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Des Césars problématiques

par Gérard Leclerc

lundi 1er mars 2010


Loin de nous l’idée de disputer aux gens de cinéma leur compétence et leurs appréciations. Mais il est tout de même permis de leur poser quelques questions lorsque leur art reflète des aspects essentiels de notre société et lorsqu’il nous invite à réfléchir sur notre situation morale. La grande soirée des Césars vient de consacrer - avec quel éclat - un film intitulé Un prophète, pourvu de neuf récompenses, avec son jeune interprète Tahar Rahim reconnu à la fois comme meilleur espoir et meilleur acteur… La réussite du film de Jacques Audiard ne peut s’expliquer que par le talent exceptionnel du réalisateur et de ses interprètes  ! Néanmoins pareil succès ne peut seulement concerner la forme, les aspects esthétiques, voire la performance d’un film. Avec un titre aussi emblématique qu’Un prophète, on s’interroge sinon sur le message, du moins sur l’intention profonde de ce qui s’offre aussi comme un reflet de notre monde.

Or, sur ce sujet, c’est presque le silence total  ! Tout se passe comme si la soirée des Césars n’était qu’une cérémonie mondaine, agrémentée de quelques gags et qui n’avait de fonction que purement promotionnelle. N’est-ce pas rabaisser significativement le septième art en dédaignant ce qu’il apporte à la compréhension de notre époque  ? Car tout montre qu’il a toujours cette louable prétention… mais là commence une interrogation de fond. Si Gide affirmait qu’on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, Un prophète, qui privilégie, dans l’univers noir de la prison, la violence et la ruse, se donne équivalemment la chance de faire du bon cinéma. Mais lorsque Xavier Giannoli veut nous ouvrir (À l’origine) à une compréhension plus positive des acteurs sociaux, fait-il du mauvais cinéma  ? Et Isabelle Adjani, lorsqu’elle apparaît en tant qu’héroïne complètement positive de La Journée de la jupe, ne fait qu’affirmer une fois encore son immense talent. Ceci pour signifier que l’on peut être profondément attaché à l’art, et notamment au cinéma français, en distinguant et en privilégiant l’aide qu’il sait apporter à notre pays pour mieux s’identifier et émerger au mieux de ses plus grands défis.

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2 Messages de forum

  • Tahar, Abdel, Jacques, et les autres…

    5 mars 22:32, par Michael Jeaubelaux

    Je confirme !

    La journée de la jupe est une fiction, mais il peut être considéré comme un documentaire tant tous les aspects du problème sont traités ; Isabelle Adjani est formidable.

    Quant à Gran Torino, c’est un chef d’oeuvre !

    Je conseille vivement aux internautes de courir louer les DVD !

    Et si ils veulent en voir un troisième (qui n’a rien a voir avec "les Césars") je conseille "l’Ile" de Pavel Lounguine ! (mais il faut être un peu mystique !)

  • Cher Gérard Leclerc, je n’ai rien compris a votre article qui se perd en circonvolutions pour ne pas exprimer clairement ce qu’il faut dire sur "Les Césars".

    Les Palmarès des Césars sont devenus des caricatures, des bouffonneries, ils ne sont ni crédibles, ni pertinents !

    "Je m’interroge sur le fait que" le palmarès soit grandement influencé par la composition sociologique (pour ne pas dire autre chose) des votants !

    Je me suis essayé à prédire les palmarès en fonction des patronymes des réalisateurs ou des acteurs ! et bizarrement, lorsqu’il s’agit de certaines origines, mon palmarès a été très souvent juste !

    Les Césars appliqueraient-ils avant la loi, les quotas ethniques et la représentation de la « diversité » chère à Yazig Sabeg !

    (à moins qu’il s’agisse d’une sorte de "promotion parrallèle" comme à Sciences-Po Paris ! Très à la mode en ce moment à droite et à gauche !)

    Généralement, un film, un acteur ou une actrice ayant eu un grand succès populaire, ne sera que très peu récompensé aux "Césars" (ou alors dans des catégories secondaires).

    Aux « Césars », il semble qu’on apprécie guère ce qui fait trop « français » (ou "gaulois" comme il est convenu de dire maintenant) !

    Rappelez-vous le sort subi par « La fabuleuse histoire d’Amélie Poulain » !

    (film populiste, voire pétainiste avaient déclaré doctement les critiques). La mise à l’écart de Gérard Depardieu, en est aussi un exemple.)

    Exception : si un film a été primé ailleurs, alors il a moins de chances ! (« entre les murs », par exemple, "trop" primé à Cannes)

    "Il semble aussi que" si vous êtes connus pour être favorables à la régularisation des sans-papiers, ou ayant fait la preuve que vous étiez capable de vomir sur la France (son passé colonial, pétainiste, la torture en Algérie, etc…) ou encore que vous ne rechigniez pas à cracher sur son Président (de droite) ; Qui plus est, si vous avez pris partis pour les émeutiers contre la Police, ou fait l’éloge d’un Ennemi Public N°1, vous avez tout de suite un peu plus de chances d’être au Top !

