Accueil du site > Actualités > Editorial de Gérard Leclerc > Pourquoi je n’aurais pas signé la pétition de La Vie
Pourquoi ne pas dire mon trouble ? La pétition de La Vie a été signée par bon nombre de mes amis les plus chers et je comprends les raisons sérieuses, graves, qui les ont amenés à une telle décision. Les déclarations de Monseigneur Williamson sont insupportables, indignes. Elles provoquent en moi un sentiment de révolte. Que l’élite catholique de France veuille faire partager son écœurement à propos d’un négationnisme sans nul doute associé à un antisémitisme de principe, cela constitue un signe de conscience profonde qui renvoie, non seulement à l’enseignement de Vatican II mais aussi à l’immense travail entrepris pour retrouver les harmoniques essentielles de la foi, la solidarité des alliances. J’ajouterai que le souvenir de Jean-Marie Lustiger est pour moi associé définitivement à cette grande cause.
S’il s’était agi de rappeler cela vigoureusement, bien sûr j’aurais signé une pétition de réparation pour les dommages subis, et tout simplement pour l’honneur de Dieu. Mais j’achoppe dans cette déclaration sur trois lignes que je trouve littéralement inadmissibles. Je cite : « Or, la levée deux jours après (la déclaration de Mgr Williamson, ce qui est au demeurant inexact puisque celle-ci est bien antérieure et était demeurée jusqu’alors inconnue de l’opinion) des excommunications frappant les lefebvristes a créé une tragique ambiguïté, laissant à penser que Rome réhabilitait le négationnisme ou du moins le considérait comme une opinion licite voire innocente. » Il y a ici un abus manifeste qui consiste à donner raison à ceux qui prétendent qu’il est légitime de douter de la fermeté du pape en matière de négationnisme. Qu’est-ce que cette façon d’entretenir soi-même l’ambiguïté sur la pensée de Benoît XVI à propos de l’extermination du peuple juif ? Les bras m’en tombent.
Pardon d’être un peu violent à mon tour, mais ce genre de procès me fait penser aux procédés employés jadis par la propagande stalinienne pour ériger en fascistes les gens qui déplaisaient, fussent-ils le général de Gaulle ou Raymond Aron. Tout ce que Benoît XVI a écrit sur le judaïsme, ce qu’il a tenu à rappeler le jour même de son intronisation place Saint-Pierre apporte un démenti formel à tout soupçon d’ambiguïté. J’admets qu’on puisse s’inquiéter des conditions de réintégration dans l’Église de personnes qui se sont distinguées par des positions violentes à l’encontre de l’enseignement de Vatican II. Est-ce une raison d’interdire au pape toute initiative, voire tout acte de miséricorde pour les convaincre de la continuité organique du concile avec la grande tradition de l’Église ? Sans doute est-ce une tâche difficile, ingrate. Mais l’Évangile nous rappelle qu’il est parfois nécessaire d’abandonner les 99 brebis du troupeau, pour aller rechercher celle qui s’est perdue. Ainsi le berger prend-il des risques. C’est comme cela que j’envisage l’entreprise actuelle de notre pape Benoît XVI, qui mérite toute ma confiance, et en aucun cas des suspicions qui entacheraient son intégrité et sa dignité de successeur de Pierre.
Gérard Leclerc
* Voir la liste sur ce site internet de France Catholique, en remontant à partir de la rubrique "Article du Jour", par "Autres articles", jusqu’à ceux concernant la "Levée d’excommunication"… ou bien en cliquant ici :
http://www.france-catholique.fr/Nouvel-article,2636.html
Lire cette chronique de Gérard Leclerc telle qu’elle a été publiée sur le blog de La Croix avec un forum très fourni à sa suite :
http://vatican-integristes.blogs.la-croix.com/ ?p=55&cpage=1
Lire la réponse de Jean-Pierre Denis sur le blog de La Vie
Comme je n’ai pas un "nom" à faire valoir dans les pétitions et comme je désire ne pas en avoir jusqu’à la fin de mes jours, la question de savoir si j’aurais signé celle de la Vie ne se pose pas dans mon cas. Mais il est certain que je n’ai pas aimé voir les noms de ceux qui l’ont signée et je me réjouis de constater que G. Leclerc ne s’est pas fait piéger.
J’approuve ici la position de France Catholique. Quelle tartufferie que celle qui s’étudie à couvrir mal le soupçon sur Benoît XVI et lui donne plus de tranchant !
