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L’Évangile et la pluralité des engagements

par Gérard Leclerc

lundi 20 février 2012


Que les chrétiens ne se retrouvent pas sur la même ligne politique, qui s’en étonnerait  ? Il y a dès ici-bas plusieurs demeures dans la maison du Père et les différences de sensibilité s’expliquent par la complexité des enjeux temporels. Depuis la rupture de la Révolution française au moins, le catholicisme hexagonal s’est trouvé divisé en plusieurs familles qui n’appréciaient pas les événements et les courants idéologiques avec les mêmes critères. Il faudrait pouvoir envisager les conflits successifs qui se sont produits jusqu’à la fin du XXe siècle, ne serait-ce que pour comprendre les débats entre chrétiens d’aujourd’hui. Les uns et les autres ont toujours voulu être en cohérence avec leurs convictions et les conseils évangéliques. Cela ne les a pas empêchés de s’opposer avec quelque virulence à propos de la République et de sa tradition laïciste, du socialisme et du communisme, de la décolonisation, etc. Dans la conjoncture présente, les choix se font en fonction de valeurs et d’objectifs privilégiés. Ainsi y a-t-il des chrétiens libéraux en économie et d’autres très antilibéraux. D’autres se déterminent en fonction de choix anthropologiques comme la famille, la différence sexuelle, le respect de la vie depuis la conception jusqu’à la mort. On ne peut compter pour négligeables les oppositions qui concernent la question de l’immigration et de la gestion des flux de population. Sans oublier que la montée en puissance du Front national, avec Marine Le Pen, a accentué d’autres clivages.

Pour certains, il n’y a aucun doute. Le principal danger couru par la France tient aujourd’hui dans l’affirmation d’une extrême droite qui a trouvé dans la fille de Jean-Marie Le Pen un leader d’autant plus redoutable qu’elle masque derrière un langage modernisé les mêmes orientations xénophobes. Elle est aussi portée par un courant populiste qui a gagné tout l’espace européen. Étienne Pinte, député des Yvelines et Mgr Jacques Turcq, du diocèse de Nanterre, viennent de publier un petit essai à ce propos (Extrême droite. Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire, éditions de l’Atelier), qui concentre tout un argumentaire implacable contre le Front national. Au nom de l’Évangile, c’est un non possumus qui se trouve asséné et qui semble ne pas souffrir la contradiction. On accordera à nos deux auteurs leur authenticité chrétienne. Mais on leur opposera aussi quelques objections. En désignant un unique adversaire ne se sont-ils pas mis en situation absolutiste  ? Le danger qu’ils décrivent est-il vraiment l’unique danger  ? En ciblant un adversaire privilégié, n’ont-ils pas sous-estimé d’autres tendances, d’autres dérives qui mériteraient un sérieux examen  ?

On leur reconnaîtra sans doute d’avoir échappé à la tentation de la reductio ad hitlerum dénoncée jadis par Leo Strauss. Mais on leur opposera aussi une propension à l’optimisme béat. Le sens de l’histoire nous conduirait donc à un univers idyllique, sinon celui des Bisounours, du moins celui de la «  mondialisation heureuse  », pour parler comme Alain Minc. Sans compter que les mots prononcés ne sont pas innocents, lorsqu’ils veulent énoncer le modèle alternatif à celui du populisme maudit. «  Que ce soit une alliance avec les autres pays européens et avec les pays émergents ou encore avec les pays qui vivent dans la pauvreté, la raison nous conduit à consentir au grand métissage de notre société et l’interdépendance entre nous.  » Pierre-André Taguieff a montré depuis longtemps comment l’anti-racisme se précipitait dans des impasses symétriques au racisme qu’il voulait combattre. Le mot métissage est terriblement équivoque car il demeure dans le registre racialiste en prétendant trouver une solution aux affrontements ethniques. Plus généralement, le redoutable polémiste qu’est Éric Zemmour oppose à ce type de bien-pensance l’axiome pascalien  : «  Qui veut faire l’ange, fait la bête.  »

