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3e dimanche ordinaire (année C)

dimanche 24 janvier 2010

1. 1 Plusieurs se sont appliqués à composer un récit des événements qui ont eu lieu parmi nous, 2 tels qu’ils nous ont été transmis par ceux qui en furent les premiers témoins et qui par la suite sont devenus serviteurs de la Parole. 3 Après avoir tout étudié depuis le début et avec soin, il m’a paru bon à moi aussi, cher Théophile, de t’en faire un récit suivi. 4 Ainsi tu pourras mesurer la solidité de la catéchèse que tu as reçue.

À Nazareth, Jésus proclame sa mission 4. 14 Jésus revint en Galilée avec la puissance de l’Esprit et l’on commença à parler de lui dans toute la région. 15 Il s’était mis à enseigner dans leurs synagogues et tous chantaient ses louanges. 16 Jésus vint ainsi à Nazareth où il avait grandi. Il se rendit à la synagogue comme il avait coutume de faire le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. 17 On lui passa le livre du prophète Isaïe et, en le déroulant, il trouva le passage où il est écrit  : 18 L’Esprit du Seigneur est sur moi  : il m’a consacré pour donner aux pauvres une bonne nouvelle. Il m’a envoyé annoncer la libération aux captifs, la lumière aux aveugles  ; il me faut libérer ceux qui sont écrasés, 19 et proclamer une année de grâce de la part du Seigneur. 20 Il roule alors le livre et le redonne au servant, puis il s’assoit, et tous dans la synagogue ont les yeux fixés sur lui. 21 Alors il commence sur ce thème  : «  Cette Écriture est en train de s’accomplir  : voyez les nouvelles qu’on vous rapporte  !  »

© La Bible des Peuples, éd. Jubilé-Le Sarment


Le premier passage d’écriture que nous lisons ce dimanche nous raconte une histoire extrême-ment intéressante. Quand ils furent revenus de l’exil à Babylone, à la fin du VIe siècle avant notre ère, les Juifs avaient tout à reconstruire et pas seulement leurs maisons, ils avaient à réédifier le Temple et surtout à retrouver ce qu’on devait y faire. Car le peuple qui avait connu en 587 la catastrophe qui l’avait chassé de la ville et détruit son lieu saint était alors réuni autour d’une monarchie "sacrale" comme la plupart des peuples voisins, il s’agissait d’une religion nationale, même si le Dieu dynastique se distinguait déjà par pas mal de traits (on ne pouvait le représenter et il était unique). Ceux qui reviennent ne sont plus une nation, mais une colonie de rescapés, ils n’ont plus de roi héritier de David et la seule autorité qui a subsisté au creuset de l’exil, ce sont les prêtres, les anciens sacrificateurs du Temple, mis au chômage par la destruction de celui-ci, et qui ont accompagné les exilés, qui les ont aidés à garder en mémoire les traditions ancestrales, à se préserver de l’idolâtrie et à observer le Décalogue et les diverses lois applicables en terre païenne. Moyennant quoi, ils leur ont gardé une âme et ce sont eux, tout naturellement, autour desquels se reforme la conscience du Peuple de Dieu.

Or voilà que le prêtre Esdras a remis de l’ordre dans les textes transmis par la tradition d’Israël, peut-être sous l’influence de l’occupant perse (qui souhaite que chaque peuple de son Empire soit régi par un code de lois bien défini). Et on décide d’en faire la promulgation solennelle devant le peuple rassemblé, alors que le Temple n’est pas encore reconstruit et qu’aucun sacrifice ne peut avoir lieu. Cela forme une vaste assemblée, même si tous les exilés ne sont pas encore revenus, mais on va faire ce qu’il faut pour donner une lecture audible de la Loi (ce que nous appelons le Pentateuque, les cinq premiers livres de la Bible), avec traduction et commentaires. C’est donc une vraie rencontre entre Dieu et les hommes, entre la Parole reçue de Dieu et adressée à Israël, ce peuple qui a échappé à la destruction et qui se reforme en ce moment pour reconnaître les hauts-faits de Dieu et s’engager à son service.

Nous avons là un équivalent de la première alliance, conclue au pied du mont Sinaï (Exode chapitre XIX et suivants), et où le peuple se reconnaissait dans la mémoire des origines et ratifiait la Loi que venait lui transmettre Moïse. Dans les deux cas, l’attitude est la même, c’est la bénédiction, qui exprime l’adhésion aimante à la Parole reçue, et la volonté de s’engager complètement de son côté. Même avant tout sacrifice sanglant, elle est l’offrande de nos lèvres (Osée 14,3), le sacrifice d’action de grâce (Psaume 116,17), qui plaît à Dieu.

