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La fin de la culture générale

par Gérard Leclerc

jeudi 15 décembre 2011


Sciences Po innove encore ! Son très médiatique et très branché directeur, Richard Descoing, a donc décidé de modifier les conditions d’entrée à la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume. Dès 2013, l’examen d’entrée en première année comportera d’abord l’étude du dossier personnel, un plus grand nombre d’oraux. L’épreuve écrite de culture générale sera supprimée. Le but de cette réforme est de renforcer la discrimination positive déjà mise en œuvre par Richard Descoing et qui vise à diversifier les origines sociales des étudiants. Un pas de plus semble être franchi avec l’abandon de l’excellence scolaire. On misera beaucoup plus sur des critères sensibles à une société de communication, où l’habileté orale est mise en valeur à l’encontre des exigences de la culture écrite. C’est vrai que l’enseignement français traditionnel, celui qui avait trouvé ses normes sous la IIIe République, cultivait la préférence de l’accès aux grandes œuvres. Cela avait quelques inconvénients. Ainsi les jeunes gens pouvaient étudier Shakespeare et Goethe, sans parler vraiment l’anglais et l’allemand de tous les jours. Cela pouvait nous mettre en infériorité par rapport aux autres pays.

La tendance va donc être inversée, et pas seulement à Sciences Po. Ce sera au détriment de ce que l’on a appelé l’élitisme républicain. Du coup la querelle resurgit. Natacha Polony dans le Figaro n’est pas tendre avec la nouvelle sélection qui lui semble « plus proche des castings de télé-crochet ». Les timides et les cérébraux seront désavantagés par un système où triompheront les beaux parleurs et les virtuoses de l’auto-promotion. Plus grave encore le grief qui stigmatise le traitement des symptômes au détriment de celui des causes de l’inégalité culturelle. Natacha Polony sait de quoi elle parle, puisqu’elle a connu le dur métier de professeur en banlieue défavorisée.

Donner leur chance aux jeunes des quartiers est plus que louable. Mais la meilleure chance qu’on puisse leur offrir, c’est celle d’une vraie culture qui les armera pour la vie !

Chronique lue sur radio Notre-Dame le jeudi 15 décembre 2011.

10 Messages de forum

  • 16 décembre 2011 16:38, par Bernard Richard

    La culture générale, c’est bien à Sciences Po, avec les cours et autres exercices, que les étudiants l’acquièrent, alors ne mettez pas la charrue avant les boeufs et laissez Sciences Po tranquille, sans tjrs dénigrer sa direction qui fait plus que bien d’autres pour ouvrir la France sur une société juste

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    • La fin de la culture générale 16 décembre 2011 18:54, par Henri

      Avec de tels arguments on reste sans voix. il est vrai que de Richard Descoing son directeur on a envie de dire :
      "C’est un homme de bien qu’il faut que l’on écoute "
      Maxime que l’on devrait graver en lettres d’or au fronton de Scien -Po, la culture générale, étant abolie , personne n’y trouverait à redire. Personne sauf peut être ceux qui connaissent encore Jean- Baptiste.....

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    • La fin de la culture générale 17 décembre 2011 07:53, par Fr-Ph Durbach

      Est-il vraiment plus juste que de ne pouvoir fréquenter Sc. Po Paris actuellement si l’on est catholique et ne veut abdiquer à la dictature néo-stalinienne de la théorie du genre, préchée ex cathedra comme vérité ?
      Un diplomé de Sc.Po

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      • La fin de la culture générale 18 décembre 2011 00:43, par Bernard Richard

        Qu’il est puéril de parler de néo-stalinisme à Sciences Po, sauf à ignorer ce qu’était le stalinisme, mais alors où va-t-on si même les catho de Sciences Po ont une telle ignorance ?

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    • La fin de la culture générale 17 décembre 2011 16:42, par jaqiuenot001

      Richard croit-il à ce qu’il dit ?

      En fait il ne dit rien, il affirme. Cela n’est pas du tout convaincant.

