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Gérard Leclerc dialogue avec

LA CRISE DU MODÈLE ALLEMAND

entretien avec Édouard Husson publié dans le n°3175 de France Catholique daté du 24 juillet 2009.

mercredi 25 avril 2012


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2 Messages de forum

  • 25 avril 2012 22:34, par Jean-Michel Ycre

    Je partirai de la conclusion :
    "Il faut cesser de consulter les Allemands  : quand on leur demande leur avis, ils décident d’en avoir un."

    Dans la même veine, je propose donc que l’on cesse de consulter les Français. Surtout actuellement, où leurs opinions sont choquantes.
    Démocratique, n’est-ce pas ?

    Je suis étonné qu’un historien de l’Allemagne connaisse aussi mal les Allemands et montre autant de mépris pour eux. Je suis même étonné qu’il connaisse aussi mal l’histoire de l’Allemagne.

    Pour ce qui est de la Réunification, rappelons que la RFA était une République Fédérale. Lors de la réunification, ce sont les Länder de RDA qui ont adhéré à cette République Fédérale. A ce titre, ces régions ont donc rejoint l’OTAN, car la RFA faisait partie de l’OTAN.

    Rappelons aussi la chronologie.
    Le Mur de Berlin s’ouvre le 9 novembre 1989.
    Le deutschemark est introduit à parité le 1er juillet 1990 (l’union monétaire précède l’union politique).
    Le choix d’une parité de 1 pour 1 entre le deutschemark et l’ostmark était un choix politique, pour exprimer aux citoyens est-allemands qu’ils étaient Allemands à part entière, un choix qui leur a redonné du pouvoir d’achat également.
    Ce n’est que le 3 octobre 1990 que l’unification politique a lieu.
    Enfin, en août 1991 se produit le putsch de Moscou : des communistes conservateurs, dont le responsable du KGB déposent Gorbatchev.
    S’il ne dura que quelques jours, le coup d’Etat fut suffisamment sérieux pour que notre président de l’époque, François Mitterrand, reconnaisse le nouveau pouvoir et s’abstienne de soutenir Gorbatchev (contrairement à Bush Père et Kohl)

    Tout cela pour dire que l’enracinement de l’Allemagne dans l’OTAN était une évidence géopolitique, tant la situation était instable à l’époque.
    L’objectif était de rendre le processus d’unification irréversible. L’ancrage dans l’OTAN, la force du deutsche mark étaient les meilleurs atouts d’Helmut Kohl pour ce faire.

    L’économie allemande a mis effectivement 15-20 ans pour digérer l’intégration de la RDA. Si le gouvernement ouest-allemand de l’époque a mal évalué les difficultés du processus d’intégration et surévalué le niveau de l’économie est-allemande, c’est aussi parce que la propagande de la RDA avait bien fonctionné.
    En réalité, l’économie de la RDA était moribonde et totalement non-compétitive.
    Ou bien auriez-vous pensé qu’un Allemand de l’Ouest aurait acheté une Trabant plutôt qu’une Golf Volkswagen ? Vous seriez-vous attendu à ce que les Allemands de l’Est fassent de même ?

    Donc, oui, l’Allemagne a mis 15 ans pour intégrer 15 millions de citoyens en plus. Cela me paraît déjà une belle performance.

    Y a-t-il un modèle allemand ? Oui, bien sûr.
    Répondre à cette question mériterait un article entier.
    Je me contenterais de comparer brièvement quelques statistiques :

    Le niveau de dette publique est de 82% en 2011 (en France 86%).
    Le taux de chômage en mars 2012 est de 6,7% (en France 10%).
    L’excédent commercial en 2011 était de 160 milliards d’euros (en France, un déficit de 75 milliards d’euros)

    La France a-t-elle accueilli 10 millions de personnes en détresse économique ces 20 dernières années ?
    Non ? Et pourtant, à voir nos statistiques, nous pourrions le croire.

    L’économie sociale de marché est un capitalisme tempéré par l’Etat, qui repose sur une lecture équilibrée de la théorie économique par les penseurs ordolibéraux.
    Cette lecture est libre-échangiste, aussi parce que le protectionnisme des années 1930 a favorisé les Nazis.

    Pour ce qui est des entreprises allemandes, enfin, nier qu’elles sont très innovantes, c’est se voiler la face et nier la réalité. On ne bâtit pas un excédent commercial de 160 milliards d’euros simplement en soufflant dessus.

    On peut ne pas aimer les Allemands ou l’Allemagne, mais faire l’autruche et tordre par l’interprétation les réalités historiques ne va pas aider nos concitoyens à s’en sortir.

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  • 26 avril 2012 08:47, par Philippe Pouzoulet

    Je suis étonné de ce commentaire :

    - OTAN : mais il me semblait que Kohl voulait la réunification de l’Allemagne dans l’OTAN ; l’idée d’une Allemagne transformée en grande Suisse me semble farfelue ; de plus, les Européens à l’est de l’Allemagne (Pologne, pays Baltes) n’ont cessé d’oeuvrer pour leur intégration à l’OTAN parallèlement à l’adhésion à l’UE comme meilleure protection contre la Russie qui n’a toujours pas renoncé à son rêve impérial ;
    - E. Husson ne mentionne pas les effets délétères de la crise démographique sur l’avenir allemand. Il y a un vrai problème d’accueil de l’enfant dans les familles allemandes. Le modèle allemand, c’est plutôt le couple bobo-écolo assez égoïstement replié sur son bien-être et convaincu que l’enfant nuirait à ce bien-être...Quel modèle...
    - Europe : 60 ans après, l’Europe pour l’Allemagne n’est donc que la prolongation des intérêts nationaux ? C’est bien ce qui semble résulter de la politique Merkel et cela en dit long sur le naufrage du dessein des pères fondateurs ; les Allemands veulent l’union mais c’est comme les Flamands veulent la Belgique : surtout ne plus payer pour les autres...
    - enfin il me semble que les valeurs sur lesquelles les Allemands se fondent sont frelatées. Le christianisme même catholique y est perclus de protestantisme, c’est devenu une sorte d’humanisme plus ou moins théiste sur fond d’hédonisme. Mes enfants ont été à Cologne pour les JMJ et n’ont vraiment pas été emballés par le catholicisme qu’ils ont trouvé... Le coeur de l’Europe est un ventre mou civilisationnel. Il est parfaitement exact que les Français et les Allemands se tournent le dos, mais on est presque soulagé que les Français n’éprouvent aucune fascination pour le "modèle" allemand...

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