    Cette année on a atteint des sommets !

    Un film sur la prise de pouvoir des maghrébins et des "barbus" dans nos prisons et nos banlieues sur le milieu corse, truste presque toutes les récompenses !

    En effet, ce film porte bien son nom !

    Il "prophétise" la prise de pouvoir et le mélange des genres entre les malfrats et les islamistes - (Comme je l’ai récemment entendu dire dans l’émission "C’est à dire" : Al Quaïda le jour et les trafics en tous genrs, la nuit !)

    Un lauréat Abdel Raouf Dafri, (co-scénariste avec Jacques Audiard sur ce film et scénariste de "Mesrine", né et élevé en France), c’est permis d’interpeller un de ses pôtes dans le public dans une langue étrangère.

    (pourtant, il s’agissait bien des Césars du Cinéma "Français » !)

    Tahar Rahim a cumulé le prix du Meilleur Espoir et celui du Meilleur Acteur !

    (même Jacques Audiard en est gêné !)

    Nous avions déjà connu le même phénomène quand Abdellatif Kechiche avec son film « La Graine et le Mulet » (face à « La Môme » entre autres) avait trusté 3 prix (4 si l’on compte le prix de meilleure espoir féminin attribué à Hafsia Herzi) : « meilleur réalisateur », « meilleur scénario original » et « meilleur film français » !

    Or ce film, dont je regrette d’avoir déboursé le prix du billet, est un film tout à fait médiocre, qui aurait tout au plus mérité un prix d’encouragement dans une catégorie « pseudo-documentaire » tant il est rempli de clichés, de niaiseries « anti-gaulois » et d’un dénouement tellement "mélodramatique" qu’il en serait presque "tragicomique" !

    Seule Hafsia Herzi méritait d’être distinguée car elle tient, a elle toute seule, cette ébauche de film !

    Face à « la Môme », comment expliquer qu’un film de ce piètre niveau puisse remporter autant de récompenses, si ce n’est par des motivations de votes, autres que purement artistiques !?

    Outre l’hommage à Eric Rohmer , le seul intérêt de ces « Césars 2010 » fut l’intervention d’Isabelle ADJANI lors de la remise de son prix pour « La journée de la jupe » !

    Il est d’ailleurs très étonnant de la retrouver dans le palmarès avec ce film ! Peut-être son patronyme a-t-il influencé les électeurs pressés qui n’avaient pas vus le film !.

    En effet, Isabelle ADJANI a expliqué comment on a tenté, par tous les moyens d’empêcher la réalisation, puis la diffusion en salles, de ce film superbe !

    A Lyon, il n’était visible qu’au CNP Bellecour (40places !).

    Pourquoi ?

    Tout simplement, parce qu’il décrit « une certaine réalité scolaire dans certaines banlieues », qu’il est inconvenant de montrer !

    (Heureusement, il y a eu ARTE pour le produire et le diffuser et il est disponible en DVD)

    « Entre les murs » , film bobo-correct fut plebscité, celui-ci a failli ne pas exister !

    D’un côté la fiction politiquement correcte, de l’autre la vérité sur la réalité !

    Or la réalité doit à tout prix être occultée !

    L’autre note d’espérance fut le Prix attribué à "Gran Torino" de Clint Eastwood, film sublime !

    Mais là encore « les jurés » n’ont pas du comprendre le propos du film, que les critiques "Bobo-correct" ont résumé par « la rédemption d’un blanc raciste » :

    ce qui est un contre-sens absolu !

    Il s’agit de tout autre chose : le triomphe des valeurs chrétiennes et masculines, de courage et de générosité, sur la lâcheté généralisée ; la trahison de leur famille, de leur pays et de leur culture par les enfants et petits-enfants du héros. Le refus de la soumission ou de la compromission avec la racaille. L’exaltation d’un homme, d’un vrai ! La mise en valeur du travail, de la volonté et du courage. La capacité du héros de sacrifier sa vie pour ses amis !

    Dans ce film, les voyous n’ont pas le dernier mot !

    C’est pour cela qu’il est surprenant qu’il ait été primé !

    (mais probablement ceux qui ont voté pour lui ne l’on pas vu, ou alors il n’ont rien compris !)

    Les Césars ne sont pas "problématiques", ils n’ont strictement aucune importance !

    Ils ne représentent ni la réalité de la qualité du « Cinéma français », ni les goûts du public !

    Ils ne sont que des "Awards" que « la profession » se distribue à elle-même (il faudrait mieux dire "la famille" tant les "fils de" sont nombreux et quelques "parrains" tout-puissants !) ; et un exutoire pour « les intermittents du spectacle » frustrés, et monomaniaques dans leurs choix !

    P.S. il est prudent de prendre un pseudo pour exprimer ce genre d’opinions interdites (le délateur à la HALDE qui s’est déjà manifesté sur ce site, sans doute rôde encore…toujours prêt pour trouver une proie, à dénoncer comme "mauvais français" !)




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