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François Jourdan, La Bible face au Coran (Les vrais fondements de l’islam), L’Œuvre, 2011, 140 p., 18 e.

par Maurice Borrmans

mardi 31 janvier 2012


Docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse, François Jourdan avait déjà accompli, en 2008, «  un travail de clarification indispensable  », face à «  une confusion, consciente ou inconsciente, (qui) est entretenue  » quant aux rapports entre christianisme, judaïsme et islam. Son livre intitulé Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, des repères pour comprendre, avait suscité, tout à la fois, adhésions et réserves (cf. la recension d’Islamochristiana, PISAI, Rome, n°34 (2008), pp. 309-311)  : son «  Enquête sur une situation bien confuse  » dénonçait, à juste titre, les ambiguïtés du langage quotidien, et sa «  Présentation des cohérences fondamentales des deux traditions  » rappelait opportunément que chacune dispose de vocabulaires et de valeurs qui lui sont propres, ce qui ne peut qu’engendrer des «  conséquences doctrinales  » fondamentales.

Fallait-il pour autant parler d’expériences religieuses «  inconciliables  »  ? Bien des chrétiens ne le pensent toujours pas, quand il s’agit d’apprécier existentiellement la vie spirituelle de nombreux musulmans. Mais puisque les ambiguïtés demeurent et que «  non seulement les islamologues et les exégètes se contredisent entre eux, mais un même auteur peut ici se contredire comme le pape lui-même, ou évoluer comme le père Geffré […], que peut penser le non-spécialiste troublé dans sa foi devant pareille cacophonie et incohérence des spécialistes  ?  ». L’auteur entend justifier ainsi sa nouvelle intervention en la situant au niveau même des deux Livres de référence dont parle le titre de son ouvrage. Peut-on cependant affirmer avec lui que «  la confusion signe un grave retard théologique d’analyse et de compréhension de l’islam et des musulmans, et de nous-mêmes  »  ? à lire attentivement ses pages, on a l’impression qu’il passe sous silence bien des travaux, publications et recherches qui, depuis cinquante ans, témoignent d’une réflexion chrétienne approfondie quant au dialogue islamo-chrétien. On aurait aimé, de sa part, au moins une brève analyse de ce qui a été fait, dans ce sens, depuis la création, en 1964, du Secrétariat romain pour les non chrétiens, devenu le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, en 1988.

Il n’empêche qu’on ne peut qu’assentir à ce qu’il dit en ses huit chapitres. à la question du ch. I. Islam, religion de l’alliance biblique  ? (p. 13-39), il démontre que l’alliance de type biblique (partenariat entre Dieu et les humains) est propre aux juifs et aux chrétiens  : scellée avec Abraham et renouvelée avec Moïse, elle est accomplie avec Jésus (les Ibrâhîm, Mûsâ et ‘Îsâ du Coran étant bien différents de leurs homologues bibliques), alors que l’islam est «  plutôt une religion ontologique fondée sur l’alliance transhistorique qui coïncide avec la création du premier Adam  » (Geffré). à l’interrogation du ch. II, Bible et Coran dictés à des auteurs inspirés  ? (p. 41-55), il répond que «  le processus de production du texte  » révèle bien vite que, s’agissant de la Bible, «  le texte est pleinement humain et pleinement divin, pleinement parole de Dieu et pleinement parole d’homme, [car] on est déjà dans une logique d’incarnation  », alors que «  le Coran n’est en rien la parole de Muhammad, mais uniquement la parole de Dieu seul en direct  », donc «  un texte incréé  » et révélé, non inspiré, et partant échappant à toute critique humaine et déclarant falsifiées les Écritures antérieures  » qui sont celles de la Bible.

Au ch. III, Ancien et Nouveau Testa­ments inséparables (57-66), F. Jourdan oppose la «  cohérence biblique (Le Nouveau Testament caché dans l’Ancien et, dans le Nouveau, l’Ancien dévoilé)  » et la «  cohérence coranique  » qui renvoie les vrais Tawrât et Injîl, comme «  pré-Corans  », à la version de «  l’unique Livre prototype, la Mère du Livre  ».

Par suite, avec le ch. IV, Religions bibliques et islam devant la raison (p. 67-75), il est démontré, à la suite de Rémi Brague, que, s’agissant de l’accueil fait à «  l’héritage de la philosophie grecque antique comme usage de la raison  », le christianisme a procédé par «  inclusion  », recourant au commentaire qui est une réécriture, tandis que l’islam a recouru à la «  digestion  », se contentant de la seule paraphrase. Ce qui permet au ch. V. Développement de la tradition interprétante (77-83) d’insister sur «  la tradition orale  » et son antériorité par rapport à l’Écriture dans le judaïsme comme dans le christianisme, ce qui explique que ce dernier « a développé la théologie comme science organique, structurée et soumise à la raison humaine critique  », tandis qu’en islam «  le Coran écrit vient en premier, et la tradition n’est pas la vie de la communauté mais des détails de la vie du fondateur  ».

Toutes considérations qui amènent à la question du ch. VI, Révélation tout entière dans la Bible ou le Coran  ? (p. 85-95). La réponse chrétienne voit en Jésus-Christ «  la Parole de Dieu  » et la pleine «  auto-révélation de Dieu  », alors que l’islam affirme que la «  Parole de Dieu littérale et fondamentaliste  » se trouve être dans le Coran, ce qui engendre deux visions opposées de la «  révélation  » et donc de l’interprétation du «  texte  » en fonction de ses genres littéraires (il convient donc de «  ne pas se tromper de prophétisme  »). La question décisive est alors celle du ch. VII, Clôture de la révélation  ? (p. 97-114), puisqu’il s’agit de s’expliquer sur la notion de «  sceau des prophètes  » et aussi de «  monoprophétisme  », car ce «  concept doctrinal n’est pas biblique  » tandis que «  les prophétismes manichéen et coranique semblent apparentés jusque dans le scellement de la prophétie, et en même temps nettement différents du prophétisme biblique abrahamique, et loin de l’accomplissement apporté par Jésus  ».

