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Baptême du Seigneur (année C)

dimanche 10 janvier 2010

3 - 15 Le peuple était dans l’attente et tous se demandaient si Jean ne serait pas le Messie. 16 Alors Jean leur répondit à tous  : «  Moi, je vous baptise avec l’eau. Mais un autre vient, plus fort que moi  : je ne suis pas digne de délier les lanières de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. 17 Il tient dans sa main la pelle pour nettoyer son blé  ; il rassemblera le grain dans son grenier, mais la paille, il la brûlera dans le feu qui ne s’éteint pas.  » 18 Avec ces instructions et beaucoup d’autres, Jean annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. 19 Jean avait fait des reproches à Hérode, le gouverneur, à propos d’Hérodiade femme de son frère, mais aussi à propos de tout ce qu’il faisait de mal. Pour cette raison Hérode 20 ajouta à tous ses autres crimes celui de faire jeter Jean en prison.

21 Avec tout le peuple qui recevait le baptême, Jésus aussi se fit baptiser. Comme il priait, le ciel s’ouvrit 22 et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme visible, comme une colombe. Et du ciel vint une voix  : «  Tu es mon Fils  : moi aujourd’hui je t’ai engendré.  »

© La Bible des Peuples, éd. Jubilé-Le Sarment


L’amour de Dieu, c’est cela  : garder ses commandements. Ses com­mandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c’est notre foi. Tel est le message que nous adresse l’Apôtre saint Jean en ce beau dimanche du Baptême du Seigneur. On voit un peu pourquoi  : Jésus en se présentant au baptême de Jean a voulu «  accomplir toute justice  » (Matthieu 3,15), il a «  gardé  » les préceptes du Père, c’est ainsi qu’il «  demeure dans l’amour (du Père)  » (Jean 15,10). Nous sommes donc invités à faire de même.

Mais cela veut dire quoi «  garder ses commandements  »  ? Les garder, comme on garde une somme d’argent dans sa poche pour un achat à venir  ? Les garder, comme on garde en mémoire une date ou un numéro de téléphone que l’on ne veut pas oublier  ? Non  ! garder, l’image est beaucoup plus celle d’un dépôt précieux que nous laisse un ami et qu’on conserve soigneusement pour qu’il le retrouve intact, ou de la chasteté que préserve l’épouse séparée pour un temps de son mari, pour qu’il la retrouve telle qu’il l’a quittée. Il ne s’agit pas de conserver pour conserver, mais de le faire par amour, considérant que les commandements qui nous ont été confiés sont un si grand cadeau qu’on ne veut s’en séparer à aucun prix et qu’on cherche à témoigner à travers eux notre fidélité à Dieu.

C’est toute une révolution par rapport au sentiment premier que nous avons face à toute espèce de règlement. Pour nous, spontanément, la règle est oppressive, nous la subissons parce que nous ne pouvons pas faire autrement, mais, dès que nous avons les mains libres, nous rusons avec elle, comme on ruse avec le code de la route. Ou au contraire, nous parvenons à si bien intérioriser la loi que nous en faisons l’instrument de notre affirmation de nous-mêmes, une façon de nous griser de nos succès apparents, de la bonne image que nous donnons et d’écraser les faibles qui n’y arrivent pas. C’est cela que Jésus reproche aux Pharisiens, et avec quelle verve  ! Mais le problème est là  : nous sommes tous des blessés de la loi, des grands brûlés de l’exigence du Dieu vivant. Pas facile de retrouver une attitude droite en ce domaine-clé de notre existence humaine  ! Ceux qui ont écouté les maîtres qui prétendaient "interdire d’interdire" et qui, en bonne logique, ont rejeté toute contrainte ont fait l’amère expérience d’une vie déstructurée, ouverte à tout vent, livrée à des envies sans lendemain, ils se sont découverts sans force pour engager leur vie sur un but qui en vaille la peine, éprouvant jusqu’à la nausée le dégoût de toute chose devenue insignifiante, d’une égale platitude…

