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3e Dimanche de pâques (année B)

par le Père Michel Gitton

mercredi 18 avril 2012

24. 35 Et eux de leur côté commencèrent à raconter ce qui s’était passé sur le chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. Jésus se montre aux apôtres [...]


Dire de Jésus qu’il était «  juste  », comme le fait saint Jean dans le passage de sa lettre que nous lisons ce dimanche, peut sembler un peu banal. Pour un peu, on trouverait que c’est bien faible à côté de la sainteté incomparable de notre Seigneur  : «  Qui de vous me convaincrait de péché  ?  » (Jn 8,46)… C’est que nous avons oublié le sens biblique du mot justice, qui n’est pas seulement l’équité, mais qui désigne la pleine conformité de l’homme à sa vocation, la réussite en lui du dessein de Dieu. Justesse dirait souvent plus exactement ce dont il s’agit, mais, finalement, c’est la sainteté qui est en vue. Les affamés et les assoiffés de justice, dont parlent les béatitudes, sont les hommes (et les femmes  !) avides de cette sainteté dont a parlé Jésus  : «  Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait…  » La «  justice  » de Jésus, c’est la condition de notre retour en grâce auprès du Père. Si Dieu peut à bon droit être mécontent de nos écarts et de nos lenteurs, si notre péché l’offense et lui paraît insupportable, il suffit qu’il voie son Fils revêtu de notre humanité pour penser que l’homme, sa créature, ce n’est quand même pas si mal  !

Mais cette justice en Jésus n’est pas seulement une vie morale impeccable, un amour et une bonté sans faille. Jésus ne nous a pas sauvés par l’excellence de ses vertus humaines, mais bien par son sacrifice. C’est ce que nous dit saint Jean dans la phrase qui suit  : «  Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier.  » Phrase très importante, car, d’habitude, on oppose sur ce point l’enseignement johannique à celui de saint Paul  : ce dernier resterait empêtré dans des formules juridiques et financières, comme s’il s’agissait de régler une dette entre Dieu et l’homme, tandis que Jean rendrait mieux compte de la bonté et de la générosité du Père, qui ne demande rien en retour, qui donne tout dans son amour fou pour les hommes  : «  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique.  »

Avec le texte d’aujourd’hui, on voit bien que cette opposition est factice  : pour saint Jean également, le retour onéreux de la créature vers Dieu fait partie de l’itinéraire et, si grand que soit son amour, le Père n’en dispense pas l’homme  : il a bel et bien fallu une victime – et quelle victime  ! – pour effacer les péchés du monde entier. Le sacrifice est l’endroit où Dieu et l’homme se retrouvent dans une alliance heureuse, mais, pour en arriver là, il faut que quelque chose craque de notre côté, que l’homme soit enfin ouvert à ce que Dieu veut pour lui et cette opération est rendue difficile, pour ne pas dire impossible, par l’accumulation des refus et des dérobades depuis le début. Jésus, le Juste, a précisément pris sur lui tout le difficile de l’opération pour nous faire entrer dans son offrande. Le salut n’est donc pas une simple amnistie, il ne vient pas d’une démarche unilatérale, il y faut quelque chose de nous, que le Christ a fourni.

Si saint Jean nous rappelle tout cela, ce n’est pas pour nous faire un cours de théologie sur la Rédemption, mais pour exhorter des chrétiens à la patience avec eux-mêmes. Même baptisés, même graciés, nous continuons à pécher, et ceci est un grand scandale, après le renouveau dont nous avons bénéficié. Mais patience  ! La guérison est lente, mais Jésus a fait ce qu’il fallait, il a porté toute l’opération. Reste à puiser dans la grâce qu’il nous a méritée, reste à faire appel aux sacrements, à la prière, à l’aumône, à l’intercession des saints…

C’est bien ce qu’il nous faut entendre dans le Temps pascal. n

Dimanche 22 avril

Première Lecture  : Actes 3.13-15, 17-19

Psaume 4.2, 4, 7, 9

Deuxième Lecture  : 1·Jean 2.1-5

Évangile  : Luc 24.35-48.

