Accueil du site > Point spi > 6e dimanche ordinaire (année C)
samedi 6 février 2010
6. 17 Jésus descendit avec eux et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un nombre impressionnant de disciples et une foule nombreuse venue de toute la Judée, de Jérusalem et des rives de Tyr et de Sidon.
20 Levant les yeux vers ses disciples, Jésus leur dit : « Heureux, vous les pauvres, parce que le Royaume de Dieu est à vous ! 21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez !
22 Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent, lorsqu’ils vous chassent, et vous insultent, et vous mettent au rang des malfaiteurs à cause du Fils de l’Homme !
23 Réjouissez-vous ce jour-là, dansez de joie, car dans le ciel votre récompense est grande. Pensez que leurs pères ont traité les prophètes de la même manière.
24 Mais malheureux, vous, les riches, car vous avez reçu votre consolation !
25 Malheureux, vous, les nantis d’aujourd’hui, parce que vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez aujourd’hui, parce que vous serez dans les pleurs et les larmes !
26 Malheureux êtes-vous si tout le monde parle bien de vous : c’est de cette manière que leurs pères ont traité les faux prophètes ! »
© La Bible des Peuples, éd. Jubilé-Le Sarment
Dimanche 14 février
Première Lecture : Jérémie 17.5-8
Psaume 1.1-4, 6
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 15.12-20
Évangile : Luc 6.17, 20-26
Il y va fort, Jérémie : « Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un mortel. » Il faut bien faire confiance dans la vie ! Si un époux ne faisait plus confiance à sa femme, où serait l’amour ? La confiance certes se mérite, il faut bien examiner avant de la donner, mais il est de toute nécessité, à un certain moment, de balayer les soupçons et de risquer la confiance. Plus gravement, on peut se demander si le pessimisme manifesté à l’endroit des « mortels » n’est pas une attitude antiévangélique, qui ignore encore l’identité que Jésus nous a révélée entre l’amour du prochain et l’amour de Dieu.
À vrai dire, le Christ ne dit pas mieux, il dit même pire et il faut entendre, sans l’édulcoration de nos traductions actuelles, le passage où il déclare : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14,26). Bien sûr, il ne nous demande pas la haine, au sens habituel du mot, mais il nous fait comprendre qu’il y a des moments où même des attaches légitimes peuvent devenir des obstacles sur notre route avec lui et que, dans ce cas, il faut les couper fermement. On pense à sainte Jeanne de Chantal, veuve et résolue à s’engager dans la vie religieuse, et devant s’arracher à l’opposition farouche de son fils qui voulait l’en détourner. Son cœur de mère fut sans doute broyé, ce n’était ni insensibilité, ni mépris, mais appel supérieur, amour plus grand, qui englobait et transposait toutes les affections humaines. Il y a aussi de l’amour dans le fait d’accepter un éloignement devenu nécessaire pour que chacun grandisse et réponde à sa vocation.
C’est quelque chose de ce genre que cherche à nous expliquer Jérémie. Ce n’est pas un misanthrope qui nous ferait part de son désenchantement devant les affections humaines. Il en sait autant que d’autres la beauté, et combien elles peuvent parfois nous amener à Dieu. Mais il est le témoin de la vérité de notre condition : tous les dons de Dieu (et l’amitié des autres en est un, magnifique) ne restent des dons heureux et féconds que si nous continuons à les voir dans la lumière du Donateur qui nous les partage. Dès que nous nous arrêtons à eux, dans l’attitude possessive du propriétaire, dès que nous refusons la main de Dieu qui parfois les éloigne de nous pour mieux nous les donner d’une autre façon, dès que nous les exigeons au lieu de les recevoir dans l’éblouissement et la reconnaissance, ils se dégradent entre nos mains. Pire que cela : ils nous déshabituent de chercher notre vrai bien en Dieu ; ayant notre pâture sur terre, nous ne regardons plus le ciel, capables seulement de rugir à l’heure où notre proie nous est retirée. Et cette réduction de notre désir, nous en payons très cher le prix : dégoût blasé, scepticisme sur la vie et l’amour, aboulie, cynisme, désespoir amer, nous voyons tous les jours s’étaler autour de nous cette triste histoire dont le prophète cherche à nous garder.