Le conseil de l’Apôtre relayant celui de Jésus est de recevoir à nouveau la Loi comme une bonne nouvelle. Au lieu d’y voir l’arbitraire d’un despote, la donnée incontournable dont nous ne pouvons nous affranchir sans risque, il nous invite à y voir le dessein aimant de celui qui est réellement notre Père. L’amour paternel a ceci de particulier qu’il précède l’existence de son enfant, qu’il y a présidé, qu’il en connaît mieux le secret. Obéir à la Loi de Dieu, c’est accueillir cette préexistence, c’est ac­cepter d’être devancés par un dessein très beau qui nous porte et que nous n’avons pas choisi, accepter d’être surpris et de devoir consentir. Si la défiance s’y met, si le doute survient, la relation est gâchée, l’enfant se raidit et se cache. Sa soumission même est empreinte de révolte et d’arrière-pensée. Jésus au Baptême nous montre comment s’offrir par avance à la volonté de Dieu, pas seulement l’at­tendre en tendant le dos, mais s’y pré­senter confiant. Alors, il nous sera possible à notre tour de la "garder" fidèlement, amoureusement, et d’y trouver notre bonheur.

Dimanche 10 janvier Première lecture  : Isaïe 40.1-5, 9-11 Psaume 104.1-4, 24-24, 27-30 Deuxième lecture  : Tite 2.11-14  ; 3.4-7 Évangile  : Luc 3.15-22.

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Ière semaine «  per annum  »

Nous retrouvons la vie publique de Jésus, mais toujours dans cet horizon d’"épiphanie" : chaque scène nous révèle de qui il s’agit : le Fils même de Dieu.

Dimanche : le Baptême du Seigneur

1. Jésus qui nous invite à sa suite pour que nous profitions au maximum de la vie qu’il nous a méritée (lecture d’Isaïe).

➤ Adorons notre Guide qui découvre pour nous des sources. Point spi. : consommons sans modéra-tion la vie qui nous est partagée dans les sacrements.

2. Jésus qui « vient par l’eau et le sang » (lecture de la lettre de saint Jean).

➤ Adorons le Chef de qui dérive toute vie pour les membres de son corps. Point spi. : gardons ses commandements pour être vraiment sûrs de lui appartenir.

3. Jésus qui s’est avancé le premier dans les eaux troubles du Jourdain (lecture de l’Evangile de saint Luc).

➤ Adorons le Serviteur qui prend le chemin d’humilité. Point spi. : n’ayons pas peur de nous abaisser devant les autres et devant Dieu.

Lundi  : La grâce de la première fois (Marc 1, 14-20)

1. Jésus qui commence à prêcher  : la grâce de cette première parole publique, d’emblée forte, mûre, nourrissante. ➤ Regarder le Verbe en train de parler, suivre son impact sur le visage des auditeurs, entendre retentir ses mots dans notre cœur.

Point spi  : redevenir des disciples, des gens qui écoutent.

2. Jésus qui commence à appeler  : la grâce du premier «  suis-moi  !  » suivi de beaucoup d’autres.

➤ Percevoir l’audace de l’invitation, deviner l’infinie délicatesse de l’offre, sa joie, sa confiance.

Point spi   : retrouver la lumière du premier appel entendu.

3. Jésus qui commence à fonder son Église  : la grâce de ces premiers jours en communauté, l’inouï de ces premiers balbutiements d’une vie partagée.

➤ Suivre Jésus qui inaugure une proximité nouvelle avec les hommes, «  Emmanuel  » il l’est vraiment, s’adaptant à leur rythme de vie ; entendre ses consignes, ses répri-mandes, deviner ses joies. Point spi  : faire de nos liens commu­nautaires une manière de vivre avec Jésus.

Mardi  : Le choc de Sa présence (Marc 1, 21-28)

1. Un enseignement «  frappant  », sortant des lieux communs et des discussions à n’en plus finir, une autorité qui est celle de Dieu qui parle.

➤ Admirer cette autorité sans brutalité, sans concession d’opinion, qui s’impose par sa justesse profonde, ressentir la nouveauté de ce discours libre.

Point spi  : risquer nous-même une parole vraie.

2. Des gestes qui bouleversent  : des gestes efficaces qui guérissent et apaisent, qui frappent de stupeur les démons.

➤ Ressentir le choc de ces premiers exorcismes, nous réjouir de ces victoires sur le mal, communier à la grande lutte du Fils de l’Homme sur tout ce qui dégrade l’homme.

Point spi  : croire à la victoire du Christ sur le mal levé en nous et dans les autres.

3. Une parole efficace  : un accord inouï entre la parole et les actes, quand «  dire  » et «  faire  » sont une même chose, comme dans les sacrements.

➤ Accueillir l’écho de la parole créatrice, recevoir ces mots («  je te pardonne  », «  ceci est mon corps  ») avec une infinie reconnaissance.

