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Chevènement le républicain

par Gérard Leclerc

jeudi 2 février 2012


Jean-Pierre Chevènement se retire de la course à l’Élysée. Ce n’est pas vraiment une surprise. Il apparaissait dès le début que la candidature du « Che » était avant tout de témoignage et qu’il avait besoin de la tribune qu’offre la campagne présidentielle pour présenter ses idées, ses propositions, et surtout ses analyses. Car l’ancien maire de Belfort est d’abord un remarquable analyste politique, en raison de sa vaste culture et notamment de sa bonne connaissance de l’histoire européenne, dominée par les relations franco-allemandes. Longtemps, il a passé pour une sorte d’extrémiste à la gauche du parti socialiste. N’était-il pas l’anti-Rocard, celui qui incarnait la vraie tradition de gauche à l’encontre de ce qu’il appelait sans tendresse « la gauche américaine ». C’est vrai que Jean-Pierre Chevènement a toujours été attaché à une idée pure de la République, en un sens d’ailleurs assez romain. La défense de l’intérêt public, les missions régaliennes de l’État constituent pour lui des priorités. Sa conception dirigiste de l’économie, qui ne fait pas de doute, l’a toujours dressé en ennemi du libéralisme.

Avec la distance, on remarque mieux combien cet homme de gauche était aussi un modéré, si paradoxal que cela paraisse. C’est ce qui le rattache à la social-démocratie, en dépit de toutes les critiques qu’il a pu faire des dérives libérales de celle-ci. En 2002, sa campagne présidentielle, qui était bien partie, fut freinée par sa répugnance à chasser sur les terres du Front National. Son attachement à la nation est, en effet, exclusive de la dérive anti-immigrés qu’il n’a jamais voulu intégrer. Non qu’il professe l’ouverture incontrôlée des frontières à l’immigration. Ce serait contraire à son opposition constante à la dérégulation. Mais il estime que la tradition humaniste de la France est incompatible avec l’hostilité à l’étranger, d’autant plus quand celui-ci est pauvre.

Chevènement ne ralliera pas Hollande sans conditions. Et il est plus que probable qu’il continuera à intervenir pour faire bouger les lignes, comme il se plaît à le répéter. Il serait, me semble-t-il, dommage que sa voix manque au débat, d’autant plus que sur le terrain sociétal il me paraît plus réservé par rapport à des dérives éthiquement dangereuses.


Chronique lue sur radio Notre-Dame le 2 février 2012.

10 Messages de forum

  • 2 février 12:51, par Bernard Richard

    Un temps Chevènement a eu une bonne image, à droite comme à gauche, en patriote un peu jacobin, et colbertien aussi, avec sa Marseillaise dans les écoles, avec ses imprécations contre les galopins (sur le moment je ne retrouve pas son terme exact, savoureusement désuet et qui lui attira la tendresse d’une droite musclée).

    Cependant il chuta quand, aveuglé par de bons sondages dus à ce ralliement d’une partie de la droite déçue des errements politico-financiers et du "radical-socialisme" de Jacques Chirac et qui croyait trouver son homme dans cet ancien marxiste (du CERES) repenti, car rien ne vaut les marxistes repentis, ralliant le camp bien pensant : ils sont une conquête, ils valent tellement plus que les bien pensants de naissance, les simples héritiers d’une tradition.

    Bercé d’illusions, il contribua à faire chuter Jospin et à mener Le Pen au second tour. Que ce soit vrai ou faux n’importe guère, ce qui compte, c’est le ressenti de la gauche face à ce 21 avril, à ce revers cuisant. Désormais, Chevènement, sans mordre suffisamment sur la droite, est complètement "grillé" à gauche, il est pour elle "l’homme du 21 avril", tache indélébile, même si la droite, bénissant le 21 avril, ne le voit pas ainsi. Alors il lui reste ses vitupérations contre la décadence de la France (un nouveau Pierre Chaunu en quelque sorte), contre la forme prise par l’Europe, critiques d’autant plus acerbes qu’elles ne tirent pas à conséquences, vu le peu de crédit accordé désormais à ce politique du passé.

