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L’affaire Sea-France et autres surprises

par Frédéric Aimard

mercredi 4 janvier 2012


Nicolas Sarkozy a surpris deux fois son camp la semaine dernière en mettant les Français au pied du mur en ce qui concerne l’emploi. La première a été quand il a obligé son gouvernement à soutenir une proposition de reprise de l’armateur Sea-France, par ses 880 salariés sous la forme d’une Société coopérative ouvrière. Ces marins ne semblent pourtant pas disposés à risquer leurs primes de licenciement pour devenir leurs propres actionnaires sous l’égide du syndicat CFDT dont la réputation locale est très discutée… La deuxième surprise concerne la TVA sociale. Cette mesure faisait partie du programme présidentiel. Elle avait été abandonnée en 2007 après des élections législatives décevantes pour le pouvoir…

Mais les fêtes de fin d’année ont prouvé une fois de plus que les Français n’achètent pour ainsi dire (en dehors de l’alimentaire) que des produits d’importation. Il ne faut pas s’étonner de l’accroissement du chômage  ! I n’y aura des emplois que si l’on produit sur notre territoire des biens qui puissent faire jeu égal avec les importations. Une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (largement importée) et une baisse des taxes sur les salaires (français) est a priori une mesure de bon sens. François Hollande crie pourtant à la trahison des consommateurs pauvres, des retraités, des fonctionnaires… et Alain Madelin au gadget économique. Mais ils n’ont rien à proposer de mieux. Gageons qu’un Hollande président ne reviendrait d’ailleurs pas sur cette hausse de la TVA.

Nicolas Sarkozy se coupe de ses amis et, paraît-il, de toutes chances de se faire réélire, en prônant le bon sens, mais un peu tard… puisque ces mesures n’entreraient en vigueur qu’en juillet.

Et puis on apprenait, le 6 janvier, que Nicolas Sarkozy envisageait de mettre en route une taxe sur les transactions financières sans attendre l’accord de ses partenaires européens ! On dit que certaines personnalités ne révèlent leur pleine efficacité que dans les périodes de catastrophe… Encore faut-il qu’elles se soient ménagé un minimum de temps pour réagir. En l’occurrence, le quinquennat n’y aide pas.


http://www.leparisien.fr/transports...

http://www.gaullisme.fr/2012/01/07/...

http://fr.reuters.com/article/topNe...

4 Messages de forum

  • 5 janvier 13:31, par François

    M. Aimard,

    Espérons que votre dernière phrase n’est pas un appel déguisé à accorder à M. Sarkozy un double mandat !

    Si M. Sarkozy est de ceux qui ne se révèlent que dans les temps de catastrophe, que n’a-t-il agit dès son élection ? La catastrophe n’était-elle pas déjà patente à cette date ?

    Qu’importe que Nicolas soit un lion de mer âgitée puisqu’il est aveugle de naissance.

    Si un aveugle guide un autre aveugle, que se passe-t-il ? Ne tombent-ils pas tous deux, et ce d’autant plus vite que le terrain est accidenté ?

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  • 5 janvier 16:37

    Quand vous êtes smicard, même célibataire, avec un loyer de 400 euros (là bien payé en France !) et que vous devez faire 150 km par jour pour vous rendre au travail (en payant en France de l’essence bien raffinée en France, mais achetée aux pays producteurs en dollars, et assaisonnées de taxes bien françaises !) et que vous avez une voiture pourtant française et que vous vous faites "racketté" légalement par l’état français pour les quelques km de trop de vitesse au compteur, ou un pneu un peu lisse, ou un contrôle auto pas passé en temps (toujours sous prétexte de la sécurité au volant), l’on peut comprendre que vous soyez obligé d’acheter des produits qui proviennent de Chine et qui arrivent en France sans taxes particulières.
    J’oubliai aussi de dire que votre emploi est précaire et que du jour au lentement votre boite peut faire faillite mais qu’une autre prendra le relai avec du personnel non déclaré et rentré frauduleusement en France (ou déclaré mais devenu français parfois depuis 5 ans et ne pas dire parce que les Français ne veulent pas travailler...Aller travailler en région parisienne quand vous êtes smicard, de province et sans pied à terre !).