Point spi  : «  que votre oui soit oui  ».

Mercredi  : Une journée de Jésus (Marc 1, 29-39)

1. Jésus dont on dispose, Jésus qui accepte de se laisser insérer dans un cadre précis et limité, mais qui reste «  l’incirconscriptible  », l’insaisissable.

➤ Admirer la précision de son ajuste-ment avec notre temps et avec notre espace, considérer son éternité mon-nayée dans notre durée. Point spi  : être là où Dieu nous a mis avec la liberté profonde des fils.

2. Jésus dont on découvre la bonté sans mesure, Jésus que l’on peut déranger, rendre témoin des petits soucis de nos vies, Jésus qui écoute, Jésus qui touche les corps, mais ne se laisse pas réduire à ce rôle de thaumaturge.

➤ Adorer cette donation immense, deviner la joie des bénéficiaires.

Point spi  : apprendre que l’on peut se renouveler dans le don où on n’a pas mis de limite.

3. Jésus qui s’est soumis à nos rythmes, mais qui en use avec une pleine liberté  : sa prière qui ne se laisse pas réduire, ses veilles pleines de compassion pour notre humanité.

➤ Suivre en esprit Jésus qui monte seul au mont des Béatitudes, entendre sa prière, attendre son bon plaisir.

Point spi  : l’exigence incompressible d’une vie intérieure.

Jeudi  : Activité et passivité (Marc 1, 40-45)

1. Jésus touché par la misère humaine, mais aussi par la foi du lépreux, sortant du périmètre de sécurité pour le «  toucher  ».

➤ Savoir sa sainteté plus contagieuse que la maladie, regarder son visage plein de joie et celui du lépreux guéri.

Point spi  : oser sortir de nos précautions à n’en plus finir.

2. Jésus qui agit avec l’autorité souveraine de Dieu, mais qui se soumet aux prescriptions de la Loi.

➤ Adorer son obéissance pleine de liberté.

Point spi  : entrer dans ses vues  : «  allez vous montrer aux prêtres  ».

3. Jésus qui commande le silence et n’est pas obéi  : sa toute-puissance qui s’arrête au seuil de notre liberté, lui à qui obéissent les éléments et les maladies se trouve gêné par les déclarations indiscrètes de ses amis.

➤ Adorer sa patience, sa longanimité.

Point spi  : savoir garder la discrétion sur les cadeaux du Bon Dieu.

Vendredi  : Une ouverture vers le haut (Marc 2, 1-12)

1. Jésus qui, par sa seule présence, suscite l’espérance d’une guérison, qui inspire une audace que n’arrête aucune barrière.

➤ Adorer sa manière de laisser-faire, sentir sa joie profonde devant l’initiative de ces hommes.

Point spi  : risquer tout pour renouveler notre amour.

2. Jésus que l’on peut atteindre par un moyen court, Jésus accessible à celui qui le cherche, Jésus qui n’est pas colmaté par son entourage.

➤ Adorer sa divine accessibilité.

Point spi  : ne pas faire écran à Jésus pour ceux qui le cherchent à tâtons. 3. Jésus qui veut guérir l’homme tout entier, qui voit derrière le mal physique la blessure de l’âme.

➤ Adorer le Sauveur qui nous voit comme un tout. Point spi  : ne pas séparer pour nos frères l’aide matérielle et l’évangélisation.

Samedi  : Le guide, le médecin, l’ami (Marc 2, 13-17)

1. Le guide  : celui qui peut dire  : «  suivez-moi  !  ». Non seulement il appelle, mais il entraîne dans une aventure qui va durer, nous permettant de mettre nos pas dans ses pas.

➤ Considérer sa démarche si sûre, sa conduite si ferme, admirer sa confiance en nous pour nous faire de telles propositions.

Point spi  : garder confiance dans sa direction, même au moment des passages difficiles.

2. Le médecin  : conscient du mal, il ne s’en protège pas, il est sûr que sa présence est déjà une aventure et le début de la guérison.

➤ Admirer notre vrai Médecin, venu «  guérir et sauver  ».

Point spi  : soumettre nos blessures, toutes nos blessures, à sa main.

3. L’ami  : celui qui par amour de nous accepte les invitations compromet-tantes, accepte de se mêler à nos fréquentations, douteuses.

➤ Comprendre ce que veut dire pour lui ce choix qu’il a fait de nous, accepter de tout partager ensemble.

Point spi  : vouloir le faire entrer dans toutes nos affections. n

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