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Traduit par Pierre

Cessons de "faire semblant" à propos de l’Islam.

par William Kilpatrick

dimanche 19 mars 2017


Déception suite à la déclaration du Lt. général Wikkiam Mc Master, nouveau conseiller du président Trump pour la Sécurité nationale : « L’E.I. [État Islamique] n’est pas islamique. » Il insiste également en affirmant que « l’E.I. se sert d’une interprétation pervertie de la religion pour exciter la haine et justifier l’épouvantable cruauté envers des innocents. » Bref, le Général semble penser que le terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam.

Cette idée dominait sous l’administration Obama. Et pendant ces huit années la menace islamique a progressé par bonds successifs. Il serait honteux qu’un responsable de la nouvelle sécurité nationale perpétue des idées aussi simplistes sur le terrorisme islamique.

Les vues de bien des dirigeants de l’Église ne sont guère différentes. Au cours des quatre dernières années nous avons subi une litanie de déclarations de responsables du Clergé pour qui existe une distinction absolue entre Islam et violence.

Certains semblent en fait donner foi à ce contre-sens évident. Pour d’autres, c’est vraisemblablement une bonne stratégie — une manière de donner du poids à "l’islam modéré". Les stratèges se plaisent à affirmer que critiquer l’Islam proprement dit poussera les modérés vers le camp radical. Vue ainsi, la seule manière d’encourager un changement positif de l’islam serait d’en dire la louange avec l’espoir que ce genre de prophétie porte des fruits.

Mais ce n’est pas la bonne stratégie. En fait, elle donne la main aux radicaux. Voici pourquoi : si chacun des conseillers nationaux du Vatican déclare que l’Islam est bien comme il est, il n’y a aucune incitation au changement. Si on soutient que l’islam ne pose pas de problèmes — sauf le caillou ("non-islamique") dans la chaussure de groupes extrémistes — on sape la position des réformateurs musulmans. C’est déjà bien assez difficile d’être un musulman modéré ; et plutôt dangereux d’être un réformateur musulman.

Qu’est-ce qui inciterait les réformateurs à se manifester sans le renfort d’officiels non-musulmans ? Et pourquoi d’autres musulmans les écouteraient-ils si tout allait bien ainsi ? Cette stratégie éloigne les musulmans de la modération et d’une réforme pour les tourner vers les imams.

On imagine que les mosquées, les écoles islamiques, et les imams auront des effets apaisants sur les musulmans, mais la réalité est tout autre. Cinq études distinctes (quatre aux États-Unis et une au Canada) ont montré qu’environ 80% des mosquées prêchent des vues extrémistes. On ne peut penser qu’une majorité puisse être dite modérée. Le Dr. Zuhdi Jasser signale que suite à l’envoi de plus de 3 000 courriels par le Mouvement Musulman de Réforme à des mosquées américaines pour demander leur soutien il n’y eut que 40 réponses, dont seulement 9 étaient positives. Le Dr. Jasser est paru à la télévision aux États-Unis. Il personnifie modération et raison. Et cependant la plupart des dirigeants musulmans n’ont rien à faire de cet homme. Ils semblent n’éprouver aucun besoin de réformes.

Les mosquées dans d’autres pays sont souvent des centres de recrutement et de radicalisation — parfois même des dépôts d’armes. Quand une attaque terroriste survient en terre d’islam, les autorités locales réagissent par des descentes et la fermeture de mosquées. Certains pays occidentaux "éclairés" ont même adopté une politique "cherchez la mosquée" [en français dans le texte]. Suite à une action terroriste la France et l’Allemagne ont mené de nombreuses descentes cans des mosquées.

Quand des dirigeants catholiques dépeignent une équivalence morale entre chrétienté et islam — très souvent — ils encouragent les musulmans à trouver un sens dans une foi qui justifie le djihad. S.S. François a déclaré un jour à un groupe d’immigrants qu’ils trouveraient un sens dans leurs livres saints — chrétiens dans la Bible, et musulmans dans le Coran. Mais un tel conseil ne fait que pousser davantage les musulmans dans le fondamentalisme que le pape croit ne concerner qu’un petit nombre.