Le psaume 1 dont la liturgie de ce jour fait également usage nous dit des choses très justes à propos de l’homme qui met sa confiance en Dieu seul : « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau. » La relation vécue avec Dieu dans la prière et l’offrande de nous-même est cette source d’humidité qui permet notre renouvellement intérieur. Les autres, si géniaux soient-ils, ne peuvent nous donner cela bien longtemps, eux-mêmes sont limités, ils ne peuvent nous donner plus que ce qu’ils ont et, si nous leur demandons cet infini que Dieu seul porte en lui, non seulement nous serons déçus, mais nous leur ferons du mal. Notre exigence sera destructrice, alors que, pour les aimer vraiment, il faudrait les recevoir comme ce don fragile et merveilleux que Dieu nous fait à travers ce sourire, ce regard, cette intelligence, cette vie…
Voilà un avertissement sévère, mais salutaire, ô combien !
— - VIe semaine
VIe Dimanche, dimanche de la « demeure de Dieu dans nos cœurs » (cf. collecte)
Semaine de la Quinquagésime
Début du Carême
par le Père Michel Gitton
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Sixième Dimanche ©
1. Jésus qui nous détache des dépendances trop humaines (lecture de Jérémie).
➤ Adorons l’Ami exigeant qui ne se résigne pas à nous voir le cœur partagé. Point spi : Ne demandons pas aux autres ce que seul Jésus peut nous donner.
2. Jésus qui nous laisse entrevoir la nouveauté de la Résurrection (lecture de la lettre de saint Paul aux Corinthiens).
➤ Adorons le Dieu qui peut dire : je fais toutes choses nouvelles. Point spi : Faisons fond sur le don inépuisable de son amour.
3. Jésus qui nous prêche le vrai bonheur (lecture de l’Évangile de saint Luc). ➤ Adorons le Guide sûr qui nous mène aux sources des eaux vives. Point spi : Restons éveillés et ne nous laissons pas réduire en esclavage par nos envies plus ou moins artificielles.
Lundi : la demande d’un signe (Marc 8, 11-13)
1. Jésus « tenté », Jésus que l’on somme de donner la preuve de sa mission en multipliant les actes de puissance, Jésus pris au piège de ses bienfaits.
➤ Adorons notre Sauveur bafoué dans sa bonté pour nous, incompris et récupéré.
Point spi : Ne mettons pas Dieu au défi, acceptons sa très douce volonté. 2. Jésus qui « gémit », Jésus souffrant de voir tant d’ingratitude, de deviner tant d’échecs.
➤ Adorons notre Sauveur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé.
Point spi : Faisons Sa joie en nous tenant tout près de Son cœur et de Ses intentions.
3. Jésus qui se réembarque et laisse là ses interlocuteurs, en renonçant à les convaincre.
➤ Adorons notre Sauveur qui ne gagne pas à tous les coups, qui s’incline devant le refus obstiné de certains. Point spi : Ne forçons pas certaines oppositions de principe, confions à Dieu ceux qui s’égarent.
Mardi : Le levain des pharisiens (Marc 8, 14-21)
1. Jésus qui parle, mais que l’on n’écoute pas, celui dont les enseignements merveilleux tombent sur des esprits affairés et distraits.
➤ Adorons le Maître dont la parole divine rencontre si peu d’écho. Point spi : Ne soyons pas sourds à l’appel de nos frères.
2. Jésus qui devine les préoccupations secrètes, les recoins troubles de nos âmes.
➤ Adorons la Sagesse qui sonde les reins et les cœurs. Point spi : Ne nous mentons pas à nous-mêmes. 3. Jésus qui s’étonne de l’amnésie de ses amis, de leur peu de confiance en lui.
➤ Adorons l’Ami délicat et fragile que blessent nos ingratitudes. Point spi : Gardons vivants dans notre cœur les hauts faits de Dieu.
