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Retour à Vatican II

lundi 1er février 2010


Le cardinal andré vingt-trois a décidé que, pour le prochain Carême, les conférences données habituellement à Notre-Dame de Paris seront consacrées au Concile, sous le titre « Vatican II, une boussole pour notre temps ». On sait que la forme actuelle des conférences consiste en des exposés successifs, avec parfois deux conférenciers qui mettent des accents très différents l’un de l’autre sur les questions abordées. Ainsi verra-t-on traiter des thèmes les plus divers de l’enseignement conciliaire, y compris les plus discutés par les traditionalistes, comme la liturgie et le dialogue interreligieux.

À un demi-siècle de distance, force est d’admettre que le monde a complètement changé, ce qui n’est pas sans conséquences sur la perception que l’on a de Vatican II. En 1962, l’Europe était divisée par le rideau de fer et la planète entière vivait les effets de la guerre froide entre l’Est communiste et l’Ouest libéral. La décolonisation était en état d’achèvement. Dans les pays les plus développés, la société de consommation était en pleine expansion, sans qu’on puisse encore prévoir dans son ampleur la crise qui interviendrait à la fin des années soixante. La constitution Gaudium et Spes, qui définissait les relations de l’Église avec le monde contemporain, souffre, a posteriori, du décalage imposé par l’évolution morale et sociale. Cela ne signifie pas que son enseignement doctrinal est frappé d’obsolescence. Bien au contraire  ! Les chapitres qui concernent l’anthropologie chrétienne et la mission de l’Église dans un monde sécularisé n’ont fait que gagner en pertinence. Mais il est vrai aussi que les changements radicaux accomplis nécessitent des révisions importantes. Des problèmes radicalement nouveaux sont apparus, les clivages idéologiques se sont reformulés. Il est indispensable d’en tenir compte.

Par ailleurs, l’enseignement des principaux textes du Concile doit être repris pour être approfondi, et parfois même découvert. Ce qu’on tient trop souvent pour acquis ne l’est guère ou pas du tout. Parfois l’ecclésiologie, si importante pour le Concile, a été ramenée à des slogans, loin de la profondeur de certaines constitutions comme Lumen gentium. Ce n’est pas pour rien que Benoît XVI a beaucoup insisté sur la liturgie, réformée conformément aux principes définis à la première session. Mais c’est l’ensemble du peuple chrétien qui doit se pénétrer du sens de l’eucharistie, sommet de la vie sacramentelle. Les conférences de Carême de Notre-Dame vont donc constituer un moment fort de réappropriation de Vatican II, loin des querelles d’hier et dans les perspectives de la mission de l’Église dans ce siècle commençant.

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3 Messages de forum

  • Retour à Vatican II

    9 février 15:35, par LETTERI Gerard
    On ne peut qu’etre reconnaissant au regretté Cardinal Lustiger et à son successeur le Cardinal Vingt Trois d’avoir renouvelé la praxis des Conference de Careme à ND Grace à ces deux prelats, cette nouvelle approche de la Foi rencontre un plein succes et touche des franges de public qui ne l’auraient jamais été sans cela ! Pour sa part le theme de Vatican II qui a été retenu cette année est le mieux venu n’en déplaise aux traditionnalistes maurassiens ! Gerard LETTERI
  • Retour à Vatican II

    6 février 10:13, par admin

    Oh, le problème des conférences de Carême n’est nullement résolu. Le dernier grand conférencier, c’était qui déjà ? Le Père Verlinde sans doute ! Où sont les Pères Bro et Carré ? Depuis… ? que des demi-mesures, plus ou moins brillantes, plus ou moins contradictoires… Faire une conférence de carême à Notre-Dame c’est désormais un peu comme avoir la médaille de saint Grégoire-le-Grand, une reconnaissance pour service rendu mais aussi un summum mondain. Quand un ancien directeur du FMI est appelé à faire une conférence de Carême, on peut se demander s’il ne faudrait pas plutôt brûler la cathédrale… Bon d’accord, seulement la chaire… bon d’accord c’est pas une bonne idée, mais quand même, si on ose dire, il y a quelque chose qui cloche à la cathédrale et à l’archevêché à propos de ce que doivent être ces fameuses conférences… Pas seulement un coup éditorial si possible…

    Charles

  • Retour à Vatican II

    6 février 00:23, par Philippe Pouzoulet
    Ce retour à Vatican II est le bienvenu. On était passé des conférences "de" Carême aux conférences à deux voix "pendant" le Carême : le sens de l’exercice semblait un peu perdu de vue ou en tout cas bien affadi…Et puis maintenant il y a les Bernardins.



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