* de Bernard Alis.
B.A.T. 2006, 103 pages.
Bernard Alis publie les documents qu’il avait communiqués à Francine Dessaigne quand elle écrivait ses ouvrages sur le 8 mai à Sétif et le 26 juillet rue d’Isly.
Les articles des journaux anglais et américains sur la fusillade du 26 avril présentent des vues contradictoires. Ils observent à la fois la retenue des musulmans et les premiers enlèvements d’Européens. Le Daily Express estime que les accords d’Evian sont la meilleure garantie obtenue par une minorité, mais qu’ils sont inadaptés au cas des musulmans fidèles à la France ; le terrorisme musulman est attribué au MNA, qui serait en accord avec l’OAS. Rue d’Isly, le Times fait état d’une pétarade de coups de feu tirés des balcons par des civils.
S’agissant de Sétif-Guelma, les rapports de l’OSS et du JICA britannique montrent une certaine méconnaissance des lieux géographiques (Kennata, Tekenna, Teber, oued Renati, aérodrome d’Alma). Ils font état de villages totalement détruits et de répressions massives dans des localités où elles ont été limitées (Ain Abessa, Zeraia, Ain M’lila, Bougie, el Achir). On a donc certains doutes sur la qualité des sources. Le chiffre estimé de 17.000 morts est malheureusement repris par des historiens algériens.
Le lieutenant W.A. Smith cite en revanche l’estimation du général Tubert de 3 à 4.000 tués ; le major Rice fait le décompte de 300 sorties aériennes et note que les bombardements n’ont produit aucun entonnoir de bombe visible ; 100 B26 ont transféré à Alger 1.200 FFI de la région de Cognac ; Rice ignore cependant que ces hommes ont refusé d’être engagés dans les opérations de rétablissement de l’ordre.
Maurice Faivre


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