On peut alors apprécier le tableau de la page qui récapitule l’« inversion de l’être au monde selon la relation avec Dieu  » (p. 111). Et c’est pourquoi le ch. VIII, Au-delà de la clôture, une suite  ? (p. 115-123) invite à de nouvelles perspectives. En effet, « est-il possible d’aller au-delà  ?  ». En islam, «  aller au-delà du livre du Coran paraît très audacieux  »  ; en judaïsme, «  la tradition vivante est toujours à l’œuvre pour interpréter, mais dans les limites strictes de la Torat qui permet de vivre l’alliance dans un cadre donné (le Messie ne ferait que la mettre en œuvre)  » ; en christianisme, «  les Actes des Apôtres ne sont pas finis […]. Tout n’est pas fini avec la résurrection du Christ et son ascension, mais tout reprend un nouveau départ […]. C’est plus particulièrement le temps de l’Esprit Saint  ». Mais comment interpréter le sous-titre du livre  ? à vouloir rappeler, à travers un comparatisme qui insiste sur les seules différences, quels sont «  les vrais fondements de l’islam  », l’auteur donne l’impression, tout en accusant de naïveté nombre de ses frères en christianisme, de vouloir «  faire la leçon  » à certains artisans du dialogue islamo-chrétien. Est-il assez naïf lui-même pour croire que ces derniers ignorent ces différences par lui signalées  ? On peut supposer qu’ils lui sauront gré des conseils qu’il leur rappelle en sa Conclusion (125-135)  : «  Il nous faut accepter ces différences avec compétence et le courage de se dire que nous ne sommes pas pareils, et que ce n’est pas une offense que de le reconnaître, mais au contraire le respect de nos identités réelles […]. Le dialogue est un compagnonnage de vie dans une compréhension plus grande, en trouvant les voies nécessaires pour être ensemble. Un aspect essentiel de ce chemin, c’est d’être clair et vrai  ; alors la confiance peut s’installer. La vérité est réaliste […]. Car le dialogue est reconnaissance d’une altérité consistante et d’un partenariat, dans une volonté de trouver et de bâtir ensemble les chemins de la paix  ». On croit ainsi entendre à nouveau ce que n’ont jamais cessé de répéter les chrétiens de dialogue depuis près de cinquante ans, et il est dommage que F. Jourdan semble en ignorer les expériences et les publications, affirmant à leur sujet que «  la confusion signe un grave retard théologique d’analyse et de compréhension de l’islam et des musulmans  ». Il est regrettable qu’il ne puisse pas distinguer entre les genres littéraires que pratiquent les moyens de communication sociale (et leurs présentations superficielles avec leurs amalgames trompeurs), les sciences des religions (et leurs approches descriptives et phénoménologiques avec leurs évaluations réductrices) et les affirmations du magistère (et ses discernements théologiques et spirituels avec une position souvent médiane). Car bien des expressions dont il souligne l’ambiguïté re­lèvent justement de ces divers domaines de l’information  : à chacun, alors, d’en tenir compte et de faire le discernement nécessaire  !

Mais on aurait surtout aimé qu’il explique comment parvenir à ce «  partenariat  » spirituel à peine entrevu en sa conclusion. Comment peut-on parler de dialogue islamo-chrétien en passant sous silence, comme il le fait, et le § 16 de la Constitution Lumen Gentium et le § 3 de la Déclaration Nostra Aetate  ? Car tout dialogue suppose, comme s’y exercent les textes conciliaires, l’emploi d’un langage plus ou moins commun où les mots qu’utilisent les partenaires pour exprimer leurs expériences sont plus ou moins analogues. On attendait de ce livre qu’il précise la part d’analogie que les textes du Concile, les encycliques (ou discours) des papes et les textes du Conseil pontifical pour le dialogue religieux comportent dans le domaine du partage possible des expériences spirituelles entre chrétiens et musulmans.

Hélas  ! le livre accumule les mises en garde et n’envisage que l’islam «  essentialiste  », oubliant que la subjectivité de la vie religieuse des croyants est capable de donner aux modalités d’expression de leur approche du mystère de Dieu des significations bien supérieures à celles qu’en exprime l’orthodoxie officielle. D’autant plus que l’Esprit Saint est toujours capable d’enrichir dans les consciences des croyants, quels qu’ils soient, les pauvres mots auxquels ils recourent pour exprimer plus ou moins maladroitement leur expérience spirituelle. Et n’est-ce pas cette constante et universelle intervention de l’Esprit Saint qu’a voulu exalter Jean-Paul II en son encyclique Redemptoris Missio  ? Là encore le livre n’en dit mot, alors qu’on espérait qu’il en reprenne et en poursuive la réflexion. Les chrétiens artisans de la rencontre avec les musulmans sauront s’y employer.

http://www.notredamedekabylie.net/A...

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19 Messages de forum

  • 5 février 2012 21:54, par Perrier Pierre

    Et oui c’est agaçant comme sont agaçants tous les refus de confusion entre la Bonne Nouvelle que nous portons en pêcheurs dans nos fragiles vases d’argiles et les fondements des religions qui rapetissent Dieu à des visions où sa Miséricorde et son amour pour nous et le prochain sont conditionnels et non infinis. Pourtant le dialogue religieux commence quand on reconnait les fondamentaux des uns et des autres. C’est ça que dit explicitement Nostra Aetate (que l’on relise les textes du Concile , ils ne sont pas longs ! et non ses interprétations médiatiques) ; en recommandant une approche en cinq points (que d’autres essaient de transformer en une approche de dialogue sans rigueur) le texte conciliaire propose un dialogue gradué qui ne reste pas au niveau le plus facile des conversations écartant l’essentiel. Le Concile lance explicitement le dialogue vers une vérité plus haute selon son projet qui est l’Evangélisation d’un monde en passe d’être globalisé , que Jean Paul II a rebaptisé La Nouvelle Evangélisation qui n’a rien à voir avec les dialogues du PISAI et avec les idées de respect sans proposition de recherche de plus de Vérité de Massignon. Une attitude de respect de l’autre qui le considère comme incapable de progresser vers une vérité plus grande (qu’il a à s’approprier et sera certes exprimée dans sa culture) n’est pas une attitude de respect juste. Une recherche naïve qui ne fait pas le nécessaire travail de retrouver la composition historique du Coran sur plus d’un siècle ne permet pas au musulman une approche plus exacte des sources de sa religion ; sans avoir à passer par un discernement on entre de fait dans une reconnaissance de son inspiration qui empêche de débloquer le carcan du Coran mot à mot. Et ce n’est pas en rêvant sur le soufisme toujours condamné que ce travail se fera. Heureusement il avance enfin et François Jourdan a permis à beaucoup de voir la situation en face sans cesser de dialoguer mais au plus près des recommandations du texte de Nostra Aetate que n’ignore pas F.Jourdan.
    pierre Perrier spécialiste du judéo-christianisme et de ses déviances dont l’Islam

  • 6 février 2012 19:03, par Michel Joblot

    J’ai un profond respect pour le Père Borrmans, car il sait de quoi il parle.
    (Cf. « Dialoguer avec les musulmans – une cause perdue ou une cause à gagner ? » (Pierre Téqui).

    C’est avec plaisir que je lis sa critique qui confirme la justesse des analyses du Père Jourdan, dans son dernier ouvrage :
    « La Bible face au Coran – Les vrais fondements de l’islam » (L’œuvre).

    En effet, le Père Borrmans nous dit : « Il n’empêche qu’on ne peut qu’assentir à ce qu’il dit en ses huit chapitres », et c’est bien là l’essentiel pour tout lecteur qui veut se faire une idée juste des deux religions, sans se laisser égarer par ceux qui sciemment ou par ignorance voudraient nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

    Rappelons que le Père Jourdan a été exilé aux Philippines, suite au succès extraordinaire (qui gênaient certains..."pas dans la ligne" actuelle probablement...) de son premier ouvrage :« Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans – des repères pour comprendre » ( L’œuvre) ,qui fut (comme « Le prix à payer » de Joseph Fadelle chez le même éditeur), un Best-Seller, sans promotion autre que le bouche à Oreille !

    Les critiques du Père Borrmans porte essentiellement sur les lacunes supposées de l’ouvrage quant au « Dialogue islamo-chrétien », mais tel n’était pas le sujet principal du livre !

    Ce livre s’adresse justement au non spécialistes, à ceux qui entendent et voient ce que disent et font certains évêques, certains prêtres ou religieux, certains laïcs et qui se demandent « Qui marchent sur la tête ? » !

    Le Dialogue islamo-chrétien est un autre sujet, on peut se demander si celui-ci à un sens, car personne ne représente « l’islam » ou « les musulmans », ainsi ce qu’on nomme abusivement « Dialogue » se résume à de multiples rencontres entre des représentants de l’Eglise Catholique et « des » musulmans, dont le point de vue ou les déclarations éventuelles n’engagent qu’eux-mêmes.