Amitiés et union de prières pour une Eglise au combat de la lumière.
Ph. V.
Tout d’abord "Modéré à priori" est faussement écrit. S’agissant de latin c’est A PRIORI qu’il faut écrire sans accent sur le a…
Je trouve cet article dégoulinant de "politiquement correct". Mgr WILLIAMSON n’est pas "négationniste" en se posant la question de la Vérité avec un point d’interrogation ? Il demande des preuves aux "affirmationnistes" gratuits. Il en a le DROIT absolu et nous aussi ! Tout le monde DOIT exiger la Vérité ! Mgr WILLIAMSON a le courage de montrer la voie de la recherche de la Vérité. Suivons-le… Y-en-a marre de la propagande.
Abonnée à F.C., je tiens à exprimer toute ma gratitude à Mr G. Leclerc pour n’avoir pas signé la pétition dont "La Vie" a eu la malencontreuse idée et sur laquelle se sont précipités étourdiment de nombreux intellectuels et religieux.
Nous avons en France une intelligentsia bien malade, et cela depuis longtemps. Son rationalisme lui a ôté le sens de la réalité et l’intelligence du cœur, et en ciblant les gens de bien, les artisans de paix, elle nous accable, nous les petits, au lieu de nous aider. C’est très grave.
Etant donné la médiacratie planétaire qui nous cerne et nous manipule, il serait pourtant élémentaire d’agir prudemment, sinon, comme l’écrit Mr Leclerc, "c’est la vérité et la justice qui sont bafouées".
Merci encore à lui pour sa lucidité réconfortante.
G. Guillame
Je lisais dans "La Croix" du 28 janvier, dans le courrier des lecteurs, la réaction d’un certain Francis Lévy, qui se disait juif parce que ses deux parents étaient juifs et catholique parce que ses parents, pour des raisons liées à leur histoire personnelle et familiale, avaient choisi pour lui le catholicisme.
Demeuré dans l’Eglise catholique ensuite, et même fortement engagé dans l’Eglise, il dit qu’il se sent rejeté par la décision de Benoît XVI de réintégrer au sein de l’Eglise catholique un évêque négationniste, que, par cette décision, Benoît XVI lui signifie qu’il n’est plus le bienvenu…
Bien sûr, cette personne est victime de la désinformation et des amalgames, mais lire cela me fait terriblement mal.
Je voudrais pouvoir lui dire que c’est tout le contraire, qu’il est doublement chez lui dans l’Eglise, comme fils de nos "frères aînés" et comme baptisé, que Benoît XVI n’a jamais voulu lui signifier une chose pareille, qu’il n’a jamais "réintégré" un évêque négationniste, mais qu’il a seulement levé les excommunications de quatre évêques, qu’il s’agit sans doute d’un piège diabolique des ennemis de l’Eglise en rendant publique cette interview datant de plusieurs mois au moment de la parution du décret, déjà signé et annoncé par des fuites dans la presse italienne, que Benoît XVI n’a jamais voulu autre chose que tendre la main à des frères séparés…
Qui pourra le lui dire et le consoler !
J’ai moi aussi signé cette pétition initiée par "La Vie", mais, un peu atterré par la violence des réactions des signataires dans les commentaires au-dessous de la pétition, je l’ai assortie d’un commentaire (cf. ci-dessous) que j’ai transmis à Jean-Pierre Denis avec la réaction magistrale de Mgr Hippolyte Simon :
’’ Je signe évidemment cet appel, scandalisé par les propos de ce Mgr Williamson, mais je me refuse à faire des procès d’intention à Benoît XVI et je suis atterré par les mauvais procès qui lui sont faits dans les commentaires que je lis. Que de haine ou de mépris envers le Pape dans trop de commentaires qui me navrent… Où est l’amour de l’Eglise et la recherche de l’unité voulue par Jésus Christ dans tout cela ! La levée des excommunications (évidemment sans rapport avec les propos négationnistes de cet évêque, du reste désavoué par ses propres amis) ne signifie nullement une réhabilitation comme l’affirme hâtivement la grande presse et encore moins une pleine communion. La situation de la Fraternité St Pie X est un peu comparable à celle de l’orthodoxie après la levée des excommunications réciproques par le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras. Benoît XVI a fait un geste considérable pour favoriser le dialogue, mais tout reste à faire pour parvenir en vérité à de véritables accords théologiques permettant une pleine communion… Nous en sommes encore très loin… Heureusement, nous avons eu depuis la joie d’apprendre l’élection du métropolite Cyrille de Smolensk comme Patriarche de Moscou ! Voilà une bonne nouvelle pour l’oecuménisme, plus sûrement que la levée de l’excommunication de ce Mgr Williamson…’’
Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de "La Vie", m’a répondu : "Je comprends et partage votre point de vue, entièrement. Vous aurez noté que ces réactions virulentes ne correspondent évidemment pas au point de vue de notre journal, ni des signataires de l’appel. Celui-ci ce situe dans une perspective strictement et fidèlement catholique. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le redisant. J’ai parlé ce matin même avec Mgr Simon, et je mets en ligne son texte dans les prochaines minutes."
