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Traduit par Bernadette Cosyn

Foi et théories de l’évolution, un point actuel

par Howard Kainz

vendredi 9 septembre 2016


Comme participation à la célébration du 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin, un nouveau sondage Gallup explore le succès du Darwinisme. De façon surprenante, seuls 39% des Américains disent qu’ils « croient à la théorie de l’évolution » alors que 25% n’y croient pas et que 36% sont « sans opinion. »

Des scientifiques ont alimenté cette tiédeur. Durant les années 80, deux livres de scientifiques - « Evolution : une théorie en crise » de Michael Denton et « le mystère de l’origine de la vie : réexamen des théories actuelles » de Charles Thaxton, Walter Bradley et Roger Olsen ont défié certaines des explications matérialistes standard de l’évolution et donné essor au mouvement de « l’Intelligent Design » (le dessein intelligent), maintenant basé à Seattle.

Les livres de scientifiques comme Michael Denton, Michael Behe, William Dembski, Stephen Meyer et autres ont indiqué des lacunes dans le prétendu « arbre de l’évolution », avec de fréquentes références à « l’explosion cambrienne » d’il y a 500 millions d’années, quand environ 40 nouvelles phyla (de grands groupes de classification) sont apparues, sans les millions de formes intermédiaires que même Darwin s’attendait à voir surgir dans les couches archéologiques.

Des athées ont également « mis deux sous dans la musique ». Deux livres récents de philosophes de la science athées ont rejoint la critique du néo-darwinisme – « Où Darwin s’est trompé »de Jerry Fodor et Massimo Piatelli-Palmarini et « Chercher Dieu dans la science : un athée défend la théorie du dessein intelligent » de Bradley Monton. Fodor et Piatelli-Palmarini se concentrent sur les suites de Fibonnacci, des coefficients scalaires qui sont multiples du quart, des systèmes nerveux avec une parfaite économie de connexion, et d’autres desseins discernables qui ont été ignorés par les évolutionnistes ; ils ont aussi réprimandé une « mère nature » imaginaire que les évolutionnistes semblent proposer pour la « sélection naturelle. » Bradley Monton se concentre sur les présupposés déloyaux utilisés par les critiques du dessein intelligent, spécialement la restriction à une méthodologie naturaliste.

D’autres facteurs sont souvent évoqués comme obstacles pour la foi dans le monde contemporain, mais l’explication évolutionniste de la raison de notre présence et de l’éventuel futur de notre race prend certainement le devant de la scène.

Cependant, le problème n’est pas la théorie de l’évolution, qui possède le même degré de certitude que toute théorie scientifique, mais plutôt l’interprétation qui lui est presque toujours liée. Il m’arrive de souhaiter que le paléontologiste jésuite Pierre Theilhard de Chardin n’ait pas été condamné au silence par le Vatican et par ses supérieurs jésuites.

Theilhard met l’accent sur une évolution ayant un but, évolution menée par le Christ Lui-même, et sur un processus théoriquement irréversible vers la « Christogenèse » et une parousie finale, impliquant une interprétation théologique hautement spéculative – et parfois problématique – de la Genèse, du péché originel, du mal et de l’avenir de l’humanité. Mais ses hypothèses théologiques et ses hypothèses scientifiques (y compris une énergie de type spéciale, « l’énergie radiale », impliquée dans le développement de la complexité et de la conscience) semble bien moins spéculative que certaines des hypothèses largement courantes parmi les cosmologistes – théorie des cordes, univers multiples, énergie noire, etc.

Malheureusement, l’alternative la plus fréquemment offerte aux théories téléologiques telles celle de Theilhard est le néo-darwinisme, qui ne concerne pas uniquement l’évolution, mais qui substitue à chaque élément de signification et de détermination la doctrine du hasard le plus complet. Avec cela, nous nous trouvons dans la situation décrite dans la Bible d’attribuer tout le toutim à la chance :

Les malfaisants... se disent entre eux, dans leur raisonnement faussé : « notre durée de vie est brève et troublée... Nous sommes nés par hasard et peu après nous serons comme si nous n’étions jamais nés. » (livre de la Sagesse 2:2)

Dans « L’existence de Dieu et la foi instinctive », j’ai considéré l’illégitimité philosophique de l’accent mis par les darwiniens sur le hasard. Mais un livre récent, écrit par un spécialiste de l’information, se concentre sur les nouvelles perspectives mathématiques et scientifiques qui contredisent le récit habituel de la création de nouvelles espèces par « des mutations aléatoires. »

« Evolution 2.0 : sortir de l’impasse entre Darwin et dessein intelligent », de Perry Marshall, insiste sur ce que les mutations dans l’évolution sont toujours délétères et que la fonction de la « sélection naturelle » est d’éliminer les « perdants » mais jamais de créer de nouvelles espèces. Par conséquent, il est impossible d’avoir des preuves scientifiques du hasard.

Marshall argumente qu’il est étrange de poser le hasard comme hypothèse quand tant de règles sont respectées dans la création de nouvelles espèces. Presque comme une alternative à « l’énergie radiale » de Theilhard, nous avons des preuves solides de processus reproductibles en laboratoire et qui expliquent l’évolution : la symbiogenèse (des organismes qui fusionnent), la transposition (des cellules qui réarrangent leur ADN), le transfert de gène (des cellules échangeant de l’ADN), l’épigénétique (des organismes passant certaines caractéristiques à leur descendance en activant ou en bloquant l’expression de certaines séquences génétiques) et la duplication du génome ( deux espèces fusionnant pour en créer une troisième).

Mais en dehors de ces développements concernant les points centraux de l’évolution, le mystère principal, pour lequel aucune solution darwinienne n’est apparue, est l’émergence de la vie elle-même. L’évolutionniste Lynn Margulis a déclaré : « passer d’une bactérie à une personne est un pas moins grand que d’aller d’une soupe d’acides aminés à cette bactérie. » le grand mystère de la création est l’apparition des premières cellules.

Au lieu d’être le globule minuscule quelconque que Darwin l’imaginait être, nous sommes confrontés dans chaque cellule à une véritable « ville », avec des millions de protéines, de signaux, de mécanismes de transport, de procédure d’encodage et de décodage, de réponses d’urgence au stress, de moyens de reproduction diversifiés afin de remplir leurs fonctions.

L’organisation rationnelle titanesque de nos cellules devrait éclairer, pour toute personne pensante, la présence de développements rationnels gouvernant la vie, et inciter à une réflexion sur le Logos divin.

De récents développements en biologie moléculaire et en étude de la cellule pourraient aider à amoindrir l’influence négative que les néo-Darwinistes ont eu sur la foi, en tournant l’attention vers la source originelle de l’évolution, qui ne peut être atteinte par le Darwinisme ni par la « sélection naturelle. »

Perry Marshall a examiné des tentatives sans nombre pour trouver un code apparaissant naturellement et qui donne naissance à la vie. Convaincu que des approches matérialistes ne peuvent pas produire de tels codes, il propose ce défi sur son site web « Natural Code » :

Le chercheur qui fera la première découverte d’un tel code recevra 100 000 dollars de Natural Code LLC. Si ce processus peut bénéficier d’un brevet, nous garantissons le brevet... Le montant du prix est de 3 millions de dollars à partir de juillet 2016. Le prix plafonne à 10 millions de dollars.

Marshall a publié deux soumissions pour le prix, en même temps qu’une analyse critique des raisons de leur échec.

Les enjeux sont élevés à tout point de vue.

Howard Kainz est professeur émérite de philosophie à l’université de Marquette.

Illustration : Darwin

Source : https://www.thecatholicthing.org/20...

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