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Le long martyre des coptes d’Égypte

jeudi 14 janvier 2010

Le recteur de la mission copte catholique de Paris Notre Dame d’Égypte réagit aux massacres perpétrés à l’encontre de cette communauté chrétienne minoritaire.

Photo : Mgr Michel Chafik, recteur de la Mission copte catholique de Paris N.D. d’Egypte.


Pour défendre les droits des musulmans, l’Europe est prompte à se mobiliser. Elle se met en ordre de marche pour les minarets mais ne s’intéresse, qu’occasionnellement, au sort tragique des chrétiens d’Orient. Ce qui s’est passé le 6 janvier à Nagaa Hammadi a brisé le silence, l’indifférence. Est-ce parce que cet attentat a été perpétré le soir du Noël orthodoxe, qu’il a rompu la trêve sacrée, qu’il a révélé de l’Égypte, douce, hospitalière, asile jadis de la sainte Famille, un visage méconnu où l’ombre l’emporte sur la lumière ? Toujours est-il que, pour une fois, les yeux du monde se sont tournés vers ces chrétiens du Nil qu’on assassine. Les coptes représentent 10 % de la population égyptienne et forment la première communauté chrétienne du Proche-Orient. Dans une société régie, non par l’identité citoyenne mais par l’appartenance religieuse, leur situation est d’une extrême précarité. Ils survivent néanmoins, « petit reste » d’une Église souffrante qui puise dans le « n’ayez pas peur » christique la force de se battre pour la reconnaissance de ses droits. Après avoir subi l’humiliation de la dhimitude - situation des juifs et des chrétiens dans une société musulmane - les coptes endurent aujourd’hui, dernier avatar, le statut inique réservé aux minorités en terre d’islam. Ils ne sont que des citoyens de seconde zone, stigmatisés du fait de leur religion inscrite sur leurs cartes d’identité.

S’ils sont libres d’aller à l’église et de pratiquer leur culte, ils paient cette tolérance au prix fort et sont, dans leur vie quotidienne, victimes de discriminations flagrantes. Trouver un emploi, un logement, éduquer dignement leurs enfants, relève du parcours du combattant. Même si le pouvoir a affirmé, à maintes reprises, que les coptes font partie intégrante de la nation, ils ne sont que tolérés dans leur propre pays, soumis au bon vouloir des exécuteurs de la loi. Ils ont toujours tort et n’ont aucune tribune où faire entendre leur voix. Écartés de fait du pouvoir politique, marginalisés dans le monde administratif et culturel, ils sont privés de tout avenir.

À ces vexations ordinaires s’ajoutent les violences, qui s’intensifient depuis la dernière décennie du siècle précédent : des églises sont incendiées, des fidèles agressés, des jeunes filles enlevées et contraintes d’embrasser la foi musulmane.

Soucieuses de calmer le jeu, les autorités tentent de minimiser les faits. À lire la presse égyptienne, il s’agirait, ici d’une banale affaire de vendetta, là de l’oeuvre d’un désaxé. Mais comment ne pas voir, derrière les exactions dirigées contre les coptes, l’influence de l’islamisme radical ? Le président Moubarak a beau assurer que « personne ne peut porter atteinte à l’union entre les musulmans et les chrétiens », l’objectif de ces moudjahidins, infiltrés dans toutes les instances de la société, est clair : ils veulent éradiquer les coptes, les contraindre au choix, impossible, de la conversion ou de l’exil.

Au vu de tout ceci, peut-on sérieusement parler de tensions interreligieuses, expression qui sous- entend, entre les parties en conflit, une certaine égalité, et place sur un même pied victimes et agresseurs ? Peut-on même invoquer les affrontements intercommunautaires ? Avant que d’appartenir à une communauté, le chrétien est membre du corps du Christ dont la forme, en ce monde, est l’Église. Les assassins de Nagaa Hammadi, qui ont perpétré leur forfait devant une église le jour où s’y célébrait la naissance de l’Enfant-Dieu, l’ont parfaitement compris : mitraillés comme au champ de foire, les chrétiens sont la cible désignée.

Les victimes de ce Noël sanglant prennent place dans la longue lignée des martyrs qui, de leur sang, ont fécondé l’Église copte. Martyrs, le mot est lâché, il dérange, mais il faut l’oser. Faute de quoi l’événement sera récupéré, recyclé par la pensée dominante et la realpolitik qui, sans état d’âme, laisse s’écrire à propos des chrétiens d’Orient la chronique d’une mort annoncée.

Pour atroce qu’il soit, le martyre, c’est-à-dire le témoignage, n’est jamais vain. Puisse celui du 7 janvier 2010 précipiter l’avènement de la démocratie que coptes et musulmans éclairés appellent de leurs voeux ! La reconnaissance de l’autre, la liberté de penser et de croire, la laïcité, sont les conditions nécessaires à la coexistence pacifiée des Égyptiens de toutes confessions. Alors, mais alors seulement, les coptes pourront refermer « l’ère des martyrs » initiée sous Dioclétien en 284 et le bel adage égyptien, « la religion est à Dieu et la patrie à tous », deviendra réalité.

