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Lettre à un étudiant de l’IRCOM sur l’Évangile du jour

par Jean-Claude Didelot

jeudi 16 février 2017


L’Évangile de ce jour, c’est dans Marc (8, 27-33), cette algarade de Jésus s’adressant à Pierre : « Passe derrière moi Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Quelles sont nos pensées en ce même jour où un communiqué de l’évêque d’Angers fait état d’accusations à l’encontre du fondateur de l’IRCOM ?

L’expérience de la vie incitant à la circonspection, je n’en dirai pas plus ici sur une affaire dont les tenants et les aboutissants m’échappent et, d’ailleurs ne me regardent pas, même s’il s’agit d’un auteur de notre maison d’édition. Ceci, tout de même : que de dithyrambes lors de sa mort, et, soudain, que de vertueuses distances !

Restons-en à l’Évangile. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Marc marque contre son camp ! Son camp, c’est celui de l’Église à peine naissante, tellement fragile… et voici qu’il livre au public, c’est-à-dire à nous tous, plus qu’un malentendu, un abîme entre Jésus et le premier Pape. Ce n’est pas le seul, il y en aura d’autres, gravissimes, telle cette histoire de triple trahison.

On imagine le désarroi, la tristesse, le scandale des premiers chrétiens en lisant cela. Déjà, ce n’était pas évident de soutenir un candidat simple pécheur (grand pécheur), alors qu’une primaire entre gens biens, pharisiens donateurs, scribes patentés, docteurs mandatés, aurait dégagé une personnalité incontestée… On regrette que Marc n’ait pas consulté un spécialiste en communication.

Et si, justement, c’était cette faille qui faisait que deux mille ans plus tard, nous tous qui ployons sous le fardeau, nous osons passer le parvis et nous agenouiller au dernier rang ! Et si c’était l’hypocrisie qui vidait les églises et l’humilité qui les remplissait ! Et si le Seigneur faisait à l’IRCOM le cadeau de l’épreuve ? Et si la déréliction était un signe que Lui-même intervient pour éviter de sombrer ?

Les dérives investissent massivement les mondes de la communication, de la politique et de l’action humanitaire. Raison de plus pour s’y risquer et c’est l’honneur de l’IRCOM, de son fondateur, de ses animateurs, de ses étudiants. C’est que la communication conduit tout droit à la manipulation, au déni de vérité, à l’étouffement des consciences. C’est que la politique est la voie ouverte au pouvoir, aux prébendes, aux haines… Et l’action humanitaire, apparemment tellement incontestable ? Tout est dans cette proclamation tirée d’un édito d’un « responsable » d’ONG : « …Nous sommes irréprochables… » Il faut oser ! Inutile d’insister !

Le Seigneur sait cela, Il veille et débusque celui qui rôde comme un lion rugissant autour des œuvres dans l’espoir que ses serviteurs y perdent leur âme. L’arme de Satan, c’est l’orgueil, et tant mieux pour lui si la réussite humaine y mène. L’arme du Seigneur, c’est l’humilité, et tant mieux si l’humiliation y conduit.

Péguy :

Les armes de Satan c’est le filet tendu,

C’est le propos douteux et le sous-entendu,

Et toute controverse et tout malentendu

.

Les armes de Jésus, c’est Satan confondu,

Tout fossé remparé, tout rempart défendu,

Tout terrain regagné sur le terrain perdu ;

.

Et la dette remise et la dette rendue

Par le frère à son frère et la brebis perdue

Et toute âme assaillie et toute âme mordue

Ainsi, passées la sidération, l’incompréhension, la révolte peut-être, c’est l’action de grâce. Nous nous pensions meilleurs, voire « irréprochables », et voici que Jésus, tellement calomnié, tellement humilié, nous appelle à Le suivre comme des serviteurs pas plus grands que leur Maître. Nous ne sommes ni de Paul, ni d’Apolos, ni de l’abbé Houard, tous pécheurs comme nous, mais du Seigneur Lui-même, le seul juste.


http://www.courrierdelouest.fr/actu...

http://www.la-croix.com/Religion/Fr...

http://www.riposte-catholique.fr/pe...

http://www.hitwest.com/news/l-abbe-...

http://france3-regions.francetvinfo...

http://www.20minutes.fr/societe/201...

5 Messages de forum

  • 16 février 16:28

    J’ai l’impression qu’encore une fois on va un peu vite en besogne : la culpabilité de l’abbé Houard est-elle avérée ? N’est-on pas encore en présence de mythomaniaques en mal de notoriété ou de menteuses patentées agissant par haine de la religion ?
    Que je sache, il n’y a eu aucune enquête.

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  • 19 février 10:20, par Philibert Arisien

    Monsieur,

    J’ai lu votre libelle de haut en bas, puis de bas en haut, puis en diagonales… sans comprendre où vous vouliez en venir. Quel est votre camp ? Qui sont les bons ? Qui sont les méchants ? Je pense rendre service à vos lecteurs - que je souhaite clairsemés – et faire œuvre de salubrité en procédant à une lecture critique en vue de mettre de l’ordre dans votre confusion.

    Tout d’abord, vous semblez oublier les recherches des exégètes les plus distingués qui nous ont appris que les évangiles étant le fruit de reconstructions tardives par des communautés errantes, il convient d’en prendre et d’en laisser. Cette histoire d’un premier pape qui aurait trahi est évidemment, un faux, une manipulation grossière montée par le parti des fils de Zébédée et de leur mère, furieux d’avoir été éliminés. En prenant cette histoire à votre compte, vous insultez les Conclaves, le Vatican, la religion.

    Deuxièmement, vous semblez ignorer le sens de l’histoire. Autant dans les années soixante, il aurait été convenable de dénoncer à titre conservatoire et sans autre examen, une attaque contre l’Eglise, autant aujourd’hui, il aurait fallu, sans plus d’examen, proclamer votre compassion pour les victimes et votre horreur pour le prédateur. Or, monsieur, vous ne faites ni l’un ni l’autre, excipant pour expliquer votre réserve, de votre ignorance des faits. Ne voyez vous donc pas que ce faisant, vous portez un grave coup au commerce, aux cafés du commerce s’entend, aux tables rondes et aux réseaux sociaux qui en sont l’expression moderne ?

    Troisièmement, vous auriez été bien inspiré de suivre le conseil Sartrien de « ne pas désespérer Billancourt », avant de tenir des propos ambigus et, par là, de risquer de désespérer Versailles.

    Libre à vous, monsieur, de vous réfugier au fond de l’église, nous sommes, nous, droits dans nos bottes, fiers d’être donateurs, patentés et mandatés.

    Je ne vous salue pas, monsieur. Je prie pour vous.

    Philibert Arisien

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