Cher Gérard Leclerc, respecté confrère,
J’ai lu votre éditorial avec intérêt d’abord, tristesse ensuite.
Tristesse, parce que la déferlante provoquée par les conditions dans lesquelles s’est effectuée la levée des excommunications est bien réelle. Vous même avez été troublé. Certains de vos amis l’ont été, vous le reconnaissez honnêtement. Il serait alors regrettable de laisser penser que des personnes qui expriment un malaise ou une interrogation pourraient être des chrétiens de mauvaise foi, ce que vous n’êtes pas loin de laisser entendre. Est-ce donc eux que l’on veut excommunier, désormais ? Vous ne le souhaitez pas, j’en suis certain. Nous pouvons alors nous parler en adultes, de catholiques à catholiques, sans fausse polémique. Je dirai qu’en ce moment difficile nous le devons, ne serait-ce que pour faire face ensemble à l’incompréhension qui se manifeste dans l’opinion publique. Nous le devons devant Dieu.
Tristesse encore, tristesse donc, pour la virulence de vos propos. Car vous isolez une phrase de l’appel publié par La Vie. Je la rappelle : « Or, la levée deux jours après des excommunications frappant les lefebvristes a créé une tragique ambiguïté, laissant à penser que Rome réhabilitait le négationnisme ou du moins le considérait comme une opinion licite voire innocente. » Elle dit précisément ceci : la levée des excommunications met à l’échelle médiatique mondiale de "l’ambiguité" là où, précisément, il n’y avait que de la clarté. C’est une situation de fait, non de théorie, dans un monde désormais régi par la communication immédiate. C’est une circonstance "tragique" précisément en ce qu’elle donne à croire tout autre chose que ce que pense Benoît XVI. La preuve : celui-ci a dû s’en expliquer lui-même à l’audience de mercredi dernier. Aurait-il parlé s’il n’avait fait la même observation que nous ?
On peut juger notre démarche inutile ou inopportune. Mais ne faites pas dire à cet appel le contraire de ce qu’il dit. Ne mettez pas en doute ni l’attachement des signataires au pape, ni le sens même de leur message. D’ailleurs, vous l’avez lu : le paragraphe suivant insiste sur l’enseignement de quatre papes successifs quant au judaïsme. Si j’avais un reproche à formuler à mon tour, ce serait donc d’avoir sorti cette phrase de son contexte, quand elle ne prend sens que par celui-ci. Mais je ne vais pas à mon tour vous accuser de procédés staliniens, sinon nous n’en sortirons pas ! Il faut de toutes nos communes forces dissiper ce nuage-là, précisément pour proclamer ce qui pour vous et moi demeure une évidence : l’Eglise qui a fait de Jean-Marie Lustiger un évêque et un cardinal n’est pas antisémite.
Il faut de toutes nos communes forces poursuivre le dialogue entre les catholiques. Vous le savez bien, j’ai pris sur ce plan-là des risques personnels et je suis prêt à en prendre encore, quoi qu’il m’en coûte.
Fraternellement,
Jean-Pierre Denis Directeur de la rédaction La Vie
Merci à Gérard Leclerc pour sa lucidité et son courage. Assurément, les raisons qui on conduit de hautes personnalités qui, pour certaines d’entre elles, sont des amis, à signer la pétition de "La Vie", sont nobles et je les comprends pleinement. Qui pourrait soutenir les propos infâmes de cet évêque dont les media se sont emparés avec d’autant plus d’empressement que la bassesse et la stupidité de leur contenu en dit suffisamment long sur l’intelligence de leur auteur mitré ? Disciple de Jacques et Raïssa Maritain, je me suis réjoui de ce que le second concile du Vatican a proclamé solennellement au sujet de nos "aînés dans la foi". Admirateur du regretté cardinal Lustiger, je n’ai pas oublié avec quelle force il a souligné ce que le nazisme et sa volonté de faire taire la voix du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, par la destruction systématique du peuple à qui il s’est révélé en premier, signifie d’unique pour l’humanité entière.
