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Traduit par Pierre

Obama : fin de la "Discrimination positive" ?

par Howard Kainz

lundi 3 novembre 2014


On peut considérer que l’élection de Barack Obama en 2008, puis sa réélection en 2012 furent un triomphe pour la discrimination positive — impossible dans les années 1960 - 70 mais désormais possible, les blancs ayant en grande majorité évacué les vieux préjugés qui avaient déclenché la discrimination positive. La conjuration massive bien orchestrée des médias de grande diffusion avait mis la pédale douce sur les penchants marxistes d’Obama, son adhésion à une religion anti-américaine, son soutien à l’infanticide [Cf l’article Rétablir les sanctions initialement prévues par l’Acte "Born-Alive" (né viable) publié le 26 octobre] alors qu’il siégeait au Sénat de l’État de l’Illinois, et — point d’importance — une absence quasi-totale d’expérience pratique de l’administration.

Il n’y avait pas que les grands médias, mais bien des Chrétiens se considérant à l’avant-garde des "Droits civiques", à la suite de Martin Luther King, soutenaient fermement la ligne du candidat Obama — sans oublier la tendance "Catholiques pour Obama", inspirée pour répandre l’évangile de l’assimilation et de la justice sociale, selon l’interprétation largement diffusée de "l’Esprit de Vatican II". Certains Chrétiens voulaient certainement faire pénitence pour un passé d’injustices, de crimes, de péchés.

Mais ce triomphe indiscutable a amené des excès — non seulement surabondance de personnes issues de minorités ; ou de femmes ; dans les cabinets ministériels et autres postes administratifs, mais la discrimination positive, sous les couleurs variées de la diversité, a ouvert la porte à des "minorités" provenant de la frontière mexicaine, a donné accès dans l’armée aux homosexuels, et partout en général aux "gays" (qui, pur hasard, feraient de bons électeurs pour les Démocrates). Ainsi une ultra-féministe pur sucre pouvait être proposée pour un poste de juge ou autre — pro-avortement, ... tant-pis.

Il n’y a pas que les Républicains à avoir soulevé la question de l’incompétence dans l’administration Obama — par exemple le demi-milliard de dollars perdus dans l’affaire des panneaux solaires Solyndra, les 400 millions de dollars gaspillés dans le site internet Obamacare, l’intervention en Libye sans l’accord du Congrès ni du Cabinet de la Défense, l’indifférence criminelle aux appels de l’Ambassadeur Christopher Stevens pour faire protéger l’Ambassade à Benghazi, l’affaire illégale et mal organisée "Fast and Furious" laissant des quantités d’armes entre les mains de trafiquants de drogue, l’indifférence envers les négligences de gestion des anciens combattants, l’amateurisme et l’incompétence d’agents des services secrets, les menaces brandies puis abandonnées à propos d’une "ligne rouge" en Syrie, et la précipitation pour retirer nos troupes d’Irak malgré les avertissements des experts militaires. Mais le problème essentiel de l’administration Obama réside dans sa propre incompétence. Diplomé en droit constitutionnel à l’Université de Chicago, il aurait pu répondre à l’attente d’un spécialiste hors de l’ordinaire, doué d’une compétence inhabituelle, pour comprendre et défendre la Constitution. Il s’en vantait lors d’une séance de récolte de fonds électoraux le 30mars 2007 : « j’ai été professeur de droit constitutionnel, ce qui signifie que, contrairement à l’actuel président [Bush] je suis attaché à respecter notre Constitution. »

Il n’empêche que ce serment de fidélité est le talon d’Achille d’Obama — particulièrement lorsqu’on aborde un des plus importants points de la Constitution des États-Unis — la séparation des pouvoirs éxécutif, législatif, et judiciaire.

- Le Président Obama était personnellement hostile à l’Acte de Défense du Mariage (DOMA) voté au Congrès en 1996 puis signé comme loi par le Président Clinton ; il a donc interdit la mise en application de cette loi "DOMA", ouvrant la voie au mariage homisexuel.

* Au sujet du système "Obamacare" (Assurance maladie universelle obligatoire) le Président a promis en 2009 de conserver l’amendement "Hyde" interdisant le financement de l’avortement par des fonds fédéraux, voté au Congrès en 1976 et revu en 1993 pour inclure les exceptions de viol et d’inceste. Mais environ la moitié des contrats Obamacare actuellement disponibles prévoient la prise en charge des avortements.

* La récente obligation émise par le Ministère de la Santé pour les assurances privées de couvrir le remboursement des médicaments abortifs, même pour les assurés ayant des objections à caractère religieux est en contradiction avec l’Amendement "Hyde", et, comme le député Démocrate pro-vie Bart Stupak le signalait, c’est un viol de la loi fondamentale.

* Le Congrès a le dernier mot pour la loi sur l’immigration, selon l’Article 1, Section 8 de la Constitution. En 2009 le Congrès a rejeté l’Acte "DREAM" (législation relative à l’aide, la santé, l’instruction des mineurs étrangers) proposé par Obama, et qui aurait effacé l’illégalité de la situation de certains immigrants entrés clandestinement, alors mineurs, aux USA. Mais Obama, s’appuyant sur une note de Janet Napolitano (Département de la Sécurité Intérieure), a accordé un statut légal à de nombreux clandestins agés de moins de trente ans.

Ainsi, la prétendue compétence d’Obama en droit constitutionnel ne garantissait nullement qu’il respecterait, selon les termes de la Constitution, la règle de séparation des pouvoirs.

La discrimination positive a atteint son but initial, mettant fin à nombre d’injustices, et sa victoire finale a permis l’accès au bureau ovale [de la Maison Blanche] de quelqu’un qui (victime d’injustice) n’aurait jamais eu cette chance quelques décennies précédemment. Mais faut-il pour autant que celà dure ? Certains États ont récemment conclu que la discrimination positive pour l’accès aux études supérieures avait atteint son objectif, et pouvait donc être restreinte sinon annulée. Cette tendance fut soulignée le 22 avril dernier à la Cour Suprême par la sentence 6-2 dans l’affaire "Schuette contre BAMN" (Mme le Juge Kagan [nommée à ce poste par Obama] s’était elle-même récusée) confirmant le vote dans l’État du Michigan contre la préférence raciale pour l’admission aux études supérieures. La Cour déclara : « aucune autorité judiciaire ne saurait écarter les lois du Michigan qui confient aux électeurs le choix des décisions gouvernementales, en particulier pour ce qui concerne les décisions à caractère scolaire. »

Lors de son opposition à la sentence sur l’affaire Shuette, Mme le Juge Sotomayor [nommée à ce poste par Obama] mit en avant le doute éprouvé par les minorités quant à leur appartenance réelle aux composants de la société. À quoi répondit le Juge-Président Roberts : « Il n’est pas exclu de penser que la préférence raciale peut avoir pour effet démoralisant un renforcement de ce doute et — s’il en est ainsi — que la discrimination positive fasse plus de mal que de bien. »

Il est sans doute grand temps de s’interroger sur de nouvelles bases à propos de justice raciale de nos jours.

30 octobre 2014.

Source : Obama : The End of “Affirmative Action” ?

Photo : Le Président Obama s’adresse à des étudiants de la Faculté de Dartmouth..