    L’enjeu essentiel n’est pas le Dialogue, mais d’abord la connaissance approfondie de notre foi et une maitrise des différences irréductibles entre les deux religions, ceci afin que les chrétiens sachent répondre de leur Foi, sachent l’expliquer à leurs enfants et comprennent que la Foi en Jésus-Christ n’a rien à voir avec la foi de Mahomet.

    L’enjeu est que ceux qui se prétendent Chrétiens ne soient ni des "chrétiens ignorants", ni des "chrétiens honteux" comme l’a déploré le Père Borrmans a l’issue d’un "atelier" auquel nous participions !

    Jésus-Christ est venu nous sauver afin que nous devenions nous-mêmes en Lui, par L’Esprit-Saint des Christs, des Fils du Père, il est venu pour déifier l’Homme !

    Une affirmation pareille est un blasphème pour les juifs et les musulmans, et dans certains pays, celui qui oserait affirmer cela publiquement risque la mort !

    Cela dit tout échange entre citoyens de religion différentes est intéressant,la compréhension mutuelle est une richesse, les actions communes en faveur de la Paix ne peuvent être que les bienvenues.

    Mais le « Dialogue » ne nous dispense pas, si nous les aimons vraiment, d’annoncer l’Evangile de Jésus-Christ aux musulmans, car comme le dit St Paul « Malheur à moi si je n’annonce pas la Bonne Nouvelle ! ».

    Bonne lecture.

    Cordialement

    Michel Joblot

    P.S : J’ai connu le Père Borrmans, lors du colloque "L’islam : quels défis ?" -qui s’est déroulé à l’Université Catholique de Lyon , les 20-21 Mai 2011 ou j’ai participé à un des ateliers qu’il animait et j’ai eu l’occasion d’échanger personnellement avec lui sur le sujet. Je dois dire que ce fut une rencontre réconfortante, car il était le seul de tous les intervenants à ne pas manier la "langue de buis" et à se refuser à ne pas répondre à la question posée ou à esquiver. Par Charité chrétienne, je ne m’étendrai pas sur les interventions très décevantes de la part des autres intervenants, ni sur la monopolisation du temps de paroles par des intervenants musulmans, n’hésitant pas à tenir des propos aux contenus inacceptables (l’islam est le troisième étage de la fusée,...), sans réaction des spécialistes catholiques présents. Pire, j’ai même entendu un curé, de banlieue à forte présence islamique, déclarer : "l’islam rejoindra le christianisme, c’est une question de temps..." (comme s’ il y avait une convergence doctrinale possible entre l’islam et le christianisme !) ou encore un haut responsable rapportant que Mgr Tauran, au cours d’un repas, avait exigé « qu’il y ait un Coran dans chaque séminaire », sans dire pour quel usage...J’ai remarqué l’hostilité à peine dissimulée et les sourires moqueurs, méprisants et hostiles lorsque j’ai fait référence au Père François Jourdan…idem lorque j’ai fait référence au « Prix à payer » de Joseph Fadelle…

    Conseils de lecture :

    "Du Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres" Rémi Brague (Grand Prix de Philosophie de l’Académie Française 2009) - Flammarion - Champs Essais.

    "Qui est le Dieu des Chrétiens ? " Rémi Brague - Jean-Pierre Batut (Evêque auxiliaire du Diocèse de Lyon) - Salvator-Controverses.

    "Le Prix à payer" Joseph Fadelle (L’Oeuvre) - vient de paraitre en Poche !

  • 11 février 2012 09:54, par Gégé

    Pour moi je rêve d’un colloque regroupant le père Gallez ("Le Messie et son prophète"), François Jourdan (dont les livres sont cités plus haut), le philosophe Rémi Brague et MTH Urvoy !

  • 15 février 2012 04:40, par Jourdan François

    Réponse de FJ à la recension critique du P. Borrmans :

    C’est intéressant d’avoir un travail un peu construit, ce qui est plutôt rare. Mais le P. Borrmans, comme beaucoup dans les relations islamo-chrétiennes, ont perdu une grande partie de leur liberté par les relations nécessaires avec les musulmans. Cela, ils ne pourront jamais le dire, comme les musulmans ne peuvent pas reconnaître devant nous qu’ils manquent de liberté [1], et que par là ils brident la nôtre dans les rencontres.

    Alors il essaie comme le P. Henri De La Hougue lors de mon précédent livre, de me reprocher des manques : c’est toujours facile quand on veut trouver quelque chose à dire. Alors, oui, je n’ai pas parlé de la vie spirituelle subjective des musulmans ni de celle des chrétiens d’ailleurs, car, avec l’islam, le problème majeur n’est pas avec les musulmans mais avec le Coran. Il appelle cela de l’essentialisme. Oui, je n’ai pas cité à nouveau les textes de Vatican II ou des Pères de l’Eglise sur le dialogue et les autres religions, ce que j’avais déjà fait dans ‘Dieu des chrétiens’ qu’il mentionne. Oui, je n’ai pas fait une rétrospective depuis Vatican II comme il aime (c’est sa spécialité et il vient d’en sortir un livre de 360 pages !), surtout que Vatican II n’aborde pas cette question de l’Abrahamisme. On apprend toujours en études supérieures à préciser son sujet, car on ne peut parler de tout...

    Il semble avoir apprécié mon schéma et ne m’a pas reproché les citations prétendues hors contexte comme le P. Henri de la Hougue précédemment. Il ne défend ni le pape Jean-Paul II ni le P. Geffré dont j’ai montré les contradictions. C’est donc qu’il est bien obligé de reconnaître la confusion au plus haut niveau. Alors se contredisant il ose qualifier ces ambigüités de « genres littéraires ». Ainsi il les minimise et peut s’offusquer que j’y voie un « retard théologique » qui manifestement l’agace alors qu’il est prouvé par ces confusions et contradictions même qu’il reconnaît. Si le P. Borrmans a participé au discours de Casablanca (19 août 1985) où le pape Jean-Paul II parla de « même Dieu » (tout en limitant par quelques mots suivants), alors il se désavoue, ou bien, en prenant ce mot comme « genre littéraire », il désavoue le P. Geffré qui, lui, l’a bien pris comme théologiquement valide en argumentant dessus et sans les limitations [2]. Et beaucoup d’acteurs du ‘dialogue’, pour plaire au musulman, croient que Muhammad est prophète pour un chrétien [3] et Olivier Clément, Kenneth Cragg, Sr Colette Hamza… Mais il préfère alors renvoyer ‘chacun’ à faire son propre discernement, ce qui est justement si difficile pour les non-spécialistes, et même pour les spécialistes (comme les contradictions le prouvent) dans la confusion régnante, à commencer par le Coran lui-même. Alors qu’il est de la responsabilité des intellectuels et des pasteurs dans l’Eglise d’aider au discernement et non de laisser les cartes brouillées.