    Il a sans doute passé définitivement le temps où il aurait pu faire "bouger les lignes", mais laissons-lui ses illusions, sans les partager ; elles l’aident à survivre politiquement dans son territoire, de Belfort ou de Saint-Germain-des-Près, toujours dans l’apesanteur d’un poids-plume (de Christine Boutin à Chevènement, en passant par Villepin et d’autres, combien de poids-plume, chacun honnête personne dotée d’idées et d’incapacité à les mettre en oeuvre). Et puis c’est effectivement un "énarque honnête", pas un énarque politicien lambda jouant des réseaux et des accointances avec les économiquement forts.

    Soyons donc indulgents, mais lucides, sans aucune illusion quant à son rôle effectif dans le spectre politique actuel. Exit Chevènement, et alors ?

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    • Chevènement le républicain 2 février 14:06, par Charles

      Sauvageons !

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    • Bernard Richard n’apprécie pas Mr Chevènement, ce n’est pas une raison se faire le perroquet d’une Gauche en dessous de tout, qui au lieu d’analyser les raisons de sa défaite - principalement l’arrogance de son candidat et les candidatures présentées par tous ses alliées, plus une très mauvaise campagne de Jospin,("sentiment d’insécurité","mon programme n’est pas socialiste" j’en passe et des meilleures...) à trouver un bouc émissaire facile en accusant le seul Jean-Pierre Chevènement d’être la cause de tous ses maux !

      La vérité, et Melenchon l’a révélée dans l’émission de Ruquier samedi dernier, outre les raisons déjà décrites, c’est que , lorque les Radicaux de Gauche lui ont proposé de retirer la candidature de Taubira (qui n’était même pas membre de leur parti !) par prudenceJ...Jospin, ivre de suffisance et d’arrogance, les en a dissuadés !

      Or avec la moitié des voix de Taubira, Jospin était au second tour !

      Mais il aura fallu 10 ans pour que Melenchon, qui fait des appels du pied aux chevenementistes, le révèle !

      En 2007, Jean-Pierre Chevènement a rejoint Ségolène Royale...elle a perdu (par son diletentisme, son incompétence, le mépris des éléphants du PS...)... et bien BHL a trouvé bon de mettre cette défaite sur le dos de Chevènement !

      Au soir de cette nouvelle défaite, Anne Hidalgo déclarait "il nous faudra aller beaucoup plus loin sur les questions sociétales !"...(celles qui selon moi justement qui risquent de faire perdre pour la troisième fois le candidat du P.S. ; notamment le droit de vote des étrangers, le mariage et l’adoption pour les couples de mêmes sexes+ Mères porteuses, euthanasie,etc..)

      En 2012, JPC n’est pas candidat, pour le moment il n’a rejoint personne et vous verrez que certains lui mettront sur le dos la prochaine défaite d’Hollande ! :-)))

      Jean-Pierre Chevènement a fait une belle carrière politique, il a eu souvent raison dans ses analyses...trop tôt. Il a eu le tort pour un homme politique d’accorder beaucoup d’importances aux idées, à la cohérence d’une pensée, à la fidélité à des Principes, comme l’honnêteté et la fidélité, l’intérêt général...la démagogie n’a jamais été son fort...et il a toujours pris les questions sociétales pour des "têtes d’épingles"...Graves erreurs !

      Dans ces conditions, il ne pouvait que jouer le rôle qu’il a joué (et ce n’est pas si mal).

      Quant à la Gauche qui nous rebat les oreilles avec le "21 avril 2002", elle n’espère qu’une chose c’est un "21 avril à l’envers" : Marine Le Pen - François Hollande...calculs d’apprentis sorciers !

