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La grande pitié des églises de France

par Gérard Leclerc

lundi 18 janvier 2016


Ce titre appartient à Maurice Barrès, qui publia en 1913 une défense vibrante du patrimoine religieux de notre pays, qui était déjà en grand danger de dégradation. Le romancier, à l’époque, mettait en cause la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, à laquelle il attribuait la responsabilité d’un désintérêt de la puissance publique réputée hostile à la religion catholique. Son plaidoyer ne fut pas sans conséquence, puisque, selon certains historiens, il contribua largement au vote de la loi de 1913 sur les monuments historiques et la création, en 1914, de la caisse des monuments historiques. Il n’était d’ailleurs pas le seul écrivain attaché à la sauvegarde de nos édifices religieux puisque Marcel Proust lui-même avait dénoncé ce qu’il appelait « la mort des cathédrales ». Peut-être faudrait-il aujourd’hui une mobilisation analogue, afin d’atteindre l’opinion publique en faveur de nos églises à nouveau menacées.

Menacées d’abord par le vandalisme. L’exemple récent de l’église Saint-Louis de Fontainebleau a montré comment une action criminelle pouvait produire des dégâts inestimables, jusque dans un lieu bien connu des habitants de la ville et un sanctuaire très fréquenté d’une paroisse vivante. L’incendie volontaire a détruit un autel du XVIIe siècle et probablement une Vierge en bois du XIVe siècle très vénérée (peut-être a-t-elle été volée ?) ; la réserve eucharistique a été profanée. Voilà qui a de quoi alimenter une polémique sans cesse renaissante à propos de la « christianophobie ». Devant l’évidence que ce sont les édifices chrétiens et les sépultures chrétiennes qui sont le plus massivement agressés, certains arguent que c’est plutôt en raison d’intérêts matériels (recel d’œuvres d’art par exemple) que de sentiments antireligieux, ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de bâtiments juifs ou musulmans. Quoi qu’il en soit, c’est bien le patrimoine catholique en premier lieu qui souffre le plus gravement aujourd’hui des actes criminels.

Mais il y a un autre aspect, non moins préoccupant, qui est celui de la dégradation pour cause de non-entretien sur le long terme, avec l’état alarmant de nombre d’églises. C’est flagrant à Paris. On se désole devant la façade de Saint-Augustin encombrée d’un échafaudage qui protège de la chute des éléments, mais ne présage pas encore d’un début de travail de réfection décisif. C’est le symbole d’une situation générale qui exigerait des investissements conséquents. On ne peut que soutenir les efforts, qui, parallèlement sont faits, d’initiatives ecclésiales (comme à Saint-Germain-des-Prés), ou privées (comme celles dirigées par Olivier de Rohan) pour à nouveau venir au secours de nos églises en danger. 

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5 Messages de forum

  • 20 janvier 2016 09:53, par jacques de Moissac

    Les siècles passants, il est évident comme toutes les constructions
    sont sous le même cas.

    Et nous avons le plaisir de dire, quelles sont nombreuses.

    En plus que notre patron n’a pas les pensées en faveur de notre religion.

    Et quand je vois, qu’il sera réélu en 2016 , pas de soucis a se faire la

    destination, est toute faite ! Nous allons prier Saint malbrel ???

    Ne rouspétons pas trop fort, car, aprés les crêches......il n’a que la guerre et l’ Islam en tête.....

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  • 24 janvier 2016 00:09, par admin

    Je lis l’edito de Gérard Leclerc "la grande pitié des églises de France".

    Ça l’étonne ?

    A-t-il seulement entendu une seule fois un curé demander à ses paroissiens de lui donner de l’argent pour restaurer son église ?

    Moi jamais, mais par contre à chaque messe on demande aux fidèles de l’argent pour sauver l’humanité encore et toujours et il n’y en n’a jamais assez, tous les moyens sont bons.

    Question : est ce que ces tombereaux de fric donnés à ces desherités en a seulement converti un seul, en a t il fait venir un seul dans nos églises ?

    Hum !

