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Eglise d’Allemagne

Excès de structures ?

par Gérard Leclerc

lundi 26 septembre 2011


Les catholiques allemands n’ont pas fini de méditer la phrase provocante que «  leur pape  » leur a lancée à Fribourg, au terme de sa visite apostolique. Parler d’excès de structures par rapport à l’Esprit, c’est désigner directement le système particulier propre à un régime concordataire, ce qui assure à l’Église catholique une forte armature structurelle en même temps qu’une réelle aisance financière. On ne peut évidemment oublier les retombées caritatives d’une telle puissance et la réelle générosité de cette Église à l’égard des populations démunies. Mais Benoît XVI n’a pas craint de mettre en évidence le revers de la médaille avec un christianisme peut-être trop bien installé, trop conformiste et trop enclin à suivre les courants du monde. Le rappel à la primauté de l’ordre de l’Esprit intervient dans un climat de contestation qui s’en prend aux règles disciplinaires issues de la Tradition la plus profonde. L’abolition du célibat ecclésiastique, l’accession des femmes au sacerdoce sont réclamées par ceux qui croient ainsi s’identifier aux évolutions obligées de la modernité. Il faut que ce soit Henrik Lindell, un journaliste du courant évangélique, qui interpelle (dans l’émission de débat le vendredi matin sur Radio Notre-Dame) ces contestataires pour leur signifier que loin d’ouvrir les cœurs à l’essence du christianisme, ces concessions conduiraient à un affadissement, déjà sensible au sein d’un protestantisme prétendument avant-gardiste. Et le même journaliste de signaler le renouveau certain du catholicisme scandinave, à qui l’on reconnaît le mérite de mieux sauvegarder l’authenticité de la Tradition que les Églises nationales (luthériennes).

Le statut concordataire de l’Allemagne n’a pas été remis en cause par Benoît XVI, mais tout de même  ! En attirant l’attention sur l’avantage qu’il y a à prendre son indépendance par rapport au temporel, le Pape a pris parti pour la liberté spirituelle et la meilleure authentification d’une institution qui doit être transparente au seul objet de sa mission. Le christianisme européen ne souffre pas d’inadaptation à la modernité, il souffre de ne pas avoir assez de capacité à rayonner la foi dans une société en mal d’élucidation du sens de son existence.

4 Messages de forum

  • 26 septembre 2011 23:29, par henri

    phrase prophétique à méditer

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  • 30 septembre 2011 22:39, par jean claude

    Il est vrai que l’Eglise allemande n’a a priori plus rien d’évangélique :certains la considèrnet comme une administration qui dispense des sacrements à ceux qui sont inscrits sur la liste des contribuables payant le "Kirchensteur" (l’impot ecclésiastique qui représente 10% de l’impôt sur le revenu.)Nous serions dans ce que le sociologue Ernst Troelsch appelait une Fidéikommistiftung , littéralement une fondation dispensant les biens du salut !

    Mais d’un autre côté , comme vous le rappelez justement , l’Eglise allemande , certes riche joue néanmoins un rôle social important et intervient beaucoup pour aider les églises des pays en voie de développement .

    Pour nous français , le système est déroutant : l’Eglise de France est pauvre et fonctionne grâce à des bénévoles militants.Les curés roulent en petite cylindrée.
    L’Eglise allemande est riche et peut se payer le luxe de permanents bien rémunérés , et même des évêques en mercedes avec chauffeur.

    Cela me fait penser à cette phrase terrible de l’historien Gibbon , parlant de l’évolution de la fonction épiscopale " l’administrateur a tué l’apôtre"

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  • 1er octobre 2011 18:43, par Jean-Marie Achéritéguy

    Le christianisme "souffre de ne pas avoir assez de capacité à rayonner la foi dans une société en mal d’élucidation du sens de son existence".
    Tout est dit non ? Que les catholiques que nous sommes deviennent (vraiment) charismatiques, qu’ils annoncent le Royaume en opérant signes et prodiges, y compris ressusciter les morts, et, par leur amour et leur vie donnée, que la mort est vaincue ; qu’ils dansent de joie et consolent ceux qui désespèrent, qu’ils se reconnaissent d’abord eux-mêmes pauvres et malades en quête de la Miséricorde, portant un trésor dans des vases d’argile, pour que leurs œuvres attestent que c’est Dieu qui agit ici et maintenant ; qu’ils sortent de la messe comme Moïse descendant de la Montagne, le visage lumineux de grâce. Que nous soyons oints ! Et ce monde saura, et nous avec, que la vie porte un avenir et une espérance (Jér. 29). Bénis ton peuple Seigneur, répands sur nous ton Esprit.

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    • Excès de structures ? 7 novembre 2011 21:35, par emeraude

      Nous avons les mêmes en France........ la lourdeur administrative, le manque de souffle de l’esprit saint, le manque de joie profonde. Ce souffle canalisé de peur que...
      Tous, dans nos paroisses nous vivons cet état de fait. Pour le moment l’Eglise en france ne nous entraîne pas.
      Mais c’est le Christ lui-même qui nous donne l’audace de nos vies, je le constate tous les jours : "Sans lui nous ne pouvons rien faire...."
      Bonne soirée à Tous.
      Emeraude

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