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L’ordination de « viri probati »

par Gérard Leclerc

lundi 13 mars 2017


L’entretien récent que le Pape a donné au journal allemand Die Zeit a surtout retenu l’attention par la possibilité ouverte à l’ordination au sacerdoce de viri probati. Les viri probati désignent des hommes d’âge mûr qui ont fait leurs preuves pour être en mesure d’exercer le ministère des prêtres dans certaines situations. Le Saint-Père se donne le temps nécessaire pour procéder à une telle décision qui aurait des conséquences importantes pour l’Église, sans qu’on puisse parler de révolution doctrinale. L’exigence du célibat relève d’un engagement spirituel, pris par l’Église latine, qui ne saurait être abandonné sans dommages graves. Dans une conférence mémorable prononcée au séminaire français de Rome, le cardinal Jean-Marie Lustiger s’était exprimé sur ce sujet essentiel, à un moment de doute où déjà se posait la question de l’avenir du sacerdoce. Ainsi formulait-il un des objectifs principaux de son épiscopat, associé à la refondation du séminaire de Paris.

François ne contredit nullement cette conviction, fondée sur une spiritualité qui s’enracine profondément dans la tradition chrétienne. Il n’est pas question, a-t-il dit dans son entretien au quotidien allemand, de permettre aux jeunes séminaristes de choisir le célibat ou non. Donc, la figure du prêtre, telle qu’elle s’est précisée au Concile de Trente, est appelée à se perpétuer et demeurera la norme. La revendication en faveur du « mariage des prêtres » est moins que jamais d’actualité. D’ailleurs, les Églises d’Orient ne l’ont jamais reconnue. Des hommes mariés peuvent être appelés au sacerdoce, mais en aucun cas, des prêtres engagés dans le vœu du célibat ne peuvent prétendre au mariage. La question qui se pose est celle d’adjoindre au clergé une branche d’hommes mariés ordonnés qui pourraient s’occuper notamment des régions à l’écart, privées par la force des choses de la célébration eucharistique, sans laquelle il n’y a pas de construction ecclésiale possible. Le Pape venu d’Amérique latine est particulièrement sensible à cette grave carence qui touche certaines régions de ce sous-continent. Notre propre espace rural fragilisé de la France périphérique pourrait-il bénéficier d’un tel concours ? Il appartiendra sans doute à de futurs synodes d’en envisager la possibilité, non sans mesurer les problèmes posés par cette mutation. Nous serions, en effet, en présence de deux clergés, celui des viri probati n’ayant pas bénéficié de la même formation théologique et spirituelle que le clergé ordinaire. Mais l’Église n’est pas démunie, car elle a aussi l’expérience d’une grande diversité de familles religieuses en son sein. Et avec la grâce de Dieu…

36 Messages de forum

  • 13 mars 23:05, par lecteur et acolyte

    La nouveauté ne serait pas si grande qu’on ne l’imagine : il a toujours existé un clergé catholique marié en orient. Il est vrai que ce clergé paroissial existe à coté de prêtres-moines (hiéromoines) que les fidèles vont consulter dans les monastères.

    Il est important aussi de noter que ce clergé oriental d’hommes mariés n’est pas issu le plus souvent d’intiative des futurs prêtres : la majorité de ces prêtres vient de couples qui ont été interpellés par leur évêque pour que le mari devienne prêtre. Et le point est que, même si c’est très souvent une perte économique, ces interpellations ne rencontrent que peu de refus.

    Quant à l’interpellation d’hommes mariés, c’est ainsi que la plupart des 2700 diacres français ont été recrutés : expérience non négligeable , même si la vocation de diacre est autre que celle du prêtre.

    Maintenant, il reste que les prêtres - ou les diacres - viennent de familles qui acceptent cet appel. La vraie question est que des prêtres ne vienne que dans des familles qui l’acceptent : on ne peut pas prier en vérité pour avoir plus de vocations tout en pensant très fort ’’ Donnez nous des prêtres, mais, s’il vous plait, mon Dieu, pas dans ma famille’’

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    • L’ordination de « viri probati » 14 mars 06:45, par Gemayel

      cf. : 13 mars 23:05

      1. Au contraire, il y aurait bel et bien "nouveauté" le jour - s’il devait arriver - où l’Eglise catholique romaine autoriserait, en Occident, le sacerdoce d’hommes mariés. N’est-ce pas le concile de Latran (1123) qui a imposé le célibat des prêtres ?(Sous JPII Rome a ordonné des hommes mariés, mais il s’agissait de pasteurs protestants, anglicans... déjà mariés, convertis au catholicisme).

      2. L’assertion que le clergé oriental marié "n’est pas issu le plus souvent d’initiative de futurs prêtres", la majorité venant de couples "interpellés par leur évêque pour que le mari devienne prêtre" reste à être prouvée. Par contre, ce qui est une certitude c’est que l’homme marié ordonné prêtre relève directement de son évêque (vulgairement parlant : ne folâtre pas, à son gré, mais doit rendre des comptes à son évêque dont il dépend). A noter également, dans ce contexte et sauf erreur qu’un prêtre marié ne peut pas se remarier après décès de son épouse. Il pourrait être utilement rappelé que le célibat des prêtres exigé dans l’Eglise catholique romaine de rite latin ne relève d’aucune doctrine ni d’aucun dogme, c’est une règle.

      3. Que signifie "perte économique" souvent infligée dans le cas où un homme marié était appelé au sacrement de l’ordination ? Puisque, en Orient, et dans leur grande majorité en tous cas, les hommes mariés ayant accédé à la prêtrise ont déjà un métier ou une profession. (voir sous "Notre cher célibat" message sur la question).

      4. "vocation" ou "appel", si entendus et vérifiés, sont une rencontre intime et personnelle avec le Seigneur. L’ordination est un sacrement avec tout ce que cela comporte de conditions, privations et astreintes. Et de joies aussi. Ce n’est pas un bureau de recrutement pour dénicher un boulot. Tout comme le sacrement de mariage n’est pas un CAP légitimant des satisfactions strictement charnelles.

      Reste la question du divorce, exclu dans l’Eglise catholique, mais qui était fréquent dans la société. (l’imparfait "était" s’explique par la diminution du nombre de divorces dans nos sociétés modernes... On ne divorce plus autant qu’avant puisqu’on ne se marie plus : on vit ensemble). L’idée de prêtres mariés, démariés, remariés et re-démariés etc... peut donner à réfléchir. En plus, avec ce qui est enseigné à nos enfants, et la prolifération d’autres paramètres qu’on s’ingénient à imposer à la société comme autant de valeurs...

      Bien de faits qui devraient inciter les auteurs à la plus grande prudence L’article de G. Leclerc en fournit un exemple où chaque mot est pesé.

