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Il y eut des noces à Cana - 2e dimanche ordinaire année C

dimanche 17 janvier 2010


Trop souvent, l’évangile des noces de Cana, n’est vu que sous l’angle du mariage, et n’inspire que des remarques générales sur le fait que Jésus n’a pas peur de se mêler à une noce villageoise, qu’il assure à ces époux un peu démunis une présence sympathique et on ajoute aujourd’hui qu’on voit là l’intérêt que Dieu, depuis la Genèse, prend à l’union de l’homme et de la femme. Point final. Ensuite on passe à la réflexion sur le miracle de l’eau changée en vin, et pour ce qui est du mariage il n’en est plus question, comme si c’était seulement le cadre, passablement symbolique au demeurant, dans lequel Jésus avait voulu inscrire la révélation de sa « gloire ». Or a priori il serait curieux que le mariage ne soit pas touché lui-même par la transformation que le Christ vient apporter. Si le vin vient à manquer à cette noce, c’est d’abord que la promesse de joie que comporte toute union conjugale a tourné court comme c’est généralement le cas et que l’amour ne tient pas ses promesses. Dans la redécouverte (positive) de la grandeur du mariage comme voie d’accomplissement pour l’homme et la femme, on oublie généralement que nous ne sommes plus en train de sortir des mains du Créateur. Certes la bénédiction donnée à Adam et ève, au sens de leur fécondité, n’est pas remise en cause par le péché des origines, mais celui-ci continue de faire des ravages et le couple, pièce maîtresse du dessein de Dieu, en est la principale victime. « Ton désir te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » entend ève après la faute. Ceci n’est pas très sympathique, mais il faut reconnaître que c’est d’une terrible justesse, dans les deux sens d’ailleurs  : la tyrannie conjugale se retrouve des deux côtés. En dépit du slogan de Mai 68 « faites l’amour et pas la guerre », on doit avouer que les deux se ressemblent souvent. C’est cette situation que le Christ vient rejoindre à Cana. L’amour a besoin de rédemption, d’autant qu’il est la charnière des œuvres du Très-Haut, le point sur lequel l’homme et la femme sont le plus « image de Dieu. » Cette rédemption, l’amour conjugal en bénéficie dans le sacrifice de Jésus, ce qu’il appelle son Heure, celle de la Passion et de la Gloire, où il va s’offrir complètement à Dieu son Père, mais aussi à nous dans un don nuptial sans retour. Mais pratiquement, elle atteindra le couple dans le sacrement spécialement institué pour cela par le Christ (et pas par l’Église, sinon ce ne serait pas un sacrement  !), le sacrement de mariage.

Celui-ci n’est pas seulement une petite bénédiction, qui accompagnerait le projet conjugal et lui donnerait, telle la plume au chapeau, un surcroît de spiritualité, mais sans le changer au fond. Il s’opère dans le mariage des baptisés une transformation analogue à celle de l’eau changée en vin. Ils arrivent au mariage avec l’intention belle et noble de lier leur vie pour donner la vie, mais voilà que ce projet risque encore de « venir à manquer ». Alors Jésus avec de l’eau (l’eau de l’effort et de la peine, l’eau du don de soi jusqu’au sacrifice) produit un vin nouveau infiniment plus savoureux que l’ancien, en tout cas plus durable.

La rédemption de l’amour conjugal, tel que le Seigneur l’a vécu dans son offrande pour nous, c’est de continuer d’aimer, quand la réciproque vient à manquer. Aimer quand on est aimé est à la portée de tout le monde, c’est le souhait que tout amoureux porte en lui, mais ce rêve se brise souvent contre les faits  : l’autre soudain incompréhensible et lointain, le don qui semble ne pas être compris, le refus, l’infidélité peut-être… Et là seul le Christ sur la croix a pu porter l’intolérable décalage entre son amour à lui et la réponse de celle qu’il aime et qui le crucifie. Le sacrement de mariage, c’est le branchement entre le Cœur du Christ-Époux et un pauvre cœur humain soudain rendu capable, non sans peine peut-être, de porter ce don jusqu’au bout, jusqu’à être abandonné(e) s’il le fallait. Et ce don est plein de vie et source d’une inestimable joie. n

Dimanche 17 janvier Première Lecture  : Isaïe 62.1-5 Psaume 96.1-3, 7-10 Deuxième Lecture  : 1 Corinthiens 12.4-11 Évangile  : Jean 2.1-11

— - 2e semaine ordinaire (année C)
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Semaine de la « grâce de la paix » (cf. collecte)

Dimanche  : deuxième per annum  :

1. Jésus qui veut mettre en nous sa joie (lecture d’Isaïe).

➤ Adorons l’Époux parti conquérir le cœur de celle qu’il aime.

Point spi  : Sachons traduire la joie des amis de l’Époux.

2. Jésus qui partage largement ses dons avec ses amis (lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens).

➤ Adorons le Maître qui donne à chacun ce qui lui est nécessaire.

Point spi  : Trouvons notre place dans l’Église, même si elle n’est pas la plus brillante.

3. Jésus qui vient nous révéler la source d’eau vive que nous portons (lecture de l’Évangile de saint Jean).

➤ Adorons le divin Sourcier qui repère en nous les sources cachées. Point spi  : Laissons-nous aborder par Jésus, ne nous défendons pas.

Lundi  : L’Époux et le jeûne (Marc 2, 18-22)

1. Jésus qui défend ses disciples, qui les protège de la surenchère ascétique des groupes installés.

➤ Adorons le Maître qui a pris charge des siens et ne les abandonne pas, qui veille sur eux.

