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Carême 2012 : Quelle conversion ?

par Gérard Leclerc

lundi 13 février 2012


L’entrée en Carême constitue de la part des chrétiens une sorte d’entrée en retraite spirituelle, où chacun se retrouve devant Dieu, afin de mettre son existence en perspective. La préparation à la Semaine sainte, qui implique la participation au Mystère pascal, exige cette période dite de “pénitence”, de purification et de clarification de la conscience. Benoît XVI, pour y aider tous les fidèles, a centré cette année sa réflexion sur un passage de l’épître aux Hébreux : “Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes.” (He 10,24). En s’arrêtant sur cette invitation instante, le pape nous met, en quelque sorte, en demeure de nous interroger sur nous-mêmes et notre façon de traiter le prochain. Cela ne peut se faire que dans une stimulation réciproque entre frères dans la foi. Nous ne pouvons vivre enfermés dans notre quant-à-soi, nous sommes dans une situation de communion. Celle-ci implique de sortir de notre individualisme qui est un des travers de l’époque avec “l’indifférence, le désintérêt qui naissent de l’égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la sphère privé”.

Le Carême devrait donc être un moment privilégié pour sortir de nous-mêmes et de l’indifférence à l’égard du frère et de la communauté humaine. Alors que sévit la crise économique, ce message devrait retentir directement aussi bien dans les cœurs que dans les instances de délibération et de décision. Il y a, en effet, une dimension morale et même spirituelle de l’économie, car celle-ci ne saurait se réduire à une discipline close sur elle-même. Celle qu’impose une foi rationnelle en des facteurs d’auto-régulation. L’économie moderne cache trop souvent ce fait qu’elle ne correspond pas à la seule satisfaction des besoins vitaux de l’humanité, parce qu’elle obéit aussi à la logique d’un désir qui échappe à la raison et à la justice.

Dans un essai assez ravageur [1], Jean-Pierre Dupuy rappelle la face cachée de l’économisme, en soulignant que “le pauvre souffre moins de son indigence matérielle que du fait que personne ne fait attention à lui”. C’est exactement ce que pense Benoît XVI, et c’est pourquoi il nous presse de nous stimuler réciproquement pour sortir de notre égoïsme et nous convertir à la charité.

Notes

[1] Jean-Pierre Dupuy, L’avenir de l’économie. Sortir de l’économystification. Flammarion, collection "Essais", 2012.

1 Message

  • 13 février 21:15, par Michel Joblot

    "Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle !"

    Voilà le programme classique de tout Carême.
    La formule est connue, mais ne pourrions-nous pas inverser les propositions ?

    "Croyez à la Bonne Nouvelle et convertissez-vous !"

    Car comment et à quoi me convertir si je ne crois pas à la Bonne Nouvelle ! Et qui plus est, si je ne sais pas ce qu’est cette "Bonne Nouvelle". A quoi bon me convertir si Le Christ n’est pas ressuscité, je suis le plus malheureux des hommes.

    Mais quelle est donc cette "Bonne Nouvelle" ?

    Je la lis tout entière dans le Prologue de St Jean (Traduction Bible de Jérusalem), mais surtout dans les passages suivants : "Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, Il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, eux qui ne furent engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu".

    Ceux qui accueillent le Verbe de Dieu, Le Verbe fait Chair, sont engendrés de Dieu, et ont le pouvoir de devenir des enfants de Dieu, des Fils de Dieu !

    "Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus-Christ. Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaitre".

    Telle est la nouvelle inouïe que nous devons porter à nos frères,.
    la nouvelle inouïe qui justifie toute notre vie et tous les "sacrifices",
    la perle rare qui justifie que nous nous débarrassions de tout le reste.

    Et quelle est donc cette "Conversion" ?

