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Pour l’amour de la langue bretonne

par Serge Plenier

lundi 15 février 2010


Ce livre est un voyage, un long voyage. Nous allons partir du crépuscule de l’Antiquité (et même un peu avant) pour arriver aux premiers feux de notre XXIème siècle. Notre long périple sera riche de rencontres, souvent inattendues, qu’il s’agisse de personnages de légende ou de tous ceux, humbles ou prestigieux, qui ont porté jusqu’à nous ce que l’on appelle aujourd’hui la langue bretonne, ou le « brezhoneg » pour ceux qui ont le privilège (car c’en est un) de la parler ou de la connaître.

Ce voyage n’est pas proposé aux seuls Bretons, et encore moins aux seuls bretonnants. Si vous êtes breton selon le droit du cœur (pour reprendre la belle expression d’un journaliste connu), ou même si vous êtes simplement curieux de la dernière langue celtique parlée sur le continent, vous êtes cordialement invité à découvrir, mais aussi à rêver.

Car il y a un mystère de la langue bretonne. Aimée, mal aimée, trop aimée ou même détestée, elle aurait pu n’être que le témoin archéologique d’une aventure définitivement forclose. Après tout, tant d’autres langues ont disparu ou ne subsistent qu’à l’état d’archives, sans que l’humanité ne s’en soit émue outre mesure. Pourtant aujourd’hui encore, le breton suscite des passions, parfois déraisonnables, mais qui attestent d’autre chose qu’une survie résiduelle. Il raconte une mémoire qui ne veut pas mourir.

L’histoire d’une langue, c’est aussi l’histoire de ceux qui l’ont parlée et qui la parlent encore. Dans notre voyage, nous partirons d’époques lointaines où légende et réalité se mêlent, généralement au grand désespoir des historiens. Après tout, Arthur et les siens, Perceval, Tristan et Iseult, s’ils ont existé, parlaient breton, ou, plus précisément, la langue qui est devenue le breton, mais aussi le gallois et le cornique.

Et puis nous croiserons vers des rivages moins paisibles à mesure que nous approcherons des temps modernes. Controverses, débats et même polémiques ne cessent toujours pas d’accompagner le breton. Il y a des blessures encore ouvertes, ainsi que des querelles parfois bien étranges pour le profane. Bien entendu, nous ne les esquiverons pas. Nier la part d’ombre là où elle existe peut être aussi dangereux que de jouer les procureurs compulsifs. La seule attitude possible est de chercher d’abord ce qui s’est passé, et d’essayer de comprendre pourquoi cela s’est passé ainsi.

Faut-il le dire ? Notre périple ne sera pas militant, à moins de considérer que l’amour d’une langue soit une attitude militante. C’est d’ailleurs un peu de cet amour de notre vieille langue que nous voudrions vous faire partager tout au long de notre voyage.

Serge Plenier

introduction du livre qui paraît cette semaine aux éditions Ouest-France (en librairies à partir du 16 février) :

http://www.amazon.fr/langue-bretonne-origines-nos-jours/dp/2737347017

http://www.france-catholique.fr/LES-GAULOIS-PARMI-NOUS.html

Serge Plenier, diplômé de lettres modernes, a été rédacteur en chef du magazine Bretons d’ailleurs.

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Sur le vannetais :

http://www.ouest-france.fr/

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et sur la langue française :

http://boutique.ouestfrance.fr/boutique/fiche_produit.cfm ?ref=HS10_LangueFrancaise&type=16&code_lg=lg_fr&num=8

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2 Messages de forum

  • Pour l’amour de la langue bretonne

    23 février 00:22, par admin
    Le Centre de recherche bretonne et celtique (EA 4451 CRBC / UFR langues) organise un colloque international les 29 et 30 avril 2010 à l’université Rennes 2, sur le thème "La langue bretonne des origines / Les origines de la langue bretonne".

    Voir en ligne : http://www.univ-rennes2.fr/crbc/act...

  • Pour l’amour de la langue bretonne

    17 février 11:09, par Castille Castillac

    Bonjour. Je viens sans armes.

    Honorer ses aïeux, perchés sur les épaules du passé, regarder l’avenir. Néanmoins, je m’interroge…

    Peut-on tout exprimer en breton ? Le mot "privilège" s’accorde-t-il à l’unique breton ou s’étend-il aux autres dialectes ?

    Quelle attitude tenir face à l’occitan ? Le basque ? Toutes les autres ?

    Peut-on penser qu’il y ait un destin des langues ? Est-ce un fait du hasard si l’on compte sur les doigts les grandes langues du monde ?

    Pourquoi telle a survécu et pas une autre ?

    Que donnerait le monde si nous devions parler la langue de notre région du monde ?

    Sans le sacrifice d’Yves Le Diberder, il n’y aurait pas de breton. S’en réjouir ou le déplorer ?

    Faut-il sauver le breton de sa position de dialecte parlé par quelques sans doute indispensables barbus en pantalons de velours, vestes aux coudes rapiécés de cuir et chaussures Méphisto ? Certains craignent-ils pour leur poste ?

    L’encensement des régionalismes linguistiques ne risque-t-il pas d’accélérer la régression de la langue française ?

    A la troisième génération les arabes en France sont bel et bien Français. Et bien plus nombreux. Que leur répondre s’ils devaient prétendre à instituer l’arabe deuxième langue de France ?

    Les Antillais et leur créole sont plus nombreux que les Bretons. Que leur répondre ? Que les Bretons sont Français de souche ? Mais alors l’occitan ? le catalan ? le Basque ? le Ch’ti ? le corse ?

    Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres il serait mieux de s’émerveiller de cette langue française qui nous permet de parler de nos langues régionales au monde entier. Car c’est elle qui agonise de nos jours. Nous devrions y réfléchir. Voir ce qu’elle a apporté au monde de bien…Car le mal on le lui reproche assez.

    PS/ Il est probable que mes parents m’ayant éduquée en français et non en haïtien, je ne sois tentée d’utiliser celui-ci que pour relever un propos, parfois y ajouter un peu de « chutzpah ». Le breton peut servir de clin d’œil entre bretons, de « private joke ». Je suis pour que l’on honore la mémoire des aïeux, toutefois les formules druidiques resteront toujours régionales car chacun possède les siennes et c’est là tout le problème. Donc "à l’heure de la mondialisation acharnée tant vantée par certains", que vive le Français en France et Navarre et par-delà les mers.

    Il est probable aussi que ma position soit ringarde voire ridicule, ou celle plus attendue de l’immigrée qui en fait trop. (je suis d’Haïti, on ne dit pas « de » Haïti).

    En fait elle est simple, profonde, autonome : le catholicisme m’a été offert en Français non en haïtien, en breton, en ch’timi, en corse, en arlésien, en marseillais, en tout ce qui compose ou composait la France..

    Quand on commence à regarder en arrière, on est contraint d’approuver tout ce qui se faisait alors. Comme ceux qui rêvant d’un retour à l’église primitive, ne voient pas qu’un même vœu appelle aussi les persécutions de l’époque.

    Tout cela n’a jamais empêché de rendre hommage aux ancêtres. Et cela en soit est louable !

    Que la Très Sainte Mère de Dieu -j’ignore son nom breton- veille sur vous !




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