Mais je ne supporte pas que quiconque - tout en le reprochant du reste aux évêques qui ont vu leur excommunication levée - s’érige à son tour en magistère suprême et se permette de soulever la moindre suspicion sur les intentions de Benoît XVI. La miséricorde paternelle de son geste est tout aussi indubitable que son rejet de toute forme d’antijudaïsme et d’antisémitisme. La phrase de cette pétition qui semble vouloir jeter le trouble sur les raisons qui ont dicté au Saint-Père sa décision comme sur ses propres convictions quant à l’iniquité du négationnisme, est insoutenable. Merci à Gérard Leclerc d’avoir souligné à quel point elle ne saurait être acceptée. Elle rend impossible toute signature de ma part.
Yves FLOUCAT
Bravo Gérard pour ton analyse qui, comme à l’habitude, est limpide. Je trouve scandaleux et ignoble ces grands prêtres d’aujourd’hui qui souffle au peuple “Crucifie-le”. Les choses seraient plus simples si nous n’étions dans une époque à l’apostasie rampante comme l’a si bien dénoncé en son temps notre ami et maître Has Urs von Balathasar dans Cordula qu’il nous faudrait relire en ces temps troublés. Les discussions sont toutes biaisées car elles ne tiennent pas compte du niveau théologique. Il est vrai que Benoît XVI a clairement une vision eschatologique de l’Église, vision qui est celle de Lumen Gentium !!! Nous sommes peut-être à un moment particulier où il va nous falloir choisir d’être au côté de Saint Jean au pied de la croix plutôt que parmi le peuple qui hurle “crucifie-le”. Par ailleurs il n’y a pas d’Église d’avant et d’après… Il y a un unique mystère de l’Église sacrement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Hier les persécutions étaient à l’est de l’Europe , seront-elles de retour maintenant dans notre occident oublieux de ses origines ? Il ne faudrait pas donner de manière stupide des arguments aux pourfendeurs de la liberté religieuse. N’est-ce pas ce qui se passe pourtant ? Ne mélangeons donc pas tout et évitons les excommunications privées… Chacun son magistère propre mais aucun pour le Pape… Belle rigolade non ?
Remi GOUSSEAU
Je n’ai pas signé la pétition de la Vie et je n’admets pas qu’on semble mettre en doute la position de Benît XVI par rapport à toute forme d’antisémitisme. Mais des questions, pour moi inévitables :
= Au moment de la levée d’excommunication, Rome ignorait-elle les déclarations négationnistes de Mgr Williamson ? Dans ce cas, que fait le nonce de la région, comment l’épiscopat local informe-t-il le Saint Siège ? Et d’ailleurs, où est la collégialité lorsque les évêques de l’Est (entre autres) doivent se dire "surpris" de la mesure romaine ? Jean-Paul Ii disait qu’il fallait chercher une manière d’exercer la primauté de Pierre qui soit acceptable pour les Eglises orientales… on en est loin !
= Si les positions de Mgr Williamson étaient connues, pourquoi n’a-t-on pas exigé de Mgr Fellay, avant toute levée d’excommunication, qu’il désavoue, qu’il flétrisse publiquement ces déclarations, non seulement comme "inopportunes" mais comme inacceptables et que, puisqu’il est le supérieur de la Fraternité Saint Pie X, il sanctionne leur auteur ?
Ce n’est pas seulement à Benoît XVI que Mgr Williamson a infligé une souffrance mais à tous les catholiques et notamment à tous ceux qui sont en relation avec des juifs.