      La conclusion du message cité relève, elle, du "subjectif" : mentionner qu’il s’agit de familles qui acceptent ou pas qu’un des leurs soit ordonné prêtre ne signifie rien. En effet, comme déjà indiqué, une "vocation" est un appel intime et personnel. Ce n’est donc pas à la famille de décider. Laisser planer comme une hypocrisie la prière pour l’ordination du plus grand nombre mais pas dans sa propre famille ressemble à un procès d’intention. S’il est vrai que des parents ne voient pas d’un bon oeil leur enfant appelé au sacerdoce, il y en a qui ne souhaitent que le bonheur de leur fils au service du Seigneur et de l’Eglise. Généraliser comporte toujours le risque de se tromper.

      Reste la signature du message référencé : "lecteur et acolyte" fait un peu "diffus"..."Lecteur" tout le monde sait ce que ça veut dire ; "acolyte" vient d’un mot grec : "serviteur". On est en droit de se demander si l’auteur est un "acolyte", c’est-à-dire chargé d’aider le prêtre durant la liturgie : sonner la clochette, approvisionner l’encensoir, vider les burettes, éteindre les cierges, etc...Ou bien si "acolyte" est, ici, synonyme de confrère, ami ou encore partenaire ou associé. Pour le reste...

      Serait-il interdit de terminer en se référant à la guérison par Jésus de la belle-mère de Pierre qui se leva et se mit aussitôt à servir ?

      Et surtout à Mt 19, 10-12 (" il y en a qui se sont fait eunuques pour...".

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      • L’ordination de « viri probati » 16 mars 21:17, par Bruno ANEL

        Je ne connais pas la pratique de toutes les églises orientales. En Egypte, les chrétiens coptes orthodoxes appelés au sacerdoce sont invités à se marier avant l’ordination, les célibataires étant plutôt orientés vers les monastères. L’académicien d’origine libanaise Amin Maalouf raconte dans l’un de ses romans que dans les paroisses maronites, on réservait autrefois au futur prêtre la plus belle jeune fille du village, en signe de considération . A vérifier cependant... Mais il est vrai que la "kouraia" ( épouse du curé) joue un rôle important dans la paroisse.

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  • 14 mars 09:27, par Philippe Pouzoulet

    Si c’est pour ordonner un homme marié appelé à desservir quelques paroisses au fond de la Patagonie...ou de la Creuse, pourquoi pas ?

    C’est un peu ce que font les églises orientales y compris l’Eglise russe : pour desservir de toutes petites communautés souvent dispersées dans de nombreux pays, elles finissent par ordonner des hommes mariés passés par l’étape préalable du diaconat qui continuent de travailler pour ceux encore en activité.

    Mais ce n’est pas ça qui va résoudre la crise des vocations qui nécessite de repenser la place du prêtre dans une société déchristianisée.

    On voit en revanche le risque d’un clergé scindé en deux classes, avec des prêtres formés (et célibataires) et des prêtres non formés au séminaire (et mariés), choisis parmi les piliers de communauté, en fait préposés à la distribution des sacrements là où, du moins chez nous, il n’y a plus beaucoup de fidèles en raison de la concentration de la population en milieu urbain (un peu comme dans l’Eglise russe le pope de village dont le mode de vie était très différent de celui des moines).

    Bon, ce sera mieux qu’une "ADAP" mais ça reste un pis aller, pas une revitalisation. De plus, dans nos pays, les gens prennent la voiture pour se regrouper en messe du secteur paroissial. Donc l’église avec quinze fidèles desservie par un fidèle marié vivant dans le village, ça ne semble pas très opérationnel et revitalisant...

    Bizarre que le pape choisisse un journal allemand pour lancer ce ballon d’essai.

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    • L’ordination de « viri probati » 14 mars 12:06, par Gemayel

      Il faudrait entendre, plus : écouter ce moine copte du désert qui, avant de répondre à l’appel du Seigneur, était ingénieur de son état, homme cultivé et surtout plein de bon sens : "la famille est la base de la société".
      Jamais marié, ce moine, le frère Macaire (Makarios), a expliqué en peu de mots ce qu’est le monachisme, le sacerdoce ET le couple et la famille chrétienne.

      Il serait parfois utile de se référer aux fondamentaux de l’Eglise pour élargir le champ de ses connaissances (ou pseudo-connaissances). Une petite touche d’humilité ne ferait de mal à personne. Bien au contraire.

      L’Histoire de l’Eglise a un commencement, et sa fin (annoncée) n’est pas pour demain. N’en déplaise aux ultras de "droite" ou de "gauche". Le Seigneur a montré le chemin. Les voies de Dieu sont multiples, et chez Lui il ne saurait exister des chrétiens supérieurs et des chrétiens inférieurs.

      Qu’on se le dise. Enfin, si possible...

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      • L’ordination de « viri probati » 14 mars 22:03, par Philippe Pouzoulet

        Le monachisme au désert ce n’est pas vraiment le sujet. On parle des viri probati mariés et ordonnés...Vous êtes en train de nous dévier le débat, Gemayel...

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        • L’ordination de « viri probati » 15 mars 14:39, par Gemayel

          Le frère Macaire (Makarios), devenu moine dans le désert, après un parcours comme "tout le monde", et qui donne son point de vue sur la société et la famille (un documentaire diffusé dans "Le Jour du Seigneur" il y a un ou deux ans), est un exemple pour prouver que la vie du chrétien ne saurait être divisée ou "saucissonnée" en différents tiroirs.

          Quand le frère Macaire dit que la famille est la base de la société (et d’autres choses aussi), il est en plein dans le monde. Le désert est justement cet espace, dans le silence, qui donne capacité à l’écoute et au discernement.

          Il n’y a aucune déviation du débat quand on a bien compris de quoi il est question.

          Ce n’est pas dans les péroraisons, les diatribes et autres contradictions systématiques qu’on avance soi-même et qu’on fait avancer les autres.

          Une petite retraite dans le désert est toujours bienfaisante, pour méditer et écouter. En plein carême, c’est l’occasion de s’y rendre.

          Juste une information, Pouzoulet. Et le désert, cela évacue aussi les agressivités. Nul besoin de GPS pour s’y rendre. Bonne route !

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  • 16 mars 21:02, par Bruno ANEL

    Il y a déja plus de 350 prêtres mariés dans l’Eglise latine : il s’agit principalement d’anciens pasteurs luthériens ou anglicans. En outre, le Vatican a autorisé les Eglises de rite byzantin ou oriental implantées dans les pays occidentaux à ordonner des hommes mariés, alors que jusqu’à peu elles ne pouvaient ordonner que des célibataires. Pourquoi l’Eglise ne proposerait-elle pas le sacerdoce à ses diacres mariés, dont un grand nombre ont fait leurs preuves dans le ministère pastoral ?
    Répondraient-ils à cet appel ? C’est une autre question, car le ministère diaconal a sa raison d’être propre.