Mais au fur et à mesure que l’histoire avance, le peuple rendu capable de répondre à Dieu dans l’action de grâce se limite au petit Reste, un reste chaque jour plus restreint jusqu’à culminer dans le seul Juste, resté fidèle au plus noir du drame. Lui seul peut faire monter, la veille de son sacrifice, cette «  bénédiction  » que nous voyons entonner ici par le scribe Esdras. Pour nous, cette histoire n’est pas du passé, chaque messe nous en fait revivre l’essentiel. L’alliance "nouvelle et éternelle" est scellée lorsqu’au rappel des dons de Dieu, tout au long de l’histoire du salut, répond l’adhésion aimante du Fils. C’est cela qui est derrière le mot eucharistie, dont nous avons souvent oublié le sens premier  : action de grâce. Mais attention  : il ne s’agit pas de notre réponse à nous, de notre bénédiction, de notre sacrifice, il s’agit de celle que le Fils a présenté une fois pour toutes en notre nom, ce OUI, ce MERCI qu’il continue de donner au Père à la faveur de nos messes. Elle seule est la réponse adéquate au don de la Création et de la Rédemption. Notre culte, c’est de nous y glisser, de prendre peu à peu les mots et les attitudes du Christ, en dépendance de lui. Avec Marie ("femme eucharistique" selon Jean-Paul II et Benoît XVI), devenir pur "oui" à l’amour.

Dimanche 24 janvier Première Lecture  : Néhémie 8.1-6, 8-10 Psaume 19.8-10, 15 Deuxième Lecture  : 1.Corinthiens 12.12-30 Évangile  : Luc 1.1-4  ; 4.14-21

— - 3e semaine ordinaire (année C)
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Semaine des «  fruits en abondance  »

Dans la collecte de cette semaine, nous demandons au Père de «  diriger notre vie  », non de se substituer à notre liberté, mais de la rendre possible, de la susciter, puis de la faire grandir, de l’accompagner «  selon ton amour  », au gré de son bon plaisir, qui est à chaque pas, imprévisible, le bien de sa petite créature. Le résultat  : «  au nom de ton Fils, (ton) Bien Aimé  », «  porter des fruits en abondance  » (cf. Jn 15, 5)  !

par le Père Michel Gitton Dimanche  : troisième per annum

1. Jésus, qui réveille en nos cœurs le sou­venir de ses visites (lecture de Néhémie).

➤ Adorons Celui qui nous a dit «  faites ceci en mémoire de moi  !  »

Point spi  : N’oublions pas les moments forts qui ont marqué notre vie spirituelle.

2. Jésus qui nous fait une place dans son Corps, associé aux autres (lecture de la lettre de saint Paul aux Corinthiens).

➤ Adorons le Maître qui nous rassemble tous autour de lui.

Point spi  : Ne nous prenons pas pour le centre du monde, acceptons de partager.

3. Jésus qui parle avec une autorité qui impose silence aux démons et touche les cœurs droits et sincères (lecture de l’Évangile de saint Luc).

➤ Adorons le Maître dont les paroles pleines de grâce réjouissent les foules. Point spi  : Ne doutons pas de l’efficacité de sa parole.

Lundi  : La conversion de Paul (Mt 16, 15-18)

1. Jésus qui se choisit des apôtres bien loin du cercle des disciples fidèles.

➤ Adorons Celui qui avec une totale liberté, appelle à Lui qui Il veut.

Point spi  : Ne murmurons pas devant certains choix ou certaines promotions.

2. Jésus qui retourne les cœurs, blesse les êtres sûrs d’eux, ouvre les yeux des aveugles.

➤ Adorons Celui qui peut remuer ciel et terre, secouer les montagnes et ouvrir les sources.

Point spi  : Implorons Dieu pour notre conversion.

3. Jésus qui ne convertit pas sans confier aussitôt une mission, qui engage en même temps qu’il libère.

➤ Adorons Celui qui enrôle sous sa bannière des êtres de tous les horizons. Point spi  : Laissons-nous engager par Jésus, acceptons de servir.

Mardi  : Tite et Timothée

1. Jésus qui confie une vraie paternité à ses disciples, qui leur permet de susciter une suite effective.

➤ Adorons Celui qui s’efface pour permettre à ses amis de parler en son Nom.