Mercredi des Cendres,
l’art d’offrir en secret
1. « Pas de récompense pour vous auprès de votre Père. » Jésus qui nous enseigne à attendre la vraie récompense qui est l’union à Dieu, qui nous met en garde contre de fausses gratifications.
➤ Adorons Celui qui nous partage Son privilège de Fils, qui nous fait entrer dans le secret de la Trinité.
Point spi : Refusons les fausses satisfactions que nous attendons du regard des autres.
2. « Retire-toi dans ta chambre. » Jésus qui nous donne rendez-vous dans le secret, dans le silence de l’oraison.
➤ Adorons l’Hôte de notre sanctuaire domestique.
Point spi : Bondissons vers ces moments bénis où Il nous donne audience. 3. « Parfume-toi la tête. » Jésus qui nous dit la joie de l’offrande, la fierté du sacrifice offert à Dieu seul.
➤ Adorons l’Ami qui nous introduit dans la joie de son Père.
Point spi : Refusons toute tristesse les jours de pénitence.
Jeudi après les Cendres : l’art de prendre sa croix à la suite du Christ
1. « Il faut… » Jésus qui nous dit la nécessité profonde de son sacrifice, aucune fatalité, mais un don nécessaire.
➤ Adorons le Serviteur qui reçoit jour après jour la Volonté de son Père. Point spi : Accueillons de tout notre cœur la nécessité du sacrifice pour nous.
2. « Celui qui veut marcher… » Jésus qui n’anticipe pas sur notre réponse, qui ne nous embarque pas de force.
➤ Adorons le Maître très délicat qui dit « si tu veux ».
Point spi : Assurons-le tout de suite de notre réponse.
3. « à quoi bon gagner le monde entier. » Jésus qui nous met dans cette perspective de bon sens : pas de gain que nous paierions d’une mort spirituelle.
➤ Adorons la Sagesse incarnée qui nous dit : « Est-il un homme qui veuille le bonheur ? »
Point spi : Rejetons tous les petits désirs qui nous empêchent de vivre.
Vendredi après les Cendres :
l’art de jeûner avec Jésus
1. « Le jeûne qui me plaît » (cf. Is 58) : Jésus qui a ses idées sur le jeûne, qui sait ce que cela veut dire d’« humilier son âme » devant Dieu.
➤ Adorons Jésus au désert, s’avançant le premier sur cette terre aride. Point spi : Prenons le temps d’écouter ce que Jésus a à nous dire sur les privations de Carême.
2. « Jeûner, tant que l’Époux est avec eux ? » Jésus qui veut nous faire goûter la joie à son contact et qui refuse de voir envelopper de tristesse nos rencontres avec Lui.
➤ Adorons l’Époux qui « s’élance en conquérant hors de sa tente ». Point spi : Ne mêlons pas la morosité avec les moments de fêtes que sont toujours nos rencontres sacramentelles avec Jésus.
3. « Quand l’Époux leur sera enlevé. » Jésus qui sait l’épreuve de son absence, les délais de notre quête, nos sécheresses et nos tristesses.
➤ Adorons l’Ami qui, même caché, ne cesse de nous soutenir. Point spi : Rappelons-nous ! Samedi après les Cendres : l’art de la miséricorde à l’école de Jésus
1. « Suis-moi ! » Jésus qui ne tient pas compte du passé pour appeler à lui Lévi, qui le fait neuf par cet appel même.
➤ Adorons la Miséricorde incarnée qui ouvre au pêcheur un avenir. Point spi : Ne désespérons pas de certains au point de ne pas oser leur proposer la foi.
2. « Ce ne sont pas les bien-portants… » Jésus qui vient de préférence vers les vies humiliées et mal fichues.
➤ Adorons le Miséricordieux qui vient soigner les mal-portants. Point spi : Présentons nos blessures et celles de notre entourage à ses mains très douces.
3. « Je suis venu appeler… » Jésus qui guérit par la conversion, qui n’endort pas le patient, mais le secoue pour qu’il se lève de sa torpeur.
➤ Adorons le Miséricordieux, qui prend charge de chaque cas. Point spi : étendons à tous nos frères cette attention de sa miséricorde.