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5e dimanche ordinaire

par le Père Michel Gitton

vendredi 3 février 2012

Guérison de la mère de Simon et nombreuses guérisons

1. 29 En sortant de la synagogue, il se rendit à la maison de Simon et André, avec Jacques et Jean. 30 La belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre  : tout de suite ils lui en parlent. 31 Jésus s’approche et la soulève en la prenant par la main  : la fièvre la quitte et elle commence à leur faire le service.

32 Au soir, dès que le soleil fut couché, on commença de lui amener tous ceux qui souffraient de maladies ou de démons. 33 La ville entière se pressait devant sa porte. 34 Jésus guérit de nombreux malades, atteints de diverses maladies, et chassa de nombreux démons. Mais il ne laissait pas parler les démons, car ils l’avaient reconnu.

Prière nocturne de Jésus 35 Au petit matin, alors qu’il faisait encore nuit, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert. Il y resta en prière. 36 Simon et ses compagnons se mettent à sa recherche et, 37 quand ils le trouvent, ils lui disent  : «  Tout le monde te cherche.  » 38 Il leur dit alors  : «  Sortons d’ici, allons aux villages voisins pour que j’y prêche aussi  ; c’est pour cela que je suis sorti.  »

39 Il alla donc prêcher dans leurs synagogues par toute la Galilée  ; il chassait aussi les démons.

© La Bible des Peuples - Editions du Jubilé


On s’explique mal la place qu’a occupée dans la vie du Christ le contact avec les malades, si on ne remonte pas jusqu’à cette constatation de fond  : le christianisme n’est pas une philosophie, un art de vivre, c’est une thérapeutique pour un homme foncièrement malade.

La Révélation biblique n’a pas cherché à occulter la réalité du mal et de la souffrance, c’est le moins qu’on puisse dire. Les psaumes sont remplis des cris de l’homme qui souffre, affronté à la méchanceté des autres, à la maladie, à la menace omniprésente de la mort. Quant au livre de Job (dont nous avons un extrait ce dimanche), il rejoint à degré de vérité inimitable la détresse de l’homme plongé tout entier dans l’expérience du mal qui l’assiège de partout, et qui l’éprouve d’autant plus qu’il y voit une contradiction criante avec la bonté de Dieu, dont il a par ailleurs la conviction.

Rien à faire  : on ne peut ranger la foi chrétienne au nombre de ces anesthésiants commodes qui prétendent aider à supporter la souffrance, en apportant des consolations plus ou moins illusoires, du genre  : «  la mort, c’est un passage naturel vers une vie plus heureuse  », «  c’est un mauvais moment à passer  », etc. L’homme de la Bible crie vers Dieu que ce n’est pas naturel du tout et que, s’il nous a créés pour souffrir et mourir, ce n’est pas l’espoir de l’Au-delà qui nous rendra sa création sympathique.

Incontestablement Jésus va dans ce sens. Il n’explique pas à la veuve de Naïm que la mort est l’issue normale et qu’il faut supporter avec courage une séparation inévitable, puisque de toute façon on se reverra. Devant la tombe de Lazare, le spectacle de la mort le bouleverse, alors que pourtant il devrait savoir qu’un jour ça s’arrangera… Bien plus, avec les infirmes et les handicapés, il lui paraît si urgent de remettre l’homme d’aplomb qu’il refuse de remettre au lendemain une guérison qu’on lui demande de ne pas faire le jour du sabbat.