Selon la définition occidentale du "fondamentalisme", l’islam est une religion fondamentaliste. La plupart des musulmans prend le Coran au pied de la lettre, et leurs Imams leur disent comment l’interpréter.

Si nous souhaitons vraiment que l’islam prenne une orientation modérée, il faut le critiquer et non le cajoler. Après tout, il y a quelque chose d’erroné dans l’islam. Et comme Nonis Darwish, ex-musulman, l’écrit : « L’Occident ne rend pas service aux musulmans en les traitant comme des enfants qu’il faut protéger des réalités. »

En vérité il y a dans l’islam une erreur fondamentale avec les brutales lois sur le blasphème, sur l’apostasie, et l’attitude envers femmes, enfants et minorités — sans oublier nombre d’autres graves problèmes, dont l’appel au djihad.

Il est donc grand temps de cesser le petit jeu "faisons semblant". Les nations musulmanes ne feront le ménage que si les nations non-musulmanes et les dirigeants de l’Église les y contraignent. Lorsque l’Arabie Saoudite a aboli officiellement l’esclavage en 1962, ce ne fut que sous une intense pression de l’Occident.

Pourquoi ? Par ce que, selon de nombreux observateurs, les sociétés musulmanes ne sont guère portées à l’introspection. Raphaël Patal, auteur de "The Arab Mind" [La tournure d’esprit Arabe], suggère que la croyance islamique en destin ou prédestination conduit à un "désintérêt à faire l’effort pour changer ou améliorer les choses".

Quand les dirigeants occidentaux passent aux musulmans un message rappelant que leur religion mérite le respect en retour, cela peut favoriser l’opinion des musulmans sur l’islam (et inciter les Occidentaux à la tolérance), mais ne pousse pas les gens à voir qu’il y a une erreur quelque part. Au lieu de quoi, nous devrions dire aux musulmans, avec beaucoup de diplomatie, que bien des côtés de leur foi sont profondément perturbants. Et que tant qu’ils ne tenteront pas des mesures d’amélioration, nous devrons envisager des mesures telles que la rupture du dialogue (avec l’Église), ou des restrictions aux aides financières, sanctions économiques et retrait d’investissements (de la part des gouvernements et d’entreprises).

Pour le moins nous devrions fermer nos portes à l’immigration en provenance des pays islamiques les plus marqués. Certains craignent qu’une telle mesure fera croître la haine des musulmans envers l’Occident. C’est possible pour certains musulmans. Mais des actions fortes et décisives peuvent aussi donner à de nombreux musulmans matière à réflexion à propos de l’islam.

L’enfant gâté n’apprend à se poser des questions sur son comportement que lorsque les autres ne veulent plus jouer avec lui. Après l’attentat du 11 septembre bien des Américains se sont demandé « pourquoi nous détestent-ils ? » Autrement dit : « Quel mal avons-nous commis ? » Il serait grand temps que le monde musulman commence à se poser cette question. Mais il ne le fera jamais tant que l’Occident mènera sa politique « tout va bien avec vous » envers l’islam.

9 mars 2017.

Source : https://www.thecatholicthing.org/20... .

Photo : Immigrants musulmans en Norvège.

5 Messages de forum

  • 20 mars 10:31, par Gemayel

    Enfin voilà le 3ème article de Kilpatrick, après "Existe-t-il une position catholique officielle sur l’Islam (Novembre 2016) et "Critiquer l’Islam, pourquoi pas ?" (Janvier 2017). Cette fois, William Kilpatrick attaque (enfin) ouvertement le pape François vis-à-vis de ce sujet épineux. Chacun à ses idées propres sur la question qu’il convient de respecter, ce qui n’empêche pas d’opposer des vues différentes sur la manière dont le sujet "Islam" pourrait et peut-être devrait être traité.

    Dans une de mes dernières réponses à un article de cet auteur j’avais souligné que le sujet comprenait deux volets : le religieux et le politique et que le politique primait sur le religieux en illustrant mon propos d’un ou de deux exemples. Cette fois, il n’est même pas utile ni nécessaire d’illustrer quoi que ce soit : d’une part, on sait qui est Raphaël Patal (dont l’ouvrage : The Arab Mind" (La tournure d’Esprit arabe) est suggéré par Kilpatrick) et, d’autre part, en parlant de l’Islam l’Arabie Saoudite est mentionnée et, surtout, il est question de la "pensée arabe", alors que le plus grand pays musulman est l’Indonésie. Il est donc permis de confirmer que c’est "le" politique qui prévaut sur le religieux dans ce genre de littérature. Comprenne qui veut...