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Troisième Dimanche de Pâques [22 avril]

1. Le Saint et le Juste  : Jésus innocent du mal qu’on lui attribue, ni blasphémateur, ni révolté (Lecture du Livre des Actes des Apôtres).

➤ Adorons l’Innocent rejeté par les siens.

Point spi  : ne nous troublons pas des calomnies et des jugements téméraires prononcés contre nous.

2. La victime offerte pour nos péchés  : Jésus qui continue d’intercéder pour ses petits disciples encore vulnérables au péché (Lecture de la première lettre de Saint Jean).

➤ Adorons le Grand Prêtre qui inter­cède personnellement pour nous auprès de son Père.

Point spi  : pas de tristesse devant nos fautes répétées. 3. Le Ressuscité qui rend la foi à ses amis  : Jésus qui leur explique, qui leur donne des gages non douteux.

➤ Adorons l’Ami qui revient nous visi­ter (évangile selon Saint Luc).

Point spi  : n’oublions pas trop vite tant de signes et de confirmations qui ont marqué notre chemin.

Lundi [23 avril]  : début du discours du Pain de Vie (Jean 6, 22-29)

1. «  Travailler pour la nourriture qui se garde.  » Jésus qui nous apprend une manière vraiment nourrissante de vivre en communion avec lui, de le «  garder  » dans notre cœur.

➤ Adorons Celui dont la plénitude se renouvelle sans cesse, qui ne connaît pas de déclin, ni de déperdition.

Point spi  : Mettons de côté, sou par sou, minute par minute, un trésor de prière.

2. Celle que donne le Fils de l’Homme, «  lui que Dieu le Père a marqué de son sceau  ». Jésus qui porte l’estampille de fabrique, tout ce qui vient de lui est garanti, sûr.

➤ Adorons l’Oint du Père, celui dont chaque cellule porte la marque de Dieu. Point spi  : ne confondons pas les produits frelatés et le pur froment de Dieu.

3. «  L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qui l’a envoyé  ». Jésus qui ne demande pas d’autre «  œuvre  » que la foi.

➤ Adorons Celui que le Père nous donne, celui qu’il propose à notre foi, accueillons son avance.

Point spi  : Pas d’activisme, la prière est notre grande affaire.

Mardi [24 avril]  : suite du discours du Pain de Vie (Jean 6, 30-35)

1. «  Ce n’est pas Moïse.  » Jésus qui n’est pas un messager de Dieu comme les autres, Jésus qui ne donne pas la manne, mais qui est cette manne nouvelle.

➤ Contemplons le grand signe que Dieu nous a donné  : son Fils lui-même, don et donateur à la fois.

Point spi  : Ne courons pas après les signes, ne nous laissons pas entraîner par le désir du merveilleux.

2. «  Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde.  » Jésus qui vient librement chez nous pour répondre au dessein de son Père, donner la vie au monde.

➤ Contemplons le Fils qui entre mer­veil­leusement dans les pensés du Père, admirons son obéissance.

Point spi  : Ne ramenons pas le christia­nisme à des recettes ou à des préceptes, le christianisme, c’est Jésus aimé et connu.

3. «  Moi, je suis le Pain de la Vie.  » Jésus pain vivant, combien nourrissant, donné et redonné.

➤ Contemplons Celui qui peut dire cela, qui sait que nos cœurs ont été faits pour lui.

Point spi  : Vive l’oraison qui nous fait goûter ce pain dans la foi  !

Mercredi [25 avril]  : Saint marc, le fils spirituel de saint Pierre

1. Jésus que saint Marc a appris à connaître et à aimer à travers les yeux de saint Pierre.

➤ Adorons le Maître dont la figure est si forte et si présente qu’elle franchit tous les intermédiaires.

Point spi  : demandons à apprendre à méditer l’évangile.

2. Jésus que saint Marc a reçu comme celui qui étonne et qui surprend, celui dont on dit  : «  Qui est-il donc pour…  ?  ».

➤ Adorons l’Invité imprévu qui s’est installé à notre table. Point spi  : sachons être encore surpris par Jésus.

