En dehors des spécialistes de Newman, peu de Français savent qu’il a écrit deux romans, qui tournent tous deux autour du thème de la conversion.
Le premier, Perte et gain, histoire d’un converti, publié en 1848, raconte la conversion au catholicisme d’un étudiant d’Oxford, Charles Reding, et constitue en même temps un brillant portrait satirique des divers mouvements religieux de l’époque.
L’action du second, Callista, publié en 1856, se situe à Carthage au milieu du IIIe siècle, à une époque de persécutions, et met en scène une jeune Grecque d’une grande beauté (Callista, « la belle »), élevée dans le paganisme mais attirée vers le christianisme en raison de son expérience d’un Dieu dont elle découvre la mystérieuse présence dans son propre « cœur » et dans sa « conscience ». Convertie au christianisme, et refusant d’abjurer sa nouvelle foi, elle finit par mourir martyre.
Newman invoqua, au moins une fois, ce penchant pour les belles lettres comme un argument contre ceux qui voulaient déjà, de son vivant, voir en lui un « saint » :
« Je n’ai rien d’un saint en moi, comme chacun le sait, et c’est une mortification sévère et salutaire de s’y trouver comparé. Je peux avoir une vue élevée sur beaucoup de choses, mais c’est ce qui résulte de l’éducation et d’une certaine qualité d’esprit – mais c’est tout à fait différent d’être ce que j’admire. Je n’ai aucune tendance à être un saint – c’est triste à dire. Les saints ne sont pas des intellectuels, ils n’aiment pas les auteurs classiques, ils n’écrivent pas des romans. Je puis être à l’aise dans ma voie, mais ce n’est pas le « niveau supérieur ». […] Il me suffit de cirer les souliers des saints – si tant est que saint Philippe [Neri] emploie du cirage au ciel ! » [1]


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