Nous tomberions nous-mêmes très vite dans les excès que nous dénonçons, car il y a des arguments sérieux dans l’essai de nos deux «  croisés  ». Ils doivent être pris en compte dans le cadre de l’immense débat que la campagne présidentielle n’épuisera pas. Les chrétiens «  de gauche  » existent toujours en dépit des coups sévères que leur a portés la crise post-concilliaire. Ils doivent être entendus dans un climat, que l’on souhaite fraternel, par ceux qui développent d’autres analyses et sont attentifs à d’autres paramètres des conjonctures nationales et internationales. Dans un registre voisin, il y aurait lieu d’examiner les propositions présentées par Témoignage Chrétien et le Mouvement du christianisme social qui opposent un «  christianisme de partage  » à une attitude de «  croisade  ». On y trouvera d’authentiques propositions évangéliques auxquelles se heurtent malgré tout quelques réalités tenaces d’un monde impitoyable. En conclusion, on aura tout intérêt à consulter attentivement les recommandations de l’épiscopat français et l’ouvrage substantiel de Mgr André Vingt-Trois (Quelle société voulons-nous  ? Pocket), car se situant au-dessus de la mêlée, nos évêques ont le mérite de n’ignorer aucune des dimensions éthiques de la compétition présidentielle.

G.L.

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11 Messages de forum

  • 20 février 20:34

    Bonjour,
    je ne suis pas politicienne ni qualifiée, je fais seulement partie des Français qui s’intéressent à leur pays, et donc à la politique ; il se trouve aussi que je fais partie des catholiques pratiquants réguliers qui ne séparent pas leur foi des autres aspects de leur vie, considérant que cela ne fait qu’un tout.

    Je ne me considère pas de gauche, car pour moi, la gauche lutte idéologiquement contre la foi catholique et l’Eglise, mais je ne veux pas pour autant être classée dans la droite : en fait, je suis lasse de cet "étiquetage dualiste" qui dure depuis si longtemps et je rêve d’une politique qui se préoccupe de l’essentiel, sans querelles de chapelles. Utopique probablement ?!

    Je voudrais juste aborder le sujet de la soi-disant "xénophobie" de certains électeurs, catholiques ou non. Je pense qu’en effet, certains sont xénophobes, par peur, ou par égoïsme, ou encore par nationalisme ... mais je voudrais partager ici une conviction qui m’habite depuis longtemps :

    Une chose est d’être xénophobe, une autre est d’être prudent et réaliste, et de ne pas "accueillir" à bras ouverts, les yeux fermés, sans aucun discernement ni sans aucun éclairage objectif sur la personne accueillie, son entourage, ses amis proches ou lointains, son éventuelle idéologie, son ouverture d’esprit, et surtout sa volonté de s’intégrer et de respecter les lois et coutumes du pays d’accueil ... ; une chose est d’accueillir généreusement, une autre est de pouvoir offrir une vie décente et digne à ceux qu’on accueille.

    Le chrétien se doit, évangéliquement parlant, d’ouvrir sa porte à son frère, mais doit-il le faire systématiquement, sans envisager le long terme, et sans penser que ce seront certainement ses propres descendants qui auront à gérer ses éventuelles erreurs (peut-être irrémédiables) ?

    Et s’il y a risque de danger, doit-il "blanchir ou innocenter" l’autre sous prétexte qu’étant chrétien, il doit être bienveillant avec tous ?

    On ne doit pas voir le mal partout, certes, mais la naïveté ne me semble pas être une vertu, contrairement à une confiance "éclairée" et prudente.

    Le chrétien se doit d’être bon, mais pas idiot.

    Peut-être existe-t-il une attitude alternative, permettant de respecter l’Evangile et de le vivre le mieux possible, mais aussi de ne pas se laisser "piéger" bêtement et d’avoir assez de fermeté et d’exigence avec l’accueilli afin que droits et devoirs soient partagés et respectés au mieux dans une atmosphère pacifique de réciprocité et un a priori de confiance prouvé par des actes concrets et durables dans les deux sens.