4 Messages de forum

  • 16 janvier 2010 13:40, par Wadie Andrawiss

    Suite à des graves agressions survenues en Egypte après la fusillade qui a visé des coptes à de Nagaa Hamadi, le Saint-Siège, par la voix du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, a apporté son soutien aux coptes égyptiens, appelant à « l’union des chrétiens face à l’oppression ». La violence envers les chrétiens suscite l’indignation (Benoît XVI). Le pape Benoît XVI a condamné dimanche, au cours de la prière de l’Angélus, le meurtre de six coptes en Egypte, assurant que "la violence envers les chrétiens dans certains pays suscite l’indignation de nombreuses personnes".

    Voir en ligne : Témoignage d’un Copte au lendemain des événements du 6 janvier 2010

  • 16 janvier 2010 17:39, par admin

    INVITATION

    L’Association : « pour la Fondation France- Egypte »,

    Sous le haut patronage de
    S.E. Boutros-Boutros Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU et membre fondateur de l’Association, et de Madame la Sénatrice Catherine Morin-Desailly, Présidente du Groupe d’Amitié France-Egypte au Sénat,

    Vous invite à un Colloque–débat autour de :
    « Cultures et identités en Méditerranée »
    Comment les cultures et identités autour de la Méditerranée peuvent contribuer positivement au projet de l’Union pour la Méditerranée.

    le mardi 19 janvier 2010 au Palais du Luxembourg à 17 h.30

    La réflexion que nous proposeront les intervenants de ce colloque, s’articulera autour de :

    le modèle français, qui présente une solution viable de développement dans le respect des droits de chacun, car fondé sur le principe de la Laïcité,

    le modèle plus récent de l’Europe, marqué par une volonté de fédérer des sociétés multiples dans la diversité de leurs langues et de leurs cultures, et fondé sur la recherche des intérêts communs.

    Sont pressenties les personnalités suivantes :
    S.E. Madame Nihad ZIKRY, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères d’Egypte.

    Monsieur Alain BOYER, sous-préfet, chargé de mission « débat sur l’Identité Nationale ».

    Monsieur le professeur Maurice Ruben HAYOUN, écrivain.

    Monsieur Antoine SFEIR, Directeur des “Cahiers de l’Orient, Expert du Moyen- Orient.

    Monsieur le professeur Jacques FREMEAUX PARIS IV SORBONNE.

    Monsieur Patrice BILLAUD : 1er Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France.

    Entrée : par le 26 rue de Vaugirard - 75006 Paris, Salle Mannerville et Vaugirard.

    Inscription préalable et pièce d’identité à fournir :

    albert.tanios@voila.fr ou toybruck@orange.fr

    port. 06 03 42 30 30

    Voir en ligne : albert.tanios@voila.fr

  • 3 février 2010 17:59, par Suzan

    Bonjour,
    Je ne doute pas un instant que Mgr Michel Chafik soit un éminent homme d’église mais il y a des faits qu’il ne prend pas en compte :
    Je reviens d’un forum économique et commercial tenu à Téhéran, j’ai été moins dépaysé qu’en Turquie à part les foulards colorés des jeunes filles et les tchadors portés surtout par des femmes moins jeunes, d’ailleurs j’ai constaté la joie et la gaité de ce peuple accueillant et en tant que chrétien je ne critiquerai jamais ces couvre-chefs : en France ils existent et sont visibles chez nos bonnes soeurs et je ne peux pas immaginer
    la Vierge sans son foulard.
    En Iran les chrétiens (arméniens et chaldéens) sont nombreux comme officiers de l’armée ou pilotes bien que la République soit islamique. Pouvez-vous imaginer cela en Egypte ? Non bien sûr, la raison est simple la laïcité est partie avec la mort de Nasser et le gouvernement actuel est pro-israélien et pro-américain. De plus certains tueurs de chrétiens agissant en Egypte arrêtés récemment au Caire appartenaient au Mossad...
    Pour finir quand il y a dix ans des films insultant le Christ et la Vierge Marie ont été projetés à Istanboul les musulmans ont incendié les cinémas ne pouvant supporter cet affront. Il faut savoir simplement ceci :
    En Islam Jésus appelé Christ chez les chiites et Issa chez les sunnites est le Messie qui viendra et la Vierge immaculée est un modèle pour toutes les femmes de la terre, en conséquence les croyants ont interdiction par le Coran du Prophète Muhammad d’attaquer les chrétiens. On peut dire aussi par ex. que d’après leur foi les chrétiens ne doivent pas tuer leurs proches ou leur voisin et pourtant il y en a qui le font ! L’important c’est d’être soumis à Dieu, c’est d’ailleurs la signification du mot Islam.
    En espérant que mon commentaire apporte un peu de paix au sein des croyants je vous souhaite un monde sans guerre.
    Fraternellement :
    Jean

    Voir en ligne : Le long martyre des coptes d’Egypte

  • 4 novembre 2011 21:28, par flandrin jean marie

    Rabenna Halik.. mon précédent message c’est perdu, né en egypte a Toussoum ai vécu avec des Coptes a l’ecole a ismailia j’ai toujours Admiré ces Gens qui prient Dieu en Arabe c’est a vous Saisir , je vais L’Eglise du Revest Dans le Var et Frequente toujours des Coptes ,J’ai un disque chez moi de leurs Chants et Prieres ,cele me donne de la Force de L’écouté. Dieu leur Donne toute force pour se maintenir,je né en I930 et ils sont ici en France avec moi ....