    Après cela les donneurs de leçons pourront continuer à en donner et les politiques pourront continuer à jouer aux bateleurs de foire à la télé.

    Quand on a laissé partir toutes les entreprises, démanteler l’industrie de haut niveau, etc...l’on peut effectivement raconter n’importe quoi à quelques mois des élections. De toute façon les lois européens interdisent permette à la P&O d’attaquer la France pour concurrence déloyale, et qui paiera en cas d’amende, ce sera évidemment le contribuable français. L’UMPS a bien contribué à cette situation et M. Sarkozy peut être un peu moins pire pour certain que M. Hollande, n’a absolument pas prouvé sa compétence et ne présente absolument pas un programme à la hauteur de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons, si ce n’est pathétique s’accrocher à un triple A qui n’intéresse que les banquiers qui ont prêté de l’argent inconsidérément et qui veulent se faire rembourser sur le dos des contribuables et non pas sur les politiques qui ont permis ses gestions folles en abandonnant toute souveraineté aux pays qu’ils étaient sensés défendre et représenter.
    Et qui a donné aux syndicats qui ne représenent qu’un nombre infime de travailleurs français et quasiment pas dans le privé, des droits exorbitants qui leur a permis de ruiner les entreprises ?
    Donc plus d’irénisme la France est entrée dans une guerre économique et sociétale qui menace sa survie elle-même et celles de Français.
    Ce ne sont pas les mesurettes et les grandes déclarations sans lendemain qui vont changer quelques choses mais "politique de guerre" à la mensure des dangers encourus.
    Pour l’instant il n’y a qu’un seul parti qui dise même maladroitement quelle est la vraie situation et qui veut essayer vraiment de se battre, il est l’écho de beaucoup de Français quoiqu’en disent les sondages au service du système, mais il n’a pas de représentants car il est contre le système qui nous a menés où nous sommes...Cherchez l’erreur ...
    C’est désormais marche peut-être avec d’autres, mais crève sûrement avec l’UMPS.

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  • 10 janvier 09:39

    LA TVA SOCIALE : UNE NOUVELLE CALAMITE

    La TVA sociale est une de ces idées folles qui ressortent régulièrement comme un serpent de mer ; elle donne alors, le spectacle de beaux coups de mentons à couleurs électoralistes. Une analyse à son sujet doit tenir compte des deux aspects de la religion du « tout-état » : la folie dépensière qui conduit à la folie taxative.

    Cette double folie mène à plusieurs calamités qui ont toutes leurs solutions ; mais celles-ci ne conviennent pas aux dévots de la religion du tout-état. Elles offrent, en outre, aux bureaux l’occasion d’imaginer des « dispositifs » que les politiques s’empressent de saisir pour satisfaire leurs besoins électoraux. Ces dispositifs sont censés remédier aux calamités qu’ils ont eux-mêmes créés avec l’aide de ces bureaux.

    Le projet de TVA sociale veut terrasser d’un seul coup plusieurs calamités : manque de compétitivité, délocalisations, chômage, déficit de la balance commerciale et déficit de la sécurité sociale. Si elle est mise en œuvre, elle créera à son tour une gerbe de nouvelles calamités.

    En résumé, dans sa configuration présente, le projet est de majorer la TVA, ce qui frapperait financièrement les importations en particulier des pays à bas salaires ; ainsi la pression sur le travail pourrait être allégée et les importations amoindries, à condition évidemment qu’il n’y ait pas de mesures de rétorsion. L’argent récolté permettrait de baisser les charges sociales pesant sur ce travail, rendant ainsi nos industries plus compétitives. Elles seraient aidées à supporter notre modèle social que, paraît-il, « le monde entier nous envie » ! Cette idée, en clair, signifie de mieux financer ce que l’on dénomme le « trou se la sécu ».