    Bref, je ne suis pas, je crois, xénophobe, mais je suis consciente du danger potentiel pouvant être amené par un déséquilibre important entre le nombre des Français de naissance et celui des étrangers accueillis pour diverses raisons, et je ne suis pas non plus sans être informée du soutien (et le mot est gentil) que certaines populations immigrées peuvent avoir dans d’autres pays (nombreux et très peuplés), représentant un danger évident pour le nôtre à plus ou moins long terme.

    Donc : accueil, charité, bienveillance, a priori positif, ouverture d’esprit etc... oui, mais avec discernement, intelligence, mesure, exigence et fermeté.

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    • J’abonde dans votre sens.

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      • L’Évangile et la pluralité des engagements 27 février 15:01, par Patrick Nodé-Langlois

        J’ai été chef d’entreprise et à ce titre j’ai dû délocaliser sans pour autant supprimer des emplois en France ; j’aurais pu en créer, sauf que la rentabilité n’était pas au bout du compte ! Damnée rentabilité, exécrable rentabilité me diront certains. Je veux bien , mais je voudrais bien qu’on m’explique comment un chef d’entreprise peut la faire marcher sans rentabilité ; avec des subventions de l’Etat ? Un leurre qui coute cher au contribuable. La délocalisation est la conséquence de la mondialisation ; nous ne pouvons pas dire en tant que chrétien : il faut aider les pays pauvres et c’est ce qu’ont fait en délocalisant et refuser le principe de délocalisation, généralement pour des raisons idéologiques. La doctrine sociale de l’Eglise est un excellent outil de discernement pour les personnes en situation de responsabilité. Dans mon cas nous avons délocalisé au Maroc ; j’ préféré permettre à des travailleurs marocains de travailler chez eux, certes avec un salaire moindre, mais dans leur cadre de vie, plutôt que de les faire venir en les payant plus cher,sans pouvoir leur offrir des conditions de vie et d’insertion adéquates.Si la délocalisation entraine des suppression d’emploi en France, il faudra y préparer le personnel bien à l’avance par des reclassements et surtout de la formation. Le péché n’est pas de délocaliser ou de licencier ; le péché est de pas anticiper et surtout de cacher la vérité de la situation jusqu’à la dernière minute.

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  • 20 février 21:24, par Michel de Lyon

    Présentation du personnage selon sa "fiche Wikipédia"

    (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89...)

    "Se posant comme catholique fervent et impliqué, Étienne Pinte tire de cette conviction des positions qu’il veut mettre en accord avec la « doctrine sociale » de l’Église.

    Bien que personnellement hostile à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), il se prononce publiquement en faveur de sa légalisation en 1974 et vote en faveur de la loi Veil en décembre.

    (Mais, il a voté contre la reconduction de la Loi sur l’IVG en 1979, contre la prise en charge de l’IVG par la Sécurité sociale en 1982, contre les lois bioéthiques de 1992 et 1994, contre la réforme de l’IVG et de la contraception en 2000.)

    Il a voté pour l’abolition de la peine de mort en 1981.

    Il s’est engagé contre la « double peine » (NDLR :qui renvoyait - à juste titre selon moi- les criminels étrangers chez eux, une fois leur peine purgé en France -disposition supprimée par Nicolas Sarkozy) et pour l’instauration du "numerus clausus" dans les prisons (NDLR :c’est à dire pour que l’on cesse d’emprisonner quand les prisons sont surpeuplés, ce qui est "humain" mais qui ne devraient pas en même temps la création de nouvelles places de prisons si nécessaire, or il ne me semble pas que Mr Pinte milite dans ce sens).

    Il figure parmi les signataires de l’« appel des maires contre le mariage des personnes du même sexe ».

    Dans un article dans Le Monde, en août 2008, il a défendu des associations contre une accusation d’avoir provoqué du désordre dans les camps de rétention d’immigrés illégaux, accusation qu’il trouve être "un peu rapide, indigne et injuste".