Thérapeutique, le christianisme l’est sur la base d’un diagnostic sérieux. L’homme, dans son existence même, est marqué par les conséquences d’une séparation concrète, historique, avec Dieu, qui remonte aux origines. Si on écarte cette conviction, tout devient absurde dans notre foi. La bonté de la création s’efface devant le scandale du mal, qu’on ne peut camoufler en prétendant que l’issue sera un jour grandiose. Le salut apporté par le Christ devient une délivrance purement morale, un éclairage sur la vie, et on est reparti pour une éthique plus ou moins stoïcienne, prônant la résignation pour le présent, avec tout au plus une pâle espérance pour l’avenir, qui ne se distingue guère à ce moment-là de la survie de l’âme. Bien sûr, en même temps que nous attendons de Dieu la délivrance pour notre corps, nous savons bien qu’il nous faut passer pour l’instant par un tout autre chemin, dont heureusement le Christ a balisé les étapes. S’il a fait des guérisons et des résurrections, c’était comme des signes de ce qu’il est impatient de réaliser un jour pour tous. Mais comme, depuis le début, le mal est d’abord logé dans le cœur de l’homme, c’est là qu’il s’efforce de le guérir au prix d’une transfusion avec son propre sang (c’est cela qui se passe dans le baptême et les autres sacrements). Et c’est seulement quand cette première guérison aura touché un nombre suffisamment grand d’hommes de toute race et génération, qu’il pourra avec la Résurrection l’é­tendre aux corps de tous les hommes.

Et alors là, concrètement, charnel­lement, le mal sera vaincu. La création révélera enfin sa bonté première.

Ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance. Car il faut qu’il règne, jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort (1 Corinthiens 15). n

Dimanche 5 février

Première Lecture  : Job 7.1-4, 6-7

Psaume 147.1-6

Deuxième Lecture  : 1·Corinthiens 9.16-23

Évangile  : Marc 1.29-39.


Cinquième Dimanche + Septuagésime !

1. Jésus qui vient rejoindre l’homme qui souffre, jusqu’au fond de sa détresse (lecture de Job).

➤ Adorons notre grand Frère du ciel qui s’est mis dans notre vallée de larmes.

Point spi  : Ne nous protégeons pas de la détresse des autres.

2. Jésus qui embauche à sa suite des hommes qui deviennent vraiment avec lui serviteurs de leurs frères (lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens).

➤ Adorons le Guide qui entraîne des missionnaires à sa suite.

Point spi  : Suivons le Christ en ne deman–dant rien d’autre que l’honneur de servir.

3. Jésus qui va présenter à son Père toute la peine de l’humanité qu’il est venu toucher de ses mains (lecture de l’évangile de saint Marc).

➤ Adorons le Veilleur qui prie sur le monde endormi.

Point spi  : Donnons à la prière sa place et servons les autres d’un cœur libre.

Lundi  : «  Pouvoir toucher au moins la frange…  » (Marc 6, 53-56)

1. Jésus ne pouvant plus passer inaperçu, Jésus devancé par sa réputation ambiguë de guérisseur, Jésus qu’on s’arrache.

➤ Adorons le Sauveur encore plus caché par sa réputation qu’il ne l’était par le silence de sa vie cachée, Jésus méconnu dans sa gloire même.

Point spi  : Attachons-nous à Lui pour Lui et pas seulement pour ses bienfaits.

2. Jésus visitant bourgs et villages, grâces innombrables de ces visites dont on n’a gardé aucune trace, humbles rencontres au coin des rues ou des chemins.

➤ Adorons le Sauveur venant rejoindre chaque vie, chaque intersection de nos vies.

Point spi  : N’estimons pas que certains moments ne sont pas propices.

3. Jésus qu’on touche, en s’attachant à son châle de prière (les franges), Jésus dont on peut rejoindre la prière, s’y glisser presque incognito.

➤ Adorons le Sauveur dans son inter–cession incessante pour les besoins des hommes.

Point spi  : Faisons appel encore et tou–jours à sa bonté, ne craignons pas de le lasser.

Mardi  : Les mains pures (Marc 7, 1-13)

1. Jésus accusé dans le cadre des débats sans fin sur les règles de pureté, Jésus tout pur, qu’on veut prendre au piège des subtilités infinies sur la loi orale.

➤ Adorons le Maître si ferme et si libre, pureté de Dieu au milieu de ce monde barbouillé et ses maximes toutes humaines.

Point spi  : Ne jugeons pas à parler de nos habitudes, de nos goûts et dégoûts.

2. Jésus observateur si perspicace des faiblesses humaines, seul témoin des recoins du cœur.

➤ Adorons le Dieu qui sonde les reins et les cœurs.

Point spi  : Laissons-nous juger par le regard du Seigneur plein de miséricorde.

