Il est assez courant que l’on objecte à la foi trinitaire des chrétiens l’absence d’indication claire dans le Nouveau Testament : où trouve-t-on dans l’enseignement de Jésus le mot « trinité » ? Où est-il dit que le Saint-Esprit est une personne ? Comment la déclaration « le Père est plus grand que moi » (Jean 14,28) est-elle compatible avec l’égalité définie au concile de Nicée ?, etc., etc. Sans aller jusqu’à la position des musulmans ou à celle des témoins de Jéhovah (qui rejoint d’assez près celle des Ariens du IVe siècle), on sent une certaine gêne chez beaucoup de catholiques, qui ont le sentiment que toute cette réflexion sur la Trinité est bien une élaboration savante de l’Église, à distance de la foi primitive. Tous ces mots : trinité, nature, personne, périchorèse… sont des termes philosophiques dont on peut craindre qu’ils nous éloignent de la pureté supposée des origines. S’il a fallu tant de débats, des définitions contestées, des assemblées houleuses,... n’est-ce pas le signe que l’on est dans l’ordre des réflexions humaines, bien loin de la vérité divine, par définition simple et directement accessible ? Si la confession trinitaire émerge au IVe siècle, n’y avait-il pas de chrétiens avant pour proclamer la vraie foi ?
Derrière tout cela, il y a une vision erronée du Nouveau Testament : celui-ci serait le seul texte qui nous parlerait authentiquement de Jésus, le seul affranchi de toute interprétation par l’Église, le seul pur de toute contamination des pensées humaines… Il n’est pas difficile de voir que, bien au contraire, tout dans l’Évangile et les écrits apostoliques est nourri d’une réflexion déjà très élaborée sur Jésus, le salut, les sacrements, etc. et cette réflexion est celle de l’Église, évidemment. Il n’y a pas de constat brut et c’est bien cela qui alimente aujourd’hui les contestations plus radicales encore qui visent l’historicité des témoignages sur Jésus.
Si l’on refuse à l’Église, à quelque stade de son histoire que ce soit, d’être l’Épouse fidèle, qui seule nous permet d’accéder à la vérité sur le Christ, ce n’est pas seulement le Concile de Nicée qu’on mettra à la poubelle, mais c’est le témoignage de Jean ou celui de Marc et des autres. Car ceux-ci déjà portent la trace d’une pensée très haute sur Jésus. « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu » : c’est ainsi que débute Marc (1,1) et, pour ce qui est de Jean, il faut croire qu’il avait son idée sur la manière de comprendre le passage déjà cité : « Le Père est plus grand que moi », sans porter atteinte à ce qu’il reproduit bien souvent par ailleurs des paroles du Maître, attestant sa totale égalité avec le Père (« le Père et moi nous sommes Un », Jean 10,30). Le dogme de l’Église, à y regarder de près, n’est jamais qu’une défense de l’acquis du Nouveau Testament, contre ceux qui prétendaient ramener le mystère de Dieu dans la limite des conceptions ayant cours à l’époque, soit dans le judaïsme, soit dans la philosophie grecque. Loin de vouloir rajouter des subtilités humaines au dépôt de la foi, les Pères de Nicée ont essayé de définir le point de vue sous lequel on pouvait visionner l’ensemble des témoignages apostoliques, sans faire l’impasse sur aucun d’eux.
De plus, tout ce travail n’est pas étranger à ce que Jésus lui-même avait voulu et prévu. Écoutons-le : « lorsqu’il viendra, lui l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière » (Jean 16,13), « il vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit » (14,26), « il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera » (16,14). Jésus a voulu essentiellement rendre témoignage à son Père et il a refusé de se mettre en avant, il a laissé son Église, animée de l’Esprit Saint, porter témoignage de lui. C’est pourquoi on ne le verra à aucun moment définir ses rapports avec le Père et l’Esprit, il les vit, il nous les laisse deviner, c’est tout.
Par contre il appartient à la sainte Église de reprendre point par point tout ce que lui a laissé son grand Ami du ciel, en s’efforçant de mieux le comprendre pour mieux l’aimer. C’est pourquoi ses définitions les plus élaborées ne sont jamais que des « confessions de foi », des hymnes, que nous n’avons pas peur de chanter au cours de la messe.
Dimanche 30 mai,
Première Lecture : Proverbes 8.22-31,
Psaume 8.4-5, 6-7, 8-9,
Deuxième Lecture : Romains 5.1-5,
Évangile : Jean 16.12-15.
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Dimanche de la Sainte Trinité :
1. Jésus qui est au principe des œuvres de son Père, qui sait que le Père a tout fait en pensant à lui (lecture du livre des Proverbes).
➤ Adorons le Premier-né de toute créature.
Point spi : Sachons voir le Christ dans la beauté de la création.
2. Jésus qui a une connivence spéciale avec l’Esprit, qui a été conçu dans l’Esprit, qui vit et respire dans ce milieu vital qu’est l’Esprit du Père (lecture de la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains).
➤ Adorons le Ressuscité tout rayonnant de l’Esprit.
Point spi : Demandons à Jésus de nous donner part à Son Esprit.
3. Jésus qui s’en remet à son Père et à l’Esprit pour l’achèvement de son œuvre (lecture de l’évangile selon Saint Jean).
➤ Adorons l’époux qui confie la suite à son église animée de l’Esprit.
Point spi. : Ne séparons jamais Jésus de son Église.