    Ainsi il n’ose pas parler de la grave erreur théologique sur le tronc commun abrahamique, pourtant prise en compte de manière centrale dans mon livre. La plupart des évêques dans le monde y croient. Et ce ne sont pas les allusions vagues de théologie au Vatican, ni les déclarations du Concile, ni les formations théologiques, ni le SRI qui abordent ces questions. D’ailleurs il reste vague (comme un procès d’intention, à la manière du P. Henri de La Hougue) ; mais, dans une recension, cela fait impression sur les gens qui ne sont pas spécialisés. En fait, il rend plus clair le retard théologique. L’abrahamisme du Coran est une grosse erreur bien précise celle-là, principalement depuis Massignon qui n’était pas théologien. Et le P. Borrmans y croit encore, c’est pourquoi il n’ose pas en parler ici. Il est bien obligé « d’assentir » à ce qui est « opportunément » et « à juste titre » dans mes livres, notamment sur les confusions et les différences ; mais, comme les P. Etienne Renaud (autre ancien du PISAI) et Claude Geffré, les minimisant par naïveté délibérée, il les fuit en refusant d’en tirer les conclusions sur les rectifications théologiques à faire dans les enseignements théologiques et les formations à l’islam ou pour la pastorale, au lieu de fragiliser la foi des chrétiens. Cela les obligerait à changer leur position tant affirmée depuis si longtemps. Ce serait un changement de cap nécessaire et cohérent, et un aveu qu’ils ne peuvent envisager après avoir enseigné tant d’années autrement, ce qu’ils veulent masquer.

    Quant à la prétendue nécessité d’avoir des choses en commun pour dialoguer, il est obligé de préciser "plus ou moins en commun" car ce n’est jamais en commun, comme Mgr Pierre Claverie l’avait courageusement dit [4]. C’est bien pour cela que je prends en compte les différences, d’habitude minimisées par une naïveté délibérée. Le dialogue est beaucoup plus difficile qu’il ne le laisse entendre surtout quand cela devient souvent un faux dialogue malade dans lequel on s’est installé et qui affaiblit la foi des chrétiens. Je suis un praticien de ces rencontres et je sais par expérience combien on utilise à souhait ces dérives abondamment. Il essaie de me retourner la naïveté, mais mon expérience de terrain est ici incontournable, et je ne suis pas près de l’oublier. Evidement cela les gêne.

    Père François Jourdan,

    eudiste aux Philippines.

    [1] Très officiellement, les 3 Déclarations des Droits de l’Homme en islam de ces 30 dernières années par l’ensemble des pays islamiques n’acceptent pas la liberté religieuse de l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Mais ce n’est pas dit crûment.

    [2] Islamochristiana n°18, 1992,p.110-111.

    [3] Les pères Christian Troll, Christian de Chergé, Paolo Dall’Oglio, Giulio Basetti-Sani, Claude Geffré, Charles Journet, Robert Caspar, Michel Lelong, Pierre Grelot, Michel Quesnel, Mgr Jean-Luc Brunin,

    [4] ‘Petit traité de la rencontre et du dialogue’, Cerf 2004, p.35

    • Je n’ai aucun titre qui me permette de répondre au grand spécialiste qu’est le père François Jourdan. Mais il se trouve que je suis directeur de la collection "Questions disputées" dans laquelle l’ouvrage du père Maurice Borrmans, auquel le P. Jourdan semble faire allusion, a été publié sous le titre Dialoguer avec les Musulmans. Une cause perdue ou une cause à gagner ? (Paris, Téqui, 2011). Et je ne vois pas que, pour faire l’historique des relations entre chrétiens et musulmans, avant, pendant et depuis le second Concile du Vatican, le père Borrmans fasse l’impasse sur les difficultés théologiques qu’elles présentent. Sur ce point, on lira avantageusement les chapitres VI : « Patrimoine commun aux Chrétiens et aux Musulmans » et IX : « Questions posées à la théologie par les partenaires du dialogue (1980) ».

      En ce qui concerne la question pour le moins aporétique d’un « tronc commun abrahamique » , qu’est-ce qui permet de dire au P. Jourdan que le P. Borrmans « y croit encore » ? Tous les disciples de Louis Massignon – dont aucun de ceux que je connais ne l’a jamais considéré comme une sorte de gourou infaillible - ne sont pas d’accord avec lui sur ce point.

      Le P. Borrmans, qui est un esprit plus libre que ne paraît le croire le P. Jourdan, et qui est tout aussi irréprochable quant à l’orthodoxie de sa foi catholique et sa fidélité au Magistère, rappelle explicitement, dans ouvrage cité plus haut (p. 116), comment le texte préparatoire à la rédaction de la Constitution dogmatique Lumen Gentium a été « profondément remanié ». Il était prévu d’affirmer d’abord : « Ne sont pas non plus étrangers à la Révélation faite aux Pères les fils d’Ismaël qui, reconnaissant Abraham pour père, croient aussi au Dieu d’Abraham ». Le texte définitif est devenu : « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour » (§ 16). A quoi la Déclaration Nostra Aetate ajoute (cité p. 184) : « L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne » (§ 3). C’est à ces affirmations conciliaires que se tient le P. Borrmans, fermement et dans un esprit de dialogue où il faut bien mal le connaître pour chercher je ne sais quelles « confusions » savamment entretenues ou quelque ignorance des difficultés qu’il présente. Mais le P. Jourdan a-t-il vraiment lu son dernier livre ?...

      • A Mr Yves Floucat je dois reconnaître n’avoir pas encore lu le livre du P. Borrmans car aux Philippines où je suis depuis bientôt 4 ans je n’y ai pas accès (la France est vraiment très loin !). Je le lirai avec la plus grande attention. Mais ma pratique pastorale de la rencontre islamo-chrétienne (jusqu’aux Philippines elles-mêmes) m’a montré combien la reconnaissance de Muhammad comme prophète par bien des acteurs officiels du ’dialogue’ (je peux développer !) et la croyance au tronc commun abrahamique faisant croire que l’islam était biblique et donc révélé sont des réalités bien tangibles que l’on n’aborde pas vraiment avec les chrétiens. Les choses ne sont pas dites clairement et laissent de très nombreux chrétiens dans le flou et la faiblesse de leur foi. Et cela je ne l’accepte pas. J’espère que le P. Borrmans remédie à cette carence doctrinale grave ! Et je m’en réjouis à l’avance (si c’est le cas). P. François Jourdan.

        • Merci à vous pour ces précisions. Je suis bien d’accord avec vous pour affirmer que tout dialogue fécond ne peut reposer que sur des bases doctrinales claires. Ce sont ces fondements assurés qui peuvent précisément lui permettre de se développer, dans un esprit de respect mutuel, à la recherche de tous les points de rencontre, une recherche plus que jamais indispensable et à laquelle notre foi elle-même nous invite.

          Je ne sais ce qu’il en est de ceux - clercs ou laïcs - qui se réclament d’un échange islamo-chrétien et je vous concède volontiers qu’ils n’ont pas tous nécessairement, hélas ! une intelligence théologique sûre. Je peux simplement vous assurer que le P. Borrmans, fervent partisan d’un dialogue maintenu, n’a rien d’un chrétien honteux qui accepterait, par une démagogie qui ne rendrait service à personne, n’importe quel propos bienveillant ou doctrinalement approximatif.