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    • L’ordination de « viri probati » 17 mars 09:39, par Gemayel

      cf. : 16 mars 21:02

      En effet, comme indiqué aussi dans un autre message. L’ordination de Protestants et Anglicans convertis au catholicisme (était-ce dans les années 1980 quand JPII a institué une règle ou disposition spéciale...). Par contre, les prêtres de rites orientaux catholiques, mariés et père de famille avant leur ordination, n’étaient pas autorisés à officier en Occident. La décision de JPII de 1980 aurait-elle incité Rome à promulguer un décret (2014 ?) autorisant même l’ordination, dans les pays d’Occident, d’hommes de rite oriental catholique mariés ?...

      Un documentaire avait été diffusé il y a quelque 4 ou 5 ans dans l’émission "Le jour du Seigneur" : "Le voyage d’André", un jeune homme libanais de rite melkite, marié et père de famille est ordonné prêtre. Son voyage à Rome et sa rencontre avec JPII... Bref, ce film d’une vingtaine de minutes, sobre et riche en même temps, était une occasion de faire connaissance avec un sujet inconnu, ou méconnu. La séquence du gosse de 3 ans dans les bras de son père et l’aidant à choisir une chasuble ne pouvait passer inaperçu. Mais ne pas se faire d’illusions, des problèmes doivent probablement surgir aussi dans de tels couples. L’essentiel est de gérer ces situations avec l’aide de Dieu.

      Comme quoi, aucune évolution valable ne pourrait se faire sans mûre réflexion. Ce n’est pas une question de mode, mais le cas d’hommes mariés ordonnés prêtres ne saurait être envisagé sans quelque "ré-aménagement" ou "aggiornamento" utile et indispensable dans les sociétés modernes.

      Sur un autre plan : un ami de rite oriental, dont l’une des tantes était religieuse dans une congrégation française latine ayant essaimé dans plusieurs pays, m’avait confirmé que celle-ci avait dû renier - ou disons abandonner - son rite oriental catholique, donc rattaché à Rome - pour se "convertir" au rite latin avant de prendre l’habit. Inutile de dire mon étonnement et, quelque part aussi, ma stupéfaction. Ignorant la raison d’un tel fait, je devais, honnêtement, m’abstenir de tout commentaire et débat sur cette question. Mais voilà que, bien des décennies plus tard, Rome autorisait les religieuses "latinisées" à revenir, pour celles qui le souhaitaient, à leur rite oriental catholique d’origine.

      Ne rien forcer... "Donner du temps au temps"... Rien de bon ni de bien ne pourrait être réalisé en dehors de la bienveillance du Seigneur. Et au moment choisi par Lui. (Sentiment personnel).

      S’il ne nous restait seulement qu’à demander au Seigneur la grâce du discernement en tout et pour tous, eh bien, ce serait déjà ça.

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      • L’ordination de « viri probati » 17 mars 19:52, par Philippe Pouzoulet

        Vous me prêtez des propos que je n’ai pas tenus.

        Cela dit, il est assez connu qu’il est plus facile de devenir prêtre en dans les Eglises orientales que dans l’Eglise catholique, ne serait-ce qu’en raison des exigences de formation.

        Sinon, comment l’Eglise russe aurait pu reconstituer aussi vite un clergé en 25 ans...? Il est clair qu’on a recruté à tour de bras...Il suffit de voir l’âge des évêques et des directeurs de séminaire...

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        • L’ordination de « viri probati » 18 mars 09:14, par Gemayel

          cf. : 17 mars 19:57

          Le thème de ce débat est "L’ordination des "viri probati"" et, par extension, la situation - ou les situations - du prêtre dans l’Eglise.

          "... comment l’Eglise russe aurait pu reconstituer aussi vite un clergé en 25 ans...? Il est clair qu’on a recruté à tour de bras... Il suffit de voir l’âge des évêques et des directeurs de séminaire...". Voilà qui est supposé, une fois de plus, être une contribution destinée à élever et enrichir la discussion autour de cet article de Gérard Leclerc...

          En association d’idées : voir, savoir et expliquer comment, après des siècles de persécutions des chrétiens depuis le début et jusqu’à nos jours il existe encore et toujours des "échantillons" de cette engeance à éradiquer... (Daech est - officiellement - le dernier en date des persécuteurs de chrétiens...).

          "L’Eglise du silence" n’est pas une "histoire" d’hier et d’avant-hier. Elle n’est pas non plus une illusion ni le folklore d’une quelconque région de la planète. Elle est une réalité de toujours partout dans le monde. Cette "’Eglise du silence", elle, ne s’est jamais posée en victime. "Vous serez haïs de tous à cause de mon nom...", "Heureux êtes-vous si on vous persécute à cause de moi...". Cette "Eglise du silence" avec sa cohorte de chrétiens anonymes et autres, de missionnaires femmes et hommes, de tout un peuple, Eglise imparfaite mais toujours vivante...

          Prêtres célibataires, hommes mariés ordonnés prêtres et "viri probati" font, aux dernières nouvelles, partie intégrante de cette Eglise.

          Serait-il permis d’avancer, sans beaucoup se tromper que, finalement, Le Seul Prêtre c’est Jésus-Christ"...

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  • 17 mars 12:13, par Réginald de Coucy

    « viri probati »

    @ 14 mars 09:27

    « (...) l’Eglise russe : pour desservir de toutes petites communautés (...) elles finissent par ordonner des hommes mariés passés par l’étape préalable du diaconat »

    C’est bien beau d’avoir un avis sur tout mais nécessairement ça conduit à raconter des sornettes, surtout lorsque par ailleurs ont est en proie à un tropisme russorthodoxophobe.

    Laisser croire que le clergé russe marié est un ramassis de gérontes incultes relève de la malveillance... ou de l’inculture. Les séminaires orthodoxes sont remplis (*) de jeunes gens qui deviendront prêtres après s’être mariés (**).

    Quant au fait de travailler, c’est le lot d’un clergé qui a besoin de s’assurer de revenus pour pouvoir vivre.

    En France, c’est systématique - à quelques exceptions près - le clergé orthodoxe travaille (y compris des moines chargés de paroisse). Ça présente un certain nombre d’inconvénients mais on ne peut pas dire que le clergé soit loin des préoccupations concrètes des ouailles !

    Pour en revenir à l’Eglise catholique romaine de notre beau pays...

