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Fête-Dieu (année C)

vendredi 4 juin 2010

9. 11 Mais les foules le surent et y arrivèrent derrière lui. Il les reçut et continua de leur parler du Royaume de Dieu, tout en rendant la santé à ceux qui étaient malades. 12 Le jour commençait à baisser. Les Douze s’approchèrent et lui dirent  : «  Renvoie la foule pour qu’ils aillent se chercher un toit et de la nourriture dans les villages et les campagnes des environs, car ici nous sommes loin de tout.  » 13 Il leur dit  : «  Donnez-leur vous-mêmes à manger  !  » Ils répondirent  : «  Nous n’avons que cinq pains et deux poissons. Tu nous vois sans doute y aller nous-mêmes et acheter de quoi manger pour tout ce monde  ?  » 14 Car il y avait bien là 5 000 personnes. Jésus dit à ses disciples  : «  Faites-les s’asseoir par groupes de 50.  » 15 Les disciples firent ainsi et tout le monde s’installa. 16 Alors Jésus prend les cinq pains et les deux poissons, il lève le regard vers le ciel, il prononce la bénédiction, il rompt le pain et commence à en donner aux disciples pour qu’ils servent la foule. 17 Ils mangèrent et tous eurent à leur faim. Après quoi on ramassa les restes  : il y en avait douze paniers  !

© La Bible des Peuples, éditions du Jubilé


On entend souvent dire que la messe est un repas, faisant suite aux nombreux repas que Jésus a pris avec les pécheurs et qui nous sont racontés dans l’évangile, ou encore comme ce partage que Jésus a fait de la nourriture pour une foule immense au bord du lac et qui est décrit dans le texte lu ce dimanche. Et on s’étonne alors des conditions restrictives que l’église (et déjà saint Paul) ont mises à l’admission à la communion  : être baptisé, en état de grâce, à jeun… Tout cela ne va-t-il pas à rebours de l’accueil si large que le Christ a fait à tous, sans distinction de justes et d’injustes  ? L’église a-t-elle le cœur plus sec que son Maître  ?

Commençons par revenir sur le rapprochement entre l’eucharistie et un repas. Il est clair que la Cène au cours de laquelle Jésus a institué ce sacrement était un repas, mais pas n’importe quel repas  : repas pascal, très sacralisé, ritualisé, dans lequel Jésus n’a admis que ses douze apôtres, alors que l’usage était plutôt de réunir toute la famille. De plus, de tous les éléments qui constituaient la réalité du repas (agneau pascal, herbes amères…), aucun n’est mentionné, le récit évangélique ne retient que ce que Jésus y a introduit (la parole sur le pain et celle sur la coupe). Et très vite (on le voit dans saint Paul mais c’est sans doute dès le début) il n’y a plus trace du repas pascal, ne fût-ce que parce que la célébration est hebdomadaire. L’élément proprement chrétien s’est détaché du repas qui ne lui donnait qu’un cadre, devenu caduc. Certes, saint Paul continue à l’appeler le «  repas du Seigneur  », car il y a bien une nourriture et un breuvage qui sont donnés, le Corps et le Sang du Seigneur, mais c’est tout. Le terme d’eucharistie qui va prévaloir dit autrement que l’élément qui a été gardé, c’est la prière de bénédiction que Jésus a prononcée et dans laquelle il a offert sa vie pour ses disciples. C’est cet élément proprement sacrificiel qui constitue le cœur du sacrement confié à l’église, c’est en cela que la messe est un sacrifice. Si l’église nous fait lire, comme ce dimanche, le récit de la multiplication des pains comme une annonce de l’eucharistie, c’est qu’effectivement, il y a là comme une ébauche de ce que Jésus fera pour son église  : il lève les yeux, il dit la prière de bénédiction et partage ce pain qui n’est encore que du pain, mais qui annonce ce «  pain suressentiel  » dont parle le Notre Père (Matthieu 6,11). Loin d’être un simple repas fraternel, où on mangerait un morceau ensemble dans la bonne humeur et la décontraction, c’est un moment impressionnant dont tout le monde a gardé le souvenir. Curieusement, c’est la prière faite par Jésus sur le pain («  l’eucharistie  »  !) qui reste dans la mémoire autant et plus que la nourriture  : «  venant de Tibériade, d’autres barques arrivèrent près de l’endroit où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce  » (Jean 6,23).