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      • J’ai voté chevénement en 2002, j’ai voulu croire en son discours. Quelle déception !! Depuis 92, les deux seuls hommes politiques d’envergure lucides : chevénement et seguin ont montré leurs limites. Ils ne sont jamais arrivés à franchir le rubicon, ils n’ont été que les enfants respectueux d’un système dont pourtant ils nous démontraient tous deux qu’il conduisait à la mort de la france et à la ruine totale. Oui la phrase de Max Gallo est exact : "il parle comme de gaulle et agit comme guy Mollet", hélas ! Tous deux aimaient la france mais l’un et l’autre ont refusé de lui sacrifier leur parti respectif. Ces partis d’ailleurs les ont laissés tous deux sur le trottoir : l’un exilé à la cour des comptes (quand on le voyait chef de l’état !!!!), l’autre ridiculisé par la bêtise des médias et de la pensée unique, enfermé dans son petit groupuscule où l’on a la nostalgie du comité de salut public. Tout cela est pathétique !! et si triste pour la france. Le parti du refus de la mort de la france depuis 92 se trouve annihilé car aucun homme n’a pu le structurer en dépassant les clivages. Alors, le che en homme de gauche soumis et docile se ralliera à Hollande tout en gardant "un regard critique". Chevènement hélas n’a pas trahi la gauche mais a trahi les espoirs que les patriotes qui se moquent bien des étiquettes ont pu un moment porter sur sa personne. Et pendant ce temps la france se meurt.....
        Cordialement

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        • Non, la France, qui mérite toujours la majuscule, ne se meurt pas.

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        • Non, la France ne se meurt pas Pour la défendre il ya Paul-Marie Coûteaux qui y croit toujours à ce dialogue entre la France et son peuple réinitié par de Gaulle malgré les drames et Coûteaux a rejoint Marine.
          le débat est entre ceux qui croient encore à la France et à sa souveraineté, ce que Boutang appelait médiation à l’universel et ceux qui sont railliés à sa disparition de la scène. Le choix est là ,et il n’y a que Dupont d’Aignan et Marine pour le défendre. Que chacun fasse son choix en toute liberté et responsabilité.

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          • Je ne nie pas les qualités des personnes que vous citez, mais je vous pose la question : qui aura la capacité et la force de structurer le parti du refus de la mort de la France ? que des individus courageux se dressent contre l’inéluctable, je ne le nie pas mais j’observe que depuis 1992, personne n’a été en mesure d’infléchir la politique de la france dans ce sens. Quand je dis "mort de la France" croyez-bien que j’en suis au désespoir, je garde l’espérance qu’enfin la nation se ressaisisse et qu’elle renoue avec son destin mais aujourd’hui, c’est une question en effet de vie ou de mort. On ne pourra attendre encore dix ans...Je vois que ce terme a choqué certains mais en fait, c’est bien de la mort de la France dont il est question avec la complicité de ceux qui nous gouvernent depuis trente ans. Monsieur Attali ne cache pas le projet des mondialistes....Le berceau de l’europe va bientôt nous donner l’exemple : la grèce humiliée gronde, elle est en état de révolte généralisée, c’est une vraie révolution qui va commencer à athènes. Alors vous voyez, je ne me résous pas à la mort de la France, j’attends en fait son réveil...
            Cordialement

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        • En 2012 tout le monde fait du Chevènement ! 4 février 15:25, par Michel Joblot

          J’ai voté Chevènement en 2002 et j’ai rejoins le Pôle Républicain juste après le 21 avril 2002, car je pensais qu’il pouvait être la voix qui ramènerait les électeurs de Le Pen au bercail de La République...Ensuite j’ai oeuvré au MRC, ce qui m’a donné l’occasion de connaitre Jean-Pierre Chevènement, et "la politique" réelle, de plus près.

          Jean-Pierre Chevènement est une personne que je respecte et pour qui j’ai de l’affection.

          J’ai été très heureux de militer à ses côtés pendant 6 ans, mais je me suis séparé de lui en 2008, à la fin de mon mandat. Je n’ai pas démissionné quand il s’est rallié à Ségolène par fidélité uniquement.

          En 2008 après les municipales, voyant que la Gauche ne changerait jamais, parce qu’en fait sa stratégie est un vote FN fort pour régner grâce à la division de la Droite, (un FN bas étant synonyme de victoire de la Droite, ce qui a été démontré en 2007 !), associé à un ralliement à la doxa libérale et européïste, pour rassurer la finance et les bailleurs de fonds indispensables pour accéder au Pouvoir.

          Par ailleurs, JPC prends les questions sociétales pour des "têtes d’épingles" - ce qui est une grave erreur...car elles sont l’essentiel du clivage droite-gauche.