    « (...) des prêtres non formés au séminaire (et mariés), choisis parmi les piliers de communauté, en fait préposés à la distribution des sacrements (...) »

    Là encore, nous sombrons dans la caricature et le jugement de comptoir de bistrot. Si l’on s’en tient aux diacres mariés actuellement en exercice, il ne semble pas que ceux-ci soient en manque de formation. Certains même sont d’un niveau très élevé (j’en connais quelques-uns).

    En outre, la formation continue, ça existe. Qu’est-ce qui interdirait de faire passer les « viri probati » par une séquence séminaire ?

    En fin de compte, qu’est-ce qui est préférable ? Des églises paroissiales sans célébrations (ou, au mieux, avec une célébration mensuelle ou trimestrielle) ou bien des prêtres « viri probati » qui, en dépit de l’absence d’un parcours théologique de très haut niveau, pourraient redonner vie à ces paroisses avant qu’elles ne soient définitivement mortes et momifiées ? (***)

    * les séminaires catholiques d’Europe occidentale sont loin du compte...

    ** en précisant que le séminariste doit se marier avant d’être ordonné diacre ; après, c’est trop tard, il devra rester célibataire (moine). De même, le diacre marié ne peut se remarier s’il devenait veuf.

    *** Pour ma part, cela m’éviterait, lorsque je suis sur mes “hautes terres”, de devoir parcourir vingt kilomètres pour accéder à une messe...

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    • « viri probati » 17 mars 17:51, par Gemayel

      cf. : 17 mars 12:13

      Mise au point, vérifiable et vérifiée, non seulement utile mais indispensable pour informer sur la réalité d’un sujet qui ne saurait être ignoré et encore moins déformé. C’est bien dans le contexte d’un débat réaliste et honnête qu’on peut avancer grâce à des éclairages indispensables pour ne pas faire fausse route. Jeter le discrédit sur et mépriser d’autres sensibilités religieuses et spirituelles sont à l’opposé de toutes pensées et actions visant à l’unité des chrétiens. Il s’agit de savoir si nous devons, comment dire, aider l’oeuvre de Dieu dans le sens de l’unité ou la contrecarrer. Sans porter de jugement, on en est à faire le constat parfois accablant de postures et littératures contre la fraternité comme voulue ou,en tous cas, agréable au Seigneur.

      "Soyez un comme mon Père et moi..." (Jn 17, 1-26).

      Ce qui, d’autre part, n’empêcherait pas de méditer ce proverbe oriental (chinois) : "Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt".

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  • 17 mars 18:06, par au rapport !

    Concrètement :

    1- 900 € pour faire vivre un couple ou une famille,
    2- Un coin reculé,
    3-des "mutations" régulières (5-6 ans),
    4-le statut du prêtre (abstinence, obeissance..),
    5-disponibilité, ex : que choisir entre la naissance de son enfant, absence pour enfant malade ou son sacerdoce.
    6-Quid du travail du conjoint ?

    bref ça ressemble plus à une vie de militaire du tiers monde qu’autre chose...encore un peu plus de bordel dans une église qui se cherche.

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  • 18 mars 00:08, par Roch Draillenoire

    On oublie trop souvent que la règle du célibat pour le clergé de l’Eglise latine n’a pas d’origine apostolique et n’a été imposée qu’assez tardivement dans quelque églises locales. Les conciles antérieurs à celui de Nicée ignorent cette règle. La norme était celle d’un clergé choisi parmi les hommes mariés.
    Faut-il rappeler que les évêques eux-mêmes étaient mariés ? Saint Grégoire de Nysse, saint Hilaire de Poitiers, saint Eucher de Lyon, Sidoine Apollinaire,évêque d’Auvergne, étaient mariés.
    Au Vème siècle la règle du célibat n’était suivie que par quelques églises locales ,dont l’Eglise de Rome. Le Concile Quinisexte ( dit aussi « in Trullo ») réuni en 691-692 à Constantinople, a confirmé que la norme pour le clergé séculier était celle du mariage préalable à l’ordination. L’un de ses canons a par ailleurs confirmé l’interdiction pour les prêtres de se séparer de leur épouse. Son canon 30 prévoit une dérogation partielle, par condescendance, pour les pays barbares ( comprendre les pays occidentaux ) :
    « Dans le désir de voir tout contribuer à l’édification de l’Eglise, nous avons décidé de pourvoir aussi au bien des prêtres qui desservent les Eglises en pays barbare. Si ceux-ci pensent qu’ils peuvent transgresser le canon apostolique, qui dit de « ne pas renvoyer sa propre épouse sous prétexte de piété », et faire plus que la loi ne prescrit, et par suite de cela d’accord avec leurs compagnes s’abstiennent de rapports mutuels, nous leur ordonnons de ne cohabiter en aucune manière avec elles, afin de nous fournir par là la parfaite preuve de leur propos. Et nous n’avons monté cette condescendance à leur égard , qu’à cause de leur pusillanimité et des mœurs étranges et inconstantes de leurs pays. »
    La norme du mariage pour le clergé séculier fut réaffirmée par le VIIIème Concile oecuménique, tenu à Constantinople en 879-880, concile reconnu par le Pape Jean VIII et ses successeurs, pendant plus d’un siècle, jusqu’à ce que lors de la réforme grégorienne l’obligation du célibat ecclésiastique fut généralisée par le pape Grégoire VII, par un concile tenu à Rome en 1074. Par un jeu d’écriture le Concile de 879-880 fut déclassé rétroactivement,afin de ne pas garder le témoignage de décisions canoniques contredisant le nouvel enseignement pontifical.
    Il est manifeste que la règle du célibat ecclésiastique pour le clergé ne s’enracine pas dans une tradition apostolique. Elle a été imposée tardivement en Occident par des mesures coercitives et reste motivée par une dépréciation du mariage et de la sexualité ( les propos d’un des partisans de la réforme grégorienne, Pierre Damien, sont assez éloquents sur ce point.)
    On retrouve, sous-jacente, cette dépréciation, dans la réflexion concernant l’affectation éventuelle d’un clergé marié, dans des zones rurales ou périphériques. Cela traduit bien la création, par pis-aller, d’une sous-classe du clergé,dont on veut éviter la visibilité et surtout l’expansion. Aucune cohérence théologique dans cette proposition. Si l’ordination confère un charisme particulier, le célibat ne conditionne nullement cet octroi. Et exclure d’emblée la perspective pour les futurs jeunes prêtres du clergé « latin » d’opter pour le mariage est bien méprisant pour l’ensemble du clergé catholique de rite oriental, clergé qui lui n’exerce pas ses tâches pastorales que dans des « zones périphériques ». Et que dire de la considération que pourront ressentir les fidèles des zones rurales ou marginalisées ?