En défendant le Corps de son Sei­gneur de toute profanation, l’église ne fait rien d’autre que de préserver l’écart que Jésus lui-même a voulu entre le don qu’il faisait et une nour­riture ordinaire, fût-elle la manne jadis impartie aux Hébreux dans leur marche vers la Terre promise  : «  au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts  » (Jean 6,49). Ce que nous voudrions, comme les Juifs du temps du Seigneur, c’est une nourriture adaptée à nous, un moyen qui réponde à nos besoins, à notre attente de recevoir de l’amitié, du courage, de la paix… Ce qu’il nous donne, c’est de nous unir à lui. Dans cette incroyable manducation, c’est lui qui nous assimile à lui, pas nous qui le consommons  ! n

Dimanche 6 juin, Le Saint-Sacrement

Première Lecture  : Genèse 14.18-20

Psaume 110.1-4

Deuxième Lecture  : 1·Corinthiens 11.23-26

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10e semaine du temps «  per annum  »

Dimanche de la Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

Semaine de la «  Source vive de tout bien  »

Nous quittons Marc pour Matthieu  !

par le Père Michel Gitton

Dimanche du Saint-Sacrement

1. Jésus qui offre au Père le seul sacrifice qu’il puisse vraiment agréer (lecture du livre de la Genèse).

➤ Adorons le Grand Prêtre que Dieu nous a donné.

Point spi  : Offrons-nous avec Jésus à la messe.

2. Jésus qui confie à son Église le trésor des trésors (lecture de la lettre de saint Paul aux Corinthiens).

➤ Adorons le Maître qui apprend à ses disciples comment perpétuer son sacrifice.

Point spi  : Brûlons du désir d’assister bien vite au Saint Sacrifice et d’y communier dans de bonnes conditions.

3. Jésus qui veut nourrir les foules du vrai Pain venu du ciel (lecture de l’Évangile de saint Luc).

➤ Adorons le Messie qui a un remède pour notre faim. Point spi  : Osons parler de la sainte com­munion à ceux qui s’en sont séparés.

Lundi  : Les Béatitudes (Matthieu 5, 1-12)

1. Jésus qui gravit la montagne en en­traînant ses disciples après lui, Jésus qui cherche les positions élevées, d’où le regard s’étend plus largement.

➤ Adorons notre Guide qui nous entraîne vers les sommets, qui nous mène de «  hau­teur en hauteur  » jusqu’à Sion.

Point spi  : Prenons le temps de dominer les questions, ne réagissons pas superfi­ciellement.

2. Jésus qui «  ouvre la bouche  » et se met à instruire, conscient de son rôle d’enseignant, sachant qu’il a un message capital à délivrer.

➤ Adorons notre Rabbi que nous voulons suivre jusqu’au bout, admirons son ensei­gnement tout nourri des pensées divines. La grâce est répandue sur ses lèvres.

Point spi  : Ne nous dérobons pas quand nous avons quelque chose à dire. 3. Jésus qui commence son enseignement par les Béatitudes, Jésus qui parle de bonheur, et non de devoir, avant toute chose.

➤ Adorons le Fils si heureux dans la commu-nion du Père et de l’Esprit, faisant déborder cet amour à l’extérieur («  source de tout bien  »). Point spi  : Réveillons chez nos frères le goût du bonheur.

Mardi  : Sel et lumière (Matthieu 5, 13-16)

1. Jésus, le vrai sel de la sagesse, qui assaisonne et fait réagir, brûle et conserve.

➤ Adorons Celui qui vient d’ailleurs pour nous faire réagir. Point spi  : Ne perdons pas l’exigence.

2. Jésus, la vraie lumière, qu’il nous a été donné de découvrir, car il ne s’est pas caché.

➤ Adorons Celui que les ténèbres n’ont pas arrêté. Point spi  : Ne nous déguisons pas, acceptons de porter les couleurs du Christ.

3. Jésus, la vraie lumière, élevée sur le lampadaire de la croix, qui amène les hommes à rendre gloire à Dieu  ; en voyant ses œuvres à lui, qui pourrait douter  ?

➤ Adorons Celui qui rend témoignage au Père, le Témoin fidèle, celui qui sur la Croix laisse transparaître la beauté du Père.

Point spi  : Prenons très au sérieux l’avertis­sement du Seigneur  : essayons d’être cohérents avec nos paroles, ne démentons pas, par notre vie, le témoignage de nos lèvres.