Enfin quand est-ce que Rome, dans ses décisions, tiendra compte du principe de réalité ? Bien sûr, pour les gens du sérail, les déclarations antisémites de tel évêque lefebvriste n’ont "rien à voir" avec la levée d’une excommunication qui avait été prononcée pour d’autres raisons. Mais pour l’opinion publique, et toutes les mises au point ultérieures n’y changeront rien, on a réintégré dans l’Eglise un évêque antisémite. D’après "La Croix", cette affaire provoque des remous au sein même de la Curie dont toutes les instances compétentes n’auraient pas été consultées… Comme tout cela est déplorable ! Abbé René Frison, Strasbourg
Je suis chrétien évangélique et les querelles catholiques ne me concernent que dans la mesure de la solidarité chrétienne. Je suis toujours frappé par la démesure des querelles "romaines" qui relèvent toujours de l’esprit du monde et jamais de la Parole de Dieu, prise au pied de la lettre dans sa lettre et dans son esprit. A croire que les catholiques n’ont plus rien à apprendre de Dieu et qu’ ils ont beaucoup à apprendre à Dieu. Je cherche à comprendre pourquoi le fait que telle ou telle éminence catholique recommence le coup de Galilée, de l’Abbé Pierre déjà, de Luther, de Calvin, de Yan Hüss etc. ne mette pas en garde les foules contre la massification des opinions. Je connais tellement de juifs eux- mêmes qui regrettent que les révisionnistes - appelés négation- nistes pour les besoins d’une cause suspecte - ne puissent faire la démonstration de leur vacuité par la seule autorisation qui leur serait donnée de s’exprimer publiquement et solennellement et sans risque ! que je crains le pire pour l’avenir. Du coup ce sont les islamistes qui reprennent ce flambeau. Et tout cela parce que le dogmatisme de la Shoah serait devenue une sorte de religion révélée ne tolérant aucun athée. Le 11 Septembre est remis en question de toutes parts et c’est un bonheur pour que la vérité finisse par gagner. Pourquoi traiter les révisionnistes comme la bovinisation ordinaire de l’Europe traitait les juifs sous domination nazie ? Les pires ennemis de la vérité ne sont pas ceux qui nient qui renient ou qui dénient. Ce sont les satrapes en col blanc ou en jogging qui s’arrogent le droit de donner la parole ou de la retirer à quiconque. La vérité ne craint rien et surtout pas l’erreur. Quand le Diable tente Jésus sur les murs du temple, il le fait en lui citant la Parole, cad en citant donc Jésus lui-même, Verbe incarné. Et comment Jésus lui répond- il ? Evidemment en lui citant les paroles même de l’Ancien Testament. Que des chrétiens commencent par être hors sujet puis qu’ils se joignent à la fureur de l’Opinion commune c’est l’assurance de les entendre tous ensemble demain répéter encore et toujours, face à n’importe quel prochain, même le pire : Crucifie ! Crucifie ! Amicalement.
Le paladin des Cévennes
Avis aux coupeurs de langues : bon courage, il y a du boulot ! Même remarque à l’adresse des pétitionnistes : entre les prêtres communistes et les évêques qui font de la pub pour le Téléthon, on n’a pas fini ! Allez, prière, oui, là on est sûrs de ne pas se tromper.
PS : Depuis quand La Vie est un media catholique ? Désolée, je suis jeune, je n’ai pas connu l’ancienne Vie Catholique.
Parce que l’action de notre Pape Jean-Paul II de regrettée mémoire avait pu leur laisser l’impression qu’il agissait selon leurs desideratas, les antipapes, anticatholiques, en fait anti-Dieu voudraient régir les dispositions de Sa sainteté Benoit XVI.
C’est oublier ou refuser de voir de que le catholicisme avance souvent lentement, -Dieu a tout son temps- mais toujours sûrement. Rien ne prévaudra contre lui. Quelque puisse être les manigances, les déclarations nocives mais curieusement programmées.
N’ayons pas peur….mais affirmons-nous.
Combien se souviennent que dans les années 60 Mgr Ratzinger était l’un des instigateurs de Vatican II. Puis devant le résultat –totale désacralisation : destruction du merveilleux, banalisation de l’habit religieux, des prêtres en tenue de ville qui ne sont plus à l’abri de ce que ressent quiconque pareillement vêtu, banalisation du rituel rendu insipide*, banalisation du catholicisme réduit à une religion parmi d’autres*, irréligion galopante, l’athéisme caché sous le vocable laïcité, en résumé devant la révélation au grand jour de la prodigieuse haine qu’inspire le Catholicisme à l’idéologie, dans les années 80, le Cardinal Ratzinger a, Saint-Paul des temps modernes, choisi de redresser la barre.