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  • 18 mars 12:40, par Thomas Michelet OP

    Cette question restera incompréhensible tant qu’on ne fera pas l’effort d’étudier un peu sérieusement l’histoire et la théologie de ce sacrement en se fondant sur la Tradition reçue dans sa plénitude, et non pas réduite à de l’à peu près.
    1. Il faut se référer aux travaux récents sur la question, qui donnent une toute autre idée que ce que l’on pensait savoir jusque là : Christian COCCHINI, S.I. (Origines apostoliques du célibat sacerdotal, 1981), du cardinal Alfons Maria STICKLER (Le célibat des clercs / The case for clerical celibacy - its historical development and theological foundations), Stephan HEID (Celibacy in the early Church - the beginnings of a discipline of obligatory continence for Clerics in East and West, 2001), Laurent TOUZE (Célibat sacerdotal et théologie nuptiale de l’ordre / L’avenir du célibat sacerdotal, 2009).
    2. Tout d’abord, on confond allègrement le célibat et la continence. Avant le XIIe siècle, l’Église latine ordonnait bien des hommes mariés, mais d’âge mûr. Pourquoi d’âge mûr ? Parce qu’au moment de l’ordination, ils s’engageaient en présence de leur épouse à vivre désormais en frère et sœur. Il fallait donc avoir des homme qui avaient déjà eu des enfants, et n’allaient plus entretenir de commerce conjugal.
    3. Déjà dans l’Ancien Testament, on a de nombreux cas où les hommes mis en présence de Dieu doivent s’abstenir de leur épouse : à commencer par le don de la Torah sur le Mont Sinaï (Ex 19, 15). Cela s’applique ensuite systématiquement aux prêtres lorsqu’ils doivent célébrer, ou même aux guerriers partant en guerre (1S 21, 5).
    4. Cette règle ne vient pas d’un soi-disant mépris de la sexualité auquel le judaïsme est étranger, mais tout simplement de ce que l’on ne peut être l’époux que d’une seule femme. Le sacerdoce a une dimension nuptiale : le prêtre doit agir in persona Christi capitis, le Christ étant l’époux de l’Église.
    5. Cette règle, l’Église depuis l’Antiquité a régulièrement affirmé qu’elle la tenait des Apôtres, eux qui ont "tout quitté pour suivre le Christ". La Tradition retient en effet que tous les Apôtres sauf Jean étaient mariés, mais que tous ont quitté leur épouse pour suivre le Christ. Ce que l’on voit dans la question de Saint Pierre : "À nous qui avons tout quitté pour te suivre, qu’aurons-nous en récompense ?" "« En vérité, je vous le dis : nul n’aura laissé maison, femme…" (Lc 18, 29).
    6. On a de nombreux cas de prêtres, évêques et même papes, qui étaient mariés et avaient des enfants. Mais ils étaient toujours mariés et avaient eux leurs enfants avant leur ordination. Ensuite, ils ne vivaient plus avec leur femme. On a ainsi le témoignage d’évêques ayant repris commerce avec leur épouse, et qui ensuite ont fait chacun pénitence en finissant leur vie dans un monastère. Ce qui montre bien la vive conscience d’avoir fauté, de n’avoir pas respecté les obligations qui étaient les leurs à partir de l’ordination sacerdotale ou épiscopale.
    7. Cette règle et son origine apostolique était reçue dans l’Église aussi bien en Orient qu’en Occident, jusqu’au VIIIe siècle. C’est alors seulement que l’Orient l’a abandonnée, en raison des troubles créés par les invasions musulmanes. Ils ne l’on gardé que pour les évêques, qui du coup sont le plus souvent choisis parmi les moines, qui gardent le célibat, et jamais parmi le clergé marié, qui ne garde pas la continence.
    8. À partir du XIIe siècle, l’Église latine a décidé de ne plus appeler aux Ordres sacrés que des candidats célibataires, de sorte que la question de la continence ecclésiastique a été englobée dans celle du célibat, et qu’on a fini par oublier la continence des viri probati et ses raisons.
    9. Si l’Église latine accepte aujourd’hui certains prêtres mariés, c’est uniquement pour des questions œcuméniques : parce que ces prêtres viennent d’Églises ou de communautés chrétiennes où cette règle a été abandonnée. Mais ce faisant, l’Église n’en fait pas une règle générale, cela reste un régime de dispense uniquement pour des motifs œcuméniques.
    10. Certes, l’Église pourrait revenir sur ce choix, et décider aujourd’hui d’ordonner des hommes mariés. Mais est-on prêt à leur dire que c’est à condition qu’ils s’engagent avec leur épouse à vivre désormais en frère et sœur ? Car si l’on fait appel à la Tradition, c’est bien cela la Tradition. Autrement, ce n’est pas la Tradition, c’est une innovation, qui sera contraire à une règle dont on redécouvre aujourd’hui que l’Église la tenait pour venir des Apôtres.

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    • L’ordination de « viri probati » 18 mars 19:57, par Philippe Pouzoulet

      Merci de cette précision mais vous allez doucher les vocations d’hommes mariés...déjà que ça ne concerne que des affectations en régions reculées...à moins de passer dans une Eglise orientale plus tolérante du côté charnel...

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      • L’ordination de « viri probati » 19 mars 10:02, par Gemayel

        cf. : 18 mars 19:57

        "...Eglise orientale plus tolérante du côté charnel...", encore une sortie de ce quelqu’un qui n’a rien trouvé de mieux pour exprimer sa hargne envers tout ce qui ne lui ressemble pas et qui n’est pas lui. De là à accuser les prêtres de rite oriental de concupiscence, n’est-ce pas....

        Au lieu d’écrire n’importe quoi n’importe comment sur les Eglises orientales, le monsieur qui sait tout mieux que tout le monde devrait plutôt se pencher sur ce qui se passe autour de lui où tous les jours quotidiens et JT rapportent des infos concernant des prêtres de son propre rite. De tels scandales devraient l’inciter à prier aussi bien pour les présumées victimes que pour les présumés coupables comme bien de chrétiens le font au lieu de, comme lui, en rajouter aux salissures...

        A force de s’escrimer à vouloir avoir toujours raison sur tout et à n’importe quel prix, ce monsieur se couvre de ridicule au point d’en éprouver comme un plaisir charnel...

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        • L’ordination de « viri probati » 20 mars 00:20, par Philippe Pouzoulet

          Dr. Gemayel, ne tournez pas autour du pot...! Et pour une fois soyez précis dans vos écrits puisque vous savez sans avoir à tenir la chandelle...

          Est-ce que les prêtres russes ou arabes mariés s’interdisent oui ou non toute vie sexuelle avec leur épouse une fois consacrés ?