    Proche de Philippe Séguin en 1981, Étienne Pinte se prononce en faveur de la candidature d’Édouard Balladur lors de l’élection présidentielle de 1995.

    Il a été l’un des députés UMP les plus critiques à l’égard du Premier ministre Dominique de Villepin, voyant en Nicolas Sarkozy un bien meilleur candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2007.

    Étienne Pinte est également vice-président du Groupe d’études à vocation internationale sur la Palestine à l’Assemblée nationale, président du groupe d’amitié parlementaire France-Liban à l’Assemblée nationale, co-président du groupe d’études sur la pauvreté.

    Parlementaire en mission auprès de François Fillon, Premier ministre, dont il est réputé proche, sur l’hébergement d’urgence et l’accès au logement de décembre 2007 à juin 2008, il a remis son rapport en septembre 2008.

    Il est membre de la Commission des Affaires Sociales et membre du Conseil d’administration de l’OFPRA, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides où il représente l’Assemblée nationale. Le 30 juillet 2010, il a été nommé Président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), conseil placé auprès du premier Ministre."

    NDLR :Il est en faveur du droit de vote des étrangers !(Sarkozy dit lui qu’il est contre !)

    "Le 9 mars 2009, il marque son opposition au projet de loi de Nadine Morano sur le statut du beau parent en souhaitant un report de l’examen de ce texte5.

    Le 21 octobre 2009, il prend position contre le renvoi forcé par charters des Afghans présents illégalement en France décidé par Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, et de l’Identité nationale, et envisage une action concertée avec d’autres députés de contestation de ces expulsions.

    Le 19 janvier 2012, il publie avec le père Jacques Turck Extrême droite, pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire aux éditions de l’Atelier, un essai sur l’incompatibilité des thèses de l’extrême droite avec le message chrétien."

    Compte-tenu du portrait ci-dessus, nul doute qu’il plaide contre le vote en faveur de Marine Le Pen et pour la réélection de Nicolas Sarkozy.

    Dommage qu’il utilise la foi chrétienne pour favoriser son choix politique, qui d’un point de vue chrétien pourrait être aussi grandement critiqué.

    (Que dire de François Hollande qui lui est pour le mariage gay, l’adoption pour les couples homosexuels, l’insémination artificielle remboursée pour les lesbiennes, la légalisation des mères porteuses - comme Gérard Longuet qui avait voté un texte au Sénat avec la Gauche sur ce sujet- la légalisation de l’euthanasie...et des camps pour les roms !)

    Non Monsieur Pinte le monde n’est pas en noir et blanc, et Marine Le Pen n’est pas le Diable !Ou en tous cas pas le seul en politique !

    Mon conseil :Faites de la politique, mais laissez votre religion au vestiaire pour faire votre politique politicienne !

    Ou alors quittez la politique, et critiquez tous les candidats !

    Chacun son métier et sa vocation, que ce soit pour les Evêques ou les politiens, qu’ils en restent à leur spécialité !

    Le moins qu’on puisse dire c’est que le mélange des genres n’a pas toujours été à l’honneur de l’Eglise...no comment.

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  • 21 février 13:28, par laure