          Le cri du coeur d’Anne Hidalgo (Maire-adjoint de Paris) au soir de la défaite de 2007, ne fut-il pas : "il nous faudra être beaucoup plus audacieux sur les questions sociétales" et la première action de la Gauche après la prise par surprise du Sénat : Faire voter la loi sur le droit de vote des étrangers ! Glavany n’a-t-il pas dit que "si le PS revenait au pouvoir, il faudrait construire des mosquées avec l’argent des contribuables, et ce pendant dix ans" ! (Delanoë n’a-t-il pas donné 22M€ d’euros à l’Institut des Cultures Musulmanes, qui va construire deux mosquées en son sein !

          (Cf. pétition NON aux Mosquées payées par les contribuables !NON aux minarets ! http://www.france-petitions.com/pet.... et site UDCC http://udcc.fr/)

          La Gauche n’est plus désormais que le parti des Gauchos-Homos-Bobos et des "minorités" qui y ont des places réservées (le Drapeau Gay flotte toujours dans les meeting socialistes,on y cherche de préférence des femmes arabes et musulmanes pour les listes à la parité obligatoire) - les ouvriers et employés blancs ont depuis longtemps été abandonné...et font l’objet d’un profond mépris.

          De plus JPC a une vraie fascination pour l’islam, qui me mettait mal à l’aise (comme Max Gallo d’ailleurs...), peut-on être laïque et financer les mosquées, et faire l’éloge de cette religion ?

          Quoiqu’il en soit, n’ayant pu le faire changer de position sur le Droit de vote des étrangers (bien que j’ai tout de même pu le faire douter...Cf son discours au Congrès du MRC en 2008), ne voulant pas cautionner par un ralliement au PS, outre le droit de vote des étrangers, le mariage gay et l’adoption, les mères porteuses, l’euthanasie, la régularisation massive des clandestins, la construction de mosquées aux frais des contribuables,la fuite en avant européïste, l’entrée de la Turquie dans l’UE, etc...j’ai quitté la politique intitutionnelle.

          Je me contente désormais d’une activité sur le Web...et je me consacre désormais plutôt à essayer d’être meilleur avec ceux avec qui je vis et d’une pratique plus approfondie de ma foi.

          Quant à JPC, bien qu’il s’en défende, et contrairement à ce qu’a dit Marine Le Pen, ("tout le monde fait du Le Pen), il a vaincu sur le plan des idées, car en 2012, Le Pen (Paul-Marie Couteaux soutenait Chevènement en 2002), Dupont-Aignan (Debout La République faisait partie du Pôle républicain), Hollande(Marseillaise dans ses meetings, laïcité dans la Constitution,réindustrialisation,...), Mélenchon(Le "Mars"et nombre des militants du Front de Gauche viennent de chez Chevènement) ...tout le monde fait du Chevènement !

          En attendant Sarkozy !

          (en 2002, c’est Guaino qui rédigeait certains discours de JPC et ceux de Sarkozy en 2007, ce qui a contribué à sa victoire.)

          Pour ma part, au 1er tour, je ne voterai pas pour quelqu’un qui est pour le droit de vote des étrangers, pour le mariage ou l’adoption pour les couples de même sexe, les mères porteuses, ou le financement des religions et particulièrement des mosquées ou de l’islam…

          Et j’informerai mes concitoyens des positions des uns et des autres afin qu’ils puissent voter en toute connaissance de causes.

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      • Vous n’avez pas saisi que je présentai là le point de vue émis par la majorité des électeurs de gauche. Votre appréciation de Chevènement n’atténue en rien la rancune de la gauche à son encontre. Quant à la moitié des voix de Mme Taubira, elles équivalent à des voix de Chevènement qui ont tout autant manqué, puisqu’il ne s’est pas non plus désisté.
        Ceci dit, vous confirmez par votre avis l’appréciation favorable de la droite en faveur du même Chevènement, et il est bien normal qu’un homme comme vous apprécie un homme qui a contribué à faire passer Le Pen devant Jospin, ainsi la boucle est-elle bouclée. Cordialement, BR

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