          Polovoié vozderjanié ili nietu ?

          Après, vous pourrez m’accuser d’erreur mais pas de hargne, ce qui est une fois de plus une ruade gratuite.

          J’ai seulement affirmé en effet que, sauf erreur que je serai heureux de corriger, dans les Eglises orientales, la continence n’est pas imposée aux prêtres mariés et il ne leur est nullement interdit d’avoir des enfants après leur consécration. Ce qui vaut mieux s’ils ont ordonnés assez jeunes comme en Russie depuis la fin de l’URSS...

          Alors, Dr. Gemayel, cette réponse ?

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          • L’ordination de « viri probati » 20 mars 08:32, par Gemayel

            cf. : 20 mars 00:20

            Puisqu’elle a été demandée, la réponse la voici :

            les messages,
            les liens imposés, les idées et la façon de vouloir les imposer,
            le mépris des autres et la volonté de leur nuire et de les humilier,
            les jurons, les insultes et les injures,
            la posture et le vocabulaire de bas-fonds,
            la vulgarité dans les propos et leur expression,
            les déclarations intempestives et répétitives de l’appartenance à la chrétienneté catholique romaine, alors que
            les tricheries, usurpations d’identité d’autrui et ruses foisonnent dans les forums et...

            Mais on y passerait beaucoup trop de temps. Sauf que tout cela, d’ailleurs inclus dans les fichiers, est ressenti comme une blessure grave infligée, non seulement à l’Eglise, mais surtout à l’esprit de l’Evangile qui, plus est, prêché à tort et à travers...

            Pour minimiser : ces réalités ne donnent pas envie d’être chrétien.

            Pour certains baptisés, n’était-ce la prière et la confiance ces tristes réalités inciteraient à quitter l’Eglise. Laquelle a, heureusement, ailleurs, des ambassadeurs dignes de sa mission.

            Voilà la réponse demandée et, de plus, affirmée, confirmée et signée.

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            • L’ordination de « viri probati » 20 mars 14:51, par Philippe Pouzoulet

              Tout ça ne nous dit pas si les prêtres orientaux mariés vivent dans la continence ou non.

              C’était le point à clarifier, Gemayel : pourquoi esquivez-vous les questions simples ? Vous devez être au courant tout de même...

              Vous ne faites rien pour faire progresser le débat...

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              • L’ordination de « viri probati » 21 mars 02:45, par Gemayel

                cf. : 20 mars 14:51

                Non, en effet, "tout ça ne dit pas si les prêtres orientaux mariés vivent dans la continence ou non".

                Mais "tout ça" est vrai. Et "c’était le point à clarifier". Ce n’est pas Gemayel qui "esquive les questions", c’est sa réponse du 20 mars 08:32 qu’"on" essaye de noyer... Mais las... en vain.

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          • L’ordination de « viri probati » 20 mars 14:42, par Paul

            Bien sûr que non, le clergé marié ne s’interdit pas toute vie sexuelle. Ce serait contradictoire et insensé. Pourquoi se marier sinon si c’est pour refuser de faire des enfants ? Toutefois un certain nombre de règles sont prescrites concernant l’abstinence. mais ça pourrait autant concerner les couples dans une moindre mesure

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            • L’ordination de « viri probati » 20 mars 15:33, par Gemayel

              cf. : 20 mars 14:42

              Exact, et pour preuve des messages plus haut qui informent sur certaines conditions pour accéder au sacerdoce tout en étant unis par le sacrement du mariage. S’engager devant Dieu et les hommes dans le sacrement du mariage (reconnu dans le passage des Noces de Cana par Jésus), ne signifie pas forcément continence et abstinence alors que l’union d’un homme et d’une femme devant Dieu engage dans la procréation mue par l’amour partagé des époux (voir Zélie et Louis Martin pour référence). Il existe plusieurs chemins vers la perfection, à chacun de suivre celui qui lui convient.

              Il est urgent d’arrêter de dévier ce sujet sur des postures porteuses de zizanies et de divisions. Les chemins vers la sainteté sont multiples et divers et susceptibles de ré-ajustements suivant les époques. Jésus, fils de Marie par l’Esprit, a eu un père "nourricier" adoptif qui l’a
              accompagné vers le métier de charpentier après avoir assumé sa sécurité face aux tentatives de le faire disparaitre.

              Joseph, le méconnu, dont c’est aujourd’hui la mémoire, est l’image et l’exemple du père, du papa, dont on veut, depuis quelques décennies, éradiquer l’existence. Père adoptif et nourricier, est un exemple qui donne au couple, quel qu’il soit, sa raison d’être tant sur le plan matériel que spirituel.

              Ergoter sur "le côté charnel", comme écrit, est une déviation, une de plus, pour entrainer vers nulle part. Simple effet pour rester sous les feux de la rampe.

              Jésus, Marie et Joseph, couple et famille sont et resteront au-dessus de toutes sortes de déviations à des fins aussi minables que vouées à l’échec.

              "La Sainte Famille" est perçue, de nos jours, comme une vieille image écornée. Eh bien, non, elle est, et restera la référence du couple et des enfants issus de ce couple.

              N’en déplaise aux champions de toutes les (pseudos) libertés.

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              • L’ordination de « viri probati » 20 mars 18:32, par Philippe Pouzoulet

                Mais excusez-moi : le charnel n’a rien de méprisable ou de négligeable...

                C’est une dimension de la vie conjugale et l’on est en droit de mieux comprendre quels sont, aussi sur ce plan, les enjeux de l’ordination des hommes mariés en Occident comme en Orient.

                La référence à la Sainte Famille, au couple Maritain ou au couple Martin n’épuise pas le sujet.

                Je prétends simplement qu’on ne peut pas vouloir ouvrir l’ordination aux hommes mariés et encore leur imposer une règle de continence tout ça en prenant comme exemple Saint Joseph ou parce qu’au Moyen Age, tel saint évêque a largué femme et enfants pour prendre crosse et mitre et a fini canonisé par des clercs célibataires. Des saints comme ça ont un peu de mal à passer la rampe aujourd’hui...Que sont devenus femme et enfants du brave homme ? Entrés eux aussi dans les ordres ?

                Je ferai encore remarquer qu’il n’y a pas moins de sainteté chez les fidèles mariés que chez les clercs célibataires mais que les seconds sont nettement mieux représentés dans les procès en canonisation...Ce n’est pas très juste car la condition du mariage n’est pas un état moins digne aux yeux du Seigneur.

                Enfin ce serait lier sur les épaules de nos prêtres mariés un fardeau bien trop lourd que de les priver des joies du mariage sans leur donner le plein exercice du ministère, sauf dans les coins perdus de la planète...Des sous-prêtres en outre contraints en plus à la continence...?