    AGGRAVATION FISCALE

    Tout reposerait, en fait, sur une aggravation des impôts. Selon les annonces, la TVA de 19,6 % serait augmentée pour tous les produits et services, qu’ils soient fabriqués en France ou à l’étranger. Nul ne peut dire aujourd’hui de combien elle serait augmentée ; des hypothèses multiples sont avancées : de 1 % à 2% au début et davantage après. Cette hypothèse d’une première période de rodage, suivie d’un niveau définitif, ouvrirait une période d’incertitudes pour les entreprises ; pour situer les chiffres, un point de plus « rapporterait » 7 milliards. La folie taxative étant omniprésente, il est même question de manipuler la CSG ce qui donnerait encore plus d’argent à la voracité étatique.

    Les commentateurs avancent une contre-vérité évidente : les ordinateurs calculeraient la hausse, de telle façon qu’elle correspondrait aux allègements de charges sociales prévus. Ce n’est qu’une plaisanterie. Humainement parlant le calcul est absolument impossible à faire. A cette impossibilité majeure, s’ajoute l’impécuniosité permanente des gouvernements de toutes sortes ; tous les programmes sont les mêmes à cet égard. Une fois la boîte de Pandore ouverte, il n’est pas possible que le pouvoir, quel qu’il soit au sortir des urnes, ne cède pas à la tentation de ramasser le maximum de sous à la faveur du grand chambardement.

    Ce grand chambardement s’attaquerait donc directement au pouvoir d’achat, ce qui frapperait comme d’habitude sévèrement les plus modestes. L’amélioration toute hypothétique imaginée grâce à l’allègement envisagé des charges sociales est pour plus tard. On reconnaît les « lendemains qui chantent » refrain du marxisme, idéologie sous-jacente de la manœuvre.

    Pour justifier cette attaque directe, il nous est proposé une chaîne de raisonnements fallacieux. La compétitivité en berne proviendrait exclusivement du coût excessif du travail dû notamment aux charges sociales ; il en résulte le projet d’alléger ces charges sociales. Certes le niveau excessif de celles-ci est un problème ; ce n’est pas le seul ; Les entreprises affrontent la concurrence internationale dans le cadre de la mondialisation en traînant derrière elles un véritable boulet : c’est l’action étatique dans son ensemble qui est dirigée directement contre les entreprises et les chassent hors de France. Il s’ajoute la culture de la grève qui assassine littéralement l’économie au détriment d’ailleurs des grévistes eux-mêmes.

    La taxation étant par hypothèse décidée, il s’agirait de choisir les charges sociales à supprimer. Les charges patronales seraient les premières à alléger pour donner de la souplesse aux entreprises. Beaucoup prêchent aussi pour l’allégement des charges salariales en vue de panser partiellement la plaie du pouvoir d’achat. Nous nous dirigeons, certainement, vers des empoignades aboutissant à une nouvelle usine à gaz dont les effets sur la richesse générale seront comme d’habitude négatifs.

    ET LA SECURITE SOCIALE ?

    L’objectif énoncé officiellement est de sauver « notre » protection sociale sans nuire à la compétitivité : en clair il faut faire face au problème récurrent du « trou de la sécu »

    Le gouvernement veut faire croire que par cette mesure magique, la compétitivité accrue relancera la croissance et l’emploi ; ce vrai bonheur permettrait de supporter sans douleur le « modèle social ». En fait, cette perspective est si lointaine qu’elle s’apparenterait à des « surlendemains » qui chantent !

    Le fameux trou de la sécu revient chaque année à la fin de l’été. Le déficit devrait être ramené à 13,9 milliards d’euros en 2012, contre 18,2 milliards en 2011 et 23,9 milliards en 2010. Il y a donc des promesses. Même en cas de réalisation, il s’agira toujours de déficit. La dérive financière est permanente et croissante : en 2002 le déficit était « seulement » de 3,50 milliards d’euros et, déjà, il inquiétait.