Il est triste de constater qu’à un moment où il faudrait louer la grandeur de Dieu à travers son Eglise, nous sommes retardés à la défendre. Car oui, c’est un signe divin de la divine puissance qui nous est donné par la réintégration de ces catholiques. Il nous dit "Oui, ceux-là m’appartiennent, ils me sont fidèles. Aucun de vous n’est libre d’erreurs. Assez !" Il ne s’agit pas de lefebvristes comme jadis d’orthodoxes, ils sont catholiques, apostoliques romains. Au point qu’on a trouvé urgent de nous éclairer qu’une levée d’excommunication ne valait pas une réintégration.
Oui tout est savamment organisé pour que le Pape, et avec lui l’Eglise des baptisés passent pour négationnistes. Cela en devient grossièrement kafkaïen. Si je me bats la coulpe d’une faute que je n’ai pas commise, si je demande pardon de ce que je n’ai pas fait, aucune différence n’est plus possible entre moi et le réel fautif. C’est pour cela que les excuses collectives restent dangereuses, en plus d’inutiles. Contrairement aux mises au point.
Nous aurons toujours affaire à ces Tullius Détritus. Ils constitueront toujours des embûches pensantes et agissantes, mais ne les voyons pas autrement. Des embûches à combattre fermement, des embûches à sarcler certes mais embûches remplissant leur mission par leur présence perturbatrice et néanmoins nécessaire à mériter le Paradis.
===== 1-on est en droit de se demander laquelle autre religion a un Fils de Dieu mort sur la Croix au Golgotha pour le monde entier, laquelle libère universellement l’humanité, sans AUCUNE des distinctions que nous affectionnons et auxquelles nous nous agrippons souvent pour légitimer notre éventuelle vanité/vacuité. Laquelle où le Fils de Dieu devient notre frère et restant LE SEIGNEUR au point que Voltaire -ex-séminariste passé à l’ennemi du genre humain, grand "relax" des temps modernes- lui reprochait d’être également la religion de sa servante). On n’a jamais regretté d’avoir été catholique sur son lit de mort, disait un Cardinal anglais…..On s’en doute déjà de notre vivant (ndCastille)
2-c’est du dernier chic, dans ma paroisse à Paris, que les prêtres pendant la messe se glissent une petite parole en gloussant, l’air de rien. Pour furtive que ce soit, ça reste déplacé, sacrilège, ca énerve puis déconcentre. C’est à se demander si on ne s’est pas trompé d’adresse. Certains voudraient en garder d’autres loin de la messe qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Est-ce là une façon de dépoussiérage du rituel ? Bientôt viendra le jour où ils éclateront de rire. Malin comme peut l’être le diable, il n’est que d’attendre. La messe deviendra-t-elle une kermesse comme on en voit dans d’autres religions égales entre elles. N’avons-nous pas déjà eu droit aux acrobates devant l’autel ? Sous prétexte que……
PS/Alors que Mme Royale se prétend une "femme debout", on peut dire que vous êtes tout sauf un "homme assis". Sourire.
J’ai signé cet appel, scandalisé par les propos de ce Mgr Williamson, mais je me refuse à faire des procès d’intention à Benoît XVI et je suis atterré par les mauvais procès qui lui sont faits dans les commentaires que je lis.
Que de haine ou de mépris envers le Pape dans trop de commentaires qui me navrent…
Où est l’amour de l’Eglise et la recherche de l’unité voulue par Jésus Christ dans tout cela !
La levée des excommunications (évidemment sans rapport avec les propos négationnistes de cet évêque, du reste désavoué par ses propres amis) ne signifie nullement une réhabilitation comme l’affirme hâtivement la grande presse et encore moins une pleine communion.
La situation de la Fraternité St Pie X est un peu comparable à celle de l’orthodoxie après la levée des excommunications réciproques par le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras.
Benoît XVI a fait un geste considérable pour favoriser le dialogue, mais tout reste à faire pour parvenir en vérité à de véritables accords théologiques permettant une pleine communion…
Nous en sommes encore très loin…
Heureusement, nous avons eu depuis la joie d’apprendre l’élection du métropolite Cyrille de Smolensk comme Patriarche de Moscou !