          • A cet échange fort intéressant entre spécialistes, je voudrais réagir par quelques observations d’un catholique de base s’étant quelque peu frotté aux réalités de l’islam et peu contraint par des précautions diplomatiques :

            - j’ai pu effectivement constater une évolution chez le Père Borrmans dont le discours n’est plus exactement celui que, non sans raison, Alain Besançon avait épinglé dans "Trois tentations de l’Eglise" ; on est sorti de l’âge des grandes naïvetés à propos du dialogue islamo-chrétien ; on peut dire aujourd’hui sans faire scandale que l’Abraham, le Jésus et la Myriam du Coran sont de bons musulmans et n’ont rien à voir avec leurs homologues de la Bible ; que le Coran est sans doute un livre inspiré mais pas par l’Esprit saint (même si, Dieu merci, la grâce est à l’oeuvre aussi chez les musulmans) et que les musulmans peuvent être sauvés en dépit du Coran et par la seule puissance salvatrice du Christ...Il y a 25 ans, les livres du Père Jourdan auraient fini en auto da fé allumés, non par des salafistes, mais par de bons catholiques et quelques abonnés aux périodiques du PISAI...

            - Alain Besançon, dans un article paru dans la revue Commentaire, a pu définir l’islam comme une religion naturelle idolâtrant le Dieu des Juifs et des Chrétiens, ce qui ne manque pas de pertinence ;

            - force est de constater que le dialogue islamo-chrétien a moins pour effet de contribuer à des rapprochements d’ailleurs impossibles entre chrétiens et musulmans qu’à envenimer les divisions entre chrétiens et notamment entre catholiques car il fait office de catalyseur en mettant à jour des théologies déviantes ; je me souviens d’avoir entendu un jésuite de La Source, institution du dialogue basée à Rabat, tenir un discours parfaitement relativiste et faire de l’islam une voie de salut parallèle au christianisme. Heureusement, la période de ce type de dérapages (c’était à la fin des années 80) est derrière nous ;

            - il faut reconnaître que le dialogue "des religions" entre christianisme et islam est une impasse ; on ne se prive pas de le dire "off" à Rome ; je continue d’espérer que le dialogue entre chrétiens et musulmans (dialogue interpersonnel) soit plus fécond, mais je suis devenu très sceptique. La fréquentation assidue de sites d’informations pour musulmans me donne en effet à penser que le Coran impose aux musulmans un carcan prescriptif dont ces derniers sont incapables de s’extraire. Pour me faire mieux comprendre, je prendrai l’image du crustacé et du vertébré. Le crustacé tient par la carapace, le vertébré par une colonne vertébrale qui lui donne infiniment plus de souplesse tout en lui permettant de se tenir droit. Et bien le musulman paraît enfermé dans une carapace et totalement incapable d’en sortir sans que le tout s’effondre. J’ai ainsi écouté l’autre jour une vidéo sur la prière du musulman au bureau où il n’était question que de minutages, d’ablutions...pour se mettre en règle avec le Coran. Etait-ce de la prière ou de la comptabilité ?

            La meilleure preuve de cet état de choses est l’extrême difficulté qu’ont les musulmans à s’adapter à une société comme la nôtre dont toute l’anthropologie est chrétienne. Quand on voit que, 40 ans après les débuts de l’islam en France, on en est encore à des histoires de foulards et de burkas, c’est que vraiment l’islam ne fait pas la preuve que le crustacé est adaptable dans un monde de vertébrés...

            Le test des révolutions arabes risque d’être terrible pour l’islam en Europe. Si ces révolutions se soldent par une régression et un renforcement de l’islam sur la société politique arabe, je crains fort que le rejet de l’islam ne trouve alors une confirmation et un encouragement redoutables. Une étude réalisée par SC PO Paris en 2005 montre d’ailleurs qu’un musulman adapté à la société française est en fait un musulman sécularisé. Faut-il ajouter : prêt pour une conversion au christianisme ?

            Je tiens à remercier vivement le Père Jourdan d’avoir été au nombre des courageux auteurs à nous aider à voir clair sur l’islam, avec d’autres comme A. Besançon ou encore Rémi Brague.

    • Merci François Jourdan ! 16 février 2012 13:26, par Michel Joblot

      Bonjour Père Jourdan

      J’espère que vous allez bien. Je vous remercie pour votre courage, car grâce à vous de nombreux chrétiens peuvent voir clair et ne pas se laisser dérouter par la confusion qu’entretiennent dans l’esprit des fidèles, certains de ceux qui sont chargés de les conduirent.

      J’habite à Lyon, et j’avoue que sans vous, et votre ouvrage "Dieu des Chrétiens, Dieu des Musulmans" parue en 2008, j’eusse été très désemparé, cette même année, face au Père Christian Delorme, délégué diocésain aux relations islamo-chrétienne, qui organisait des conférences "aimer l’islam pour être de meilleurs chrétiens" et déclarait dans le Monde "Non l’Algérie n’est pas antichrétienne" quand ce gouvernement persécutait des chrétiens, face au Cardinal Barbarin qui invitait à Fourvière pour les conférences de Carême 2008, son grand ami Azzedine Gaci, imam UOIF (héritiers des Frères Musulmans), Président Régional du Conseil Français du Culte Musulman pour parler du "Dieu Miséricordieux"(après avoir été prier,sur l’initiative du Président du CRCM, avec lui et tous les acteurs du "dialogue" lyonnais, sur les tombes des moines de Thibbirine) ; face à la déclaration publique de Mgr Barbarin début 2011 "qu’il avait appris par cœur la chahâda pour la réciter au chevet des musulmans mourants", et face aux intervenants de ce colloque édifiant, dont j’ai déjà parlé plus haut organisé par la Catho de Lyon sur "l’islam quels défis pour l’Eglise Catholique ?" en mai 2011.

      "Beaucoup d’acteurs du ‘dialogue’, pour plairent aux musulmans, croient que Muhammad est prophète pour un chrétien" dites-vous, je l’ai constaté aussi, je ne sais si ils le croient, en tous cas, ils parlent tranquillement "du Prophète" en parlant de Mahomet...

      Mais si les chrétiens croient que Le Dieu des Chrétiens et des Musulmans est le "même" et si Mahomet est Son Prophète, alors ces chrétiens sont musulmans et valident la foi des musulmans !

      Voilà bien pourquoi les musulmans sont preneurs de ce "Dialogue" qui ne fait que conforter leur foi que l’islam est la vraie religion venu corriger les erreurs précédentes du judaïsme et du christiannisme !
      Les spécialistes comme le Père Borrmans se récrieront, à juste titre, car telles n’est pas leurs intentions, ni même le contenu réel du "dialogue" qu’ils conduisent, mais c’est en tout cas l’impression que laisse dans l’esprit du public non averti ce dialogue à sens unique !

      Le Curé de Banlieue qui croie qu’avec le temps les musulmans rejoindront les chrétiens ne se rend pas compte que ses propres actes disent l’inverse pour les musulmans, c’est les chrétiens qui peu à peu partagent la foi de Mahomet !

      C’est ce que tous ces braves gens du Dialogue ne veulent pas voir !

      Pour les musulmans, qu’un Pape prie dans une mosquée, qu’un évêque invite un imam dans une Basilique pour enseigner "Le Dieu Miséricordieux" et sache la Chahada par coeur, que des évêques inaugurent des mosquées ou se joignent aux musulmans pour la rupture du jeun du Ramadan, laissent écrire "Allah Akbar" sur la Cathédrale St Jean, que des curés prêtent des salles dans des églises pour qu’ils puissent prier, que l’on batissent des eglises qui ressemblent à des mosquées (comme à Vaulx en Velin avec son clocher, copie conforme d’un minaret), ou que des responsables catholique envoient des messages de félicitations pour l’Aïd en mettant sur le même plan un attentat épouvantable subit par les chrétiens d’Irak et les attentats quotidiens entre musulmans rivaux, tout cela va dans le même sens !