    La Cour des Comptes, théoriquement chargée de surveiller, a écrit publiquement naguère qu’elle ne pouvait rien contrôler car il n’y avait pas de gestion. Dans les gènes de l’organisation et dès le début, le déficit était inscrit. En effet, c’était et c’est toujours comme un gigantesque baquet où l’argent arrive de toutes parts et sans beaucoup d’efforts puisque la force publique y veille ; cet argent sort au hasard de l’humeur des politiciens et syndicalistes momentanément aux affaires, c’est-à-dire sans une véritable gestion. Nous avons indiqué ailleurs le moyen de sortir de ce vrai guêpier, une des causes majeures de la paupérisation du pays et de la panne de croissance.

    Ce n’est pas la TVA sociale qui la sauvera. Le grand chambardement prévu reste ce qu’il est depuis qu’on en parle : une posture médiatique dans le jeu perpétuel d’une démocratie frelatée.

    Michel de PONCINS

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    • La TVA, dite SOCIALE

      Paris, le 10 Janvier 2012 - Le projet de TVA, dite sociale, consiste, pour l’essentiel, à supprimer la cotisation patronale sur les salaires, versée à la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF). Le taux de cotisation sur le salaire brut s’établit à 5,4%, entièrement à la charge de l’employeur. Les non salariés (artisans, commerçants, professions libérales) y sont assujettis, au même taux, sur la base de leur revenu professionnel imposable.

      Au titre de 2011, les prévisions de recettes du régime général, en cotisations, s’élèvent à 181. Milliards € et ce toutes branches confondues, dont 144, 19 Milliards € pour la part patronale.

      Pour la CNAF, les cotisations patronales sur les salaires s’établissent à 30, 248 Milliards €, soit près de 21 % de la totalité des cotisations employeurs au régime général. Celles des non salariés représentent prés de 4 Milliards €.

      Les recettes prévisionnelles 2011 en TVA , du budget de l’Etat, s’élèvent à 131 Milliards €, soit 48% des recettes totales de 272 Milliards €.

      Un transfert intégral des cotisations à destination de la CNAF entrainerait une hausse mécanique des recettes de TVA de de 26 %.

      Une application automatique ferait passer les taux de 5,5%, 7% et 19.6%, respectivement à 6.94%, 8.26% et 24.72 %.

      Les effets induits mécaniques, dont étrangement personne ne parle, seraient une hausse des recettes de l’Etat aux titres de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu des non salariés.

      En effet, les cotisations sont des charges déductibles pour la détermination du bénéfice fiscal. Avec un taux d’Impôt sur les sociétés à 33%, 30 Milliards € de baisse des charges entrainerait une hausse des rentrées, au titre de cet impôt, de 10 Milliards €. Cela représente 22% des recettes prévisionnelles 2011 à ce titre.

      Pour les non salariés, sur la base du taux médian du barême de l’impôt sur le revenu, soit 14%, l’augmentation des recettes de l’Etat serait de 560 Millions €, soi 1% de hausse des recettes de l’I.R.P.P.

      Ces hausses toucheront tant les importations que les productions nationales. 1% de hausse de TVA génère 0,4 % d’inflation, l’application mécanique se traduira par une dose d’inflation supplémentaire de 1,6%. Ajoutée à l’inflation actuelle de 2,5%, sur la base du taux de 11/2011, elle avoisinera les 4% entrainant un inévitable recul du pouvoir d’achat.

      Concernant les importations des pays à bas coûts de main d’œuvre, l’effet sera négligeable. Un tee- shirt vendu T.T.C. à 10 € passerait à 10,48 €.

      Cela aurait les mêmes conséquences qu’un cours de l’Euro à 1.24 Dollar US, au lieu de 1.28 actuellement, sur les biens importés hors produits pétroliers. Pas de quoi rapatrier des usines en urgence.

      Christian CAPMAS.

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