    Pourquoi les chrétiens ne peuvent se taire ? on aimerait quelquefois qu’ils la mettent en veilleuse plutôt que de sombrer dans les cucuteries et la guimauve bien pensante. Le livre de Monseigneur Turcq et de Monsieur Pinte appartient à la catégorie des livres germanopratins cathos dont on parle mais que personne ne lit, pitié pour les arbres !!!! certes, nul n’a commis le ridicule de comparer ces quelques feuilles à ’Entretien de Pascal avec monsieur de Sacy mais voilà encore un livre pour ne rien dire ou dire ce que l’on entend à longueur d’antennes ou à la lecture du moindre journal bourgeois (c’est à dire de charlie hebdo au monde). Voilà un livre prévisible et somme toute superfétatoire ; pourquoi les chrétiens ne peuvent se taire ? parce que nos deux écrivains ont sans nul doute un esprit bernanosien, ah si on avait eu des gens comme cela en 1939 !! on sent vibrer l’esprit de jehane.. grâce à eux le fascisme ne passera pas, soyons vigilants à notre tour.
    Cathos moutonniers garde à vous !!! et surtout votez bien et que la france en prenne encore pour cinq ans !!! un bon catholique doit être au centre : dans l’éventail présenté en 2012, on a le choix. Je pense que Monsieur Pinte en bon catholique voudrait que nous choisissions Monsieur Sarkozy, mais il est vrai que l’on pourrait choisir Hollande, bayrou, melenchon (qui roule pour le ps), etc, etc. Dans ce jeu qui n’amuse plus que les imbéciles, marine le pen jouant pour la énième fois le grand méchant loup, on aimerait des catholiques une distance et une critique d’un système auquel personne ne croit plus. Que dit l’église catholique de france sinon de nobles paroles à la bayrou qui coulent sur nous comme la pluie. L’église dite de france a-t-elle encore une pensée ou une croyance dans notre nation ? qu’a-t-elle à dire à la france ? certes elle appartient à l’église universelle mais l’église de france ??? sait-elle encore qu’elle fût l’église des saints et des héros, de ce grand pays religieux qui s’appelait la france pays semé de cathédrales et de clochers.
    Y aura-t-il un jour à nouveau un grand cardinal ou une personnalité d’envergure pour parler à la france, s’adresser à elle. Visiblement, monsieur Pinte et Monseigneur Turcq eux ont choisi de parler non pour ne plus se taire mais pour ne rien dire

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    • L’Évangile et la pluralité des engagements 23 février 16:26, par helen B.

      Bravo à ce lecteur !
      Nous avons malheureusement honte d’âppartenir à la même Eglise que ceux dont il est question.
      En fait, sont-ils encore vraiment catholiques, ou cherchent-ils seulement à se garder une bonne place douillette du côté du manche !?
      Et nous-mêmes serions-nous assez courageux pour nous dresser enfin devant ce déluge d’eau tiède, qui ne fait place à un soudain désir de combat -alors là, haineux-que contre tous ceux qui défendent le Christ et son réel enseignement ? Il le faudra bien un jour.
      Cordialement
      helen B

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  • 23 février 15:02, par François Volff

    Je suis le Huron du coin. En tant que médecin, fidèle au serment d’Hippocrate, et surtout en tant que croyant, considérant que tout être humain est destiné à être enfant de Dieu "dès le ventre de sa mère", j’ai milité contre l’avortement dans tous les domaines. En politique, le seul mouvement réclamant des lois anti-avortement était ( et est resté en fait jusqu’à naguère) le Front National. Tout croyant agit suivant sa foi en Christ.
    Dans la religion soumise au temporel, on agit à l’inverse : on a des convictions "temporelles" et on y adapte sa vie religieuse. Ainsi, beaucoup de chrétiens de gauche ont été partisans de l’avortement parce que la gauche unanime était pour. C’était donc aux autres chrétiens de mêler de l’eau dans leur vin, d’accepter l’avortement. Ceux qui passaient outre au diktat étaient accusés de voter FN. Et c’est d’ailleurs ce que beaucoup faisaient. Se soumettre aux pressions du moment, être clean devant l’opinion majoritaire, ce n’est pas ainsi que faisaient Daniel, Esther, Shadrak, Meshak et Abed Négo, non plus que St Paul. Aucun compromis avec la volonté de Dieu, aucun "moindre mal".
    On nous annonce deux candidats chrétiens (un catho et un évangélique). On verra ce qu’ils écrivent dans leur "profession de foi" électorale. Les autres ne valent pas le déplacement.