3. Jésus défenseur de la Loi divine bafouée par les observances tordues, plein du zèle jaloux pour la sainteté de son Père.

➤ Adorons le Dieu saint qui ne supporte aucun alliage entre sa parole et nos préceptes.

Point spi  : Informons-nous du véritable enseignement de l’église, ne nous conten­tons pas d’à-peu-près, de souve­nirs vagues.

Mercredi  : ce qui entre / ce qui sort (Marc 7, 14-23)

1. Jésus ressaisissant toute la Loi jusque dans ses préceptes juridiques autour du choix moral («  ce qui sort  »), de la pureté et de la droiture du Cœur.

➤ Adorons le Divin Législateur qui seul sait l’intention profonde de tout ce qu’il nous a demandé.

Point spi  : Même dans les petites choses, retrouvons l’intention du Seigneur qui est amour.

2. Jésus enseignant ses disciples en particulier, voulant partager avec eux le fond de son enseignement.

➤ Adorons le Maître qui nous instruit en particulier.

Point spi  : Posons-Lui directement nos questions.

3. Jésus ignorant le mal, qui voit avec stupeur la méchanceté du cœur de l’homme.

➤ Adorons le Dieu dont «  les yeux sont trop purs pour voir le mal  ». Point spi  : Ne soyons pas complaisants pour le mal. Ne nous y habituons pas.

Jeudi  : La syro-phénicienne (Marc 7, 24-30)

1. Jésus qui ne répond pas tout de suite à l’attente, qui respecte un ordre de priorité, qui frustre le désir humain pour mieux le combler.

➤ Adorons l’Ami si ferme et si fort, qui sait les temps et les moments.

Point spi  : N’ayons pas peur de nous laisser rabrouer.

2. Jésus qui respecte jusqu’au bout le privilège d’Israël, qui est lié par la promesse faite à Abraham et à sa descendance.

➤ Adorons le Dieu fidèle dont les promesses sont sans repentance.

Point spi  : Ayons beaucoup d’estime pour le premier peuple de l’Alliance.

3. Jésus qui salue dans la foi et l’humilité le ressort secret de la victoire contre le démon.

➤ Adorons le Combattant, l’homme fort, qui nous entraîne dans son combat.

Point spi  : Croyons que notre humilité met l’Ennemi en fuite.

Vendredi  : Le sourd-muet de la Décapole (Marc 7, 31-37)

1. Jésus qui emmène à l’écart, qui fait de la cure de ce pauvre homme l’occasion d’un contact personnel, d’une retraite.

➤ Adorons le Dieu bon pour lequel chacun de nous est unique.

Point spi  : Cherchons le silence et le recueillement.

2. Jésus qui met ses doigts dans les oreilles et met de la salive sur la langue, qui guérit dans ce contact charnel avec le malade.

➤ Adorons le Créateur qui nous a façonnés, chacun, avec beaucoup de soin, de ses mains.

Point spi  : Recourons avec joie aux sacrements du salut.

3. Jésus qui parle au malade — «  ouvre-toi  » —, qui le traite comme un sujet, malgré son impuissance.

➤ Adorons le Créateur qui nous a créés par sa Parole toute-puissante.

Point spi  : Ne nous contentons pas de faire du bien aux autres, rejoignons-les personnellement.

Samedi  : La deuxième multiplication des pains (Marc 8, 1-10)

1. Jésus qui a pitié, qui sait les efforts faits, les souffrances endurées pour Lui.

➤ Adorons le Bon Pasteur qui a pitié des foules.

Point spi  : Soyons sensibles aux épreuves des autres.

2. Jésus qui s’informe des ressources humaines, qui inventorie nos faibles moyens.

➤ Adorons le Maître qui démultiplie nos efforts et nos tentatives.

Point spi  : Prêtons notre concours, même si nous savons que ce n’est pas suffisant.

3. Jésus qui agit avec une maîtrise souveraine, qui met en jeu sa puissance de Fils, tranquillement.

➤ Adorons le Fils qui dispose des biens de la maison paternelle. Point spi  : Collaborons à son œuvre sans nous poser de questions.

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