    Kilpatrick et ses compères peuvent se cantonner dans des tours imprenables protégées par nombre de kms de murs et de milliers d’armes des plus sophistiquées... en faisant fi des chrétiens qui ont été et sont toujours dans les zones de graves turbulences où des politiques asservissantes et stupides sont plus responsables encore que les criminels de Daech et Cie...

    La disparition annoncée et souhaitée - j’allais dire programmée - des chrétiens de la seule région du Moyen-Orient pourrait, sur le plus ou moins long terme, entraîner la disparition de l’Europe telle qu’elle est à ce jour. Et aussi plus loin... Les illusions n’ont pas vocation à tenir indéfiniment la route.

    Encore un article-démonstration de la position de l’auteur qui semble aller sur la volet du jusqu’auboutistme face à l’Islam. Il ne s’agit pas de "cajoler" ce dernier, ni de faire profil bas, ni de s’y soumettre, il s’agit de trouver et d’utiliser la meilleure façon de lui faire face avec fermeté et détermination avec le minimum de dégâts sur tous les plans.

    Etape difficle et douloureuse de l’Histoire, ce problème est à étudier avec le plus grand soin. La force à elle seule ne saurait être LA solution car il s’agit de manoeuvrer avec intelligence sans rien céder. Pour ce faire, ni Kilpatrick ni ses amis ne sont les mieux placés et les mieux pourvus sur les plans historique, intellectuel et spirituel.

    En dehors de ce "triptyque" il est à craindre que toute tentative de solution soit vouée à l’échec.

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    • Vous pensez que ceux qui, comme Kilpatrick, critiquent le Pape François, sont inintelligents et vous concluez : " ... car il s’agit de manoeuvrer avec intelligence sans rien céder".
      Curieux conseil car justement c’est l’intelligence qui permet de découvrir la vérité. Et, comme le rappelle St Jean, c’est elle qui nous libère... de nos chaînes.
      Si donc on veut libérer les Chrétiens d’Orient de leurs chaînes il faut clamer au monde entier la vérité. Mohamed lui-même blasphème Dieu lorsqu’il affirme que "Allah aime ceux qui tuent pour le rejoindre" (S 61, v 4).
      Je suis moi-même un chrétien originaire d’un pays musulman, ayant appris l’Arabe Classique à l’école. Mes amis musulmans eux-mêmes sont honteux de leur "sainte écriture" lorsque je la leur explique. Ce sont les Occidentaux illettrés qui nourrissent l’odieux fanatisme islamique recommandé si souvent dans le Coran.
      Augustin le Numide

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      • cf. : 20 mars 19:30

        @ Augustin

        Merci de votre réaction à ma réponse à l’article de Kilpatrick. Même s’il en ressort que son contenu vous aura, on dirait, échappé. Me serais-je mal exprimé par hasard ? Quoiqu’il en soit, je le regrette.

        Il ne m’en souvient pas avoir mentionné "l’inintelligence chez ceux qui critiquent le pape François". A propos de l’auteur de l’article j’ai tout simplement confirmé ce que j’avais écrit à propos d’un autre de ses billets, à savoir que ce monsieur s’occupe plus de politique que de religion et que cette fois il attaquait le pape François frontalement. D’autre part, je ne me suis jamais permis de donner un conseil même à ceux qui m’en ont parfois demandé un. Par contre, je prends le droit donner mon avis sur un sujet donné. C’est ce que j’ai fait dans mon message en mentionnant, entre autres, qu’il fallait manoeuvrer avec intelligence sans rien céder. Et d’un...

        Et de deux : oui, il faut donner toute sa place à la vérité et la clamer au monde entier comme vous dites, mais pas seulement "pour libérer les chrétiens d’Orient", plutôt et surtout pour que tout le monde sache que l’islam radical, dans le cas des événements qui durent depuis six ans maintenant, a été acheté, encouragé, armé, utilisé et déployé dans cette région pour des raisons économiques, financières, de pouvoir, de mainmise, de gaz de schiste, de pétrole, d’itinéraires de gazoduc etc... Cette région est en grande partie celle appelée du Croissant fertile, par où passe la Route de la Soie, région tant convoitée depuis de très nombreuses décennies.

