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Chaîne parlementaire LCP. 25 août 2011, à 22.00h.

Fondation Charles de Gaulle. La véritable histoire du 18 juin 1940.

par Maurice Faivre

lundi 29 août 2011


Cette émission a été organisée avec la participation de trois historiens : Eric Roussel, Serge Bernstein et Delpla, et de mémorialistes de la France libre : Crémieux-Bilhac, Stéphane Hessel, Daniel Cordier et Pierre Lefranc. Bien qu’Eric Roussel affirme d’entrée de jeu que cette histoire est compliquée et qu’il y a une autre version de l’appel du 18 juin, il semble ignorer les recherches de l’historien Gilles Ragache « Les appels du 18 juin » (éditions Larousse, 2010, 240 pages).

Les participants à l’émission admettent que le gouvernement britannique est intervenu le 18 juin, demandant à de Gaulle de ne pas porter atteinte au gouvernement français. Mais ils ne citent pas le véritable texte prononcé par le général de Gaulle, respectueux envers le maréchal Pétain :

« Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions pouvait cesser le combat. Il a déclaré que si ces conditions étaient contraires à l’honneur, la lutte devait continuer ». Suivait une invitation aux soldats français se trouvant en Grande-Bretagne de se mettre en rapport avec le général de Gaulle.

Ces phrases purement informatives ont été modifiées le 19 juin sous la forme accusatrice suivante, transmise aux médias mais non diffusée par la BBC :

« Les chefs qui depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat ».

Enfin, au début du mois d’août, une troisième version, encore plus polémique, et s’adressant à la nation entière, a été diffusée par affichage ; elle est devenue la version officielle des manuels scolaires et des manifestations patriotiques, mais n’a jamais été prononcée à la radio :

« La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre !

Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant rien n’est perdu…

…Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action… ».

La suite de l’émission abordait le projet irréaliste de transfert en Afrique du Nord, le soutien de Churchill accordé le 27 juin, la prise de commandement des troupes françaises de Grande-Bretagne le 28 juin, l’approbation de l’attaque des navires français à Mers el Kebir le 3 juillet, et la constitution d’une base territoriale de la France libre à Brazzaville. L’affaire de Dakar n’a pas été évoquée, non plus que l’ordre de Darlan à la marine, le 16 juin, de poursuivre le combat.

Il serait souhaitable que la chaîne LCP rétablisse cette véritable histoire

1 Message

  • 14 février 01:27, par Bernard Richard

    Plutôt que de chercher une mauvaise querelle à la mémoire du général de gaulle, l’homme du bluff réussi qui a rendu son honneur perdu à la France, en nouveau Gambetta, en nouveau Clemenceau, lisez donc l’excellent Les 18 Juin. Combats et commémorations, sous la direction de Philippe Oulmont, édition André Versaille, Bruxelles, mai 2011. Vous avez là une série de communications lumineuses, tant sur le 18 Juin que sur sa mémoire de 1940 à nos jours, type d’études autrement intéressants que les travaux pointilleux, pointillistes, utiles mais sans profondeur d’analyse, de Gilles Ragache. Ragache oui, mais à compléter évidemment avec le Philippe Oulmont. Car ce qui compte pour l’impact réel de l’Appel sur la suite des événements, c’est bien la légende acceptée par tous -sauf par les Pétainistes ou collaborationnistes dont le point de vue eut de moins en moins d’impact au fur et à mesure de l’avancée vers le redressement français par la Résistance et la France Combattante, autrement chargée d’avenir que la Révolution nationale, l’"Etat français et ses condamnations à morts de tant de Français.

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