      Alors comment prétendre en même temps vouloir évangéliser les musulmans ? D’ailleurs ils n’en ont même plus l’ambition...ce qui n’est pas étonnant vu ce qu’ils pensent et disent !

      Il semble qu’islam et christiannisme ne soient que deux voies distinctes pour arriver à Dieu (comme je l’ai entendu dire par des chrétiens dans ce colloque !), les seuls à évangéliser étant "les autres", les seuls "obstacles", les laïcs !

      Je sais que par mes écrits je ne me ferai pas des amis dans le milieu dirigeant de L’Eglise lyonnaise, mais peu importe, je souffre trop de voir tous ces catholiques se laisser manipuler et conduire leurs frères dans la confusion.

      Pour ma part je ne crois ni au Dieu de Mahomet, ni que Mahomet soit Prophète, je crois en Dieu, Père,Fils et Sanit-Esprit,que Jésus-Christ est Fils de Dieu, Vrai Dieu et Vrai Homme, venu dans le Monde pour sauver les pécheurs,Dieu fait homme pour que l’Homme devienne Dieu. Que par sa victoire sur la mort il nous adonné accès à la Vie divine éternelle.

      Je crois que comme baptisé, je suis fils du Père et fils de Marie, frère et ami de Jésus-Christ Notre Seigneur, et que par Sa Miséricorde je suis sauvé !

      Que Dieu vous bénisse et vous inspire, qu’Il vous garde en vie afin que vous continuiez à enseigner aux hommes la Vérité.

      Merci pour votre dernier livre "La Bible face au Coran" qui va permettre aux chrétiens d’y voir encore plus claire sur le gouffre théologique qui sépare l’islam du christiannisme.

      Fraternellement

      Michel Joblot

      • Merci François Jourdan ! 20 février 2012 10:46, par Pierre Denis

        Je suis d’accord avec la critique de Maurice Borrmans, quand il reproche au livre de François Jourdan d’accumuler les mises en gardes en semblant nous « faire la leçon », ou quand il demande si on peut parler vraiment d’expériences religieuses « inconciliables ».
        Je ne prendrai qu’un exemple. Pour le Père Jourdan, le Dieu des musulmans n’est qu’un Dieu « olympien » et distant, la miséricorde étant réservée au Dieu des chrétiens. Dans ses traductions, d’ailleurs, il préfère parler du Dieu « Bienfaisant et Bienfaiteur » au lieu du Dieu « Clément et Miséricordieux », traduction traditionnelle et plus exacte (Quand un arabe emploie le verbe RHM pour une personne décédée, il invoque la miséricorde de Dieu sur le défunt, non Sa bienveillance). Or lorsqu’on égrène les 99 beaux noms de Dieu, on s’aperçoit qu’il n’est pas seulement Er-Rahmân Er-Rahîm. Il est également El-Ghaffâr, el-Halîm, El-Ghafour, Et-Tawwâb, El-‘Afwou, Er-Raouf : Autant de noms qui évoquent le pardon.
        Certes, le père Jourdan nous fait remarquer que dans cette liste Dieu n’est ni Sauveur ni Rédempteur. Mais pour cause ! En Islam il n’y a pas de péché originel, Dieu ayant pardonné à Adam aussitôt après sa faute (Coran 2,37 et 20,122). On voit bien qu’il s’agit là de différences théologiques, d’ailleurs tirées de nos Ecritures respectives, non de différence de nature.
        Puisque je parle d’Adam je pourrais compléter cette remarque. Le Père Jourdan nous rappelle (l’aurions-nous oublié ?) que nous sommes créés à l’image de Dieu, ce qui n’est pas dans le Coran. Cela n’empêche pas dans le Coran une relation privilégiée, puisque l’Homme est établi comme lieutenant de Dieu sur la terre (Khalîfa, Coran 2,30), devant lequel les anges sont tenus de se prosterner.
        Ainsi, pour conclure, je dirais que les propos de Jean-Paul II cités par le Père Jourdan ne sont pas aussi contradictoires qu’il le dit. Jean-Paul II souligne ce qui nous rapproche (« Votre Dieu et le nôtre est Un et le même »), tout en étant conscient que théologie et anthropologie sont « très éloignées de celles du christianisme ».

        • Cher Pierre

          Lorsqu’on parle de Miséricorde encore faut-il s’entendre sur la signification du mot. Je lis la définition suivante sur le site de l’Eglise catholique : http://www.eglise.catholique.fr/res...

          "Miséricorde du latin misereri : avoir pitié et cor : coeur
          Attribut de Dieu qui explique tout son dessein de salut pour l’humanité. La bonté de Dieu est infinie car elle est un des aspects de sa miséricorde (Ps 86,5). On nomme ainsi l’attitude profonde de l’être caractérisée par la disposition d’amour au pardon. La sensibilité à la misère et à la souffrance d’autrui et à une bienveillance fondamentale vis à vis du prochain."

          Or le "dessein de salut pour l’humanité du Dieu de Jésus-Christ est de faire de tous les hommes des "Fils", de les faire participer en plénitude à sa Vie divine", un tel dessein ne peut venir que d’un Dieu Père, ce que n’est justement pas le Dieu de Mahomet !

          "Le mot hébreu « Rah’amim » ( רחמים ) désigne d’abord le sein maternel, puis la tendresse qui en est issue, tendresse miséricordieuse. Il s’agit d’un « pluriel de plénitude » du mot Rehem, ventre maternel. Ce mot désigne les entrailles de Yaweh, les entrailles du Seigneur, issue du sein maternel ( rehem, matrice, uterus) donc la tendresse maternelle de Dieu pour son peuple et ses enfants, pour les petits et les pauvres. L’image de la tendresse maternelle est à la racine de la miséricorde divine dans l’Ancien Testament"

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Mis%C3...)

          Il s’agit des entrailles de Dieu, car le Dieu des juifs et des chrétiens est non seulement Père, mais aussi Mère : " Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit ? Cesse-t-elle de chérir l’enfant de ses entrailles ? même s’il s’en trouvait une pour l’oublier,MOI Ton Dieu, JE ne t’oublierai jamais…Vois donc, JE t’ai gravé sur la paume de mes mains " (Isaïe 66-12-13)
          (http://www.netprodeo.net/misericorde.htm)

          La Miséricorde du Dieu de Jésus-Christ va bien au delà du simple pardon.

          Tu dis à juste titre "Certes, le père Jourdan nous fait remarquer que dans cette liste Dieu n’est ni Sauveur ni Rédempteur. Mais pour cause ! En Islam il n’y a pas de péché originel, Dieu ayant pardonné à Adam aussitôt après sa faute (Coran 2,37 et 20,122)."

          Mais justement sans la faute originelle (j’ignore ce qu’elle peut être pour l’islam pour qu’elle soit aussitôt pardonnée), qui est d’abord "désobéissance à Dieu", puis "volonté de rivaliser avec Lui" après L’avoir considéré comme "menteur" selon les dires du "Prince du Mensonge", puis enfin "peur de Dieu" qui poussent Adam et Eve à se cacher.

          Ce qui leur vaut de sortir du "plan de Dieu" (qui dès l’origine, en les créant à Son Image et selon Sa Ressemblance" est d’en faire des "fils"), d’être séparés de Dieu et ne plus compter que sur leurs propres forces pour vivre dans le Monde, soumis à Satan et à la Mort, sans cette faute originelle, l’Incarnation du Fils n’a aucun sens !