Mercredi  : Jésus qui accomplit

et n’abolit pas (Matthieu 5, 17-19)

1. Jésus qui ne vient pas détruire, Jésus qui arrive comme la fine fleur de l’attente d’Israël, Jésus qui récapitule en lui toute cette longue histoire (cf. «  d’Égypte, j’ai rappelé mon Fils  »).

➤ Adorons le Messie, désiré, attendu, même s’il est déconcertant, il a voulu que le terrain soit préparé.

Point spi  : N’opposons pas trop vite AT / NT

2. Jésus qui vient accomplir la Loi, cette loi qui avait été faite pour lui, au-delà de l’interprétation légaliste, c’est lui qui accomplit les préceptes du culte.

➤ Adorons le Serviteur qui, sur la croix, réalise la plénitude des volontés du Père, qui donne l’expression parfaite de la Loi.

Point spi  : Ne nous croyons pas trop vite exempts de ces «  petits commandements  ».

3. Jésus qui vient accomplir les Prophéties, qui révèle un sens nouveau et inattendu aux oracles prophétiques.

➤ Adorons le «  Désiré des collines éternelles  », celui qu’attendaient David, Élie, Isaïe et les autres.

Point spi  : Nourrissons-nous davantage de la parole des prophètes.

Jeudi  : «  On vous a dit, moi je vous dis  » (Matthieu 5, 20-26)

1. Jésus qui tranche avec l’autorité de Dieu, qui déclare  : «  On vous a dit, moi, je vous dis  ».

➤ Adorons le Maître, celui qui a dit au commencement  : Fiat Lux  ! Point spi  : Soumettons à Jésus nos petits et nos grands choix.

2. Jésus souverainement exigeant, pous­sant ses disciples à un don radical, ne tolérant pas de demi-mesure.

➤ Adorons Jésus, notre Maître, dans son amour jaloux pour la petite créature que nous sommes.

Point spi  : Accueillons dans l’action de grâce les appels que Dieu nous adresse.

3. Jésus qui nous apprend la souplesse, qui nous conseille de rattraper «  vite  » les situations bloquées.

➤ Adorons le nouveau David, qui sait esquiver les armes de Goliath et vaincre par la rapidité.

Point spi  : Ne nous laissons pas fasciner par la tristesse de nos échecs.

Vendredi  : Sacré Cœur de Jésus

1. «  J’irai les délivrer de tous les endroits où elles ont été dispersées…  » ; Jésus qui rêve de nous arracher à l’errance.

➤ Adorons le Cœur du Bon berger qui veille sur ses brebis. Point spi  : Croyons, malgré toutes les évi­dences, que nous pouvons avoir du prix pour Lui.

2. «  Le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » ; Jésus qui n’attend pas que nous soyons revenus de nos erreurs pour nous prendre dans son amour, pour donner ce qu’il a de plus fort.

➤ Adorons le Cœur du Rédempteur, s’of­frant pour nous dans une totale gratuité.

Point spi  : attachons-nous à ceux qui n’ont vraiment rien d’attirant… 3. «  On se réjouira dans le ciel  », Jésus qui répond au désir de son Père, qui fait sa joie quand il lui ramène l’enfant prodigue.

➤ Adorons ce Cœur, exultant sous l’effet de l’Esprit.

Point spi  : Sachons nous réjouir des débuts de conversion que nous voyons chez nos frères.

Samedi  : Pas de serments (Matthieu 5, 33-37) + Cœur Immaculé de Marie 1. Jésus qui se méfie des serments, mais qui accueille nos vœux, qui croit au sérieux de nos engagements.

➤ Adorons-le dans son exigence de Vérité, Lui la Vérité faite chair. Point spi  : Faisons à Dieu l’hommage de notre liberté et tenons nos promesses.

2. Jésus qui s’indigne de notre duplicité, nous qui cherchons à faire de Dieu le complice de nos manœuvres.

➤ Adorons la candeur de celui qui n’a jamais été que «  Oui  », qui ne connaît au­cune duplicité.

Point spi  : Ne cherchons pas à passer pour habiles, soyons confiants. 3. Jésus qui défend l’honneur de Dieu, la sainteté de son Nom, la majesté de son Temple.

➤ Adorons Celui qui a été dévoré par le zèle de la Maison de Dieu. Point spi  : Fuyons tout vilain juron, toute formule irrespectueuse. n

Évangile  : Luc 9.11-17.

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