        Ma petite personne n’est pas du tout préposée à défendre la religion musulmane ni à l’éradiquer. Il m’est seulement d’avis, tout comme vous, que la vérité doit être connue et reconnue. Et que la force n’étant pas la solution, pour agir efficacement il faudrait être pourvu, c’est-à-dire remplir les conditions nécessaires sur les plans historique, intellectuel et spirituel que j’ai qualifiés de "triptyque". De toutes façons, la seule intelligence peut mener au bien ou au mal, et l’Ange déchu est très intelligent. Par extension un de ses noms n’est-il pas : "Le Malin" ?... Quelles sont les "chaînes" des chrétiens d’Orient que vous mentionnez si ce n’est justement cette guerre ourdie, planifiée et menée par personnes interposées, ici les mercenaires djihadistes criminels éjectés soudain de la boite à surprises... Sur fond de très poétiques "Printemps arabes", n’est-ce pas...

        Quand on est descendant de bisaïeux qui ont refusé de renier le Christ en sachant qu’ils allaient en mourir et qui, en effet, ont été égorgés en prononçant le Saint Nom de Jésus on peut se permettre de dire qu’on sait de quoi on parle, comme me le disait un ami. Ce qu’il faut dire aussi, pour être en vérité, c’est que durant ces six ans de barbarie il y a des chrétiens qui sont morts en priant pour leurs bourreaux... Et aussi que le plus grand nombre à ce jour des victimes de l’EI ou Daech au Moyen-Orient sont des musulmans.

        Augustin le Numide, il me semble, si ma mémoire est bonne, qu’il y a eu un bref échange entre nous, il y a quelques mois... Si c’est le cas, je le retrouverai certainement dans mes fichiers. Il avait été question du nom de Jésus en langue arabe... et peut-être aussi du prénom arabe de "Augustin". Enfin, je ne sais plus...

        Vous excuserez, svp, ces longueurs, mais le message que vous m’avez adressé appelait une réponse. Elle est donnée en toute franchise, en toute liberté, et amicalement.

        P.S.

        A propos de "discussions sur le vivre ensemble" et autres avec les musulmans, il faut d’abord et avant tout être habilité à le faire. Sinon, comme le disait quelqu’un : "Avec les musulmans on ne discute pas religion, il faut seulement les aimer". L’amour peut éclairer un chemin.

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  • 22 mars 12:39, par Augustin

    Cher Gemayel,
    J’ai répondu longuement à votre étonnement...mais FC a censuré le message car trop de vérités y étaient explicitées concernant le rôle joué par le "bloc américano-occidental" dans le malheur des Chrétiens d’Orient... et de Bachar en particulier. C’est bien ainsi, car tout cela vous le savez et n’avait d’autre utilité que d’ouvrir les yeux des lecteurs de FC.
    Concernant un échange antérieur sur le nom arabe de Jésus, je dois dire qu’ayant visité depuis Bethléem j’ai enfin vu, écrit en arable, le vrai nom du Sauveur, sur une plaque de rue.
    Cordialement,
    Augustin

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    • Cher Augustin le Numide, merci de votre réponse et surtout de votre franchise. Si FC a, comme vous le dites avec d’autres mots, modéré un de vos messages, c’est qu’il y avait, peut-être, raisons à le faire. Quoiqu’il en soit, ce détail ou un autre ne saurait occulter la réalité des douloureux événements.

      Cet espace, et vous l’avez bien compris vu votre manière de présenter les choses, est voué à encourager une liberté d’expression dans le respect de la bienséance comme on le dirait en général, et avec la charité que le Seigneur nous appelle à suivre, quand on est baptisé.

      Oui, c’est bien vous Augustin, qui avez évoqué le nom de Jésus suite à votre visite à Bethléem.

      Et à propos de tout ce qui se passe dans ce vaste monde et qu’on le veuille ou pas, "si le Seigneur ne bâtit la maison c’est en vain que travaillent les maçons"...

      Bonne continuation et cordialement.

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