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L’identité française

jeudi 26 novembre 2009


Depuis qu’Eric Besson a annoncé l’ouverture d’un débat sur l’identité nationale, la discussion fait rage. A gauche – à l’exception notable de Ségolène Royal - on dénonce une opération de propagande, dangereuse, dans la mesure où ce thème serait associé à celui de l’immigration et aboutirait donc à exclure les personnes venues d’ailleurs, en alimentant les sentiments xénophobes. Il est vrai que s’il est posé dans ces termes, le débat risque rapidement de se dévoyer et de tourner à l’aigre. Mais ce n’est pas forcé. Qu’y a-t-il de mal, a priori, à essayer de réfléchir à ce que cela signifie, être Français ? Georges Bernanos le répétait autrefois : « Il n’y a aucun orgueil à être Français mais beaucoup de peine et de travail, un grand labeur. » Il n’est nullement interdit de s’interroger sur ce « labeur » et même sur cet honneur d’appartenir à un peuple, à une histoire.

Le général de Gaulle affirmait que la France vient du fond des âges et n’hésitait pas à parler d’un caractère constant qui lui permet de demeurer elle-même à travers le temps. C’était mettre l’accent sur la permanence, la persistance dans l’être d’un peuple au-delà de toutes les épreuves. Mais De Gaulle lui même avait trop le sens de l’histoire pour méconnaitre ce qu’il y a de vivant, de perpétuellement nouveau dans ce qui constitue aussi une aventure. Spinoza parlait d’une nature naturée et d’une nature naturante. On pourrait ainsi parler d’une France francisée et d’une France francisante. La France francisée est du côté du caractère permanent qui permet de demeurer soi-même. La France francisante est du côté des promesses et des risques de l’histoire qui se fait.

Pour prendre les choses d’une autre façon, on pourrait avec Paul Ricœur expliquer que notre identité relève de ce qu’il appelait une identité narrative. Une identité qui se raconte, parce qu’elle n’est pas en fer ou en béton. Une identité narrative est toujours en acte et en projet. Elle n’est pas rétractée sur elle-même, elle est ouverte à des possibles infinis. Elle échappe à un trop grand narcissisme qui pourrait être fatal. Elle n’est pas repliée jalousement sur elle-même, elle est en relation permanente avec d’autres identités en acte qui lui permettent de respirer et d’échanger dans des espaces élargis.

Voilà un début modeste de contribution à un débat, qui pour être utile, devrait dépasser toute sorte de crispations. Si réfléchir au fait d’être Français conduit à se déchirer, c’est grave. N’y aurait-il pas mieux à faire en prenant conscience que c’est une chance à accueillir et à vivre en commun dans la fraternité. Il nous faut continuer à construire et à élaborer cette identité dans la dynamique de ce que Gabriel Marcel appelait une fidélité créatrice.

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Lire aussi le Journal de Gérard Leclerc sur ce même site :

http://www.france-catholique.fr/L-identite-nationale.html

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4 Messages de forum

  • L’identité française

    30 mars 21:08, par Jérôme

    Bonjour,

    Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Qu’est-ce qu’être français ? Voilà la question existentielle et non moins essentielle qui se pose en tant de crise où ne sachant plus qui on est, on ne sait plus d’où on vient ni où on va ! Question qui en dit long sur notre perplexité devant notre Histoire, et notre culture par laquelle nous devrions être liés les uns aux autres. Or, il est assez évident que nous sommes dans une crise de civilisation dont Mai 68 a été la grande inauguration, et dont il faut espérer tout en y œuvrant que nous en sortirons en revenant aux fondamentaux par un retour à notre héritage que nous avons bradé et délaissé pour des modes de pensée libertaire, relativiste, et nihiliste qui nous plongent dans une crise morale, sociale et politique. Le retour à une instruction publique digne de ce nom, le fait que les parents éduquent leurs enfants, le fait que nous reconstruisions le lien social par le retour à des codes sociaux, le fait que les politiques cessent d’être des démagogues et fassent de la vraie politique en commençant par reprendre en main le destin du pays en l’arrachant à celles d’institutions supranationales européennes, le fait de restaurer la famille, le couple, le travail et la nation ou la patrie pourrait bien permettre de sortir notre pays de sa dépression par manque d’élan et de désir…

    C’est pourquoi, que ceux qui prétendent être français ou le devenir aiment la France en épousant sa langue, ses valeurs, ses mœurs, son Histoire !

    Qu’ils assimilent cet héritage millénaire et ils deviendront dignes d’être français ! L’Histoire de France est passionnante, y participer est une aventure créatrice et libératrice, et édifiante ! Bien sûr ce ne sera pas toujours facile, mais à cœur vaillant rien d’impossible !

    Mais pour cela il faudrait que les français dits de souche soient fiers de leur pays, de leur nation (notion dévoyée et discréditée !) Comment ceux qui sont amenés à vivre chez nous pourraient-ils savoir quels sont nos codes si nous les avons oubliés ou si nous les renions dans un relativisme moral et un défaitisme politique ?