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    • L’Évangile et la pluralité des engagements 27 février 16:11, par Jean-Marie Achéritéguy

      Bonjour Monsieur. Ne pensez-vous pas qu’au fond, l’amour se refroidit dans la multitude (Mt 24) et que pour tenir bon, comme nous y invite Jésus, nous avons besoin de prophètes aujourd’hui ? Pour ma part, j’ai besoin, je n’ai pas de honte à le dire, d’autre chose que des textes tels que ceux que nous ont élaborés les évêques de France, que j’estime pourtant. Car le monde n’entend pas des paroles qui n’engagent pas la chair de leurs auteurs, au contraire des prophètes, qui mettent leur vie dans leur parole. L’esprit du monde est fort, séduisant, persuasif, flatteur, il subvertit l’Evangile, les Politiques en sont les jouets, disons-le sans détours (et sans violence). Il trompe les sociétés en les invitant à penser de telle manière que l’on n’ait plus recours à sa conscience. Le monde, et son chef, culpabilise celui qui pense selon sa conscience, niée et méprisée par la modernité. Par peur de déplaire à la pensée dominante et pour se sentir agréé, inclus dans le corps social, on est tenté de suivre ce qui se dit et se pratique partout. Les évêques doivent réfuter et démonter le mensonge du monde, ce qu’ils ne font que de façon pusillanime. Car la tolérance, les droits de l’homme, l’humanisme, valeurs divinisées de ce temps, en prônant une compassion et une dignité contrefaites et pour tout dire démoniaques, font le lit de la barbarie insidieuse des temps présents. Entraînant une dureté croissante des comportements. Où le plus faible est de plus en plus refusé, où la notion même de fragilité, (malgré le discours officiel sur la solidarité, et à cause des modèles que le monde propose), suscite une peur diffuse de ne pas être trouvé "digne" de vivre en cas de malheur, qui commence avec le fait de vieillir, réalité devenue synonyme de rejet pour le plus grand nombre...
      Les évêques, et nous avec, sommes devant des réalités que nous aussi ne pouvons plus traiter en "se situant au-dessus de la mêlée" (G.L.), il faut effectivement descendre dans la fournaise. En priant, en posant des actes, en parlant dans nos propres familles, en prophètes.

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  • 23 février 23:01, par Henri

    Etre chrétien, c’est user de ses facultés pour décider en dehors de tout angélisme pour des solutions favorisant le bien commun.
    Il n’est pas souhaitable d’attirer ces enfants Roms sans âge qui mendient dans mon quartiers et commettent des délits pour les soumettre à une exploitation maffieuse, probablement ignoble, pour détrousser les habitant s de ce pays ni de le vouloir intégrer à nos frais dans l’école publique Quand on connait la dérive calamiteuse due à l’idéologie morte qui la sous-tend, l’école de la non transmission , ( voir Michéa) du racket, comme le veut l’ineffable monsieur Sécurité de François Hollande, l’ineffable maire de Dijon, qui fait tellement grand bourgeois méprisant .Pitié »i pour ces filles malheureuses en France, oui pitié et prenez les en charge en Roumanie..
    La solution réaliste et chrétienne, c’est donc de favoriser leur intégration en Roumanie Comment ? par des écoles libre hors contrats ! envoyées en mission et diverses aides, bref refuser le tout immigré au nom d’une conception dévoyée de la charité qui consiste la faire supporter par plus pauvres que nous..
    Aux évêques au secours catholique aussi, qui continuent à plaider pour l’accueil sans pense les problème, on a envie dire. Pitié Messeigneurs laissez les laïcs réfléchir à ces problèmes, ils sont plus compétents que vous et rappelez les grands principes intangibles comme aussi le respect de la al vie,, ne méprisez pas la souveraineté e, elle est une liberté , aussi chrétienne, qu’est ce qu’un christianisme sans liberté !au service de l’universel et le contraire de la babélisation de a charité que vous voulez introduire ou laisser passer.( Quant à la guerre de 1914 , lisez R.Girard et vous verrez qu’elle est plus une conséquences d’idéologies portées à incandescence suite à la révolution .. française ; que de saines médiations nationales , dévoyées certes par ces dernières ;
    Laissez nous Messeigneurs, vivre nous les laïcs, qui sommes bien conscients de notre foi . Assez de cléricalisme, rappelez vous la Restauration, sinon vous mettez notre foi en péril en mélangeant les domaines.
    Quand à Monsieur Pinte, je veux bien qu’il soit sincère, mais comme chrétien catholique je tiens aussi à lui dire que je soutiens sans états d’âme bien sûr, la candidate qui veut décliner à la suite de Gaulle, notre souveraineté, qui est liberté de maitriser son destin ce qui est chrétien, de penser l’accueil à l’autre, qui n’est pas soumission, si penser reste encore possible. Et qui tente par un dialogue avec ce qui reste d e peuple de continuer l’aventure de notre histoire, oui comme de Gaulle.
    .Diminuer le nombré d’avortements en favorisant la famille, est ce anti chrétien, ,Oui, si on cherche vraiement, si on veut pinailler, elle aussi pose problème sur le plan chrétien, par exemple en validant un peu trop, à mon goût notre révolution, française, qui certes avait des idées s généreuses mais dont le processus sanglant reste notre cauchemar en France et de par le monde où elle a essaimé, Russie, Chine, Corée, Cambodge etc.. en 2O11 ! Mais enfin ,c’est l’honneur perdu des petites gens qui aiment encore la France qu’elle veut sauver et on peut la comprendre dans ce sens Mais enfin ré-enterrer solennellement le roi martyr ,la Reine Outragée ,l’enfant du Temple massacré ne fait pas partie des souhaits de nos évêques et pourtant il pourrait ici imiter l’Eglise orthodoxe, un peu d’œcuménisme bien compris enfin ?

