Jésus appelle ses premiers disciples
1. 35 Le lendemain, Jean était là de nouveau, et deux de ses disciples étaient avec lui. 36 Il fixa son regard sur Jésus qui passait et il dit : « Voici l’agneau de Dieu. » 37 Lorsque ces deux disciples l’entendirent, ils allèrent et suivirent Jésus. 38 Jésus se retourna et vit qu’ils le suivaient ; alors il leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui dirent : « Rabbi (c’est-à-dire Maître), où demeures-tu ? » 39 Jésus leur dit : « Venez et vous verrez ! » Ils vinrent donc pour voir où il restait, et ce jour-là ils demeurèrent avec lui. Il était environ quatre heures de l’après-midi.
40 L’un de ces deux disciples qui avaient écouté Jean et avaient suivi Jésus, était André, le frère de Simon-Pierre. 41 Il alla d’abord trouver son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » (ce qui veut dire : le Christ). Et il l’amena à Jésus. 42 Jésus le regarda et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas » (ce qui veut dire Pierre).
© LA BIBLE DES PEUPLES / ÉD. DU JUBILÉ
On fait souvent aux chrétiens ce double reproche de mépriser le corps et par ailleurs de surévaluer la gravité des péchés liés à la sexualité. C’est un peu contradictoire.
Si le christianisme tenait effectivement le corps comme une vile défroque promise à disparaître (comme les cathares et autres manichéens), on ne ferait pas tant d’histoires autour de la chasteté. Pour les adeptes du dualisme, le spiritualisme théorique a souvent fait bon ménage avec un laxisme pratique. Le corps, c’est si peu nous, que nous pouvons bien en faire ce que nous voulons, sans être éclaboussés par sa fange !
Saint Paul, quand il rappelle et précise les exigences bibliques en ce domaine, ne le fait que parce qu’il a en tête une vision profondément unifiée de l’homme qui est celle de la Genèse, encore renforcée par la foi en la Résurrection du Christ. Dieu n’a pas créé une âme qui serait tombée par accident dans un corps, il nous a voulu corps et cœur, deux dimensions profondément unies, qui permettent à l’être humain, ainsi placé à la frontière du monde matériel et du domaine des anges, de faire chanter la gloire de Dieu à l’univers entier. Et ce qu’il gardera de nous, après l’expérience de cette vie, c’est cet être intégral, qu’un jour il ressuscitera dans la gloire, ou qui sera promis à la damnation éternelle (cf. Jn 5,29). En attendant, l’importance donnée aux fautes contre la chasteté révèle la noblesse et la grandeur du projet de Dieu sur le corps humain et spécialement sur ce domaine si particulier où le corps n’est pas seulement lié aux réalités matérielles (comme dans la nourriture ou le vêtement, par exemple), mais où il est engagé dans une relation à la fois physique et spirituelle avec un autre être humain, pour donner la vie. Redisons-le : la chasteté, la vertu qui s’applique à ce domaine, n’est pas l’absence de sexualité, mais l’usage juste et droit de celle-ci. Il ne faut pas confondre la chasteté et la continence, encore que pour les personnes non mariées, les deux se rejoignent. Mais le langage lui-même nous dit que le contraire de la chasteté n’est pas le plaisir sexuel, mais l’inceste (in-chaste), la consommation de sa propre chair, l’inaptitude à rencontrer une véritable altérité, - que d’autres dérives, comme la masturbation et l’homosexualité, expriment également.
Mais le passage de la lettre de saint Paul va plus loin. Incontestablement, pour condamner le dévergondage sexuel, Paul fait un parallèle osé entre la communion eucharistique et l’union sexuelle : « celui qui s’unit au Seigneur est avec lui un seul esprit » et « celui qui s’unit à la prostituée fait avec elle un seul corps » (v. 16 qu’on nous a raccourci dans la lecture liturgique, de peur que nos chastes oreilles en soient offusquées !). Il y aurait une inconvenance grave à faire coïncider deux « unions », qui, même si elles ne sont pas sur le même plan, engagent la vérité de notre être, le corps compris. Certes l’union avec le Christ dans le sacrement n’est pas de type sexuel, mais elle possède le même caractère de « livraison » totale de soi à l’autre. Si l’union charnelle n’est pas régulée par le Christ dans le sacrement qui en manifeste la vérité, elle devient une concurrence déloyale, une caricature néfaste !
Laissons l’Apôtre nous dire l’incro-yable dignité de notre corps. Et, en retour, mesurons le sérieux de l’engagement du Seigneur Jésus, qui a voulu épouser notre humanité en se liant à sa chair, et si sérieusement que notre nature humaine, en lui, corps et âme, est assise à la droite du Père.
Dimanche 15 janvier
Première Lecture : 1·Samuel 3.3-10, 19.
Psaume 40.2, 4, 7-10.
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 6.13-15, 17-20.
Évangile : Jean 1.35-42.
Points sp.i
1. Jésus qui éveille nos âmes progressivement, en passant par la voix de ceux qu’il a mis sur notre chemin (lecture du premier livre de Samuel).
➤ Adorons l’Hôte de notre cœur.
Point spi : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » !
2. Jésus qui veut nous unir à lui et pour cela nous garder dans la pureté (lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens).
➤ Adorons l’Amant qui nous veut tout pour lui.
Point spi : Ne croupissons pas dans de troubles équivoques.
3. Jésus qui nous invite à demeurer avec lui (lecture de l’évangile de saint Jean).
➤ Adorons l’Ami qui nous invite à la dixième heure.
Point spi : Osons engager tout de suite le dialogue.
Lundi [16 janvier] :
L’époux et le jeûne (Marc 2, 18-22)
1. Jésus qui défend ses disciples, qui les protège de la surenchère ascétique des groupes installés.
➤ Adorons le Maître qui a pris soin des siens et ne les abandonne pas, qui veille sur eux.