    Et si on prenait le problème à l’envers : faire en sorte de faire venir ceux "qui sont à la marge" dans nos églises, églises dont on se devrait qu’elles soient un tout petit peu accueillantes, il se pourrait que cela se fasse et plus vite qu’on ne croit, à la demande de ces gens "à la marge" comme dirait le Pape, si seulement on veut bien ouvrir les yeux.

    Je suis allé à la messe de Noël dans une église habituellement délaissée entre Senlis et Creil, pleine de monde, une faune manifestement peu habituée à nos cérémonies, bruyante, plutot mal habillée, ne sachant trop comment se comporter, mais qui était là et qui a supporté le mauvais éclairage, le chauffage défectueux, le micro foireux, les chants médiocres, les chaises defoncées,

    Être tassés les uns sur les autres, debout pour beaucoup toute la messe

    Quête : 800 € !

    Énorme ! (si 40 personnes avaient donné 5€ ce qui serait dejà pas mal on serait à 200€ on en a recolté 4 fois plus, ca veut dire des dizaines et des dizaines de billets des kilos et des kilos de pièces)

    En clair, ce bon peuple a voté avec son porte monnaie "on ne vient pas souvent à la messe, mais c’est çà qu’on veut" seront ils entendu par la hiérarchie ?

    Hum !

    Çà fait 10 ans que le fils d’un copain attend qu’on veuille bien le nommer diacre, de quoi faire fuir les meilleures volontés.

    Faut dire qu’il est à Paris, on n’a donc pas specialement besoin de lui il serait venu à cette messe il en serait sorti convaincu de sa vocation....

    Louis

    ps : bravo pour la citation de sainte Therese de Lisieux en page 7 que je ne connaissais pas : ça justifie 1 réabonnement !

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    • La grande pitié des églises de France 24 janvier 2016 08:59, par Bernadette Cosyn

      Demander de l’argent pour restaurer l’église ? Mais le curé ne le peut pas : toutes les églises construites avant 1905 n’appartiennent plus à l’Eglise, elles appartiennent aux communes. Tout au plus pourrait-il faire repeindre les murs intérieurs, avec l’accord du propriétaire. Si la commission des monuments historiques donne son aval, bien évidemment.

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    • La grande pitié des églises de France 24 janvier 2016 10:18, par Gemayel

      Quand le terme "faune" aura bénéficié des explications exactes à ceux malheureusement limités par une ignorance crasse en matière de zoologie, alors peut-être que de timides mais intéressants et, qui sait, utiles échanges sur le sujet pourraient avoir accès à ce forum.

      Hum !...

      Et, on ne sait jamais, alors on redeviendrait quelque part digne de "la France des cathédrales"...

      Quant à ce monsieur qui attend de devenir diacre, que vient-il faire dans "la grande pitié des églises de France", on parle de "bâtisses" et non de l’Eglise...

      Hum !

      A propos des, citation, "tombereaux de fric donnés à ces déshérités" pour comptabiliser la conversion d’un seul, alors, en effet, plutôt miser sur l’"esthétique" et les ravalements de façades de nos lieux de cultes, les églises, pour voir affluer les vrais chrétiens aux messes du dimanche et même, pourquoi pas, de tous les jours.

      Hum !

      Y aurait-il quelque chose qui s’appellerait, par exemple, "ravalement de baptême" ? ou "ravalement de "chrétien" " ? Plutôt arrêter de verser des tombereaux d’euros que les déshérités vont s’empresser d’empocher, car à soulager les misères nul n’est tenu. Le Seigneur aurait, parait-il, plus d’un tour dans Son sac pour réunir des euros en vue d’aider Ses pauvres. La "main gauche" qui doit "ignorer ce que donne la main droite" serait, parait-il, un affabulation.

      A not’ bon cœur...

      MERCI.

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  • 24 janvier 2016 08:32, par Jean Louis FAURE

    Merci à Gérard Leclerc de rappeler ces points d’histoire. Toujours utiles surtout pour notre jeunesse facilement portée à croire que le monde a commencé avec son arrivée sur terre. La destruction et le saccage de nos lieux de cultes et de notre histoire correspond à une situation pré révolutionnaire. Je me souviens que notre professeur de lettres à Lyon nous avait raconté comment les révolutionnaires de 1790 amenaient leurs chevaux crotter à l’intérieur de la cathédrale Saint Jean …

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