Point spi  : Assumons notre généalogie spirituelle.

2. Jésus qui veille sur le développement de son Église, qui reste le noyau secret de sa croissance.

➤ Adorons Celui qui reste le centre vivant de l’Église, comme au premier jour.

Point spi  : Voyons derrière nos chefs le Christ qui agit.

3. Jésus qui fait de son Église le concert de toutes les vocations, qui organise en elle la complémentarité des charismes.

➤ Adorons Celui autour duquel s’orga-nisent le Sénat des Apôtres, l’assemblée des Docteurs, le chœur des vierges, l’ar-mée des Martyrs. Point spi  : Situons-nous au cœur de l’église, notre Mère. Mercredi  : Le grain qui pousse (Marc 4, 1-20)

1. Jésus qui n’envisage le Royaume qu’en croissance, pour qui ce Royaume ne peut être que germination, gestation.

➤ Adorons le Semeur engagé dans l’a-venture de notre croissance intérieure et communautaire.

Point spi  : «  Faites de nouveaux progrès, Frères  ».

2. Jésus qui sait le risque pris, l’échec possible, la pression des circonstances extérieures, la réalité des tentations.

➤ Adorons le Connaisseur du cœur humain, celui qui sait toutes nos faiblesses.

Point spi  : refusons le fatalisme tout en étant lucide sur nos difficultés.

3. Jésus qui croit au résultat inespéré, à la germination heureuse, à la fécondité paradoxale qui rattrape tout.

➤ Adorons l’Amoureux heureux d’avoir risqué son choix sur nous. Point spi  : tentons avec les autres ce que Jésus a risqué pour nous.

Jeudi  : La lampe et la mesure (Marc 4, 21-25)

1. Jésus sensible à l’équilibre et à l’har-monie de notre vie intérieure, d’où la lampe qui éclaire les recoins d’ombre et la mesure qui permet de mettre de l’ordre.

➤ Adorons le Créateur qui a tout fait avec ordre et mesure, saluons son projet qui est beau et lumineux.

Point spi  : ne nous complaisons pas dans le désordre.

2. Jésus qui refuse de nous accaparer pour lui seul, qui nous donne en pâture aux croyants et aux incroyants.

➤ Adorons la largeur de ses vues, l’ampleur de son projet sur l’humanité. Point spi  : osons partager notre trésor.

3. Jésus qui refuse tout constat statique, qui nous voit toujours, comme lui, en mouvement.

➤ Adorons sa merveilleuse connaissance du cœur humain, communions à cette confiance qu’il nous fait.

Point spi  : accueillons sa grâce sans mesure.

Vendredi  : Le Royaume et la graine (Marc 4, 26-34)

1. Jésus qui a un tel sens de la croissance du Royaume, qui la voit s’accomplir devant lui.

➤ Adorons Celui qui préside à toute avancée du Royaume, grain de blé tombé en terre et qui n’est pas resté seul.

Point spi  : Ne voyons pas l’Église comme une organisation seulement.

2. Jésus qui sait la croissance secrète dans les cœurs, les chemins invisibles de la grâce.

➤ Adorons Celui qui voit ce que nous ne voyons pas, témoin extasié du Don du Père.

Point spi  : Faisons confiance à la grâce déposée dans le cœur de nos frères.

3. Jésus qui sait la disproportion entre les intimes commencements et les grandes ramifications.

➤ Adorons Celui qui voit déjà la Moisson.

Point spi  : Travaillons sans mesurer notre peine.

Samedi  : La barque et la tempête (Marc 4, 35-41)

1. Jésus qui veut passer sur l’autre rive, Jésus qui ne nous laisse pas en repos, qui veut éviter toute habitude.

➤ Adorons le Voyageur toujours en mouvement, qui nous rejoint sur la route.

Point spi  : Ne résistons pas à l’appel qu’Il nous adresse à «  aller sur d’autres rives  ».

2. Jésus qui dort, qui se repose au sein même de la tempête, Jésus fatigué et confiant dans la conduite du Père.

➤ Adorons Jésus endormi sur la Croix, qui s’est remis aux mains du Père. Point spi  : Respectons son sommeil, ne le réveillons pas par nos cris.

3. Jésus qui menace la tempête, et la fait taire.

➤ Adorons le Maître du navire et des flots qui commande aux éléments déchaînés.

Point spi  : Ayons confiance dans sa puissance.

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