Voilà une bonne nouvelle pour l’oecuménisme, plus sûrement que la levée de l’excommunication de ce Mgr Williamson…
Oui, très cher ami, cette pétition m’est de suite apparue comme inutile et dangereuse. Elle devrait plutôt faire honte à ceux qui la brandissent. Qui, pour la plupart, (que de personnes estimables ont apposé leur signature…) attendent avec impatience de pouvoir frapper le Saint Père d’ostracisme. Honte, oui, car il ne devrait y avoir aucun doute possible quant à la proximité de coeur et d’âme avec nos bien-aimés frères aînés dans la foi. Il y a une sorte de complaisance dans la dénonciation du risque de fascisation de l’Eglise.
Cela étant dit, les paroles de cet évêque sont tellement-évidemment inacceptables. Mais c’est leur outrance même qui les disqualifie, or les révoltés donnent le sentiment de vouloir à tout prix "y croire", selon une sorte d’indignation mécanique qui a quelque chose de factice. Et ce procès d’intention permanent (ce Pape est sournoisement réactionnaire, l’Eglise l’est de toute éternité, contre le bonheur, le plaisir, contre les femmes, contre la liberté, contre Dieu…), devient proprement intenable. Ce que je ressens plus profondément, c’est que ce catholicisme, incarné par "La Vie", jusqu’à devenir anticatholique romain inflexible dans "Golias", semble n’être animé et habité que par les valeurs séculières du combat politique et de l’antifascisme. Dans une horizontalité desséchante. Ces chrétiens veulent-ils autre chose que la conversion de l’Eglise aux valeurs du monde, conduite par les pulsions vieilles comme le monde…, habillées d’humanisme, plutôt que par les motions du Saint Esprit ? Il y a à l’évidence deux visions de l’homme dans le Catholicisme. Je ne peux plus m’empêcher de penser et de dire qu’elles me paraissent non seulement incompatibles mais irréductibles l’une à l’autre. Car ces gens, mes frères humains que je m’efforce de comprendre, me semblent confondre le combat spirituel et le combat social, le péché avec l’injustice sociale, la Miséricorde avec la tolérance, l’ Espérance avec l’optimisme. Mais cela ne procure, à la longue, que de l’insécurité morale et existentielle. Tandis que la Tradition, enracinée dans la Parole, me remet dans mon bon sens. Elle parle de l’homme dans sa faiblesse, ma faiblesse, sans évacuer le péché, donc le Salut. De ce fait elle sert mieux l’humanité de l’homme. Et cela me rassure. Paix à nous tous, que la Croix du Christ nous guérisse, tout est possible à Dieu. Viens Esprit Saint.
Jean-Marie Achéritéguy
J’ai eu peur un instant… Mais je suis presque rassuré ! « Presque » parce que je n’aime pas les grands mots et que « l’honneur de Dieu » c’est précisément ce qui a dicté toute ma vie religieuse, et en particulier mon refus total et catégorique, dès l’origine, de Vatican II qui a conduit selon le vœu d’un provincial jésuite que j’ai bien connu à « désacraliser l’Eglise » (sic !) et à adopter – à travers le concept de liberté religieuse – une attitude relativiste faisant admettre que toutes les croyances se valent …pour finir à Assise !… [Je veux bien croire que SS Benoît XVI s’attaque prioritairement au relativisme aujourd’hui puisqu’il vient de condamner fermement les écrits du leader jésuite de cette « doctrine ».] Car Dieu n’est pas une marchandise qu’on négocie, ou un jeton qu’on déplace au gré de la fantaisie de chacun. L’Eglise n’est pas un forum syndical qui peut se vanter des « avancées » ( ?) du concile, ni une foire d’empoigne démocratique qui répond à ses chefs par des pétitions à un fait qui dérange une minorité aussi fanatisée que politisée : instiller la démocratie dans l’Eglise a été le pire des crimes du concile ! Il est bien évident qu’il est hors de question de travestir la catholicité par des menées de cette sorte, shoah ou pas : « Rendez à César ce qui est à César… » ! Les controverses sur la shoah n’ont rien à faire dans l’Eglise ! Les paroles de Mgr. Williamson sont donc pour le moins malheureuses et inadmissibles dans la bouche d’un évêque par le seul fait que la qualité de celui qui les prononce est susceptible d’être considérée comme engageant l’Eglise toute entière ! Mais ne pas comprendre que cette interview - qui date de novembre où elle est passée inaperçue dans l’indifférence générale - est ressortie à point nommé trois mois après pour déconsidérer l’église de la tradition et par extension toute la catholicité, procèderait d’un manque