          Au fait, la Mort est-elle vaincue ? Non alors la faute originelle qui fais de nous des mortels n’est pas effacée, elle est toujours le lot de ceux qui refuse le Salut que nous a valu le sacrifice de Jésus-Christ !

          Pour les chrétiens nous avons le pouvoir d’être enfant de Dieu grâce à l’incarnation du Verbe, pour les musulmans, nous sommes au mieux des lieutenants de Dieu, des intendants, en aucun cas, des êtres potentiellement divins (mais combien de chrétiens croient que nous le sommes !), d’aucune manière, et certainement pas des "fils de Dieu" ; nous devons être de bons serviteurs (esclaves) mais en aucun cas "nous faisons partie de la famille" !

          Autant dire qu’anthropologiquement le chrétien et le musulman sont aux antipodes !

          Volà la Bonne Nouvelle que tout chrétien à le devoir d’annoncer à ses frères musulmans :

          "Ne croyez pas que vous êtes des esclaves, vous êtes des fils de Dieu, aimés de Dieu, qui vous aime comme un Père, comme une Mère, et dont la Miséricorde infinie est toujours prête a vous pardonner tous vos péchés et vous rétablir immédiatement dans votre dignité de Fils de Dieu, pour peu que vous vous reconnaissiez pécheurs et que vous reveniez vers Lui ! Vous n’avez pas a vous soucier de ce qui entre par votre bouche, car seul se qui sort de votre coeur vous rend impurs !"

          En plein débat sur le halal, cela pourrait faciliter la vie d’un très grand nombre !

          Malheureusement "Le Dieu Miséricordieux" de Mahomet a condamnné à mort tout musulman qui deviendrait chrétien !

          C’est un fait indiscutable, qui est un sérieux bémol à la Miséricorde divine annoncé par Mahomet !

          Que le Dieu de Jésus-Christ te garde dans Sa Joie, Sa Paix et Son Amour et que la Grâce de Jésus-Christ te donne le Salut !

          Amitiés

          Michel joblot

    • Pour m’en tenir au cardinal Charles Journet, où le P. Jourdan a-t-il vu qu’il tenait le fondateur de l’islam comme un "prophète pour un chrétien" ?

      Cf. Ch. Journet, Théologie de l’Église (Desclée, 1958, 1987, P. 344-345) : "L’authenticité de la prophétie d’Israël, de la Bible tout entière, est pour un chrétien sans aucune ombre. La prophétie de Mahommet pose, au contraire, beaucoup de problèmes. Non que nous soupçonnions sa bonne foi ; nous accordons qu’elle est entière. Mais qu’il est étrange de penser que le message suggérant à Mahommet une notion de la transcendance divine incompatible avec l’Incarnation lui soit apporté précisément par l’Ange Gabriel, qui, six siècles auparavant, avait annoncé à la Vierge le mystère de l’Incarnation !"

      • Voici ce que dit le Père Borrmans dans son livre à propos de la position du Cal Journet sur Mohamed

        cf Maurice Borrmans, Dialoguer avec les musulmans, Téqui, p 219 : "Sauraient-ils lui (Mohamed) reconnaître, avec le Cardinal Journet, un charisme partiel, intellectuel et/ou pratique, d’ordre prophétique biblique, ou bien répéter avec le Patriarche Timothée Ier de Bagdad qu’"il a marché sur la trace des prophètes" ?

        Ce serait intéressant de savoir ce que le Père Borrmans sait exactement de la position du Cal Journet.

        • Reconnaître éventuellement à Muhammad "un charisme partiel d’ordre prophétique biblique" n’est pas faire de lui un "prophète pour les chrétiens". Le cardinal Journet est beaucoup plus nuancé que cela.

          On connaît sa grande proximité de pensée avec le philosophe Jacques Maritain. On peut estimer, à mon avis, que la position de Journet était voisine de ce que Maritain écrivait à propos de l’islam dans son dernier livre sur L’Église du Christ (Paris, DDB, 1970, p. 167) : "D’une part l’islam s’appuie sur la Révélation héritée d’Abraham et de Moïse, par laquelle la pensée humaine a été fortifiée et surélevée dans son élan vers Dieu ; et (...) d’autre part il est totalement assujetti à une autre ’révélation’, qui, celle-là, ne vient que d’un feu purement humain (et non sans fumées) dont le coeur de Muhammad s’est embrasé quand il a été frappé comme d’un coup de foudre par la foi au Dieu unique, - foi surnaturelle, peut-on croire, parasitée dès l’origine par le feu purement humain en question. C’est cette autre révélation qui chez les fils d’Ismaël a pris la place du suprême accomplissement apporté par le Verbe Incarné lui-même à tout l’enseignement qu’Israël avait reçu du Saint-Esprit." Et (ibid.,p. 199) : "Je dirai qu’il (l’islam) professe avoir, comme dit le Concile, ’la foi d’Abraham’, foi surnaturelle quoique moins pure chez lui que chez les juifs (il demande qu’on croie aussi aux diverses fables qui parsèment le Coran), et ne cherchant pas de soi l’intimité avec Dieu. L’islam vénère aussi (sans lui donner la première place) la Parole de Dieu écrite dans l’Ancien Testament. Il regarde Jésus comme un prophète, né de Marie sans père humain".

    • La réponse du père Jourdan à la recension du père Borrmans (France Catholique) vient d’être publiée sur le site Notre-Dame de Kabylie.
      http://www.notredamedekabylie.net/A...

      Elle est présentée avec une première partie "Contexte de la réponse du père François Jourdan à la recension critique du père Borrmans"

      Le père Jourdan avait été interwiewé par Mohammed-Christophe Bilek en 2011.

      http://notredamedekabylie.net/Autre...

  • 20 février 2012 15:44, par Gérard

    Voici les §30 et 31 du Document du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. 1991.

    Dialogue et annonce
    Réflexions et orientations concernant le dialogue interreligieux et l’annonce de l’Evangile

    Un discernement est nécessaire.
    30 Les fruits de l’Esprit de Dieu dans la vie personnelle des individus, chrétiens ou non, peuvent être facilement discernés (cf. Ga 5, 22-23). Identifier, dans les autres traditions religieuses, ces éléments de grâce capables de soutenir la réponse positive de leurs membres à l’appel de Dieu est bien plus difficile. Un discernement est ici requis, pour lequel des critères doivent être établis. Bien des personnes sincères, inspirées par l’Esprit de Dieu, ont certainement marqué de leur empreinte l’élaboration et le développement de leurs traditions religieuses respectives. Mais cela ne veut pas dire pour autant que tout en celles-ci soit nécessairement bon.

    31 Affirmer que les autres traditions religieuses comprennent des « éléments de grâce » ne signifie pas pour autant que tout en elles soit le fruit de la grâce. Le péché a été à l’œuvre dans le monde et donc les autres traditions religieuses, malgré leurs valeurs positives, sont aussi le reflet des limitations de l’esprit humain qui est parfois enclin à choisir le mal. Une approche ouverte et positive des autres traditions religieuses n’autorise donc pas à fermer les yeux sur les contradictions qui peuvent exister entre elles et la révélation chrétienne. Là où c’est nécessaire, on doit reconnaître qu’il y a incompatibilité entre certains éléments essentiels de la religion chrétienne et certains aspects de ces traditions.

