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Journée sans viande

par Fabrice de Chanceuil © Acip

lundi 8 mars 2010


Jsv : je suis volontaire

Connaissez-vous la JSV ? Il s’agit de la Journée sans viande. A l’approche des élections régionales et à l’heure du Salon de l’Agriculture, certains écologistes lancent cette idée ou plutôt la relancent, car elle n’est pas tout à fait nouvelle. Elle vient, comme c’est souvent le cas dès qu’il s’agit d’un mouvement de société, des Etats-Unis, à l’initiative de l’association Farm qui, depuis 1985, appelle chaque année, à la date du 20 mars, les consommateurs à ne pas se nourrir de viande. Au départ, il s’agissait surtout d’une journée pour dénoncer la maltraitance dont souffrent bien souvent les animaux de boucherie. Il n’est pas surprenant, dès lors, que cette demande ait été relayée en France par Brigitte Bardot.

Mais depuis quelque temps, la revendication a pris une autre tournure pour prendre un caractère plus global visant à dénoncer les méfaits de l’élevage. Celui-ci est accusé de polluer les terres, d’occuper des espaces grandissants en contribuant ainsi à la déforestation, de générer une surexploitation des céréales à des fins de nourriture animale et par conséquent de détourner la production végétale qui devrait aller plus sûrement vers l’alimentation humaine, prioritairement dans les pays en voie de développement. Ainsi, est-il rappelé que pour obtenir un steak de 200 g, il faut presque 2 kg de blé avec lesquels on pourrait nourrir 8 enfants. Comme le dit un slogan digne d’une affiche de propagande d’un pays en guerre : « Le bétail des riches mange le pain des pauvres ! ». Parallèlement, les conditions d’élevage industrielle sont également dénoncées, non seulement pour la violence faite aux animaux, mais également pour les risques qu’elles font courir à l’homme. La maladie de la vache folle, la grippe aviaire et plus récemment la grippe porcine, dont l’origine animale est inscrite dans leur intitulé, toutes liées au mode d’élevage de ces animaux, ont franchi la barrière des espèces pour s’attaquer au genre humain, même si les pandémies constatées n’ont pas débouché sur les catastrophes annoncées.

Dernière critique en date, la contribution de l’élevage au réchauffement climatique : outre la déforestation déjà mentionnée, les divers stades de la production animale, auxquels il ne faut pas oublier d’ajouter la production de méthane générée par les flatulences des bovidés, provoqueraient, selon Rajendra K. Paschauri, président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), 18% des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, en ces temps de recherche d’une nourriture plus équilibrée, la viande est accusée d’occuper une place trop importante dans le régime alimentaire des consommateurs occidentaux. Alors que l’individu devrait se satisfaire d’un apport de 50% de protéines animales, celles-ci représentent en fait un pourcentage de 70% dans les pays développés, soupçonné d’être à l’origine de maladies de civilisation comme l’obésité et les troubles cardiovasculaires.

Dans ces conditions, beaucoup, à commencer par les végétariens, estiment qu’il ne faut pas se contenter d’une Journée sans viande par an mais qu’il conviendrait d’un instaurer une par semaine. Ainsi Paul Mc Cartney, l’ancien chanteur des Beatles, propose-t-il aux Britanniques de renoncer à la viande le lundi, tandis que la ville de Gand, en Belgique, a déjà institué une journée hebdomadaire non carnée le jeudi. A ce rythme-là, peut-être verront nous bientôt de grands visionnaires inviter les Français à ne pas manger de viande le… vendredi.

A dire vrai, quand l’Eglise, depuis ses origines, invite ses fidèles à l’abstinence le jour anniversaire de la mort du Christ, elle le fait certes en mémoire de l’événement qui la motive, mais aussi en signe de dépouillement, de pauvreté, de santé du corps et de l’âme, toutes choses que de plus en plus d’hommes redécouvrent aujourd’hui par des chemins détournées. Ne dit-on pas que les voies du Seigneur sont impénétrables. Alors, sans attendre la prochaine proclamation d’une énième journée mondiale de l’ONU, qu’on croit au Ciel ou qu’on n’y croit pas, ne serait-il pas sage de profiter de ce temps de Carême pour retrouver le sens profond et la joie simple de la privation, et peut-être pas seulement de viande ?

2 Messages de forum

  • 9 mars 2010 23:59, par Bernard Richard

    Dans différents pays en développement, comme l’Egypte ou le Pérou, j’ai connu des journées sans viande, chaque semaine 2 à 3 jours sans viande, ou une semaine sur deux, etc., en raison de la pauvreté des ressources disponibles, et sous l’Occupation, les maigres tickets de viande transformaient aussi bien des jours en JSV. Alors messieurs des pays riches, encore un effort avant de vraiment singer les pays pauvres, structurellement ou momentanément : un jour par an, combien d’humains apprécieraient de "bénéficier" de ce type de situation et la proposition a, pour eux, quelque chose d’indécent, voire d’insultant

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  • 10 mars 2010 10:11

    Voila ce que j’ai trouvé en bas de votre article Bizarre...
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