    .

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    • L’Évangile et la pluralité des engagements 24 février 13:48, par laure

      Tout à fait d’accord avec vous. Moi j’avoue que je m’éloigne de plus en plus non de l’Eglise dans son essence mais d’un certain christianisme que je distingue du christ. J’en viens en écoutant tous ces discours et toutes ces paroles d’évêques ou d’associations chrétiennes à me demander si la france et l’europe, après avoir été baptisées, enfantées par le christianisme ne sont pas en train de crever du fait malheureusement d’un christianisme devenu fou. J’assimile ce christianisme au royaume de Tartuffe : il adhère à l’idéologie mondialiste avec tous ces fléaux (esclavagisme, immigrationnisme, destruction des peuples et des nations, etc..) puis s’indigne devant les conséquences des causes qu’il approuve pleinement (il n’est qu’à écouter le président du secours catholique). Ce christianisme ne veut plus agir sur les causes mais se veut le pompier et le couvercle de la nouvelle idéologie des maîtres du monde. Oui j’avoue que ce christianisme devient pour moi inaudible et je suis proche de m’en éloigner...toutes les églises nationales appartiennent à l’église universelle mais elles se doivent de s’incarner dans l’histoire, le peuple,la chair d’un pays, l’église que nous cotoyons n’est plus l’église de france mais une église d’"ici" qui s’occupe des "gens" des territoires qui furent "jadis" la france. Il est admis pour les évêques de ces territoires que la france n’existe plus, d’ailleurs parlent-ils de sa vocation ? depuis combien de temps n’avons-nous pas entendu un clerc français s’adresser comme le fit Jean-paul II à la france, comme à une personne : qu’as-tu fait de ton baptême ? Je pense que tous ces clercs qui ont peur de leur ombre doivent croire que cela est ridicule et surtout ils ont la peur au ventre de se ridiculiser devant les "radios paris" d’aujourd’hui.
      Sans doute, l’Eglise est plus grande que nos nations mortelles mais qui eût cru que le pays qui fut la plus vielle nation chrétienne d’occident offrirait le visage que nous voyons et qui nous fait si mal : apparemment Monsieur Pinte et Monseigneur Turcq ne voient rien, n’entendent rien... Visiblement, l’église "d’ici" devient une église de la globalisation, elle ne me parle ni de chartres, ni de reims, elle doit croire qu’après tout, ce qui est arrivé aux coptes est dans l’ordre des choses et qu’il s’agit du balancier de l’histoire, l’église naît et renaît d’un lieu à l’autre. Oui, il se peut que je pleure la mort de la france et de l’europe mais que le christianisme renaîtra en asie sous une autre forme. L’église n’est ni attachée à une forme politique (elle sait s’accommoder de tout) et force est de constater, pauvres de nous, qu’il en est de même pour les nations. Le terme "église de France" lui est de moins en moins familier d’ailleurs, on se demande même si elle se sent encore un lien avec cette nation...comment les quelques français qui ont encore l’amour du pays chevillé au coeur, qui se sentent orphelins ne seraient pas désemparés ? trahis par leurs élites, leurs politiques, les voilà non plus membres de la fille aînée de l’église mais réduits à un pays humilié, renié, apostat, dont on réécrit l’histoire. Monsieur Pinte et Monseigneur Turcq ont commis un petit livre, pitoyablement électoraliste, qui ne répond pas à l’angoisse et au désespoir de la france. L’église de france n’étant plus qu’une église minoritaire "d’ici", je ne me sens en rien liée par les appels à ne plus se taire de ses dignitaires. Quand l’Eglise de France parlera à la France, j’aviserai. Je ne sais toujours pas ce que je voterai en avril, mais j’appartiens depuis 1992 à la france qui dit non au monde que l’on veut nous imposer. Je suis triste de voir que l’église (ex de france) visiblement est elle du côté du Oui au nouvel empire. Si encore cet empire était celui de Rome ! le choix serait cornélien mais il s’agit ni plus ni moins de la mort de la france et des nations européennes.