    Certes, baptisés dans Le Christ-Jésus nous avons le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
    Mais il ne s’agit que d’un potentiel,nous avons aussi le pouvoir de nous perdre !
    Pour le devenir nous devons d’abord le vouloir, ensuite nous devons accepter humblement de reconnaitre qui nous sommes vraiment.
    C’est à dire reconnaitre que nous sommes « néant » sans Dieu....
    Mais « Fils de Dieu » si nous Le reconnaissons comme Père, Fils et Saint-Esprit.
    « Fils de Dieu », si nous acceptons de nous laisser engendrer en Dieu, nous, pauvres pécheurs ne pouvant être « sauvé » par nos propres forces ou mérites, c’est à dire incapables d’ « accéder à la vie divine et à la communion trinitaire » sans la grâce infinie et miséricorde de Dieu.

    Ainsi pendant ce Carême, demandons à Dieu la grâce de connaitre notre péché, la grâce du repentir et la grâce de Sa Miséricorde, qui seule peut nous sauver et nous faire traverser le Triduum Pascal qui débouche sur la Joie de la Résurrection !

    Mais les cœurs durs, les orgueilleux, les vaniteux, les envieux, les rancuniers, les repus, les avares, les peureux, les ricaneurs, les menteurs, les médisants, les fornicateurs, les paresseux, les présomptueux, les méchants, les jaloux et les ennemis de Dieu, ou ceux qui croient pouvoir vivre en dehors de Lui ou sans Lui... n’entreront pas au Royaume des Cieux !

    Il nous faut donc nous convertir, nous dépouiller, nous laisser purifier, nous ouvrir, nous offrir aux rayons du Soleil divin, à sa Beauté, nous laisser envahir par cette Vie divine offerte à l’Homme, apprendre à mettre toute notre confiance en Jésus et pas dans nos richesses (spirituelles, intellectuelles, émotionnelles, physiques, artistiques,familiales relationnelles,nationales, financières...), purifier notre âme de toutes nos peurs et en premier lieu de la peur du Père qui est "tout Amour".

    Ainsi nous serons capables, de prier sans cesse pour le salut de nos frères et de pardonner, et même à nos ennemis, de nous laisser devenir doux et humbles de cœur, pauvres en Esprit, artisans de paix, miséricordieux, etc…toutes choses impossible à l’Homme.

    Heureux..., Heureux...,Heureux..., le Carême c’est le début de la route de "la Joie qui ne finit pas" !

    St Séraphim de Sarov disait qu’il n’y avait qu’une seule chose à demander : "L’acquisition de l’Esprit-Saint" car lorsqu’on a l’Esprit-Saint on a tout, mais pour le garder St Silouane l’Athonite dit qu’il faut vivre dans "la Sainte Humilité du Christ".

    Quand le Saint Lui demandait comment faire pour l’obtenir, Le Seigneur lui a répondu " tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas ".

    Ce qui veut dire : aie toujours conscience de ton péché, que tu es le « dernier des derniers », le plus indigne d’être sauvé ; ne juge personne, sois le serviteurs de tous, réconcilie toi vite avec ton frère, prie pour tes ennemis, combats sans cesse contre les tentations des démons, prie, pleure, implore sans cesse l’aide de Dieu…et ne désespère pas de Sa Miséricorde, car Jésus s’est fait homme pour sauver les pécheurs.

    Le Carême est la première étape qui doit nous conduire du « Royaume des Ténèbres » qu’est la vie pécheresse ( sans, à part ou contre Dieu) au « Royaume de Dieu » qui est la Vie éternelle, la Vie divine, celle des Fils de Dieu, éternellement en communion avec Le Père et Le Fils et Le Saint-Esprit, notre Dieu.

    Un saint donnait encore ce conseil : "Vivez ce carême comme si c’était votre dernier avant de paraitre devant Dieu".

    Pendant ce carême répétons sans cesse : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur » et ne doutons pas de la Miséricorde de Dieu.

    Que Le Seigneur nous bénisse et nous garde dans Sa Paix, Sa Joie et Son Amour.

    Amen

    Fraternellement en Jésus-Christ !

    Michel Joblot

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