                Après ça, Gemayel dira encore que je suis mal disposé envers les Eglises d’Orient qui ont une aussi longue expérience que l’Eglise romaine sur la faiblesse de la chair...

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            • L’ordination de « viri probati » 20 mars 19:18, par Gemayel

              Quand on lit mes messages sur le sujet et le documentaire "Le voyage d’André" diffusé dans une émission de "Le Jour du Seigneur" que j’ai mentionné on comprend qu’un homme marié ordonné prêtre, ici dans le rite melkite, a des enfants et donc a aussi une vie sexuelle comme tout autre homme partageant sa vie avec une femme. Ce qui est répugnant, oui, répugnant ce sont les mots utilisés pour dégrader d’autres chrétiens, "... passer dans une Eglise orientale plus tolérante du côté charnel...", "côté charnel" oui, c’est répugnant car au delà de la lettre, c’est l’état d’esprit malsain qui la devance qui est à dénoncer et que je dénonce.

              Nulle part je n’ai rencontré le mot "chasteté", alors que c’est elle qu’il ne faut pas confondre avec abstinence ou continence. La chasteté n’est pas réservée aux seuls célibataires, elle est aussi inscrite dans le mariage chrétien.

              Comprenne qui veut (au lieu de venir hypocritement me demander "si les prêtres orientaux mariés vivent dans la continence ou pas". Comme si j’étais dans leur lit... Oui, cette question est hypocrite, et intervient pour détourner le vrai sens d’un débat qui se veut honnête.

              P.S.

              Je souscris au message du 20 mars 14:42

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    • L’ordination de « viri probati » 21 mars 10:10, par Arnaud

      Cher frère,
      Vous citez ici deux références bibliques, mais je n’y trouve pas du tout ce que vous dites. En aucun des deux cas il ne s’agit d’hommes qui doivent s’abstenir de leur épouses. Je vous rappelle que « Tous les cas douteux relatifs au caractère canonique et à l’exacte disposition du texte évangélique doivent être résolus en ayant recours à la Néo-Vulgate. » Source “Liturgiam authenticam”, Cinquième Instruction pour la correcte Application de la Constitution sur la Sainte Liturgie du Concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium, art. 36) :

      En (Ex 19, 15) Il s’agit d’un commandement de Dieu aux hommes, non pas comme vous le dites de s’abstenir de leur épouse, sexuellement comme vous le précisez à votre point 4., mais de se séparer temporairement le temps d’une manifestation divine, de même qu’hommes et femmes sont encore séparés dans les synagogues, les femmes étant derrière les hommes ! — (Ex 19, 15) « Estote parati in diem tertium ; ne appropinquetis uxoribus vestris  ». SOURCE : http://www.vatican.va/archive/bible...

      En (1 S 21, 5) il s’agit du prêtre qui demande à David si les enfants qui sont avec lui sont assez propres par l’effet des femmes pour manger le pain consacré ! Lisez le texte canonique et vous verrez qu’il s’agit bien d’enfant « puer » d’où le français puéril : (1 S 21, 5) « Et respondens sacerdos David ait ei : “ Non habeo panes laicos ad manum, sed tantum panem sanctum ; si mundi sunt pueri maxime a mulieribus ? ”. 6 Et respondit David sacerdoti et dixit ei : “ Equidem, si de mulieribus agitur, continuimus nos ab heri et nudiustertius. Quando egrediebar, fuerunt corpora puerorum sancta, quamvis iter esset profanum. »

      D’autre part à votre point 4. je souhaiterais que vous leviez une ambiguïté. Dans le contexte de votre article on pourrait penser que seul les ministres ordonnés puissent être « l’époux que d’une seule femme », ce qu’écrit bien saint Paul à propos des épiscopes en (1 Tim 3, 1) « 1 Fidelis sermo : si quis episco patum appetit, bonum opus de siderat. 2 Oportet ergo episcopum irreprehensibilem esse, unius uxoris virum, …  ».

      Mais si vous voulez aussi dire que les autres chrétiens aussi doivent être « l’époux que d’une seule femme », je vous demande s’il vous plaît des références précises dans le magister de l’Eglise. ».

      Avec mes remerciements

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    • L’ordination de « viri probati » 21 mars 20:29, par Bruno ANEL

      Tout qualifié qu’il soit, le Père Thomas Michelet fait une lecture de la premiere lettre de St Paul à Thimothée à laquelle il fait dire ce que St Paul ne dit pas : "Que le ministre soit l’homme d’une seule femme" . Il s’agit bien de femme et non de l’Eglise, épouse du Christ, comme voudrait le croire le P.Michelet. Qu’il y ait eu trés tôt dans l’Eglise une apologie de la virginité est exact. Que le célibat pour le Royaume soit tout a fait louable est aussi éxact. Mais que le ministère écclésial n’ait pas toujours eté lié au célibat est aussi éxact, comme en témoignent les Eglises d’Orient, aussi anciennes que l’Eglise latine. Sentant que le Pape François est disposé à une réfléxion sur ce sujet dans l’Eglise Latine, voire à une expérimentation, certains théologiens se crispent.

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      • L’ordination de « viri probati » 22 mars 09:38, par Gemayel

        cf. : 21 mars 20:29

        Dans la lettre 1 de saint Paul à Timothée - puisque citée - on lit au ch. 3 : "...Aussi faut-il que l’évêque soit irréprochable, marié une seule fois, sobre, circonspect, honnête...". Plus loin, idem au sujet des diacres.

        Dans le message ci-dessus, on lit que le père Th. Michelet, "dans la lettre 1 lettre de Paul à Timothée "fait dire ce que St Paul ne dit pas : "Que le ministre soit l’homme d’une seule femme"" ? (notant que cette phrase mise entre guillemets est donc présentée comme étant une citation...).

        A propos de Ex , 19 15 le père Th. Michelet écrit sous 4 : "Cette règle ne vient pas d’un soi-disant mépris de la sexualité... mais tout simplement de ce que l’on ne peut être l’époux que d’une seule femme. Le sacerdoce a une dimension nuptiale. Le prêtre doit agir in persona Christi capitis, le Christ étant l’époux de l’Eglise". Où serait la contradiction ? Si contradiction il y a...

        "Sentant que le pape François est disposé à une réflexion sur ce sujet dans l’Eglise latine, voire une expérimentation, certains théologiens se crispent.". Cette affirmation reflète un sentiment du contributeur sur la pensée du pape François et n’engage que son auteur.

        Si la contribution du père Th. Michelet est, comme cela parait être le cas, différemment comprise par les uns et par les autres, c’est une autre question, et la discussion peut alors légitimement se dérouler entre lecteurs.

