Accueil du site > Actualités > The Catholic Thing > Qu’est-ce qu’un processus "secret" ?

envoyer l'article par mail envoyer par mail Imprimer cette page

Qu’est-ce qu’un processus "secret" ?

Par Robert Royal

dimanche 10 mars 2013


Aujourd’hui, samedi, a commencé comme une journée de calme relatif. Les cardinaux électeurs ont été invités à dire la messe le dimanche, chacun à dans l’église dont il est « titulaire » autour de la ville de Rome. Plus tard, le calendrier de mardi prochain a été révélé. Nous aurons un tour de scrutin mardi après-midi, et je serai sur EWTN cet après-midi pour couvrir les nouvelles à mesure qu’elles émergeront.

Que pourrait-il bien arriver ? Je me surprends moi-même à dire : à peu près n’importe quoi. Les cardinaux ont poursuivi leur Congrégation générale aujourd’hui, qui est censée être une affaire discrète, privée, « avec secret assermenté et l’excommunication-si-tu-brises-le-serment ». Même les interprètes simultanés et le personnel ont prêté serment d’une façon qui met leur salut éternel en péril s’ils faillissent. Et pourtant, nous savions presque au fur et à mesure qu’elle se déroulait, non seulement quasiment tout ce que les cardinaux ont discuté aujourd’hui, mais dans certains cas, quels cardinaux ont parlé de telle ou telle question.

Il n’est pas surprenant que plus de cardinaux que jamais, nous dit-on, aient parlé de réformer les mécanismes de gouvernance du Vatican, et que la discussion ait été à la fois « franche et fraternelle ». C’est après tout la raison pour laquelle Benoît XVI a pensé qu’il devait démissionner. Mais ils ont aussi parlé sans ambages des relations avec l’islam (un « cardinal africain »), de la bioéthique, les femmes dans l’Eglise (Sandri), de la collégialité, d’un contact plus direct entre le pape et ses évêques et de nombreux autres sujets.

Si vous mourez d’envie de suivre les délibérations des cardinaux et essayez de lire dans le marc de café qui pourrait être en train de devenir un favori, bien sûr, tout cela est très intéressant. Mais si vous pensez que les cardinaux doivent être en mesure de fonctionner sans pression extérieure quand ils entrent dans la chapelle Sixtine, c’est une autre affaire.

Parce qu’il y a une possibilité réelle que nous puissions suivre le vote pratiquement en direct, jour après jour, depuis la Chapelle Sixtine, et même — qui sait — en vidéo. Il est difficile de savoir d’où ces fuites viennent, et je ne veux pas trop insister sur ce point particulier. Mais un appareil sophistiqué, peut-être seulement sophistiqué comme un smartphone actuel, peut bien être tout ce qui est nécessaire.

Ce sera le deuxième conclave où les cardinaux ne seront pas complètement enfermés dans la chapelle Sixtine pour la durée du conclave. Jean-Paul II a supprimé le régime - dont il avait eu l’expérience - des petites « cabines » créées avec des cordes et des couvertures, et des toilettes minimalistes forçant les hommes âgés atteints de la prostate à marcher à plusieurs reprises pendant la nuit pour uriner jusqu’à des installations éloignées.

C’est ce qui a motivé la création de la Maison Sainte-Marthe, une sorte d’hôtel modeste sur les territoires du Vatican. Mais cela signifie que les cardinaux vont se déplacer deux fois par jour d’un côté du Vatican à la chapelle Sixtine, et retour. Amplement l’occasion pour des failles de sécurité encore plus étendues que ce à quoi que nous assistons déjà.

J’ai rendu visite aux gardes suisses il y a quelques jours — j’ai écrit l’histoire des gardes pour le 500e anniversaire de leur retour, en 2007 — et ils ont la gentillesse de me parler quand ils le peuvent. Ils ne sont responsables que de la sécurité physique des cardinaux. Le gouvernement du Vatican, le governato comme ils l’appellent, a la responsabilité du secret de l’événement. La gendarmaria, la force de police du Vatican, ainsi que des experts-conseils qu’elle fait venir de l’extérieur, sont censés déployer des dispositifs de brouillage pour empêcher les fuites électroniques.

Nous avons vu à quel point cela fonctionne bien. Et l’on peut être surpris de voir combien le secret d’un événement peut être poreux ces jours-ci. Je l’ai déjà dit sur ce journal : si elle ne peut même pas gérer le genre de secret que l’on doit avoir aujourd’hui pour mener à bien un processus délicat comme une élection papale, l’administration du Vatican a en effet besoin d’une très profonde restructuration.

Source : http://www.thecatholicthing.org/dai...


http://www.france-catholique.fr/S-a...

Répondre à cet article