      Le niveau des connaissances à Sciences Po est en baisse. L’acceptation entre autres de la théorie du genre n’est qu’un exemple de superficialité !

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  • 17 décembre 2011 12:30, par c

    La culture générale c’est d’abord écrire correctement la langue française et avoir un vocabulaire étendu et précis sans "novlangue" pour ne rien dire, et malheureusement le niveau est consternant même dans les classes préparatoires, pour ne pas parler de hauts diplômés.
    De toute façon déjà au lycée, les diplômes ne sont plus délivrés par rapport à la culture générale et par rapport à une tête bien faite qui a appris à raisonner et se poser des questions en cherchant les causes avant les conséquences...
    Nous sommes bien dans une société où les valeurs d’un Honnête Homme ne sont plus enseignées dans les écoles officielles en général.
    Sciences Po n’en est que la vitrine.
    Ceux qui veulent garder leurs valeurs malheureusement devrons cultiver leurs connaissances en dehors des écoles officielles, et exercer un métier technique et hors des postes en vue, sinon ils perdront leurs âmes (cela touche les "littéraires" comme les "scientifiques", cf les médecins par exemple avec les obligations sous peine de sanctions concernant la santé dite reproductive (bel exemple de novlangue là aussi). C’est le principe de fonctionnement de toutes les "dictatures idéologiques".

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  • 18 décembre 2011 18:00, par Melmiesse

    la discrimination positive, c’est arriver à coup de piston, la république bananière. Lélitisme permettait à un élève intelligent d’un milieu pauvre de se faire une situation ; le 1er de canton au certificat d’études était sur d’aller au lycée puis d’avoir accès à tous les concours et y était envoyé. Maintenant il laissera sa place à un moins doué mais appartenant à une autre culture à favoriser(au début du 20eme siècle on a eu le scandale des fiches : là aussi discrimination positive)

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  • 19 décembre 2011 16:31, par Serge PLENIER

    Ce n’est pourtant pas rien que la culture générale. Dans "Vers l’armée de métier", Charles de Gaulle la considérait comme "la véritable école du commandement". Il ajoutait à son propos : "Par elle la pensée est mise à même de s’exercer avec ordre, de discerner dans les choses l’essentiel de l’accessoire, d’apercevoir les prolongements et les interférences, bref de s’élever à un degré où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances. (…) Au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote".

    Ce qui est vrai pour les officiers l’est encore plus pour les élites que Sciences-po est censée fournir à la France. C’est la culture générale (d’où qu’elle vienne d’ailleurs) qui fournit les outils nécessaires à la décision et à l’action, bien plus que les seules connaissances techniques d’un métier. Malgré les plus brillantes qualifications professionnelles, un haut fonctionnaire sans culture sera toujours un exécutant, perpétuellement condamné à obéir à des supérieurs ou à une routine, dans le meilleur des cas.

    La culture n’est pas une somme de savoirs. Elle est cette faculté qui nous pousse toujours à apprendre et à constituer un tout cohérent de ce que nous savons. Dans "Le comte de Monte-Cristo" d’Alexandre Dumas, l’abbé Faria explique ainsi à Edmond Dantès, encore captif au château d’If, la différence entre les "sachants" et les "savants" : "c’est la mémoire qui fait les uns, c’est la philosophie qui fait les autres".
    En nous proposant des "élites" sans philosophie au service d’un peuple sans mémoire, le nommé Richard Descoings nous prépare un monde bien étrange.

    Et l’on peut craindre que, dans ce monde-là, le mot de liberté ne signifie plus grand chose.

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    • La fin de la culture générale 19 décembre 2011 19:05, par Bernard Richard

      Je ne peux que répondre que la culture générale s’acquiert précisément à Sciences Po, pendant les études et pas nécessairement avant. Il est donc absurde - et même malhonnête - de prétendre qu’elle est bannie de cette école.
      Voyez au besoin les thèmes des cours, des conférences, etc., et vous y verrez la culture générale bien diffusée.

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    • La fin de la culture générale 19 décembre 2011 22:42, par henri@wanadoo.fr

      OUi, Serge Plenier

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