Point spi : Ne nous laissons pas troubler par des comparaisons inutiles (chez N, on fait ainsi).
2. Jésus qui revendique le rôle d’ « époux », qui vient apporter aux siens la joie eschatologique des noces.
➤ Adorons Celui qui est bien plus qu’un maître, un chef, un patron : l’époux !
Point spi : Ne nous conduisons pas avec Jésus comme s’il nous demandait seulement des résultats.
3. Jésus qui veut que notre vie de prière et de pénitence soit liée à sa vie parmi nous, à son rythme à lui.
➤ Adorons Celui autour duquel s’ordonnent nos jours, nos semaines, notre année liturgique, chef de chœur, chef de ballet qui nous entraîne.
Point spi : Vivifions ce qui risquerait de n’être que des habitudes de piété.
Mardi [17 janvier] : Le Fils de l’homme et les épis froissés (Marc 2, 23-28)
1. Jésus qui entraîne des hommes à sa suite, qui ne leur propose pas une vie facile, qui leur fait éprouver la faim.
➤ Adorons Celui qui marche en tête de sa petite troupe à travers le désert de ce monde.
Point spi : Ne murmurons pas quand c’est trop dur.
2. Jésus qui dispose pour eux des secours exceptionnels, qui leur vient en aide en réinterprétant la règle du sabbat.
➤ Adorons Celui qui dispose souverainement de tout, qui est le « maître du sabbat ».
Point spi : Acceptons les ménagements qui nous sont offerts.
3. Jésus qui accepte d’être mal jugé par solidarité avec ses disciples, et qui comme David, se trouve marginalisé.
➤ Adorons le Fils de l’Homme que les hommes rejettent mais que Dieu glorifiera.
Point spi : Assumons les jugements du monde contre les chrétiens.
Mercredi [18 janvier] : Le Défenseur de l’homme (Marc 3, 1-6)
1. Jésus qui n’esquive pas l’affrontement, qui demande au paralysé de s’avancer devant tout le monde, qui met ses interlocuteurs au pied du mur.
➤ Adorons le Juge devant qui nos calculs, nos incohérences apparaissent au grand jour.
Point spi : Sachons nous indigner devant l’hypocrisie, la lâcheté, la méchanceté.
2. Jésus qui guérit, qui se marque en faveur de l’homme handicapé, qui va jusqu’au bout pour lui.
➤ Adorons le Christ qui agit par avance avec la puissance de la Résurrection.
Point spi : N’ayons pas peur de nous marquer, ne craignons pas l’opinion des autres.
3. Jésus que l’on commence à vouloir perdre, Jésus que l’on accuse bêtement.
➤ Adorons l’Innocent dont on médit, dont on travestit les intentions.
Point spi : Ne pactisons pas avec les rumeurs et les on-dit.
Jeudi [19 janvier] : La retraite et la foule (Marc 3, 7-12)
1. Jésus qui se retire et qui est suivi, Jésus qui ne se dérobe pas devant la foule qui l’assiège.
➤ Adorons le Sauveur venu au milieu de son peuple.
Point spi : Ne nous dérobons pas à notre semblable, accueillons sa misère.
2. Jésus sur qui on se « précipite », Jésus que l’on saisit, que l’on enveloppe, que l’on touche.
➤ Adorons le Médecin des cœurs et des âmes, tellement disponible à toutes nos misères.
Point spi : Répercutons cette ouverture en étant, nous-mêmes, très accessibles.
3. Jésus qui reçoit la reconnaissance sarcastique des démons, qui subit leur violence et leur dérision.
➤ Adorons le Saint et le Juste dont le Démon ne peut supporter la présence.
Point spi : Ne nous laissons pas troubler par les discours réducteurs et blasphématoires que nous entendons.
Vendredi [20 janvier] : Le choix des Douze (Marc 3, 13-19)
1. Jésus qui a conscience de faire naître quelque chose de nouveau et d’inédit, qui fonde réellement son église, le nouvel Israël, sur douze pierres de fondation.
➤ Adorons le Chef de l’humanité nouvelle.
Point spi : Ne confondons pas l’église avec une institution humaine.
2. Jésus qui ne choisit pas seulement des instruments de sa mission, mais des disciples qu’il met à part et les attache à lui.
➤ Adorons Jésus au cœur de son église, réunissant des hommes à ses côtés.
Point spi : Situons-nous clairement dans la fidélité et la docilité à l’église.
3. Jésus qui dans ses Apôtres, prend même un traître, qui accueille toute notre humanité avec sa faiblesse et son péché.
➤ Adorons le Christ les yeux bandés qui reçoit ses Apôtres comme ils sont, sans présager de leur avenir.
Point spi : Renonçons à demander tou-jours des garanties.
Samedi [21 janvier] :
La famille qui ne comprend pas (Marc 3, 20-21)
1. Jésus qui est tout donné à sa mission, qui n’a plus le temps de manger.
➤ Adorons Celui qui vient nous partager sa vie et qui ne réclame rien pour lui.
Point spi : Annonçons gratuitement la Parole de Dieu.
2. Jésus qui est rattrapé par sa famille, Jésus qui conserve des attaches humaines, qui n’est pas un extra-terrestre.
➤ Adorons Celui qui reste à jamais le Fils de Marie, le frère de Jacques, Simon, etc.
Point spi : Acceptons de devoir dépendre du jugement de nos proches sans nécessairement leur céder.
3. Jésus que l’on peut croire fou, alors qu’il est suprêmement sage, Jésus qui bouscule nos limites.
➤ Adorons la Sagesse de Dieu plus sage que les hommes qui la croient folie. Point spi : Cherchons avant tout l’accord avec Dieu.


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