    Mais pour ceux qui viennent de loin culturellement, l’effort d’assimilation sera d’autant plus douloureux parce qu’ils devront alors se dépouiller davantage de leur identité culturelle d’origine (langue, croyances, mœurs, habitudes) pour embrasser une part plus importante de la culture française, afin que par-delà leur origine ethnique ils soient tout imprégnés de la culture française, qu’ils pensent et parlent en français, qu’ils vivent et sentent en français ! S’ils font cet effort nous serons là pour les accueillir au sein de la communauté nationale.

    L’enjeu n’est pas mince car il en va de l’unité de notre pays qui pourrait bien se fragmenter encore davantage qu’il ne l’est déjà du point de vue moral et politique, en ce sens que l’apparition de communautés aux valeurs antagonistes aux nôtres pourraient susciter des sécessions, des divisions et des guerres civiles…

    Par ailleurs je voudrais faire remarquer que la déchristianisation de notre pays comme du reste de l’Europe, dont se font les gorges chaudes des intellos médiatiques sans y voir ce qu’un tel phénomène a de catastrophique pour l’identité culturel de notre pays comme aussi pour l’équilibre politique, devrait nous alarmer. N’oublions pas que notre Histoire politique est liée à celle de l’Eglise catholique de France et que pour un Européen toute déchristianisation signifie une déculturation qui en fait la proie facile du relativisme, du nihilisme spirituel et politique. Comment en effet comprendre quoi que ce soit à l’histoire de notre pays, de ses institutions, de ses traditions, de ses productions intellectuelles, artistiques sans cette clef qu’est la connaissance de la Bible, et du judéochristianisme, et comment s’y sentir attaché et vouloir le transmettre si on induit le désamour pour ces choses essentielles de la vie humaine - l’homme ne pouvant devenir pleinement humain sans un enracinement dans une culture vivante et édifiante -. D’ailleurs, a-t-il jamais existé un peuple athée ou à qui on ait imposé un athéisme ou une idéologie athée ou païenne (idolâtrie de soi à travers des idées où l’homme se prend pour un dieu, comme avec le communisme et le nazisme) sans que ce même peuple erre et souffre, et risque même d’y perdre son âme ?

    Alors soyons vigilants sur le devenir culturel et politique - pour tout dire civilisationnel - de notre pays et sur son équilibre interne toujours fragile, comme tout équilibre politique ! Tout est lié ! Tout peut donc être délié et détruit…

    A bons entendeurs salut !

  • L’identité française

    7 décembre 2009 16:26, par admin

    Lettre du Père de Foucauld adressée à René Bazin, de l’Académie française, président de la Corporation des publicistes chrétiens, parue dans le Bulletin du Bureau catholique de presse, n° 5, octobre 1917 :

    "Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l’esprit ni le coeur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l’étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d’autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu’elle a avec les Français (représentants de l’autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d’elle. Le sentiment national ou barbaresque s’exaltera dans l’élite instruite : quand elle en trouvera l’occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l’islam comme d’un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant. L’empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d’habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d’habitants rompus au maniement de nos armes, dont l’élite aura reçu l’instruction dans nos écoles. Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens.

    Il ne s’agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, ½uvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime. Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l’un, celui du medhi, il n’y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu’à l’approche du jugement dernier le medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’ engage à subir avec calme son épreuve ; " l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s’il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles mais, d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du medhi, en lequel ils soumettront la France.

    De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d’un peuple étranger qu’on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d’apostasie, un renoncement à la foi du medhi…"

    Charles de FOUCAULD

  • L’identité française

    29 novembre 2009 14:59, par J.KIEFFER
    Il est normal,heureux ,et facile, à une’ identité’ forte d’assimiler,progressivement ,et à faible dose, des individus d’origine étrangère,surtout si leurs caractères ethniques,culturels ou religieux sont peu différents. Celà devient plus ardu,voire impossible (au risque de perdre toute sa propre identité )quand leur pourcentage est trop important et leurs caractéristiques sont trop différentes L’inconscience ,la nullité intellectuelle,ou culturelle, le manque de caractère de nos soi-disant( et souvent autoproclamées)élites et hommes politiques (quelque soit leur bord)nous ont amenésau bord du gouffre et on se demande avec inquiétude comment on pourra s’en sortir.
  • L’identité française

    29 novembre 2009 13:06, par Arold

    Depuis le 29 mai 2005, le peuple français ne dispose plus de lui-même. La RUPTURE est consommée entre la classe politique droite/gauche qui régne sans partage depuis plus de 40 ans sur ce pays et le peuple français.

    Depuis lors, évoquer l’ "identité nationale" ou plutôt les "identités nationales" des divers peuples présents sur le sol de cette région qui se trouve à l’Ouest de l’espace Schengen ne concernent pas le peuple français qui a répondu nettement à la question de son identité nationale le 29 mai 2005.

    Arold.




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