d’analyse total. Il faut donc saluer votre courage en la circonstance. Par ailleurs, on ne peut que déplorer le mutisme de bon « aloi » des déclarations de l’épiscopat de l’Eglise-qui-est-en-France dont on pouvait attendre l’expression de la joie du retour au sein de l’Eglise de frères momentanément séparés. Que nenni ! Il faut comparer dès lors les déclarations des évêques anglais, suisses, espagnols ou allemands pour mesurer le fossé qui sépare l’épiscopat français actuel, encore majoritaire, du reste de l’Eglise qui se réjouit unanimement de ce pas en avant vers la réconciliation - qui ne sera achevée que par la communion pleine et entière des fidèles de la FSSPX et du clergé avec l’ensemble des fidèles. Cela exigera de part et d’autre beaucoup de charité et de pardon d’offenses : l’église des réprouvés du concile, et cela dès avant Mgr. Lefebvre, a été une église des catacombes persécutée par l’épiscopat conciliaire en place…La mouvance de la tradition ne se limite pas à la FSSPX, loin s’en faut ! Alors, il faudra oublier les cris de haine qui jalonnent aujourd’hui la presse dite catholique – mais il est vrai que le magazine La Vie a gommé le qualificatif de catholique qu’elle devait trouver infamant – ou les sites comme Golias, très mollement réprouvés par l’épiscopat en place… En un mot, il faudra que la France, ou tout au moins l’Eglise-qui-est-en-France, aujourd’hui fille haineuse de l’Eglise, redevienne fille aimée de l’Eglise - à défaut d’en être toujours la fille aînée… Pour cela, serait-il trop demandé qu’un peu de cette charité chrétienne - prodiguée sans parcimonie aux juifs, aux musulmans, aux protestants, aux agnostiques, aux sans papiers, aux mal nutris, et j’en passe - revienne aussi à ceux qui ont eu le malheur de vouloir rester simplement fidèles aux enseignements que l’Eglise leur dispensait et aux prières qu’elle faisait réciter depuis des lustres à travers ses rites ?
Claude Timmerman, ancien cérémoniaire pontifical du cardinal Veuillot
Mr de Jaeger (qui voudrait que la langue du médisant soit coupée) sait-il que la Sharia n’a pas encore été votée en France ? À l’inverse des parents agités, la Maman intelligente, surprise par le "gros mot" proféré par son rejeton, fait semblant de ne pas avoir entendu, afin de réfléchir à la leçon qui lui permettra d’ôter toute vélléité de récidive.
Souvent les enfants, face à une dénonciation, ont une réplique d’une grande sagesse : "C’est lui qui le dit, c’est lui qui l’est" ! À méditer.
Ce que les catholiques doivent savoir avant de porter un jugement général…
Communiqué de Mgr Fellay, Supérieur de la Fraternité Saint Pie X
Nous avons eu connaissance d’une interview accordée par Monseigneur Richard Williamson, membre de notre Fraternité Saint Pie X, à la télévision suédoise. Dans cette interview, celui-ci s’exprime sur des questions historiques, en particulier sur la question du génocide juif par les national-socialistes.
Il est évident qu’un évêque catholique ne peut parler avec une autorité ecclésiastique que sur des questions concernant la foi et la morale. Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur les autres questions. Sa mission est la propagation et la restauration de la doctrine catholique authentique, exposée dans les dogmes de la foi. C’est pour ce motif que nous sommes connus, acceptés et estimés dans le monde entier.
C’est avec une grande peine que nous constatons combien la transgression de ce mandat peut porter tort à notre mission. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C’est pourquoi je lui ai interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques.
Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte. Bien que nous reconnaissions l’inopportunité de ces propos, nous ne pouvons que constater avec tristesse qu’il atteignent directement notre Fraternité dans le but de discréditer sa mission.
Cela nous ne pouvons l’admettre et nous déclarons que nous continuerons de prêcher la doctrine catholique et de dispenser les sacrements de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Menzingen, le 27 janvier 2009
+ Bernard Fellay
Merci, Cher Monsieur, pour la clarté de vos propos et le rappel si constant que l’Église ne doit pas tomber elle aussi dans l’urgence permanente qui fait oublier l’essentiel.
Merci d’oser faire honneur à la probité intellectuelle et morale du Pape Benoit XVI !
Père Geoffroy de la Tousche, curé d’Elbeuf, Rouen.



