Eglise" les oblige, elles aussi, à une certaine (trop grande !) réserve et pourrait laisser prise au reproche d’être en quelque sorte la "C.G.T." de la hiérarchie catholique. Il y a peut-être là quelque chose à revoir.
    Mon expérience de 20 ans de vie associative, d’inspiration catholique, m’ont toujours fait déplorer le manque de solidarité entre associations catholiques (vieiles rancunes ou craintes issues des drames qui ont suivi le concile Vatican II), chacune préférant souvent rester confinée dans sa petite tour d’ivoire que d’avoir à se "commettre" avec des gens "peu recommandables". N’exagérons rien, il y a Dieu merci, et de plus en plus, des exceptions notables. Mais il est peut-être temps pour les catholiques de se prendre en main en tant que vivant d’un message, et quel message !, et désireux de le porter au monde, sans se retrancher en permanence derrière une hiérarchie qui n’est pas là pour cela. Il faut sortir du porte à faux ! Ce n’est pas en critiquant l’épiscopat parce qu’il ne parle pas ou parle mal que l’on peut faire avancer les choses ; c’est, je pense en remettant les choses dans l’ordre. Il avait été question, il y a quelques années, de créer une association (catholique) du même style que l’ADAF (association de défense de l’armée française) ; dans quels limbes est-elle enfouie ?
    ce serait en tous cas à une association catholique d’en prendre la tête.

    Au demeurant, mon idée n’est pas d’enlever à nos évêques toute responsabilité ni toute possibilité d’agir. ne croyez- vous pas que le temps est peut-être venu pour la hiérarchie catholique de proposer aux autres religions un protocole de "respect mutuel", afin de définir, pas à pas, les limites de l’acceptable dans l’évocation des religions. Les caricatures de Mahomet ne sont pas plus acceptables pour la conscience religieuse des musulmans que pour nous les attaques contre le Christ. A t’on beaucoup réagi, nous catholiques, dans cette affaire des caricatures de Mahomet ? Il y a là un terrain d’entente entre hommes de bonne foi qui pourrait peut-être donner à réfléchir à l’opinion.

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  • 18 décembre 2011 09:39, par A. LABARRIERE

    Oui Gérard Leclerc , que de phrases pour ???? La vérité est éclatante:sans réaction immédiate et rapide de catholiques (pas seulement tradoches) !!! a pu vaincre l’inertie et la bureaucratie de la CEF !! De plus JE SAIS de source directe romaine que votre cher Mgr Archevêque de Paris s’est fait tiré l’oreille pour sa mollesse dans cette "affaire" !
    In Xto per C.S.P.B.
    Antoine LABARRIERE

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  • 18 décembre 2011 17:31, par Melmiesse

    "il faut expliquer, dialoguer", dites vous.Ces pièces de théatre ont inoculé le mépris et la haine du Christ à des centaines de spectateurs. Allez-vous retrouver chacun d’eux pour dialoguer ? l’an prochain ils rejoindront les contre-manifestants de la ligue des droits de l’homme à la sortie d’autres pièces pour dénier aux chrétiens le droit de penser librement:ils seront murs pour la dictature. Je pense à un voyage que j’avais fait en Israel il y a longtemps ; au mémorial de Yad Vashem, au milieu des visiteurs juifs les commentaires ont fini par cette affirmation(à peu près ceci) "plus jamais cela nous mourront plutot les armes à la main" ; eux aussi avaient cru au dialogue, aux bienfaits d’être un citoyen irréprochable : le dialogue n’est pas inutile mais est-il suffisant ?

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  • 19 décembre 2011 16:51, par Louise

    Un regret d’une participante aux rencontres de " Foi et Culture" du Festival d’Avignon :l’amalgame un peu brouillon fait des deux pièces en question. Le propos de " Golgotha picnic" est délibéré : c’est la haine, le mépris de Jésus. Mais Castelucci, lui, a un regard de foi, difficile à partager peut-être, mais profond. Les trop peu nombreux participants à l’échange qui a eu lieu cet été ne peuvent que regretter ces manifestations inintelligentes.

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