Lundi : Fête de la Visitation
1. Marie qui correspond si bien au désir - non exprimé ! - de son Fils, et qui devine ce don sans reprise qui en Lui aspire à se transmettre.
➤ Adorons le Fils qui nous dirige secrètement.
Point spi : Apprenons à discerner les voies de Dieu par ses appels intérieurs. 2. Marie qui participe à la rencontre cachée du Verbe et du précurseur, en s’effaçant pour laisser agir l’Esprit.
➤ Adorons l’époux enfant qui vient à la rencontre de l’homme.
Point spi : Laissons-nous saisir par la joie de la venue de l’époux.
3. Marie qui s’émerveille du don de Dieu, qui se croit sans mérite et accueille la grâce comme imméritée.
➤ Adorons le Très-Haut qui nous permet de communier à ses pensées. Point spi : Recevons notre petitesse comme une grâce.
Mardi : l’impôt dû à César (Marc 12, 13-17)
1. Jésus si prodigieusement intelligent face à la bêtise du monde, Jésus qui échappe à tous les pièges, par la justesse et la profondeur de son propos.
➤ Adorons la Sagesse incarnée, qui se rit de nos manœuvres.
Point spi : Ne doutons pas que ce que nous avons à faire pour Dieu soit cohérent, même si nous ne le voyons pas maintenant.
2. Jésus qui nous apprend à rendre à Dieu ce qui lui revient, et qui laisse à l’autorité de ce monde son champ d’action.
➤ Adorons le Serviteur fidèle, qui se laisse traîner devant Pilate.
Point spi : Loyauté sans illusion pour les choses de ce monde.
3. Jésus qui voit en nous la vraie monnaie que Dieu a frappée, qui a mis en nous sa marque de fabrique.
➤ Adorons l’Image du Dieu invisible, à l’image de qui nous avons été faits. Point spi : Respectons l’image de Dieu que nous portons.
Mercredi : la femme aux sept maris (Marc 12, 18-27)
1. Jésus qui assiste désolé à cette méconnaissance de la dignité du lien conjugal.
➤ Adorons le véritable époux, qui ne laissera pas son épouse veuve et sans enfants.
Point spi : Ne parlons pas vulgairement de l’amour.
2. Jésus, qui sait l’absurdité des limites que nous mettons à la toute puissance de Dieu.
➤ Adorons le Fils, témoin de la puissance de Dieu, qui vit dans la confiance sans limite à son Père source de vie.
Point spi : Ne spéculons pas sur les choses divines à partir de nos impossibilités humaines.
3. Jésus, qui a conscience d’accomplir toute l’histoire des Patriarches : oui, Abraham, Isaac et Jacob attendent de voir son jour !
➤ Adorons Celui qu’a vu Abraham, Celui qui brillait dans le Buisson Ardent. Point spi : Prions pour nos ancêtres.
Jeudi : le grand commandement (Marc 12, 28-34)
1. Jésus qui sympathise avec la recherche sincère des hommes de bonne volonté, qui salue leur travail et reconnaît leur effort.
➤ Adorons la Sagesse qui a mis dans le cœur de l’homme une trace du vrai et du juste.
Point spi : Osons interroger Jésus et écouter sa réponse.
2. Jésus qui seul peut unir en Lui à ce point l’amour de son Père et l’amour des hommes.
➤ Adorons le Fils bien aimé, qui se donne à nous par amour de Son Père.
Point spi : Ne mettons pas d’opposition là où Dieu veut que nous fassions tout ensemble.
3. Jésus qui s’est fait notre prochain, lui qui vient de si loin pour nous sauver.
➤ Adorons notre Frère en humanité, plus proche de nous que nos plus proches.
Point spi : Reconnaissons l’éminente dignité de ce visage banal et anonyme que nous croisons.
Vendredi : le Messie fils de David (Marc 12, 35-37)
1. Jésus qui « habite » les écritures, les connaît si profondément, les fait chanter comme un merveilleux instrument.
➤ Adorons le Verbe qui a un écho dans toutes les écritures
Point spi : Ne regardons jamais ces textes comme s’ils n’avaient rien à nous dire de neuf.
2. Jésus qui s’est inscrit dans la lignée de David, qui se sait son fils, au-delà des lignées lamentables issues de lui.
➤ Adorons le vrai Fils de David, adorons sa divine « mansuétude ».
Point spi : N’ayons pas honte de nos origines.
3. Jésus qui n’a rien perdu de sa transcendance, qui est aux côtés du Dieu Saint alors qu’il s’est fait l’un de nous.
➤ Adorons Celui que le Père a engendré avant l’aurore des temps.
Point spi : Apprenons à être tout petit devant Dieu.
Samedi : le scribe et la pauvre veuve (Marc 12, 38-44)
1. Jésus qui ne nous est pas à charge, qui n’a pas voulu faire peser sur ses disciples un joug trop lourd, qui arrive porteur d’une invitation toute simple.
➤ Adorons le Maître très humain, doux et humble de cœur, qui n’éteint pas la mèche qui fume.
Point spi : Fuyons le rigorisme qui durcit les contours de la volonté de Dieu.
2. Jésus qui voit la réalité des dons que nous faisons, qui sait le prix de nos sacrifices.
➤ Adorons l’Ami attentif qui voit ce que nous faisons en secret.
Point spi : N’étalons pas nos pseudo-mérites.
3. Jésus qui s’est donné jusqu’à la dernière goutte de son sang, qui n’a rien réservé.
➤ Adorons l’Agneau immolé et toujours vivant.
Point spi : Répondons tout de suite oui à Jésus.


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