Point spi  : Ne nous laissons pas troubler par des comparaisons inutiles (chez N, on fait ainsi).

2. Jésus qui revendique le rôle d’« époux », qui vient apporter aux siens la joie eschatologique des noces.

➤ Adorons Celui qui est bien plus qu’un maître, un chef, un patron  : l’Époux  !

Point spi  : Ne nous conduisons pas avec Jésus comme s’il nous demandait seulement des résultats.

3. Jésus qui veut que notre vie de prière et de pénitence soit liée à sa vie parmi nous, à son rythme à lui.

➤ Adorons Celui autour duquel s’or-donnent nos jours, nos semaines, notre année liturgique, chef de chœur, chef de ballet qui nous entraîne.

Point spi  : Vivifions ce qui risquerait de n’être que des habitudes de piété.

Mardi  : Le Fils de l’homme et les épis froissés (Marc 2, 23-28)

1. Jésus qui entraîne des hommes à sa suite, qui ne leur propose pas une vie facile, qui leur fait éprouver la faim.

➤ Adorons Celui qui marche en tête de sa petite troupe à travers le désert de ce monde.

Point spi  : Ne murmurons pas quand c’est trop dur.

2. Jésus qui dispose pour eux des secours exceptionnels, qui leur vient en aide en réinterprétant la règle du sabbat.

➤ Adorons Celui qui dispose souverai-nement de tout, qui est le « maître du sabbat ».

Point spi  : Acceptons les ménagements qui nous sont offerts.

3. Jésus qui accepte d’être mal jugé par solidarité avec ses disciples, et qui comme David, se trouve marginalisé.

➤ Adorons le Fils de l’Homme que les hommes rejettent mais que Dieu glorifiera.

Point spi  : Assumons les jugements du monde contre les chrétiens. Mercredi  : Le Défenseur de l’homme (Marc 3, 1-6)

1. Jésus qui n’esquive pas l’affrontement, qui demande au paralysé de s’avancer devant tout le monde.

➤ Adorons Celui qui agit en toute liberté pour sauver l’homme de lui-même. Point spi  : N’ayons pas peur de dire clairement nos convictions. 2. Jésus qui constate avec colère l’étroi-tesse et la bêtise des hommes. ➤ Adorons le Juge sans miséricorde pour celui qui n’a pas fait miséricorde. Point spi  : Sachons nous indigner devant l’hypocrisie, la lâcheté, la méchanceté.

3. Jésus qui guérit, qui se marque en faveur de l’homme paralysé, qui va jusqu’au bout pour lui.

➤ Adorons le Christ qui agit par avance avec la puissance de la Résurrection.

Point spi  : Laissons-nous toucher par Jésus.

Jeudi  : La retraite et la foule (Marc 3, 7-12)

1. Jésus qui se retire et qui est suivi, Jésus qui ne se dérobe pas devant la foule qui l’assiège.

➤ Adorons le Sauveur venu au milieu de son peuple.

Point spi  : Ne nous dérobons pas à notre semblable, accueillons sa misère. 2. Jésus sur qui on se « précipite », Jésus que l’on saisit, que l’on enveloppe, que l’on touche.

➤ Adorons le Médecin des cœurs et des âmes, tellement disponible à toutes nos misères.

Point spi  : Répercutons cette ouverture en étant, nous-même, très accessibles.

3. Jésus qui reçoit la reconnaissance sarcastique des démons, qui subit leur violence et leur dérision.

➤ Adorons le Saint et le Juste dont le Démon ne peut supporter la présence.

Point spi  : Ne nous laissons pas trou-bler par les discours réducteurs et blas-phématoires que nous entendons.

Vendredi  : La prière et la mission (Marc 3, 13-19)

1. Jésus qui porte seul le fardeau, qui se tient devant son Père pour lui offrir tout ce qui va suivre.

➤ Adorons Jésus en prière, grand-prêtre de l’Alliance nouvelle.

Point spi  : Intercédons longuement pour ce monde magnifique et déboussolé.

2. Jésus qui choisit les hommes, qui les met à part et les attache à lui.

➤ Adorons Jésus au cœur de son Église, réunissant des hommes à ses côtés.

Point spi  : Situons-nous clairement dans la fidélité et la docilité à l’Église.

3. Jésus qui dans ses Apôtres, prend même un traître, qui accueille toute notre humanité avec sa faiblesse et son péché.

➤ Adorons le Christ les yeux bandés qui reçoit ses Apôtres comme ils sont, sans présager de leur avenir.

Point spi  : Faisons confiance même dans les cas difficiles.

Samedi  : La famille qui ne comprend pas (Marc 3, 20-21)

1. Jésus qui est tout donné à sa mission, qui n’a plus le temps de manger.

➤ Adorons Celui qui vient nous partager sa vie et qui ne réclame rien pour lui.

Point spi  : Annonçons gratuitement la Parole de Dieu. 2. Jésus qui est rattrapé par sa famille, Jésus qui conserve des attaches humaines, qui n’est pas un extra-terrestre.

➤ Adorons Celui qui reste à jamais le Fils de Marie, le frère de Jacques, Simon…

Point spi  : Acceptons de devoir dépendre du jugement de nos proches sans néces-sairement leur céder.

3. Jésus que l’on peut croire fou, alors qu’il est suprêmement sage, Jésus qui bouscule nos limites.

➤ Adorons la Sagesse de Dieu plus sage que les hommes qui la croient folie.

Point spi  : Cherchons avant tout l’accord avec Dieu.

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