      Cordialement

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  • 27 février 14:59, par Patrick Nodé-Langlois

    Merci à la France Catholique qui nous aide à former notre conscience critique ( Conférence des Evêques de France " Grandir dans la Crise " p 73 ). Merci Gérard Leclerc pour ses deux articles ouvrant de façon magistrale la " grande explication nationale ". Merci aussi à nos évêques qui nous donnent les moyens de réfléchir : "Grandir dans la crise" déjà cité,"Quelle société voulons-nous ?" du Cardinal Vingt-Trois. L’Eglise n’a pas à prendre position pour ou contre tel ou tel engagement, sauf à nous rappeler l’essentiel comme le respect de la vie, la famille formée par un homme et une femme etc...
    Jean Paul II a écrit des textes superbes sur la doctrine sociale, superbes parce qu’ils se placent au-dessus de toutes les idéologies faisant appel à la transcendance pour éclairer nos débats humains et nous aider à trouver des solutions. Depuis sa parution, j’ai gardé à portée de main l’Encyclique Centesimus Annus et je me dis que si les responsables politiques et économiques et surtout les chrétiens avaient lu sérieusement ce document, nous ne connaitrions peut-être pas la crise que nous traversons. Jean-Paul II, le "tombeur" du communisme prévoyait déjà la nécessaire réforme du capitalisme en reconnaissant le rôle fondamental de la libre entreprise et du marché, sources de responsabilité et de créativité, mais en l’opposant à un système économique dans lequel la liberté économique n’est pas encadrée autrement dit l’ultra-libéralisme. Un chef d’entreprise, soucieux de mettre son entreprise au service de l’homme peut trouver dans les nombreux écrits de l’Eglise des éléments très utile pour sa démarche. J’en ai été et suis le témoin.
    Le pluralisme politique existe chez les chrétiens, bien heureusement ou alors ce serait un déni de démocratie. Essayons, les chrétiens, de nous retrouver sur l’essentiel et cessons de critiquer notre Eglise qui dans sa grande indigence non pas intellectuelle, mais en nombre de clercs, fait de son mieux et même plus, pour nous aider à accomplir nos devoirs d’état, de citoyen, de père et mère de famille. France Catholique nous comptons toujours sur vous pour nous éclairer.

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