    Le Magistère dit clairement que l’islam est une religion humaine. Cela n’empêche pas d’estimer la foi des musulmans en discernant chez eux ce qu’elle peut produire de mieux. Ainsi, nous, chrétiens, témoignons par nos saints et non par nos prêtres pédophiles. Accordons aux musulmans le même crédit : qu’ils témoignent par leurs saints et non par leurs islamistes radicaux.

    Le dialogue évangélise l’islam, l’annonce convertit les musulmans.

    Le dialogue est nécessaire car l’Eglise entraîne ainsi toute l’humanité vers son salut. L’histoire de l’humanité ne s’arrêtera pas avec l’idéologie islamiste. La convergence des nations vers Jérusalem sera le sommet de l’Histoire. Toutes les religions seront aspirées dans le sillage de l’Eglise vers le Christ. La prière d’Assise est une image eschatologique de ce qui va se produire à la fin des temps et incite les religions à être des artisans de paix. A la fin des temps, l’Antéchrist combattra tous les justes de l’Eglise, de toutes les religions. Donc, ne nous trompons pas d’ennemis.

    Merci au Père Jourdan de sortir les chrétiens des multiples confusions qui nuisent tant au dialogue qu’à l’annonce.
    Merci au Père Borrmans de nous montrer les limites du dialogue, mais aussi les éléments positifs de l’islam car comment dialoguer si nous n’avons aucune estime pour la foi musulmane. our la paix entre les nations.
    Je pense que le livre du Père Henri de la Hougue "L’estime de la foi des autres" vient compléter les livres du Père Jourdan et du Père Borrmans.

    • Cher Gérard,

      Comparaison n’est pas raison.

      A aucun moment il n’a été question "d’islamistes", nous discutons des contenus et de l’attitude de certains "dialoguants", comparer les islamistes et les prêtres pédophiles est hors de propos !

      Il s’agit bien de discuter des différences irrecductibles entre la foi de Mahomet et la foi de Jésus-Christ et de ses disciples. Pas des hérésies ou des soi-disant "dérives" ou "déviances" de ces deux religions.

      Quant à l’Antéchrist , beaucoup de passages de l’Ecriture nous renseignent. Les deux auteurs principaux sont St Jean et St Paul.

      Pour ma part je me contenterai de deux citations de la 1ère lettre de St Jean :

      1.II 22 :"Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nient le Père et le Fils." (http://saintebible.com/1_john/2-22.htm)

      1.IV.03"Tout inspiré qui refuse de proclamer Jésus,celui-là n’appartient pas à Dieu : il a l’esprit de l’Anti-Christ,dont on vous a annoncé la venue et qui est dans le monde dès maintenant."

      http://www.aelf.org/bible-liturgie/...

      Selon ces définitions Mahomet et l’islam et tous les musulmans, entre autres, sont "menteurs" et "de l’Antichrist" ! Cela ne fait aucun doute puisque tous nient le Père, Le Fils et Le Saint Esprit et que Jésus soit Christ et Seigneur, etc...

      Votre message témoigne bien des confusions que "le dialogue" induit dans beaucoup de têtes chrétiennes.

      Le dialogue inter-religieux n’a d’autre intérêt que de nous renseigner mutuellement sur le contenu de notre propre foi (encore faut-il que ceux qui s’expriment la connaisse vraiment, , ou qu’ils osent l’exprimer, ce qui est loin d’être gagné) et sur la vision que nous avons chacun de la religion de l’autre.

      Cela nécessite du travail, car ce que me dit l’autre de sa propre religion n’est pas forcément la vérité, ainsi les musulmans prétendent que l’Evangile est dans le Coran, ce qui est parfaitement faux, mais beaucoup de naïfs le croient !

      Le devoir de tout chrétien est d’annoncer l’Evangile aux musulmans, et l’évangélisation n’a jamais été confondu avec le Dialogue !

      Mais pour annoncer l’Evangile aux musulmans, il faut d’abord les aimer et les connaitre !

      Ce n’est pas de leur faute si ils sont nés musulmans et ont vécus dans l’erreur depuis ce temps là.

      Il n’en est pas de même pour les convertis à l’islam, eux manifestent le manque d’évangélisation des chrétiens eux-mêmes qui méconnaisent leur foi au point de la quitter pour se jeter dans les bras de l’erreur !

      Toute conversion à l’islam est une honte pour les chrétiens !

      A j’entends déjà certains "chrétiens honteux" s’exclamer : "quelle intolérance !"

      Mais la tolérance qui baptiste "vérité", l’erreur, est une tolérance hérétique, qui n’aime pas vraiment ceux qu’elle tolère, puisque qu’elle se croie dispenser de leurs annoncer le Chemin, La Vérité et La Vie qui est Notre Seigneur Jésus-Christ.

  • 20 février 2012 16:42, par Henri

    Dialogue au plus haut niveau, admiratif je devrais me taire remercier simplement les intervenant pour leur élévation et la qualité de leur réflexion
    Pourtant pour redescendre de ces hauteurs, instinctivement comme un français de base je redoute e j’observe la montée aux extrêmes de l’Islam aujourd’hui, du à des tensions dont nous français ne sommes pas coresponsables, quoique que certains silences ou refus de médiation sur le Proche-Orient des politiques font mal.
    Mais il faut bien voir les massacre des Coptes, des chrétiens irakiens, les plus vieux habitants de ces pays, en rien responsables de la situation évoquée plus ne parlons pas du Nigeria, du Pakistan des Philippines etc.
    Une carte du martyrologue des chrétiens en terre d’Islam pourrait être été établie et en France les revendications communautaristes seraient à pondérer et non à flatter ! J’observe aussi u n angélisme qui d’ailleurs n’est et ne sera jamais chrétien pratiqué par des clercs et qui peut entrainer des troubles par ricochet , dont ils auraient une part de responsabilité !
    Pour revenir au dialogue, il y en a aussi un au sommet : la conversion que nous proposons à l’autre de bonne volonté, qui passe par la notre, et nul besoin d’être un saint, ou un Père de Foucauld, pour le faire, mais d’en prendre le risque
    Dialogue aussi sous le signe de la conversion qui implique un infini respect de l’autre certes , mais aussi un appel infini à sa liberté d’enfant de Dieu, sans oublier l’accueil fraternel des convertis musulmans et la défense des chrétiennes enlevées de force à leur famille pour être immergées dans l’Islam. On ne dialogue pas sans se faire respecter, et c’est vrai aussi pour un chrétien.

  • 21 février 2012 11:18, par Gérard

    A propos du nombre de musulmans en France, dans le livre du Père Borrmans, Dialoguer avec les musulmans, Téqui, 2011, p274 :

    « selon Convergences musulmanes : aspects contemporains de l’islam dans l’Europe élargie de Felice Dassetto, Brigitte Maréchal, Jørgen S. Nielsen, Stefano Allievi, Harmattan, 2001 - 177 p 4 à 4,5 millions de musulmans, dont la moitié devenus citoyens français  : ceux qui y demeuraient étrangers étaient environ 1.500.000 Algériens, 1.000.000 Marocains, 350.000 Tunisiens, 350.000 Turcs et 250.000 originaires d’Afrique sub-saharienne, soit au total 7% de la population. »

    Or 1,5 + 1 + 0,35 + 0,35 + 0,25 = 3,45, Si cela correspond à la moitié, nous n’en sommes pas à 4 mais à 7 millions de musulmans minimum en 2001 en France.