        Le débat se situerait, de ce fait, sur un autre plan.

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  • 18 mars 12:42, par Gilberte

    Le père élève son enfant et en est responsable jusqu’à sa majorité, un frère est un ami une aide dans la vie. Que doit être le prêtre pour ses paroissiens, un père ou un ami ? le prêtre marié forme avec son épouse un couple ami des paroissiens ; un prêtre célibataire n’a pas d’enfants biologiques il a des enfants spirituels à faire grandir. Deux conceptions du prêtre, du saint curé d’Ars au pape Alexandre Borgia, toutes les nuances sont possibles, il faut connaître ses besoins
    Les apôtres n’appelaient pas le Christ Jésus mais "Rabbi", maître, il était célibataire et appelait les apôtres "mes amis" (le supérieur amical)

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  • 19 mars 23:46, par Roch Draillenoire

    Les Canons apostoliques » traduisant la discipline canonique en vigueur dans l’Eglise d’Antioche au IVème siècle prescrivent dans le canon 5 « Que nul évêque, prêtre ou diacre ne renvoie sa femme sous prétexte de religion ; s’il la renvoie, qu’il soit excommunié ». L’interdiction de consacrer évêques des hommes mariés ayant des enfants ou des petits-enfants a été édictée par l’empereur Justinien, pour éviter que la famille de l’évêque hérite des biens de l’ Eglise. Cette proscription a eu pour effet de réserver l’épiscopat aux célibataires, aux veufs et aux moines. Il s’agissait d’une législation civile qui finit par être entérinée par l’Eglise d’Orient, au plan canonique, lors du concile « Quinisexte ». Jusque là il existait des évêques mariés et ceux-ci pouvaient, de fait, cohabiter avec leur épouse. C’était,semble-t-il,le cas de saint Grégoire de Nysse, au IVème siècle ou de Sidoine Apollinaire au Vème.
    La pratique actuelle des Eglises d’Orient de ne choisir pour évêques que des moines ou des célibataires est d’ordre disciplinaire et n’a pas un fondement dogmatique : les préoccupations très prosaïques de l’empereur Justinien qui en sont à l’origine ne visaient pas à l’élévation spirituelle du clergé. Dans l’Eglise ancienne le principe de l’épiscopat marié se fondait sur le texte de la 1ère épître à Timothée (3,2) : « Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme... » et encore (1 Tm, 3, 4-5) « qu’il gouverne bien sa propre maison, et qu’il maintienne ses enfants dans la soumission en toute dignité, car si quelqu’un ne sait pas gouverner sa maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu ». Rien n’interdirait de revenir à la discipline ancienne si un concile se prononçait en ce sens.

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  • 20 mars 15:20, par Gilberte

    @19 mars 23:46
    L’Eglise catholique est d’abord l’église du Christ avant celle de Saint Paul. Le Christ a dit : Saint Matthieu 19.10 :"Il y a des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l’action des hommes , et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels en vue du Royaume des Cieux. Comprenne qui pourra !". Ce matin sur France Info on annonçait qu’une majorité d’enfants de 12 ans a déjà vu des films classés X . Difficile pour ces jeunes de ne pas développer un attrait pour le sexe ; devenus adultes, ils achèteront du viagra pour combattre l’action des perturbateurs endocriniens trouvés dans la nourriture, ou une prothèse (prothèse expliquée sur Arte il y a quelques années). L’Eglise est le reflet de la société à moins de l’influencer

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    • L’ordination de « viri probati » 20 mars 16:23, par Paul

      Il n’y a pas de vrai rapport entre les films classés X et le clergé marié. La dégradation des moeurs ne date pas d’hier, elle est cyclique. Sodome et Gomorrhe n’étaient pas synonymes de vertu morale. Il faut donc examiner l’ordination des hommes mariés selon un autre point de vue que la perte de références morales, les débordements et la dépravation sexuelle de la société contemporaine.
      Peut être même que l’ordination d’hommes mariés réhabiliterait par son exemple l’institution du mariage galvaudée et maltraitée par les infernales réformes des Taubira et autres fossoyeurs du mariage consécrant l’union naturelle (d’un homme et d’une femme).

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  • 20 mars 17:37, par Bernadette Cosyn

    Il reste quand même quelques arguments de bon sens pour un clergé célibataire.

    L’homme marié ne peut se consacrer entièrement à une mission d’Eglise, ou alors il néglige sa famille. (Notons que vu le faible montant du Denier de l’Eglise, il devrait également exercer une profession, d’où une disponibilité très réduite en définitive.)
    Dans les pays où le christianisme est mal vu, on pourrait plus facilement faire pression sur un prêtre marié en menaçant sa femme ou ses enfants qu’en le menaçant lui seul.

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    • L’ordination de « viri probati » 20 mars 19:40, par Gemayel

      cf. : 20 mars 17:37

      Il est certain qu’"un homme marié ne peut pas se consacrer entièrement à une mission d’Eglise" comme l’écrit Bernadette Cosyn. C’est la raison pour laquelle dans les églises orientales un homme marié puis ordonné prêtre ne peut accéder à la fonction d’évêque etc... On peut cependant répondre à l’appel de Christ au service de ses frères dans le simple sacerdoce."Il y a plusieurs demeures dans la Maison du Père", n’est-ce pas...

      Pourrais-je aussi rappeler cette phrase dans une lettre de Paul aux Corinthiens : "mieux vaut se marier que brûler". S’il existe des astreintes dans l’Eglise, une grande place y est réservée à la liberté. Et cette liberté n’est pas celle de pseudos démocraties et autres espaces qui promettent le bonheur immédiat et à la carte...

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  • 20 mars 21:05, par Gilberte

    Les pasteurs protestants ont le droit de se marier et les femmes exercent le pastorat. Ceci est normal, leur travail est d’enseigner la Bible. Ils n’ont que 2 sacrements : le baptême (que tout chrétien peut administrer en cas de nécessité) et la Sainte-Cène qui est un rappel des paroles du Christ sans la transsubstantiation. Heureusement, ils ne donnent pas le sacrement de pénitence, personnellement, si j’étais grand criminel, je n’irais pas me confesser à un prêtre marié qui pourrait faire des confidences "sur l’oreiller". Le catholicisme va normalement se protestantialiser en ordonnant des prêtres mariés, mais il n’y a pas plus de pasteurs protestants parce qu’ils sont mariés que de prêtres catholiques célibataires
    Quant à donner le bon exemple d’un couple idéal comme écrit plus haut, je connais beaucoup de couples fidèles à leur conjoint et heureux de l’être, couples de non croyants plus proches des communismes que de l’Eglise, ils ont baigné dans une culture chrétienne aujourd’hui un peu trop oubliée

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