3. Jésus que saint Marc a contemplé dans le mystère paradoxal de sa Royauté humiliée («  cet homme était vraiment le Fils de Dieu  », Mc 15,39).

➤ Adorons le Crucifié qui exerce sa Royauté au moment où tout lui est retiré.

Point spi  : n’ayons pas honte de suivre un crucifié.

Jeudi [26 avril]  : suite du discours du Pain de Vie (Jean 6, 44 [attention, 3 versets sautés] – 51)

1. «  Personne ne peut venir à moi si le Père ne l’attire.  » Jésus qui laisse jouer cette douce attraction que l’Esprit du Père ménage dans l’âme de ses disciples.

➤ Considérons Celui qui, sans contrainte, sans rappel à l’ordre, est «  le roi et le centre de tous les cœurs  ».

Point spi  : Comptons, pour nos frères, sur l’attraction qu’exerce sur eux l’Esprit du Seigneur.

2. «  Personne n’a jamais vu Dieu, sinon celui qui vient de Dieu.  » Jésus qui est notre introducteur dans les mystères de Dieu, seul Il a vu.

➤ Considérons Celui qui nous transmet la lumière divine, qui nous introduit dans Sa contemplation.

Point spi  : Partons toujours de la sainte humanité de Jésus.

3. «  Celui qui croit en moi a la vie éter­nelle  ». L’audace de celui qui peut dire cela en toute vérité, non comme un souhait ou une promesse, mais comme un fait.

➤ Considérons celui qui est la vie, pleine, surabondante, jaillissante.

Point spi  : Sachons savourer notre joie.

Vendredi [27 avril]  : fin du discours du Pain de Vie (Jean 6, 52-59)

1. «  Ma chair pour la vie du monde  » (retour au v. 51). Ce corps n’est pas seulement offert, il est livré, il devient accessible au prix de sa mort.

➤ Mettons-nous devant l’Agneau sans tâche blessé et toujours vivant, qui porte le péché du monde.

Point spi  : Pas d’amour vrai des autres sans acceptation qu’ils nous fassent souffrir.

2. «  Si nous ne mangez pas (mâchez pas) la chair du Fils de l’Homme…  » Jésus qui, loin de minimiser ses déclarations, persiste et signe.

➤ Mettons-nous devant le Pain de Vie donné dans l’eucharistie, celui qui va jusqu’au réalisme d’une chair et sous l’apparence d’une chose  !

Point spi  : Osons affirmer notre foi dans la présence réelle  : Jésus est là  !

3. «  Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi.  » Jésus qui nous fait vivre cette mutuelle ap­partenance de l’Amant et de l’Aimé(e) dans la sainte communion.

➤ Mettons-nous devant notre grand Ami du Ciel qui veut se faire tout à nous.

Point spi  : Communions avec une vive conscience de ce que nous faisons.

Samedi [28 avril]  : réactions au dis­cours du Pain de Vie (Jean 6, 60-69)

1. «  Cela vous heurte  ?  » Jésus confronté à la critique, à la récrimination et à l’abandon.

➤ Admirons notre Ami bafoué, critiqué par ses plus proches et continuant à les aimer, à les porter.

Point spi  : Ne traitons pas les responsables de l’église comme des étrangers que nous pourrions juger sur leurs propos.

2. «  Les Paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.  » Et oui  ! malgré les apparences, elles ne sont pas là pour condamner, elles gardent leur valeur même pour ceux qui les bafouent.

➤ Admirons Celui dont la bouche ne s’est jamais ouverte que pour dire la Vérité, que pour encourager et relever.

Point spi  : Fuyons les paroles inutiles, dépréciatives, négatives.

3. «  Voulez-vous partir, vous aussi  ?  » Jésus qui ne se fait pas d’illusion sur le trouble de ses amis, qui ne cherche pas à les raccrocher de force.

➤ Admirons Celui qui a laissé partir Adam et le jeune homme riche, qui a attendu l’enfant prodigue.

Point spi  : Assurons tout de suite Jésus de notre volonté de Le suivre, quoiqu’il arrive.

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